Étiquette : Alfa Romeo

  • Santo Ficili lève le pied sur l’électrique : « Le monde n’est pas encore prêt »

    Santo Ficili lève le pied sur l’électrique : « Le monde n’est pas encore prêt »

    Alfa Romeo revoit sa copie. Alors que le constructeur milanais semblait s’engager vers une transition « tout électrique » sans retour en arrière, son nouveau CEO, Santo Ficili, vient de confirmer un virage stratégique vers plus de flexibilité. Ce changement de cap répond à une réalité de marché contrastée, où la demande pour l’électrique ne progresse pas au rythme espéré partout sur la planète.

    La flexibilité comme nouveau dogme

    Dans une interview accordée à Autocar, Santo Ficili a été on ne peut plus clair : « Le monde n’est pas encore prêt partout pour les voitures électriques ». Loin d’être un renoncement, cette déclaration marque l’adoption d’une stratégie multi-énergies capable de s’adapter aux infrastructures et aux habitudes de consommation de chaque marché.

    Ce réalisme industriel va directement influencer le développement des futures générations des fers de lance de la marque : la Giulia et le Stelvio.


    Giulia et Stelvio 2027 : Le pouvoir du choix

    Attendus autour de 2027, les remplaçants des modèles actuels reposeront sur la plateforme STLA Large de Stellantis. Conçue à l’origine pour l’électrique, cette architecture est suffisamment polyvalente pour accueillir des motorisations thermiques et hybrides.

    Selon les premières informations, la gamme devrait s’articuler autour de trois piliers technologiques :

    • Entrée de gamme : Motorisation quatre cylindres 2.0 litres turbo avec technologie Mild Hybrid.
    • Cœur de gamme : Système Hybride Rechargeable (PHEV) combinant un moteur thermique 1.6 litre et une unité électrique sur l’essieu arrière.
    • Haut de gamme : Versions 100 % électriques pour les marchés et les clients prêts pour la transition totale.

    En plus de cette variété mécanique, les deux modèles devraient monter en gamme avec des dimensions revues à la hausse pour asseoir le positionnement premium d’Alfa Romeo.


    Le Quadrifoglio sauvé par l’hybride

    Que les puristes se rassurent : le trèfle à quatre feuilles ne disparaîtra pas. Les versions Quadrifoglio, symboles de la performance absolue du Biscione, resteront au catalogue. Elles suivront la même logique de flexibilité en proposant des versions PHEV de haute performance aux côtés des variantes entièrement électriques.

    En choisissant la voie de la raison plutôt que celle de l’idéologie, Alfa Romeo s’assure de ne pas laisser sur le bord de la route ses clients les plus fidèles, tout en continuant à préparer l’avenir.

  • Carabinieri et Alfa Romeo : 75 ans d’histoire italienne réunis dans un ouvrage d’exception

    Carabinieri et Alfa Romeo : 75 ans d’histoire italienne réunis dans un ouvrage d’exception

    Le Musée Alfa Romeo d’Arese a accueilli aujourd’hui un événement mémorable : le lancement du livre Carabinieri and Alfa Romeo – for Italy. Cet ouvrage retrace soixante-quinze ans d’une collaboration institutionnelle et passionnée entre la marque au Biscione et l’Arme des Carabinieri, deux piliers de l’identité nationale italienne.

    L’événement s’est déroulé en présence du général Salvatore Luongo, commandant général des Carabinieri, de Santo Ficili, CEO d’Alfa Romeo, et de Lorenzo Ardizio, conservateur du Musée et co-auteur de l’œuvre.


    Un logo commémoratif pour un jubilé de platine

    À l’occasion de ce 75e anniversaire, un logo spécial a été dévoilé. Véritable synthèse symbolique, il intègre le chiffre 75 aux emblèmes iconiques des deux institutions : le Biscione d’Alfa Romeo et la Flamme des Carabinieri. Ce visuel accompagnera toutes les initiatives liées aux célébrations, illustrant des valeurs partagées telles que le courage, la discipline et le dévouement au bien commun.


