Catégorie : Héritage

  • Duetto Day : Monterey 2026 célèbre les 60 ans de l’icône Alfa Romeo

    Duetto Day : Monterey 2026 célèbre les 60 ans de l’icône Alfa Romeo

    Le samedi 15 août 2026, la péninsule de Monterey en Californie deviendra l’épicentre de la passion automobile italienne. À l’occasion de la célèbre Monterey Car Week, un événement unique baptisé Duetto Day rendra hommage aux six décennies de l’Alfa Romeo Spider « Duetto », l’une des créations les plus emblématiques signées Pininfarina.

    Organisée par Pininfarina en collaboration avec le Concorso Italiano et le Monterey Motorsports Festival (MMF), cette journée rassemblera collectionneurs et passionnés du monde entier pour célébrer l’élégance intemporelle de ce roadster mythique.


    Le programme de la journée du 15 août 2026

    Le Duetto Day proposera un parcours exclusif mêlant expositions prestigieuses et conduite sur les routes côtières :

    • Matinée au Concorso Italiano : Les Duetto seront exposés dans une zone dédiée célébrant les 60 ans du modèle. À la mi-journée, le Concorso Italiano Duetto Award récompensera un exemplaire exceptionnel présent sur la pelouse.
    • Après-midi en convoi : Les participants quitteront le Concorso en convoi pour rejoindre le Monterey Motorsports Festival. Les voitures y seront présentées lors d’une exposition festive au milieu de milliers de spectateurs.
    • Soirée à Cannery Row : La journée se clôturera face à la baie de Monterey avec un événement exclusif Pininfarina. Durant la soirée, Paolo Dellachà, CEO de Pininfarina, remettra le Pininfarina Duetto Award au propriétaire de l’exemplaire le mieux préservé.

    L’Alfa Romeo Duetto : Une icône du design et du cinéma

    Lancée en 1966, l’Alfa Romeo Spider a été produite jusqu’en 1994 à travers quatre séries distinctes. Son design révolutionnaire, caractérisé par une forme lenticulaire et surnommé « osso di seppia » (os de seiche), reste l’un des plus grands succès de distribution mondiale pour la marque au Biscione à l’époque de l’après-guerre.

    Bien que le nom « Duetto » soit issu d’un concours et n’ait jamais été officiellement adopté pour des raisons légales, il est resté gravé dans la mémoire collective comme le synonyme même du Spider. La voiture est devenue une star internationale grâce au film Le Lauréat (The Graduate), où elle était conduite par Dustin Hoffman sur les routes de Californie, immortalisant ainsi son image de liberté et d’élégance à l’italienne.


    Comment participer ?

    Tous les propriétaires d’Alfa Romeo Duetto sont invités à s’inscrire pour participer à ce rassemblement historique.

    • Inscription : Contactez l’organisation par email à info@internationalcarweek.com.
    • Privilège : Les 15 premiers propriétaires inscrits recevront un cadeau commémoratif spécial offert par Pininfarina.

    Pensez-vous que le design du Spider Duetto reste, même 60 ans plus tard, le plus beau jamais réalisé pour un cabriolet italien ?

  • Alfa Romeo GTV Conrero Challenge : La licorne oubliée de la lignée 916

    Alfa Romeo GTV Conrero Challenge : La licorne oubliée de la lignée 916

    Dans le monde des collectionneurs de 916, certains noms font frissonner : Cup, Edicola, Motus… Mais il existe une version si rare qu’elle en devient presque mythique, une véritable « licorne » dont l’existence même est ignorée par la majorité des Alfistes : la GTV Conrero Challenge.

    Construite par le sorcier italien du sport automobile Conrero, cette édition spéciale a été développée exclusivement pour le marché japonais. Avec seulement cinq ou six exemplaires produits au total (dont seuls trois subsisteraient aujourd’hui), elle représente peut-être le Graal ultime pour les amateurs du GTV.


