Étiquette : Vittorio Jano

  • « Quand je vois passer une Alfa Romeo, j’enlève mon chapeau » : Le mythe Henry Ford décrypté par AUTOcult.fr

    « Quand je vois passer une Alfa Romeo, j’enlève mon chapeau » : Le mythe Henry Ford décrypté par AUTOcult.fr

    Dans le panthéon des formules qui ont bâti la légende du Biscione, une phrase surpasse toutes les autres par sa portée symbolique : l’hommage vibrant attribué au père de l’industrialisation automobile moderne, Henry Ford. Pour chaque passionné de la marque au trèfle, cette reconnaissance venue de l’homme qui a motorisé l’Amérique résonne comme le sacre suprême du génie mécanique et de l’élégance italienne.

    Un hommage décortiqué par AUTOcult.fr

    Pour démêler l’histoire de la légende et remonter aux racines de cette célèbre maxime, nos confrères d’AUTOcult.fr ont consacré une enquête historique captivante à cette déclaration mythique.

    À travers ses publications pointues et documentées, le travail réalisé par AUTOcult.fr est véritablement passionnant et mérite d’être salué. Le média s’impose comme une référence précieuse pour les amateurs de culture mécanique, combinant des récits fouillés sur la grande histoire de l’automobile et des analyses pertinentes pour décrypter les dynamiques et les mutations du marché actuel.

    Le respect du géant de l’industrie pour l’orfèvrerie d’Arese

    Rapportée lors d’échanges avec des figures de l’industrie italienne — notamment lors des rencontres avec l’ingénieur Ugo Gobbato dans les années 1930 —, cette phrase résume le contraste fascinant entre deux philosophies : d’un côté la rationalisation industrielle et la production de masse de Détroit, de l’autre l’artisanat d’élite, la noblesse des moteurs dessinés par Vittorio Jano et la domination sans partage des 6C et 8C sur les circuits du monde entier.

    Qu’elle relève du fait d’archive rigoureusement consigné ou de la mythologie collective magnifiée au fil des décennies, cette formule consacre l’émotion pure que suscite le passage d’une Alfa Romeo sur la route.

    Une analyse historique complète et passionnante à lire sans attendre sur AUTOcult.fr.

  • Encan d’exception à Pebble Beach : Une rarissime Alfa Romeo 6C 1500 ‘Testa Fissa’ sous le marteau

    Encan d’exception à Pebble Beach : Une rarissime Alfa Romeo 6C 1500 ‘Testa Fissa’ sous le marteau

    La prestigieuse scène de Pebble Beach s’apprête à vibrer à la mi-août 2026 lors d’une vente aux enchères hautement exclusive orchestrée par la maison Gooding & Christie’s. Parmi les pièces maîtresses d’une collection privée américaine vouée à l’amour du Biscione, les acheteurs du monde entier pourront s’affronter pour acquérir des lots exceptionnels comme une Alfa Romeo 8C 2300 et une 8C 2300 Passo Lungo Spider. Toutefois, le véritable joyau historique de cette dispersion est sans conteste une Alfa Romeo 6C 1500 Serie III Super Sport ‘Testa Fissa’ de 1929.

    Née à la fin des années 1920, cette version de compétition se présente dans une forme remarquable, incarnant à elle seule l’âge d’or de l’ingénierie milanaise.

    Vittorio Jano et la genèse du mythe 6C

    La lignée des Alfa Romeo 6C représente l’une des pages les plus glorieuses de l’histoire automobile, un chef-d’œuvre né du génie de l’ingénieur Vittorio Jano. Sa mission, parfaitement accomplie, consistait à concevoir une machine légère, agile et polyvalente, capable de s’illustrer aussi bien dans les déplacements quotidiens que de terrasser la concurrence sur les circuits européens.

    Si la grande famille des 6C a vu sa cylindrée grimper au fil des ans à 1 750, 1 900, 2 300 et 2 500 cm³, c’est bien la configuration initiale de 1,5 litre qui a allumé la mèche de cette dynastie mécanique. Dévoilée officiellement en avril 1925 au Salone dell’Auto di Milano, la 6C 1500 a pourtant fait patienter ses premiers clients jusqu’en 1927 en raison de retards logistiques dans la mise en fonction de la mythique usine du Portello.