    Cinq chapitres, une seule nation

    Publié par Giunti et Giorgio Nada Editore, le livre est structuré en cinq chapitres qui font correspondre l’évolution des modèles automobiles aux grandes étapes de l’histoire de la République italienne :

    • Chapitre 1 : Reconstruction et après-guerre – Inauguré par la 1900 M « Matta » de 1951, le premier tout-terrain Alfa Romeo à revêtir la livrée des Carabinieri.
    • Chapitre 2 : Le miracle économique – Porté par la Giulia Super de 1968, symbole d’élégance et de rapidité, qui a donné naissance au surnom mythique de « Gazzella ».
    • Chapitre 3 : Les Années de Plomb – Illustré par l’Alfetta 2.0 « Protetta » de 1979, une berline blindée utilisée pour les services d’escorte durant une période de conflits internes intenses.
    • Chapitre 4 : La lutte contre le crime organisé – Avec les Alfa 90 (1987) et Alfa 75 (1992), marquant une présence forte de l’État sur le territoire.
    • Chapitre 5 : Un horizon mondial – Couvrant les dernières décennies avec les 156, 159, Giulietta, Giulia, jusqu’aux récents Tonale (2023) et Stelvio (2025).

    Le témoignage des dirigeants

    « Alfa Romeo fait partie de l’inconscient collectif italien, tout comme les Carabinieri. Ce livre rend hommage à une alliance de longue date faite de confiance et de respect mutuel. » — Santo Ficili, CEO d’Alfa Romeo.

    Le général Salvatore Luongo a souligné que cette relation dépasse largement le cadre commercial : « Pour les citoyens, voir une « gazzelle » approcher signifie savoir qu’ils ne sont pas seuls. Ces véhicules incarnent visuellement la proximité de l’État avec la communauté ».


    L’exposition « Alfa Romeo en uniforme »

    Pour les passionnés de passage en Italie, le Musée d’Arese propose une section permanente intitulée « Alfa Romeo in Uniform ». Inaugurée en 2020, elle expose de nombreux modèles historiques mentionnés dans l’ouvrage, de la robuste « Matta » à la très haute performance Giulia Quadrifoglio actuellement utilisée pour les services spéciaux.

  • Alfa Romeo face au tournant Stellantis : Vers une stratégie de « sélectivité » accrue

    Alfa Romeo face au tournant Stellantis : Vers une stratégie de « sélectivité » accrue

    Le 21 mai 2026 à Détroit, Antonio Filosa présentera le nouveau plan industriel de Stellantis, un rendez-vous qui s’annonce décisif pour l’avenir d’Alfa Romeo au sein du groupe. Selon les informations rapportées, le groupe s’apprête à modifier la répartition de ses ressources entre ses 14 marques, privilégiant désormais une sélection plus nette des enseignes jugées prioritaires.

    Le pragmatisme avant tout : Les marques « piliers » favorisées

    Dans ce nouveau scénario, la majeure partie des investissements de Stellantis devrait se concentrer sur les marques générant les plus gros volumes et la plus forte rentabilité : Jeep, Ram, Peugeot et Fiat. Ces marques sont considérées comme les moteurs de la transition industrielle du groupe, capables de financer le développement des nouvelles technologies.

    Pour Alfa Romeo, cela ne signifie pas une fermeture ou une cession, mais une gestion beaucoup plus ciblée :

    • Focus géographique : Le Biscione abandonnerait la course à la présence globale pour se concentrer uniquement sur les marchés où il bénéficie d’une forte reconnaissance et d’un potentiel de marge élevé.
    • Objectif rentabilité : La marque doit désormais transformer son immense patrimoine historique en résultats économiques concrets.
    • Soutenabilité : L’ambition est de ramener Alfa Romeo à une dimension plus claire et cohérente avec son identité réelle.