    Le Busso atmosphérique le plus puissant de l’histoire

    Le véritable cœur de cette machine ne se trouve pas dans son esthétique, mais sous son capot. Alors que le 3.0L V6 24V de série développe 220 ch, Conrero a réussi à en extraire 280 ch à 7 300 tr/min. Cela en fait le moteur Busso atmosphérique le plus puissant jamais proposé sur une Alfa Romeo de route.

    Pour atteindre de tels sommets, les ingénieurs italiens n’ont pas fait les choses à moitié :

    • Arbres à cames spécifiques et admission retravaillée.
    • Échappement en inox de plus gros diamètre avec quatre sorties distinctives.
    • Gestion électronique (ECU) optimisée et corps de papillon modifié.
    • Visuellement, le moteur se distingue par des cache-soupapes jaune vif, remplaçant le rouge traditionnel.

    Un style signé Carlo Gaino qui ne laisse personne indifférent

    Si la mécanique fait l’unanimité, le style extérieur est, lui, plus clivant. Le kit carrosserie a été dessiné par Carlo Gaino (Synthesis Design), l’homme derrière la Maserati Barchetta et l’Alfa 155 GTA.

    Ce kit « gonfle » les lignes ciselées du 916 avec une agressivité assumée : pare-chocs massifs, bas de caisse proéminents et un aileron arrière imposant. Johnny Cartlidge, propriétaire de l’exemplaire numéro 5 (en Grigio Chiaro), admet que si certaines lignes sont étranges en photo, le kit fonctionne bien mieux en réel, surtout avec la lumière du jour qui vient adoucir les volumes.


    Un habitacle « High-Tech » à l’italienne

    À l’intérieur, Conrero a poussé la personnalisation encore plus loin que les finitions cuir rouge classiques d’Alfa :

    • Les compteurs principaux arborent un fond jaune éclatant.
    • La sellerie mélange le cuir rouge et des panneaux de portes blanc cassé.
    • On y trouve un pommeau de levier de vitesses griffé Conrero et une plaque numérotée sur le tableau de bord.

    Une ingénierie de haut vol

    Au-delà du moteur, le châssis a été sérieusement revu pour offrir un comportement plus rigide et incisif :

    • Suspensions : Ressorts Eibach et amortisseurs Koni réglables.
    • Freinage : Disques Brembo de 305 mm à l’avant et AP Racing de 280 mm à l’arrière.
    • Roues : Jantes de 17 pouces ultra-légères (probablement des OZ) avec une conversion goujons/écrous pour un look racing.

    L’anecdote de l’enchère japonaise

    L’histoire de l’acquisition de cet exemplaire par Johnny Cartlidge est presque aussi incroyable que la voiture elle-même. Repérée lors d’une vente aux enchères au Japon, il a perdu la première bataille face à un enchérisseur trop zélé. Quelques jours plus tard, la voiture est réapparue sous le nom de « Alfa GTV unknown« . Johnny l’a alors remportée pour une somme dérisoire, étant pratiquement le seul à savoir ce qui se cachait derrière cette description mystérieuse.

    Bien que la voiture ait été une source de tracas mécaniques dès son arrivée au port, elle reste une pièce d’histoire inestimable. Pour les passionnés, il existe même une miniature au 1/43e éditée par Tron Models, en couleur Giallo Conrero, pour ceux qui n’auront jamais la chance de croiser l’une des trois survivantes.


    En tant que passionné du Biscione, seriez-vous prêt à accepter ce kit carrosserie controversé en échange des 280 ch hurlants de ce Busso préparé ?

  • Portrait : Nicola Romeo, l’ingénieur napolitain qui a sauvé le Biscione

    Portrait : Nicola Romeo, l’ingénieur napolitain qui a sauvé le Biscione

    Sans lui, nous ne serions pas ici à parler d’Alfa Romeo. Nous parlerions peut-être d’A.L.F.A. comme d’une obscure marque milanaise disparue en 1915. Nicola Romeo (1876-1938) est l’homme qui a donné son nom de famille à la marque, mais il lui a surtout donné une envergure industrielle.

