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  • Revue de Presse : L’Alfa Romeo Montreal, le chef-d’œuvre incompris ?

    Revue de Presse : L’Alfa Romeo Montreal, le chef-d’œuvre incompris ?

    « Immensément belle. Merveilleusement belle. » C’est par ces mots que débute cet essai rétrospectif de Sport Auto Classiques consacré à l’une des créations les plus énigmatiques d’Arese : l’Alfa Romeo Montreal. Si la ligne signée Marcello Gandini (pour Bertone) fait l’unanimité depuis l’Expo Universelle de 1967, la réalité de la conduite de cette GT au V8 mythique est souvent sujette à débat. Retour sur un essai sans concession d’un modèle de 1975.

    Une ligne qui traverse le temps (avec un petit ajustement)

    L’article met d’abord l’honneur le coup de crayon magistral de Gandini. Cependant, l’essayeur note un détail intéressant sur l’exemplaire du jour, propriété d’un certain Olivier : la voiture a été rabaissée de 60 mm. Une modification qui, selon l’auteur, gomme le seul défaut esthétique originel de la Montreal, souvent jugée « trop haute sur pattes ».

    Un cœur de course dans une routière

    Sous le capot, le pedigree fait rêver. Le V8 tout alu, dérivé de la 33 de compétition, avec ses doubles arbres à cames et son injection mécanique (imposée par le manque de place), est décrit comme un « joyau mécanique ». Dès le démarrage, l’ambiance est posée : ça gronde. L’article décrit une sonorité qui tient plus du « bourdonnement vorace » que du feulement classique, mais qui témoigne d’une santé de fer. Le moteur reprend bien dès le ralenti et hurle sans retenue dans les tours. Petit bémol pour les longs trajets : à 130 km/h, le moteur tourne à 4 300 tr/min dans un vacarme qui rend l’autoradio inutile.

    Le grand malentendu : GT ou Super Sportive ?

    C’est ici que l’essai devient critique et brise le mythe. Il y a un « drame » inhérent à la Montreal : sa ligne de supercar et son moteur de course promettent des performances que son châssis ne peut pas tenir. Basée sur un châssis retravaillé de Giulia (conception début années 60), la Montreal avoue ses limites :

    • Direction : Floue autour du point central et lourde en virage.
    • Suspension : Une impression de flottement constant et un essieu arrière rigide qui répercute sèchement les aspérités.
    • Freinage : Malgré quatre disques ventilés (exceptionnel pour l’époque), le mordant est jugé absent et le freinage « mou ».

    L’auteur est clair : ce n’est pas une acrobate pour petites routes sinueuses, mais une Grand Tourisme faite pour rouler vite en ligne droite.

    La vie à bord : le luxe à l’italienne

    Si le comportement dynamique déçoit les apprentis pilotes, l’ambiance intérieure séduit. L’essai souligne la qualité de finition surprenante (« riche et bourgeois ») et le confort de la sellerie. Mention spéciale pour le tableau de bord unique en son genre, où les stylistes ont supprimé les zéros superflus (le tachymètre n’affiche que les dizaines, le compte-tours les centaines). Seul point noir ergonomique : la visibilité arrière est quasi nulle, transformant chaque manœuvre en pari risqué.

    Le verdict

    Cet essai nous rappelle qu’il ne faut pas demander à la Montreal ce qu’elle ne peut pas donner. Si l’on accepte qu’elle est une GT de caractère et non une pistarde, elle distille un « véritable plaisir » grâce à sa souplesse mécanique et sa boîte ZF inversée (première en bas à gauche) au maniement viril mais précis. Une voiture imparfaite, mais définitivement attachante.

  • Vidéo : L’Alfa Romeo 166, la dernière « Ammiraglia », réhabilitée par Davide Cironi

    Vidéo : L’Alfa Romeo 166, la dernière « Ammiraglia », réhabilitée par Davide Cironi

    C’est souvent le sort des grandes berlines Alfa Romeo : critiquées à leur sortie, oubliées ensuite, pour finir par devenir des objets de culte une fois qu’il est trop tard. L’Alfa Romeo 166 ne déroge pas à la règle. Mais heureusement, des puristes comme Davide Cironi sont là pour remettre l’église au milieu du village.