    Synergies techniques : Entre économies et identité

    Pour réduire les coûts de recherche et développement, Alfa Romeo s’appuiera davantage sur les plateformes et technologies communes développées pour les marques principales du groupe. Toutefois, le défi sera de préserver l’âme de la marque. Pour éviter de devenir une simple « variante stylistique » de modèles existants, Alfa Romeo devra impérativement se différencier par :

    1. Un design exclusif et iconique.
    2. Des réglages dynamiques spécifiques.
    3. Une qualité perçue supérieure.

    « Le public du Biscione est particulièrement sensible à l’autenticité du produit et accepterait difficilement des modèles dépourvus d’une vraie empreinte sportive. »

    L’épreuve de maturité

    Le plan Filosa place Alfa Romeo devant un véritable test de maturité. Le futur de la marque ne dépendra plus seulement de son charme historique, mais de sa capacité à générer de la valeur au sein du portefeuille Stellantis grâce à une gamme plus efficiente et des investissements mieux ciblés.

  • 24 juin 1910 : La naissance d’A.L.F.A. et l’aube d’une légende mécanique à Milan

    24 juin 1910 : La naissance d’A.L.F.A. et l’aube d’une légende mécanique à Milan

    Le 24 juin 1910, dans l’effervescence industrielle de la plaine lombarde, un acte notarié scelle la création d’une nouvelle société à Milan : l’Anonima Lombarda Fabbrica Automobili, rapidement abrégée sous l’acronyme A.L.F.A..

    En reprenant les installations désertées du constructeur français Darracq dans le quartier du Portello, une poignée d’entrepreneurs et d’ingénieurs visionnaires ne fondent pas seulement une marque de voitures : ils posent la première pierre d’un mythe séculaire associant design d’avant-garde, rigueur mécanique et passion de la vitesse.

    Des déboires de Darracq à l’élan du Portello

    L’histoire commence en réalité par un échec commercial. En 1906, l’industriel français Pierre Alexandre Darracq s’associe à des investisseurs italiens menés par le cavalier Ugo Stella pour assembler des voiturettes populaires à Naples, puis au Portello, en banlieue nord de Milan. Mal adaptées aux routes accidentées de la péninsule et pénalisées par une mise au point précaire, les Darracq ne trouvent pas leur public.

    Refusant de voir l’outil industriel péricliter, Ugo Stella prend les rênes du projet. Avec le soutien de financiers lombards, il rachète les parts de Darracq fin 1909 et constitue officiellement l’A.L.F.A. le 24 juin 1910. L’objectif est limpide : concevoir des automobiles pensées dès l’origine pour le marché italien, alliant fiabilité, puissance et élégance.

    Giuseppe Merosi et le coup de maître de la 24 HP

    Pour diriger le bureau d’études, Ugo Stella recrute un jeune géomètre piémontais autodidacte et ingénieur de génie : Giuseppe Merosi.

    Avant même la signature officielle des statuts, Merosi planche sur les plans de la toute première création de la maison : l’A.L.F.A. 24 HP. Dévoilée à l’automne 1910, l’auto surprend par son niveau technique exceptionnel :

    • Un bloc monobloc moderne : Un 4-cylindres en ligne de 4 084 cm³ coulé d’un seul tenant (une architecture d’avant-garde pour l’époque), délivrant 42 ch à 2 200 tr/min.
    • Des performances de pointe : Capable d’atteindre 100 km/h dans sa version Torpedo, la 24 HP brille par sa tenue de route, son châssis rigide à longerons en acier embouti et sa boîte manuelle à 4 rapports.
    • Un succès immédiat : Déclinée en carrosseries Torpedo ou Limousine par des carrossiers milanais de renom (Castagna, Sala), la 24 HP s’écoule à plus de 200 exemplaires et assoit la réputation de robustesse d’A.L.F.A.