    Le Napolitain à Milan

    Originaire de Sant’Antimo près de Naples, Nicola Romeo est un ingénieur brillant, spécialisé dans les machines minières et l’air comprimé. Ce n’est pas un homme de voiture au départ, c’est un capitaine d’industrie. En 1915, alors que la Première Guerre mondiale fait rage, l’A.L.F.A. (Anonima Lombarda Fabbrica Automobili) est en faillite. La banque confie l’usine du Portello à Nicola Romeo pour la convertir à l’effort de guerre. Sous sa direction, l’usine produit des munitions, des moteurs d’avion et des compresseurs. L’entreprise passe de quelques centaines à des milliers d’ouvriers. Romeo a transformé l’atelier artisanal en géant industriel.

    La naissance d’Alfa Romeo

    La guerre finie, Romeo aurait pu faire des trains. Mais il décide de revenir à l’automobile. Il fusionne ses sociétés et, en 1920, la première voiture portant le badge Alfa Romeo (la Torpedo 20-30 HP) sort des chaînes. C’est lui qui comprend l’importance de la course pour l’image. Il finance la création de la mythique P2 et embauche Vittorio Jano. C’est sous son règne qu’Alfa Romeo remporte le premier Championnat du Monde en 1925.

    Une fin amère

    L’histoire d’amour finit mal. En 1928, acculé par les difficultés financières de sa banque partenaire, Nicola Romeo est évincé de sa propre entreprise. Il partira aigri, mais il laisse derrière lui un héritage colossal : une marque mondiale, une usine moderne, et un nom, « Romeo », qui sonne aujourd’hui comme synonyme de passion automobile.

  • 24H du Mans 1933 : Nuvolari, sans freins, remporte le duel du siècle sur le fil

    24H du Mans 1933 : Nuvolari, sans freins, remporte le duel du siècle sur le fil

    En 1933, Alfa Romeo n’a plus besoin de battre les autres constructeurs. La marque est devenue si dominatrice qu’elle ne se bat plus que contre elle-même. Mais cette édition des 24 Heures du Mans va offrir au public le scénario le plus incroyable de l’histoire de l’avant-guerre, un duel fratricide qui se terminera par un écart infime de 401 mètres après 3 000 km de course !

    Le « Dream Team » face au tenant du titre

    Sur la grille de départ, une voiture attire tous les regards : l’Alfa Romeo 8C 2300 n°11. Son équipage est tout simplement royal. D’un côté, Raymond Sommer, le héros de l’édition 1932 (le fameux « Cœur de Lion »). De l’autre, la légende vivante, le « Mantouan Volant », Tazio Nuvolari. C’est sa première participation au Mans, et il compte bien ajouter ce trophée à son palmarès.

    Face à eux, dans l’Alfa n°8, on retrouve Luigi Chinetti (l’ancien coéquipier de Sommer !) associé à Philippe de Gunzbourg. La guerre psychologique est déclarée.

    Une course poursuite infernale

    La course se résume vite à un duel acharné entre la n°11 et la n°8. Les deux équipages battent le record du tour à la chaîne. Mais la mécanique s’en mêle. L’Alfa de Nuvolari et Sommer est victime d’une fuite de réservoir d’essence. Le règlement interdit de ravitailler trop souvent. L’équipe doit colmater la fuite avec les moyens du bord (du savon et du chewing-gum, dit la légende !) à chaque arrêt, faisant perdre un temps précieux.

    À chaque fois que la n°11 repart, Nuvolari et Sommer doivent cravacher comme des fous pour rattraper le retard sur Chinetti, qui gère sa course en tête.

    Le dernier tour sans freins

    Nous sommes dans la dernière heure. Tazio Nuvolari est au volant. Il a rattrapé Chinetti. Les deux Alfa Romeo roulent pare-chocs contre pare-chocs à plus de 200 km/h dans les Hunaudières.

    C’est là que le mythe s’écrit. Nuvolari s’aperçoit que ses freins lâchent. La pédale va au plancher. N’importe qui aurait levé le pied pour assurer la deuxième place. Pas Nuvolari. Il compense l’absence de freins par des rétrogradages violents et des glissades contrôlées.