    Dans cette vidéo publiée sur sa chaîne Drive Experience, le célèbre essayeur italien s’attaque à celle qui fut la dernière véritable grande routière du Biscione avant une longue pause. Et pas n’importe laquelle : une version motorisée par le légendaire V6 Busso.

    La fin d’une époque

    Comme le souligne Cironi avec sa ferveur habituelle, la 166 (projet 936) avait la lourde tâche de succéder à la 164. Dessinée par le Centro Stile sous la direction de Walter de Silva, elle affichait des lignes tendues, un profil de coupé quatre portes avant l’heure, et ce fameux regard « triste » des phases 1 qui a tant fait couler d’encre (avant d’être corrigé par le restylage de 2003).

    Mais au-delà de l’esthétique, cette vidéo nous rappelle que la 166 était une voiture techniquement aboutie. Avec sa suspension avant à double triangulation et son train arrière multibras sophistiqué, elle offrait un compromis confort/sportivité que les Allemandes de l’époque (BMW Série 5 E39, Mercedes Classe E) avaient du mal à égaler sur le pur plan du plaisir de conduite.

    Le chant du cygne du V6 Busso

    Le cœur de cette vidéo, c’est évidemment le moteur. Davide Cironi met des mots sur ce que tout Alfiste ressent en tournant la clé d’une 166 V6 : l’émotion. C’était l’une des dernières voitures à accueillir le V6 « Arese » dans sa forme la plus pure, avant l’arrivée des blocs GM sur la 159. Entendre le Busso monter dans les tours dans le confort feutré d’une berline de luxe crée une dissonance cognitive délicieuse : c’est une voiture de ministre, mais avec le cœur d’une voiture de course.

    Pourquoi il faut regarder cette vidéo

    Cironi ne se contente pas de conduire, il raconte une histoire. Celle d’une voiture incomprise, peut-être sortie trop tard, peut-être mal vendue, mais qui, aujourd’hui, représente une opportunité incroyable en collection (Youngtimer). Regarder cette vidéo, c’est comprendre que la 166 n’était pas juste une « grosse voiture ». C’était une Alfa Romeo, une vraie, capable de vous donner le sourire dans un virage serré tout en transportant quatre personnes dans un luxe à l’italienne.

    Montez le son, profitez de la mélodie du V6, et redécouvrez la 166 comme elle le mérite.

  • Voiture de l’Année : 2001, quand l’Alfa 147 prouvait que la foudre peut tomber deux fois

    Voiture de l’Année : 2001, quand l’Alfa 147 prouvait que la foudre peut tomber deux fois

    On dit souvent que le succès est éphémère. Mais chez Alfa Romeo, au tournant du millénaire, le succès était une habitude. Trois ans seulement après le sacre de la 156, le jury de la Voiture de l’Année succombait de nouveau au charme italien.

    En 2001, c’est l’Alfa Romeo 147 qui remportait le titre suprême (avec 238 points), devançant de justesse la Ford Mondeo et… la Toyota Prius. Une victoire symbolique : la passion l’emportait sur la raison et sur l’hybridation naissante.

    Une « GTI » en tenue de soirée

    Si la 156 avait réinventé la berline, la 147 a bousculé le segment des compactes, alors dominé par une Volkswagen Golf très (trop ?) sérieuse. Dessinée par le duo Walter de Silva et Wolfgang Egger, la 147 était une pépite visuelle. Son nez, inspiré de la légendaire 6C 2500 Villa d’Este, affichait une calandre verticale audacieuse qui coupait le pare-chocs en deux.

    À l’intérieur, c’était le choc. Compteurs en fûts profonds, plastiques moussés, volant trois branches : elle a apporté le « Premium » dans la catégorie bien avant que ce ne soit la norme. C’était la voiture que l’on achetait pour être vu, mais surtout pour conduire.