    L’invention de l’emblème : La croix rouge et le Biscione

    1910 marque également la naissance de l’un des logos les plus célèbres de l’art industriel. Chargé d’imaginer l’identité visuelle de la nouvelle marque, le dessinateur Romano Cattaneo s’inspire de deux symboles majeurs de la ville de Milan :

    • La croix rouge sur fond blanc : L’étendard de la municipalité milanaise, hérité de la première croisade.
    • Le Biscione : Le serpent héraldique avalant un homme, symbole historique de la famille régnante des Visconti.

    Entourés d’une couronne bleue où s’inscrivent en lettres d’or les mots « ALFA » et « MILANO », séparés par deux nœuds de Savoie (nodi sabaudi) en hommage à la monarchie italienne, ces deux éléments forment l’écusson rond qui ornera la calandre de toutes les productions de l’usine du Portello.

    Les prémices de l’ADN course dès 1911

    Dès cette première année fondatrice, Giuseppe Merosi comprend que la notoriété d’une grande marque se forge sur la piste. En 1911, deux A.L.F.A. 24 HP préparées prennent le départ de la redoutable Targa Florio en Sicile, pilotées par Nino Franchini et Ugo Ronzoni. Si un incident de course prive Franchini d’une victoire promise, la démonstration est faite : le virus de la compétition est inoculé.

    Cinq ans plus tard, en 1915, l’ingénieur napolitain Nicola Romeo prendra le contrôle de l’entreprise pour lui donner son nom définitif, mais l’âme, le blason et le caractère mécanique de la légende étaient bel et bien nés en ce mois de juin 1910 au Portello.

  • Jeu, Set et Match : Alfa Romeo Belux s’allie à l’excellence de Justine Henin

    Jeu, Set et Match : Alfa Romeo Belux s’allie à l’excellence de Justine Henin

    Il y a des rencontres qui semblent écrites d’avance. Celle entre Alfa Romeo Belux et la Justine Henin Tennis Academy en est le parfait exemple. Il ne s’agit pas d’un simple contrat de sponsoring, mais d’une alliance naturelle entre deux univers où l’exigence, l’élégance et la passion sont les maîtres-mots.

    Sur un court de tennis comme sur le bitume, tout est une question de millimètres : le geste juste, le timing parfait et une maîtrise de chaque instant.


    L’innovation au service de la performance

    À l’image d’un match de haut niveau, chaque trajet en Alfa Romeo est pensé comme une expérience sensorielle. Ce partenariat met en avant deux piliers de la gamme actuelle :

    • Alfa Romeo Junior : Ce modèle compact réinterprète l’esprit du Biscione pour une nouvelle génération d’Alfisti. Accessible et durable, il propose l’offre la plus complète de son segment avec des motorisations Ibrida (hybride) et 100 % électriques. La version Junior Veloce trône au sommet de la gamme avec une puissance de 280 ch.
    • Alfa Romeo Tonale : Le premier SUV compact de la marque, qui parvient à équilibrer sportivité, technologie et efficience.

    Une mission de transmission

    Au-delà de la performance mécanique, cette collaboration est une histoire de valeurs humaines. Justine Henin, icône du sport belge et ancienne numéro 1 mondiale, insuffle à son académie une vision faite de rigueur et d’authenticité. En s’associant à elle, Alfa Romeo Belux s’engage à accompagner les talents de demain pour les aider à se dépasser, sur le terrain comme dans la vie.

    Ce partenariat prendra vie à travers une présence lors de tournois majeurs, des rencontres inspirantes et des expériences exclusives destinées à rapprocher les deux communautés.