    Dans le tout dernier tour, Chinetti commet une petite erreur (gêné par un retardataire ou fatigué par la pression). Il n’en faut pas plus. Nuvolari plonge, le double, et franchit la ligne d’arrivée avec seulement 9 secondes d’avance (environ 400 mètres) sur son rival.

    Le triplé et la gloire

    Ce final éblouissant offre à Alfa Romeo son troisième succès consécutif dans la Sarthe. Pour parachever le triomphe, la troisième marche du podium est aussi occupée par une 8C (celle de Lewis et Rose-Richards).

    Tazio Nuvolari a prouvé ce jour-là qu’il n’était pas seulement un sprinter de Grand Prix, mais un guerrier capable de gérer l’impossible sur 24 heures. Quant à l’Alfa 8C 2300, elle entre définitivement au panthéon des voitures invincibles.

  • Nicola Romeo : 150 ans de l’homme qui a donné son nom et son âme au Biscione

    Nicola Romeo : 150 ans de l’homme qui a donné son nom et son âme au Biscione

    Le 28 avril est une date sacrée pour tout Alfiste. Aujourd’hui, nous célébrons le 150e anniversaire de la naissance de Nicola Romeo (1876-1938). Si la marque A.L.F.A. est née en 1910, c’est cet ingénieur napolitain au tempérament de feu qui, en y apposant son nom, a transformé une entreprise en difficulté en une légende mondiale du sport automobile.


    De Naples à Milan : L’ascension d’un visionnaire

    Né à Sant’Antimo en 1876 dans une famille modeste, rien ne prédestinait Nicola Romeo à devenir le géant de l’industrie milanaise. Ingénieur civil et électricien diplômé à Naples puis à Liège, il parcourt l’Europe avant de fonder sa propre entreprise de machines industrielles en 1906.

    C’est en 1915, en pleine Première Guerre mondiale, qu’il rachète l’Anonima Lombarda Fabbrica Automobili (A.L.F.A.). Son génie ? Avoir su convertir l’usine pour l’effort de guerre avant de pivoter, dès 1919, vers ce qui deviendra sa véritable passion : les voitures de tourisme à hautes performances.


    La naissance du « Sport Touring »

    Nicola Romeo n’était pas seulement un industriel ; c’était un stratège qui avait compris, avant tout le monde, que la piste était le meilleur laboratoire technique et le meilleur outil marketing. Sous sa direction, Alfa Romeo adopte une mission claire : concevoir des voitures capables de gagner le dimanche et d’emmener les clients avec élégance le lundi.

    Les dates clés de l’ère Nicola Romeo :

    AnnéeÉvénement MajeurImpact
    1915Rachat de l’A.L.F.A.Début de l’ère industrielle moderne.
    1918Changement de nomL’entreprise devient officiellement Alfa Romeo.
    1923Victoire à la Targa FlorioPremière grande victoire internationale du Biscione.
    1925Premier Championnat du MondeTriomphe de la mythique P2 conçue par Vittorio Jano.

    L’homme qui savait s’entourer des meilleurs

    L’une des plus grandes forces de Nicola Romeo fut son flair pour le talent. C’est sous son impulsion, et avec l’aide d’un certain Enzo Ferrari, qu’il débauche l’ingénieur Vittorio Jano chez Fiat.

    Ce trio de génies va donner naissance à des chefs-d’œuvre mécaniques comme la P2, puis les séries 6C et 8C, des voitures qui ont littéralement défini les standards de l’ingénierie automobile de l’entre-deux-guerres.

    Un héritage immortel

    Nicola Romeo quitte la direction de l’entreprise en 1928, avant d’être nommé Sénateur du Royaume d’Italie en 1929. Il s’éteint en 1938 sur les rives du lac de Côme, laissant derrière lui une marque qui, 150 ans après sa naissance, continue de faire vibrer les passionnés par son « vroom » caractéristique et ses lignes sculpturales.