    Le meilleur châssis de sa catégorie

    Car le secret de la victoire de la 147 ne résidait pas seulement dans ses courbes. C’était une véritable Alfa sous la tôle. Elle a eu l’audace de reprendre la plateforme de la 156, intégrant ainsi la fameuse suspension avant à double triangulation.

    Le résultat ? Un train avant incisif, une direction directe quasi-télépathique et une tenue de route qui renvoyait la concurrence à ses études. Qu’elle soit animée par les pétillants Twin Spark ou les vigoureux JTD (qui gagnaient alors leurs lettres de noblesse), la 147 donnait le sourire à chaque rond-point.

    Le mythe GTA

    Impossible d’évoquer la 147 sans une pensée émue pour sa version ultime, arrivée peu après le titre : la 147 GTA. En chaussant l’immense V6 3.2L « Busso » de 250 chevaux dans une si petite voiture, Alfa Romeo a créé un monstre, une anomalie magnifique, le chant du cygne de l’ère atmosphérique.

    La 147 reste aujourd’hui l’un des plus grands succès commerciaux de la marque (produite pendant 10 ans !). Elle nous rappelle qu’une voiture compacte peut avoir une âme immense. Espérons que le Junior, lui aussi compact et stylé, connaisse un destin aussi glorieux dans les cœurs, même si l’époque a changé.

  • Voiture de l’Année : 1998, l’année où l’Alfa 156 a mis l’Europe à genoux

    Voiture de l’Année : 1998, l’année où l’Alfa 156 a mis l’Europe à genoux

    Le 9 janvier prochain, le jury du Car of the Year rendra son verdict pour l’édition 2026. Si nos récentes Giulia, Stelvio et Junior ont toutes brillé en se hissant jusqu’en finale ces dernières années, prouvant la constance du renouveau d’Alfa Romeo, il fut un temps où le Biscione ne se contentait pas des places d’honneur. Il raflait la mise.

    Retour en 1998. Cette année-là, une berline italienne allait créer un séisme tel que l’Europe automobile s’en souvient encore : l’Alfa Romeo 156.

    Le coup de génie de Walter de Silva

    Pour comprendre l’impact de la 156, il faut se remettre dans le contexte de 1997. Les berlines sont alors souvent grises, carrées et ennuyeuses. Et puis débarque la 156.

    Dessinée par le maestro Walter de Silva, elle est une rupture totale. Lignes fluides, calandre proéminente qui oblige la plaque d’immatriculation à s’exiler sur le côté (un trait de caractère devenu culte), et surtout, cette astuce géniale : les poignées de portes arrière dissimulées dans les montants. L’idée était simple mais révolutionnaire : offrir la praticité d’une berline avec la ligne d’un coupé. Tout le monde a copié depuis, mais la 156 était la première.

    Une victoire technique autant qu’esthétique

    Mais le jury du Car of the Year ne récompense pas que la beauté. Pour l’emporter avec une avance écrasante (454 points) devant la Volkswagen Golf IV (266 points) et l’Audi A6, la 156 avait des arguments massue sous le capot.

    C’est elle qui a introduit en première mondiale la technologie Common Rail (JTD) sur une voiture de série. Une révolution diesel qui offrait silence et performance. Ajoutez à cela un châssis d’une précision chirurgicale grâce à sa suspension avant à double triangulation (le fameux quadrilatero alto), et vous aviez la voiture parfaite. Elle virait à plat, chantait juste (surtout avec le V6 Busso), et flattait la rétine.

    L’héritière spirituelle

    La 156 a fait bien plus que gagner un trophée : elle a sauvé Alfa Romeo à une époque critique et s’est vendue à plus de 680 000 exemplaires.

    Aujourd’hui, alors que nous attendons le verdict de 2026, regarder une 156 nous rappelle pourquoi nous aimons cette marque. Elle a prouvé qu’une voiture familiale n’était pas obligée d’être un « déplaçoir » rationnel, mais qu’elle pouvait être un objet de passion. Un ADN que l’on retrouve intact dans la Giulia actuelle.