    Les mots des protagonistes

    « C’est une grande fierté de voir Alfa Romeo s’engager à nos côtés en Belgique. Ensemble, nous souhaitons inspirer et faire grandir une nouvelle génération de sportifs. » — Justine Henin

    « Nous partageons une même culture de la performance, du détail et de l’émotion. Soutenir les talents de demain tout en créant des expériences fortes et authentiques est au cœur de notre démarche. » — Yann Chabert, Directeur Général Alfa Romeo Belgique

  • Rosso Festival 2026 : Le cœur d’Alfa Romeo a vibré au Mas du Clos

    Rosso Festival 2026 : Le cœur d’Alfa Romeo a vibré au Mas du Clos

    Le week-end des 25 et 26 avril 2026 restera gravé dans la mémoire des Alfistes. Pour sa deuxième édition, le Rosso Festival a posé ses valises sur l’un des tracés les plus techniques et chargés d’histoire de France : le légendaire circuit du Mas du Clos, au cœur de la Creuse.

    Pendant deux jours, la passion s’est déclinée en toutes les nuances de rouge, réunissant un plateau exceptionnel de 200 véhicules couvrant plus de 70 ans d’ingénierie et de design milanais.


    Un voyage temporel de 1955 à 2026

    Après une première édition remarquée à Charade en 2025, le festival a franchi un nouveau cap cette année. Le spectacle était partout, du paddock à la piste, illustrant la généalogie unique du Biscione :

    • Les icônes historiques : Des modèles des années 1960, symboles de l’âge d’or du design italien.
    • Les sportives de légende : Coupés caractériels et berlines survitaminées qui ont forgé la réputation de la marque sur circuit.
    • Le renouveau contemporain : Les derniers modèles de la gamme actuelle, prouvant que l’ADN Alfa Romeo sait se conjuguer au futur.

    Au total, 400 passionnés et une dizaine de clubs ont partagé cette expérience immersive, faisant du Mas du Clos un véritable sanctuaire de l’automobile.


    L’émotion en piste : bien plus qu’un simple rassemblement

    Le Mas du Clos n’est pas un circuit comme les autres. Son tracé exigeant a permis aux participants de tester la sportivité de leurs montures dans un cadre sécurisé et convivial. Entre deux sessions de roulage, les échanges entre collectionneurs et néophytes ont témoigné d’une transmission de savoir et d’une ferveur intacte.

    « Le Rosso Festival illustre parfaitement l’ADN d’Alfa Romeo : une passion sincère, partagée et transmise. Voir 200 Alfa Romeo évoluer sur le circuit du Mas du Clos est une grande fierté. » — Alain Descat, Directeur d’Alfa Romeo France.


    Un rendez-vous désormais incontournable

    Avec le succès de cette édition 2026, le Rosso Festival s’installe durablement comme la référence des événements Alfa Romeo en France. Soutenu par la marque et porté par une communauté soudée, l’événement a prouvé que le lien entre Alfa Romeo et ses clients est plus fort que jamais, fondé sur l’émotion pure et le plaisir de conduire.

  • Mai 1985 : Le lancement de l’Alfa 75, l’ultime berline propulsion 100 % Arese

    Mai 1985 : Le lancement de l’Alfa 75, l’ultime berline propulsion 100 % Arese

    En mai 1985, pour célébrer en grande pompe les trois-quarts de siècle de sa fondation (1910–1985), Alfa Romeo dévoile à la presse internationale celle qui porte fièrement le nom de cet anniversaire : l’Alfa Romeo 75 (nom de code interne Tipo 162B).

    Remplaçante de la Giulietta (Type 116), la 75 ne se contente pas d’incarner le renouveau stylistique de la marque sous la plume acérée d’Ermanno Cressoni : elle reste à jamais dans le cœur des Alfistes comme la toute dernière berline sportive conçue et développée de manière 100 % indépendante par l’usine d’Arese avant le rachat par le groupe Fiat en novembre 1986.