    Aujourd’hui, que ce soit au Musée d’Arese ou sur les routes du monde entier, chaque fois qu’un moteur Alfa Romeo rugit, c’est un peu du rêve de cet ingénieur napolitain qui reprend vie.

  • Légende : Alfa Romeo Montreal, le « Rêve V8 » brisé par l’histoire

    Légende : Alfa Romeo Montreal, le « Rêve V8 » brisé par l’histoire

    Il est des voitures qui naissent sous une bonne étoile, et d’autres qui doivent affronter la tempête. L’Alfa Romeo Montreal appartient à la seconde catégorie. Son histoire commence comme un conte de fées : en 1967, les organisateurs de l’Exposition Universelle de Montréal demandent à Alfa Romeo de créer un concept-car qui incarnerait « la plus haute aspiration de l’homme en matière d’automobile ». Rien que ça.

    Le carrossier Bertone (et son génial designer Marcello Gandini, père de la Lamborghini Miura) dessine deux prototypes blancs immaculés. Le public est conquis. La demande est telle qu’Alfa Romeo décide de la produire en série. Mais entre le rêve de 1967 et la réalité de la sortie en 1970, le monde a changé.

    Un style unique signé Gandini

    La Montreal est une sculpture. Gandini lui a donné une « gueule » inoubliable avec une caractéristique unique au monde : les paupières de phares. À l’arrêt, les quatre phares sont partiellement masqués par des grilles rétractables (les fameuses paupières). Lorsque l’on allume les feux, elles s’abaissent pneumatiquement. C’est du pur spectacle. On retrouve aussi la touche Gandini dans la prise d’air NACA sur le capot (en réalité factice sur le modèle de série !) et les six ouïes d’aération derrière les portières. Initialement prévues pour refroidir un moteur central arrière, elles sont restées purement esthétiques quand le moteur a finalement été placé à l’avant.

    Le cœur de la 33 Stradale

    Si la Montreal est une légende, c’est parce qu’elle cache un secret de compétition. Sous son long capot avant, on ne trouve pas un banal 4 cylindres, mais un V8 de 2.6 litres à carter sec. Ce moteur est directement dérivé de celui de la mythique 33 Stradale de course. Civilisé pour la route, il développe 200 chevaux et grimpe à 7 000 tr/min avec une sonorité rauque et envoûtante. Couplé à une boîte ZF inversée (première en bas à gauche), il propulse la GT à plus de 220 km/h.

    Victime de la crise pétrolière

    La Montreal avait tout pour elle : la ligne, le moteur, l’image. Mais elle arrive sur le marché au moment où éclate le choc pétrolier de 1973. Soudain, une voiture de sport dotée d’un V8 gourmand (l’injection mécanique SPICA était complexe à régler) devient politiquement incorrecte. Le prix de l’essence explose, et les ventes de la Montreal s’effondrent. Elle sera produite à moins de 4 000 exemplaires jusqu’en 1977, restant longtemps dans l’ombre comme une « supercar maudite ».

    L’Héritage

    Aujourd’hui, la justice est enfin rendue. La cote de la Montreal flambe. Les collectionneurs redécouvrent cette GT exotique qui offre le frisson d’un moteur de course Alfa Romeo dans une robe haute couture signée Bertone. Elle reste le témoignage d’une époque où Alfa Romeo osait tout, même l’excessif.

  • Alfa Revival Cup 2026 : Le Mugello lance la saison sous le signe de l’intensité

    Alfa Revival Cup 2026 : Le Mugello lance la saison sous le signe de l’intensité

    Le rideau s’est levé sur la saison 2026 de l’Alfa Revival Cup au Mugello Circuit. Pour ce premier round orchestré par Canossa Events, le spectacle a été total : stratégies bouleversées, duels au sommet et deux courses en une, confirmant le niveau exceptionnel de ce plateau de passionnés.

    Raggruppamento G/H/I : L’Alfetta GT Turbodelta impose son rythme

    La pole position de Salomone sur sa 1750 GTAm laissait présager une domination, mais le départ lancé a immédiatement redistribué les cartes. Salomone a perdu du terrain dès les premiers hectomètres, laissant le champ libre à l’Alfetta GT Turbodelta de Lorenzo Moramarco, qui a pris les commandes avec autorité.