    De la version ‘Normale’ aux monstres sacrés de la piste

    La version d’accès, baptisée 6C 1500 Normale, reposait sur un robuste châssis en acier à longherons et traverses, disponible en empattement court (2 900 mm) ou long (3 100 mm). Cette architecture permettait aux plus grands carrossiers de l’époque de façonner des silhouettes ouvertes ou fermées sur mesure. Sous le capot, le 6-cylindres en ligne de 1 587 cm³ développait initialement 44 chevaux à 4 200 tr/min via une boîte à 4 rapports, offrant un comportement déjà très brillant grâce à un excellent équilibre des masses.

    Pour répondre aux exigences de la compétition, Alfa Romeo a progressivement fait grimper l’indice d’octane et la puissance de son bloc :

    • Version Sport : Poussée à 54 chevaux à 4 400 tr/min.
    • Version Super Sport : Forte de 60 chevaux pour une vitesse de pointe de 135 km/h.
    • Version Super Sport Compressore : Une déclinaison à compresseur développant 76 chevaux et atteignant 155 km/h.
    • Version ‘Testa Fissa’ : Le summum de la performance en piste, poussé à 84 chevaux à un régime impressionnant de 5 500 tr/min, propulsant l’auto à 155 km/h.

    Cette pluie de déclinaisons sportives et de victoires sur piste a définitivement installé le mythe 6C avant l’arrivée des motorisations de plus forte cylindrée. Preuve de l’avant-gardisme de la plateforme, environ dix ans après son lancement, le châssis de la 6C abandonnera ses essieux rigides d’origine pour adopter des suspensions à quatre roues indépendantes, une première absolue pour l’industrie automobile européenne qui scellera la suprématie technique d’Arese.

    Les détails précis du lot et les estimations financières de cette exceptionnelle version ‘Testa Fissa’ seront affinés par la maison de vente à l’approche de la semaine automobile de Monterey, mais les enchères s’annoncent d’ores et déjà stratosphériques.

  • Légende : Alfa Romeo 8C 2900B Lungo, la plus précieuse de toutes

    Légende : Alfa Romeo 8C 2900B Lungo, la plus précieuse de toutes

    Si vous pensez qu’Alfa Romeo est une marque de voitures sportives accessibles, vous avez raison pour l’après-guerre. Mais il fut un temps, dans les années 30, où le Biscione regardait Rolls-Royce et Bugatti de haut. Le point culminant de cette ère aristocratique est l’Alfa Romeo 8C 2900B Touring Berlinetta, en particulier dans sa version châssis long (Lungo).

    Dévoilée en 1937, cette voiture est souvent qualifiée par les experts de « l’Immortelle ». Elle est l’équivalent italien de la Bugatti Type 57SC Atlantic : le summum de la technologie, du luxe et de la beauté.

    Le moteur de Grand Prix sur la route

    Sous son capot interminable (qui occupe la moitié de la voiture !) se cache le chef-d’œuvre de l’ingénieur Vittorio Jano. C’est un 8 cylindres en ligne de 2,9 litres, suralimenté non pas par un, mais par deux compresseurs Roots. Ce moteur n’était pas un moteur civil : il provenait directement de la Tipo B (P3) de Grand Prix qui avait battu les écuries nazies. Il développait 180 chevaux, une puissance démentielle pour une voiture de route de 1937, lui permettant de filer à 175 km/h dans un confort royal.

    La robe « Superleggera » de Touring

    Si le moteur est une cathédrale, la carrosserie est une sculpture. La majorité des 8C 2900B ont été habillées par le carrossier milanais Touring. Elles utilisaient le procédé breveté Superleggera : de fins tubes d’acier formant la structure, recouverts de feuilles d’aluminium martelées à la main. Le résultat est une ligne d’une fluidité liquide. Les ailes « ponton » s’étirent jusqu’à l’arrière, l’habitacle est rejeté loin derrière les roues avant, et la calandre inclinée semble fendre l’air. C’est l’Art Déco sur quatre roues.

    La voiture des Rois

    Produite à une poignée d’exemplaires (on estime qu’il existe moins de 10 Berlinetta Touring Lungo sur la trentaine de châssis 2.9 produits), la 8C 2900B était réservée à l’élite mondiale. Rois, maharadjahs, stars de cinéma… C’était la voiture la plus rapide et la plus luxueuse que l’argent pouvait acheter. Elle coûtait une fortune, mais elle offrait quelque chose d’unique : la capacité de gagner une course le dimanche et de parader au concours d’élégance le lundi, sans changer une bougie.