    Le coup de crayon d’Ermanno Cressoni : L’art du profil en coin

    Dessinée par le Centro Stile Alfa Romeo sous la direction du visionnaire Ermanno Cressoni, l’Alfa 75 pousse à l’extrême le style en coin (cuneo) cher à la marque :

    • Une silhouette taillée à la serpe : Une ligne de caisse plongeante vers l’avant, un capot bas, une malle arrière surélevée et un discret bandeau plastique noir courant le long de la ceinture de caisse qui intègre avec malice le bossage de la malle.
    • Un habitacle décalé et ergonomique : La 75 surprend par son frein à main en étrier (la célèbre « poignée en U » intégrant le cendrier), ses commandes de lève-vitres électriques situées sur la console de pavillon au-dessus du rétroviseur, et son module électronique de diagnostic centralisé, l’Alfa Control.

    L’apogée de l’architecture Transaxle

    Sur le plan dynamique, l’Alfa 75 représente l’aboutissement absolu du schéma mécanique Transaxle, hérité de l’Alfetta de 1972 et poussé à son paroxysme :

    • Répartition des masses 50/50 : Moteur longitudinal à l’avant, mais ensemble embrayage-boîte de vitesses-différentiel rejeté sur l’essieu arrière.
    • Train arrière De Dion : Essieu rigide De Dion avec parallélogramme de Watt pour guider parfaitement les roues motrices sans variation de carrossage.
    • Freins arrière « inboard » : Disques de frein arrière accolés à la boîte de vitesses en sortie de différentiel afin de réduire drastiquement les masses non suspendues.

    Ce châssis garantissait une agilité, un pouvoir directionnel et une motricité qui reléguaient la concurrence de l’époque (BMW Série 3 E30, Mercedes 190) au rang de berlines conventionnelles.

    Une palette mécanique d’anthologie dès le lancement

    Dès sa commercialisation au printemps 1985, l’Alfa 75 offre un choix de motorisations d’une grande noblesse :

    • Le Bialbero Nord à carburateurs : Décliné en 1.6 (110 ch), 1.8 (120 ch) et 2.0 (128 ch), alimenté par deux généreux carburateurs double-corps Weber ou Dell’Orto à la sonorité caverneuse.
    • Le légendaire V6 Busso 2.5 Quadrifoglio Verde : Coiffant la gamme à son lancement, le V6 à 60° tout alu de 2 492 cm³ à injection électronique Bosch L-Jetronic délivre 156 ch dans un timbre lyrique inimitable, propulsant la 75 à plus de 210 km/h.
    • Le Turbodiesel VM : Un bloc 2.0 litres de 95 ch, performant pour l’époque.

    Cette base magistrale permettra à Alfa Romeo d’introduire dès les années suivantes la redoutable 75 Turbo (1986), puis la révolutionnaire 75 2.0 Twin Spark (1987) et son différentiel autobloquant à 25 %.

    Le symbole d’une époque dorée

    Produite à plus de 387 000 exemplaires jusqu’en 1992, l’Alfa 75 de 1985 demeure un monument d’ingénierie et de tempérament. Elle clôt avec panache l’ère glorieuse des berlines propulsion nées à Milan, alliant une tenue de route affûtée à la musique viscérale des doubles arbres et du V6 Busso.

  • Quand le surréalisme rencontre le Biscione : L’œuvre oubliée de René Magritte pour Alfa Romeo

    Quand le surréalisme rencontre le Biscione : L’œuvre oubliée de René Magritte pour Alfa Romeo

    René Magritte est aujourd’hui une icône mondiale, un nom qui fait s’envoler les enchères (souvenez-vous de la vente de « L’empire des lumières » pour 121 millions de dollars il y a deux ans). Mais avant de devenir le maître du surréalisme que nous connaissons tous, l’artiste belge a dû, comme beaucoup, se battre pour « nourrir son homme ». Et c’est cette période de vaches maigres qui a donné naissance à une collaboration inattendue avec Alfa Romeo.

    1925 : Magritte, graphiste pour Alfa Romeo

    Il y a un peu plus d’un siècle, le jeune Magritte cherchait encore sa voie. Entre deux expérimentations cubistes et un job de dessinateur dans une fabrique de papier peint, il acceptait des commandes publicitaires pour joindre les deux bouts. C’est ainsi qu’en 1925, il imagine une affiche publicitaire haute en couleur et abstraite pour Alfa Romeo.