    Le tournant de la course est survenu au 9ème tour. L’entrée en piste de la Safety Car (due à une crevaison de Perfetti) a coïncidé avec l’ouverture de la fenêtre des arrêts aux stands. Un coup du sort qui a forcé les équipes à réagir dans l’instant.

    Au final, après une remontée spectaculaire, le duo Alessandro Morteo et Lorenzo Moramarco s’impose au classement général de la catégorie G/H/I. Davide Bertinelli (1750 GTAm) assure une solide deuxième place, suivi de Franco Monguzzi qui complète le podium.


    Raggruppamento E/F : Précision et ténacité

    Dans la catégorie regroupant les modèles plus anciens, la lutte a été tout aussi serrée. Giampaolo Benedini et Bruno Ferrari ont signé une performance magistrale, décrochant la victoire tout en s’offrant le record du tour de leur période en 2’26”711.

    Les podiums du Round 1 :

    Catégorie1ère Place2ème Place3ème Place
    G / H / IMorteo / Moramarco (Alfetta GT Turbodelta)Bertinelli (1750 GTAm)Monguzzi (1750 GTAm)
    E / FBenedini / FerrariE. Morteo / A. MorteoSerio / Mischis

    À noter : Giovanni Serio et Franco Mischis ont réussi à sauver leur 3ème place malgré une casse de boîte de vitesses à seulement quelques minutes du drapeau à damier.


    Les visages de la course : de Merzario à la résilience de Lonardi

    Comme toujours, l’Alfa Revival Cup brille par ses protagonistes. L’inoxydable Arturo Merzario, associé à Fabrizio Zamuner sur une Giulia Sprint GTA (Team Alfa Delta OKP), a une nouvelle fois régalé le public par son pilotage.

    On retiendra également la détermination de Roberto Lonardi. Malgré trois passages par les stands pour des problèmes électriques, il a tenu à mener sa Giulietta Spider Veloce jusqu’à la ligne d’arrivée. Une preuve supplémentaire que dans cette compétition, la passion l’emporte souvent sur les aléas techniques.

    Conclusion : une hiérarchie encore fragile

    Si le Mugello a révélé les premières forces en présence, rien n’est encore figé pour la suite de la saison 2026. La diversité des modèles engagés et les écarts réduits promettent un championnat ouvert et indécis jusqu’au bout.

  • Quand le surréalisme rencontre le Biscione : L’œuvre oubliée de René Magritte pour Alfa Romeo

    Quand le surréalisme rencontre le Biscione : L’œuvre oubliée de René Magritte pour Alfa Romeo

    René Magritte est aujourd’hui une icône mondiale, un nom qui fait s’envoler les enchères (souvenez-vous de la vente de « L’empire des lumières » pour 121 millions de dollars il y a deux ans). Mais avant de devenir le maître du surréalisme que nous connaissons tous, l’artiste belge a dû, comme beaucoup, se battre pour « nourrir son homme ». Et c’est cette période de vaches maigres qui a donné naissance à une collaboration inattendue avec Alfa Romeo.

    1925 : Magritte, graphiste pour Alfa Romeo

    Il y a un peu plus d’un siècle, le jeune Magritte cherchait encore sa voie. Entre deux expérimentations cubistes et un job de dessinateur dans une fabrique de papier peint, il acceptait des commandes publicitaires pour joindre les deux bouts. C’est ainsi qu’en 1925, il imagine une affiche publicitaire haute en couleur et abstraite pour Alfa Romeo.

    Cette œuvre, loin des pipes et des chapeaux melons, a trouvé refuge dans les pages du magazine automobile belge « Englebert ». Le saviez-vous ? Cette revue, nommée d’après la célèbre marque de pneus (qui fusionnera plus tard avec Uniroyal), a publié la campagne de Magritte à deux reprises, dans ses numéros 59-60 et 61-62.