    Le Graal des collectionneurs

    Aujourd’hui, l’Alfa Romeo 8C 2900B Lungo est intouchable. C’est la reine des concours d’élégance modernes. Elle a remporté le « Best of Show » à Pebble Beach et à la Villa d’Este à de multiples reprises. Quant à sa valeur ? Elle est inestimable. Les rares transactions se font en privé, mais on parle de montants dépassant les 20 à 25 millions d’euros.

    Elle reste à jamais le témoignage de l’époque où Alfa Romeo était, sans contestation possible, la meilleure marque du monde.

  • L’Alfa Romeo 8C 2900B de Ralph Lauren : Un chef-d’œuvre sculptural au format 1/8e

    L’Alfa Romeo 8C 2900B de Ralph Lauren : Un chef-d’œuvre sculptural au format 1/8e

    Certaines automobiles transcendent leur simple fonction de transport pour devenir des reliques historiques. C’est précisément le cas de l’Alfa Romeo 8C 2900B, considérée par beaucoup comme l’une des plus belles créations du Biscione. Aujourd’hui, le prestigieux atelier Amalgam Collection propose une réplique à l’échelle 1/8e si parfaite qu’elle semble presque prête à s’élancer sur la piste.

    Une icône née pour la Mille Miglia

    L’histoire de cette voiture remonte à 1938. Conçue spécifiquement pour la mythique course de la Mille Miglia, seuls quatre exemplaires de ce type furent produits.

    Le modèle reproduit ici porte le châssis n°412030 et appartient aujourd’hui à la collection privée du célèbre styliste Ralph Lauren. Lors de l’édition de 1938, l’équipage Carlo Pintacuda et Paride Mambelli a mené cette machine à la deuxième place du podium, malgré un arrêt forcé de 40 minutes pour un problème de freins. Sans cet incident, la victoire leur était promise.


    Fiche Technique de la Légende (Modèle 1938)

    CaractéristiqueDétails
    IngénierieSignée Vittorio Jano
    DesignCarrosserie par Touring
    Moteur8 cylindres en ligne de 2,9 litres
    AlimentationDouble compresseur volumétrique et carburateurs Weber
    Puissance225 chevaux (exceptionnel pour l’époque)

    La précision Amalgam : Une scansion numérique parfaite

    Pour réaliser cette réplique d’exception, les artisans d’Amalgam Collection n’ont laissé aucune place au hasard. Travaillant en étroite collaboration avec Alfa Romeo, l’atelier a utilisé des scans numériques extrêmement précis de la voiture réelle de Ralph Lauren, ainsi que des dessins d’archives et des données CAD originales.

    • Fidélité absolue : Le prototype a été soumis à l’analyse des ingénieurs et designers de Milan pour garantir une conformité totale.
    • Matériaux : Chaque finition et chaque matériau imitent parfaitement les « alchimies » du modèle restauré par Paul Russell & Company.
    • Artisanat : Chaque modèle est assemblé et fini à la main dans les laboratoires d’Amalgam.

    Une exclusivité pour collectionneurs avertis

    Disponible exclusivement dans les boutiques Ralph Lauren, cette Alfa Romeo 8C 2900B miniature affiche un prix en rapport avec son prestige. Elle s’adresse aux passionnés dont le budget ne connaît pas les limites imposées au commun des mortels, justifié par la qualité de construction et l’exclusivité de l’œuvre.

    Plus qu’un simple objet de décoration, cette petite sculpture rend hommage à l’époque où l’automobile était un art pur, fusionnant une puissance brutale et une élégance intemporelle.

  • Nicola Romeo : 150 ans de l’homme qui a donné son nom et son âme au Biscione

    Nicola Romeo : 150 ans de l’homme qui a donné son nom et son âme au Biscione

    Le 28 avril est une date sacrée pour tout Alfiste. Aujourd’hui, nous célébrons le 150e anniversaire de la naissance de Nicola Romeo (1876-1938). Si la marque A.L.F.A. est née en 1910, c’est cet ingénieur napolitain au tempérament de feu qui, en y apposant son nom, a transformé une entreprise en difficulté en une légende mondiale du sport automobile.