    Cette œuvre, loin des pipes et des chapeaux melons, a trouvé refuge dans les pages du magazine automobile belge « Englebert ». Le saviez-vous ? Cette revue, nommée d’après la célèbre marque de pneus (qui fusionnera plus tard avec Uniroyal), a publié la campagne de Magritte à deux reprises, dans ses numéros 59-60 et 61-62.


    Une résonance troublante en 2026

    Relire ces archives centenaires aujourd’hui provoque un étrange sentiment de déjà-vu. En 1938, peu avant la Seconde Guerre mondiale, Magritte déclarait au Musée des Beaux-Arts d’Anvers :

    « Le monde entier autour de nous est surréaliste, comme par exemple cet armement massif… en vue de la paix ».

    En cette année 2026, ses mots résonnent avec une actualité frappante. Mais au-delà du contexte géopolitique, c’est l’esthétique de cette époque qui fascine : un mélange de schémas techniques dignes de manuels de physique et de publicités artistiques d’une audace folle. On en viendrait presque à se demander si le « progrès » n’a pas parfois un goût de régression.

    Alfa Romeo : La marque la plus surréaliste ?

    Il y a une certaine poésie à imaginer une œuvre de Magritte accrochée au mur d’un bureau de passionné d’automobile. Après tout, n’y a-t-il pas de marque plus surréaliste qu’Alfa Romeo ?

    • Le paradoxe passionnel : Tout amateur d’octane rêve (ou devrait rêver) d’avoir une Alfa dans son garage.
    • La réalité des chiffres : Malgré cet amour universel, la marque n’a écoulé que 73 000 exemplaires dans le monde l’an dernier.

    C’est là tout le génie et la tragédie d’Alfa : une aura immense pour une diffusion confidentielle. Un pur produit de l’esprit Magritte, où l’image et l’objet ne semblent jamais tout à fait dire la même chose.

  • Triplé historique pour Alfa Romeo : Le design italien sacré par les lecteurs d’Auto Bild en 2026

    Triplé historique pour Alfa Romeo : Le design italien sacré par les lecteurs d’Auto Bild en 2026

    Le design italien continue de faire chavirer les cœurs, même de l’autre côté du Rhin. Pour cette édition 2026 du prestigieux concours « Die besten Marken in allen Klassen » (Les meilleures marques dans toutes les catégories) organisé par le magazine allemand AUTO BILD, Alfa Romeo a réalisé un véritable coup de maître en raflant trois distinctions majeures.


    Le Design comme fer de lance

    Ce n’est pas la première fois que le Biscione brille dans cette compétition, mais cette année, la victoire a une saveur particulière avec un record de participation dépassant les 50 000 votes. Les lecteurs ont placé le style Alfa Romeo au sommet dans trois classements distincts :

    • Catégorie « Berlines intermédiaires » : Un titre porté par l’indémodable élégance de l’Alfa Romeo Giulia.
    • Catégorie « SUV Moyens » : Où l’Alfa Romeo Tonale a su imposer ses lignes modernes et dynamiques.
    • Classement Général Design : Une victoire globale qui couronne l’ensemble de la gamme, incluant le nouveau Junior et le Stelvio.

    Une reconnaissance du « Centro Stile »

    Pour Christine Schulze Tergeist, directrice de Stellantis Premium Brands Germany, ce résultat confirme que l’esthétique italienne reste une valeur refuge pour les passionnés d’automobile les plus exigeants :

    « Ce succès dans les catégories design montre que le style typiquement italien et la sportivité marquée de nos modèles sont toujours très bien accueillis par les fans de voitures allemands. Ce compliment s’adresse avant tout aux équipes du Centro Stile Alfa Romeo en Italie. »

    Avec 52 marques en compétition réparties dans 14 catégories, voir Alfa Romeo s’imposer ainsi pour la 15e édition de ce concours témoigne de la force émotionnelle intacte du constructeur milanais.