    Une résonance troublante en 2026

    Relire ces archives centenaires aujourd’hui provoque un étrange sentiment de déjà-vu. En 1938, peu avant la Seconde Guerre mondiale, Magritte déclarait au Musée des Beaux-Arts d’Anvers :

    « Le monde entier autour de nous est surréaliste, comme par exemple cet armement massif… en vue de la paix ».

    En cette année 2026, ses mots résonnent avec une actualité frappante. Mais au-delà du contexte géopolitique, c’est l’esthétique de cette époque qui fascine : un mélange de schémas techniques dignes de manuels de physique et de publicités artistiques d’une audace folle. On en viendrait presque à se demander si le « progrès » n’a pas parfois un goût de régression.

    Alfa Romeo : La marque la plus surréaliste ?

    Il y a une certaine poésie à imaginer une œuvre de Magritte accrochée au mur d’un bureau de passionné d’automobile. Après tout, n’y a-t-il pas de marque plus surréaliste qu’Alfa Romeo ?

    • Le paradoxe passionnel : Tout amateur d’octane rêve (ou devrait rêver) d’avoir une Alfa dans son garage.
    • La réalité des chiffres : Malgré cet amour universel, la marque n’a écoulé que 73 000 exemplaires dans le monde l’an dernier.

    C’est là tout le génie et la tragédie d’Alfa : une aura immense pour une diffusion confidentielle. Un pur produit de l’esprit Magritte, où l’image et l’objet ne semblent jamais tout à fait dire la même chose.

  • L’Alfa Romeo Spider « Duetto » fête ses 60 ans : Un demi-siècle de passion à ciel ouvert

    L’Alfa Romeo Spider « Duetto » fête ses 60 ans : Un demi-siècle de passion à ciel ouvert

    Il y a soixante ans, au Salon de Genève 1966, Alfa Romeo présentait celle qui allait devenir l’icône absolue de la « dolce vita » mécanique : la 1600 Spider. Plus connue sous son surnom immortel de « Duetto », elle fête en 2026 ses six décennies d’existence. Avec 28 ans de carrière ininterrompue et plus de 124 000 exemplaires produits, elle demeure le modèle le plus longuement fabriqué et le plus diffusé de l’histoire du Biscione.

    Pour célébrer cet anniversaire, le Musée Alfa Romeo d’Arese a lancé les festivités le dimanche 19 avril dernier avec une parade spectaculaire et une exposition inédite.


    Arese devient le temple du Spider jusqu’en décembre 2026

    Le Musée d’Arese a inauguré l’exposition temporaire « Spider est Alfa Romeo ». Ce projet unique, intégré au nouveau pôle d’excellence BOTTEGAFUORISERIE, permet aux Alfisti d’exposer leurs propres véhicules aux côtés de la collection officielle.

    L’exposition évoluera au fil de l’année 2026 en quatre phases thématiques :

    • Avril – Juin : Focus sur la 1ère série dite « os de seiche ».
    • Juillet – Août : Honneur à la « coda tronca » (2ème série).
    • Septembre – Octobre : Place à la version « aérodynamique » (3ème série).
    • Novembre – Décembre : Clôture avec la 4ème série (le restylage de 1990).

    La genèse d’un chef-d’œuvre signé Pininfarina

    Succéder à la Giulietta Spider n’était pas une mince affaire. Alfa Romeo a confié cette mission au crayon magistral de Pininfarina. Basée sur la mécanique de la Giulia Sprint GT (avec un empattement réduit à 2 250 mm), la Spider héritait de solutions de pointe : propulsion, boîte cinq rapports et quatre freins à disque.

    Avec seulement 990 kg sur la balance, elle affichait une vitesse de pointe de 185 km/h, propulsée par le mythique quatre cylindres double arbre décliné en 1300, 1600, 1750 et 2000.

    Pourquoi « Duetto » ?