    De Naples à Milan : L’ascension d’un visionnaire

    Né à Sant’Antimo en 1876 dans une famille modeste, rien ne prédestinait Nicola Romeo à devenir le géant de l’industrie milanaise. Ingénieur civil et électricien diplômé à Naples puis à Liège, il parcourt l’Europe avant de fonder sa propre entreprise de machines industrielles en 1906.

    C’est en 1915, en pleine Première Guerre mondiale, qu’il rachète l’Anonima Lombarda Fabbrica Automobili (A.L.F.A.). Son génie ? Avoir su convertir l’usine pour l’effort de guerre avant de pivoter, dès 1919, vers ce qui deviendra sa véritable passion : les voitures de tourisme à hautes performances.


    La naissance du « Sport Touring »

    Nicola Romeo n’était pas seulement un industriel ; c’était un stratège qui avait compris, avant tout le monde, que la piste était le meilleur laboratoire technique et le meilleur outil marketing. Sous sa direction, Alfa Romeo adopte une mission claire : concevoir des voitures capables de gagner le dimanche et d’emmener les clients avec élégance le lundi.

    Les dates clés de l’ère Nicola Romeo :

    AnnéeÉvénement MajeurImpact
    1915Rachat de l’A.L.F.A.Début de l’ère industrielle moderne.
    1918Changement de nomL’entreprise devient officiellement Alfa Romeo.
    1923Victoire à la Targa FlorioPremière grande victoire internationale du Biscione.
    1925Premier Championnat du MondeTriomphe de la mythique P2 conçue par Vittorio Jano.

    L’homme qui savait s’entourer des meilleurs

    L’une des plus grandes forces de Nicola Romeo fut son flair pour le talent. C’est sous son impulsion, et avec l’aide d’un certain Enzo Ferrari, qu’il débauche l’ingénieur Vittorio Jano chez Fiat.

    Ce trio de génies va donner naissance à des chefs-d’œuvre mécaniques comme la P2, puis les séries 6C et 8C, des voitures qui ont littéralement défini les standards de l’ingénierie automobile de l’entre-deux-guerres.

    Un héritage immortel

    Nicola Romeo quitte la direction de l’entreprise en 1928, avant d’être nommé Sénateur du Royaume d’Italie en 1929. Il s’éteint en 1938 sur les rives du lac de Côme, laissant derrière lui une marque qui, 150 ans après sa naissance, continue de faire vibrer les passionnés par son « vroom » caractéristique et ses lignes sculpturales.

    Aujourd’hui, que ce soit au Musée d’Arese ou sur les routes du monde entier, chaque fois qu’un moteur Alfa Romeo rugit, c’est un peu du rêve de cet ingénieur napolitain qui reprend vie.

  • Légende : Alfa Romeo 6C 1750, la reine invincible de l’avant-guerre

    Légende : Alfa Romeo 6C 1750, la reine invincible de l’avant-guerre

    Il y a des voitures qui marquent une année, et d’autres qui marquent une ère. L’Alfa Romeo 6C 1750, lancée en 1929, appartient à la noblesse automobile. À la fin des années 20, les voitures de sport sont souvent des engins énormes, lourds, dotés de moteurs gigantesques (comme les Bentley ou les Mercedes de 7 litres).

    Mais à Milan, un homme pense différemment. L’ingénieur Vittorio Jano a une conviction : « Le poids est l’ennemi. » Il va concevoir une voiture compacte, légère et nerveuse qui va ridiculiser les géants de l’époque.

    Le Chef-d’œuvre de Jano

    La 6C 1750 est une évolution de la précédente 1500, mais sublimée. Son nom vient de son architecture : 6 Cylindres en ligne de 1 750 cm³. Dans ses versions les plus affûtées (Gran Sport ou Super Sport), ce moteur est gavé par un compresseur volumétrique (Roots). Il développe entre 85 et 102 chevaux. Cela peut sembler peu aujourd’hui, mais la voiture ne pesait que 840 kg ! Vitesse de pointe ? Plus de 170 km/h sur les routes défoncées de 1930. Une fusée.