  • Boucles Ferronnoises 2026 : Le Biscione à l’épreuve des cartes et des méninges

    Boucles Ferronnoises 2026 : Le Biscione à l’épreuve des cartes et des méninges

    Il existe mille façons de vivre sa passion pour Alfa Romeo. On pense souvent aux trajectoires millimétrées sur circuit ou aux montées de cols à pleine charge. Mais aux Boucles Ferronnoises, première manche du Challenge Cartographique des Hauts-de-France, nous avons découvert une autre facette du Cuore Sportivo : celle de l’intelligence, de la patience et de la précision pure.

    Prendre le départ d’un rallye cartographique, c’est accepter de transformer sa monture en laboratoire et la route en un immense casse-tête. Pour cette aventure, ClubAlfa.fr ne s’est pas contenté de suivre : nous étions au cœur de l’action.


    L’Alfa Romeo Junior Veloce : La complice idéale

    Pour affronter les 67 équipages engagés, nous avons choisi l’Alfa Romeo Junior Veloce. Un choix audacieux face aux modèles historiques souvent privilégiés dans la discipline, mais qui s’est avéré être un atout stratégique.

    Dans un exercice où chaque son de cloche, chaque murmure du copilote et chaque détail de l’environnement comptent, le silence de l’électrique et la précision chirurgicale du châssis Veloce offrent un confort de concentration inégalé. La Junior ne se conduit pas, elle s’utilise comme un scalpel pour déjouer les pièges des organisateurs.

    Quand 120 km se transforment en odyssée

    Sur le papier, le parcours de la catégorie Expert affichait 120 kilomètres. Dans la réalité, notre Junior Veloce en a parcouru plus de 200. C’est toute la magie (et la cruauté) du carto :

    • Le doute permanent : Chaque carrefour est une énigme.
    • La chorégraphie du doute : Voir des dizaines de voitures ralentir, hésiter, faire demi-tour (dans le bon sens !) crée un ballet mécanique unique.
    • L’interdiction absolue : Malgré l’hésitation, une règle d’or — ne jamais prendre de contre-sens, sous peine de sanction immédiate.

    L’un des moments les plus marquants fut sans doute le passage en code binaire. Une suite de 0 et de 1 à traduire instantanément en directions. Sous la pression, même la logique la plus simple devient un défi psychologique. Nous avons dû faire des choix : abandonner certaines zones trop complexes pour préserver la cohérence du reste du parcours.


    Une présence Alfa Romeo remarquée

    Le Biscione était venu en force pour cette édition. Outre notre 8e place décrochée de haute lutte en catégorie Expert (une performance de premier plan compte tenu du niveau des spécialistes présents), une autre représentante de la marque s’est illustrée.

    En catégorie Touring (le niveau juste en dessous), une magnifique Alfa Romeo Giulietta de 2020 a porté fièrement nos couleurs. Elle termine à la 4e place, échouant au pied du podium après une navigation d’une grande régularité. Preuve s’il en fallait que, quelle que soit la génération ou la catégorie, rouler en Alfa insuffle toujours ce supplément d’âme et de ténacité.


    Le plaisir de conduire autrement

    Le classement final, dominé par une Twingo R.S. et une Toyota Corolla GT de 1980 et une Volvo 480 Turbo de 1989, rappelle l’essence même de la discipline : ici, ce n’est pas la puissance qui gagne, c’est l’alchimie entre le cerveau du navigateur et la précision du pilote.

    Participer à un rallye cartographique en Alfa Romeo, c’est redécouvrir le plaisir de comprendre la route plutôt que de simplement la subir. Se perdre, douter, faire demi-tour et finalement trouver le bon point de contrôle procure une satisfaction presque aussi intense qu’un virage pris à la corde.