    Bien que ce nom ne soit jamais devenu officiel en raison de problèmes de droits de marque, il a été choisi par le public lors d’un concours au lancement. Le surnom est resté gravé dans la mémoire collective, porté par un lancement hollywoodien : une croisière sur le paquebot Raffaello entre Gênes et New York en 1966, avec des essais en mer pour les VIP. Sa carrière cinématographique, notamment dans Le Lauréat, a achevé de la transformer en star mondiale.


    Quatre séries, une seule âme

    SériePériodeSurnom / Particularité
    1ère1966–1969« Os de seiche » : Formes arrondies, la plus recherchée.
    2ème1969–1982« Coda tronca » : Arrière coupé, la plus vendue (près de 50 000 unités).
    3ème1983–1989« Aérodynamique » : Influence de la soufflerie, pare-chocs intégrés.
    4ème1989–1994« Série IV » : Retour aux lignes fluides et épurées.

    Alfa Romeo Classiche : Faire revivre la légende

    Aujourd’hui, la Duetto est la reine des Officine Classiche de Turin. Pour les propriétaires souhaitant préserver ce patrimoine, Alfa Romeo propose trois services d’excellence :

    1. Certificat d’Origine : Vérification de la configuration d’usine via le numéro de châssis.
    2. Certification d’Authenticité : Inspection technique rigoureuse pour garantir l’originalité des composants.
    3. Restauration : Entretien ou remise à neuf complète selon les spécifications d’origine par les mains qui ont conçu ces voitures.

    Le Spider Duetto n’est pas seulement un souvenir ; c’est une source d’inspiration active pour les futurs modèles du Biscione.

  • Portrait : Tazio Nuvolari, le « Mantouan Volant » qui a défié les lois de la physique

    Portrait : Tazio Nuvolari, le « Mantouan Volant » qui a défié les lois de la physique

    Ferdinand Porsche disait de lui qu’il était « le plus grand pilote du passé, du présent et de l’avenir ». Enzo Ferrari avouait qu’il était le seul homme dont il avait peur sur la piste. Tazio Nuvolari (1892-1953) n’était pas un pilote, c’était une force de la nature. Petit, sec, le visage souvent masqué par les fumées d’échappement, il a incarné le courage absolu au volant des Alfa Romeo de l’entre-deux-guerres.

    L’inventeur du dérapage contrôlé

    Avant Nuvolari, on conduisait proprement. Nuvolari, lui, a compris qu’avec les pneus étroits et les freins précaires de l’époque, il fallait brutaliser la physique. Il est crédité de l’invention du « dérapage aux quatre roues ». Il jetait son Alfa Romeo en travers bien avant le virage, accélérait à fond, et contrôlait la glisse jusqu’à la sortie. Ce style spectaculaire, couplé à une volonté de fer (il a couru avec des côtes cassées, plâtré !), en a fait l’idole de toute l’Italie.

    L’homme qui éteignait ses phares

    Sa légende est pavée d’exploits, mais celui des Mille Miglia 1930 est éternel. Au volant de son Alfa Romeo 6C 1750 GS, il chasse son grand rival Achille Varzi dans la nuit noire. Pour ne pas être repéré dans les rétroviseurs de Varzi, Nuvolari éteint ses phares à plus de 150 km/h sur des routes de campagne. Il surgit du néant, le double par surprise, et rallume ses lumières une fois devant. Varzi ne s’en remettra jamais.

    La victoire impossible : Nürburgring 1935

    Mais son chef-d’œuvre absolu reste le Grand Prix d’Allemagne 1935. Face aux neuf « Flèches d’Argent » allemandes (Mercedes et Auto Union) soutenues par le régime nazi et disposant de 400 chevaux, Nuvolari aligne une vieille Alfa Romeo P3 qui rend 100 chevaux à ses rivales. Tout le monde le donne perdant. Pourtant, dans le brouillard de l’Enfer Vert, Nuvolari conduit comme un possédé. Il remonte, double les monstres allemands un par un, et gagne devant une tribune officielle nazie médusée. C’est « La Victoire Impossible ».

    Tazio Nuvolari est mort dans son lit, ce qui, pour un homme ayant vécu à 200 km/h toute sa vie, fut son ultime pied de nez au destin.