    La star des Mille Miglia

    La 6C 1750 est indissociable de la plus belle course du monde : les Mille Miglia. En 1930, Alfa Romeo réalise un exploit retentissant. La marque place quatre 6C 1750 aux quatre premières places ! C’est lors de cette course que s’est déroulé le duel légendaire entre Achille Varzi et Tazio Nuvolari. Au volant de sa 6C 1750 GS Spider Zagato, Nuvolari a éteint ses phares dans la nuit pour surprendre Varzi et le doubler juste avant l’arrivée à Brescia. Cette victoire a prouvé que la 6C n’était pas seulement rapide, elle était une extension du corps du pilote, capable de danser d’un virage à l’autre avec une grâce féline.

    L’art de la carrosserie : Zagato et Touring

    À cette époque, Alfa Romeo vendait le châssis et le moteur, et le client choisissait son carrossier. La 6C 1750 a été habillée par les plus grands maîtres italiens.

    • Zagato a créé les versions « Spider » minimalistes pour la course, d’une beauté brute et fonctionnelle.
    • Touring a créé la fameuse carrosserie « Flying Star », d’une élégance blanche immaculée, qui a gagné des concours d’élégance autant que des courses.

    L’Héritage

    Produite jusqu’en 1933, la 6C 1750 a tout gagné : Targa Florio, Mille Miglia, 24 Heures de Spa, Grand Prix… Elle a posé les fondations du mythe Alfa Romeo : l’excellence mécanique (double arbre à cames, compresseur) au service du plaisir de pilotage.

    Aujourd’hui, c’est l’une des voitures de collection les plus chères au monde. Voir une 6C 1750 démarrer, c’est entendre le son rauque et précis de l’histoire qui se met en marche.

  • Alfa Romeo 8C 2300 et 2900 (1931–1939) : L’âge d’or aristocratique et la reine invaincue des Mille Miglia

    Alfa Romeo 8C 2300 et 2900 (1931–1939) : L’âge d’or aristocratique et la reine invaincue des Mille Miglia

    Considérée comme l’une des plus prestigieuses lignées automobiles de tous les temps, la dynastie des Alfa Romeo 8C (2300 et 2900) incarne le sommet absolu de l’ingénierie et de l’élégance des années 1930. Conçue par le maître ingénieur Vittorio Jano, cette reine mécanique a écrasé la concurrence sur tous les circuits du monde — des 24 Heures du Mans aux Mille Miglia — tout en offrant aux carrossiers d’élite comme Touring Superleggera le châssis idéal pour sculpter des chefs-d’œuvre de grand tourisme intemporels.

    Contexte & Genèse du projet

    • L’époque : Au début des années 1930, Alfa Romeo domine déjà le sport automobile grâce à la 6C 1750. Face à la montée en puissance de Mercedes-Benz et de Bugatti, la direction d’Arese demande à Vittorio Jano de concevoir une mécanique encore plus noble, puissante et polyvalente, capable de remporter un Grand Prix le dimanche et de traverser l’Europe à haute vitesse le lundi.
    • Les acteurs clés : Le génial Vittorio Jano conçoit le moteur et le châssis. Sur les circuits, l’engagement sportif est confié à partir de 1933 à la Scuderia Ferrari d’Enzo Ferrari, qui gère l’écurie de course officielle du Biscione. Pour les carrosseries civiles, la Carrozzeria Touring de Felice Bianchi Anderloni crée des lignes mythiques grâce à son brevet révolutionnaire Superleggera.
    • Le cahier des charges : Allier la compacité d’un moteur 8-cylindres suralimenté à une distribution centrale innovante pour éliminer les problèmes de torsion mécanique à haut régime.

    « Avec la 8C, Vittorio Jano a créé une voiture qui n’avait aucun point faible : le moteur était inusable, le compresseur hurlait comme une sirène et la tenue de route permettait de battre des records sans jamais fatiguer le pilote. »

    — Tazio Nuvolari

    Architecture & Innovations Techniques

    • Le 8-cylindres en ligne à cascade d’engrenages centrale : Pour contourner le talon d’Achille des longs vilebrequins et arbres à cames des moteurs 8-cylindres de l’époque (sujets à de fortes torsions), Jano divise le bloc en deux demi-blocs de 4 cylindres en alliage léger (silumin). La commande des deux arbres à cames en tête (DOHC) et des accessoires s’effectue au centre exact du moteur par une cascade d’engrenages hélicoïdaux.
    • Suralimentation par compresseur Roots : Le bloc est gavé par un compresseur volumétrique Roots entraîné par la distribution centrale (porté à deux compresseurs sur la 2900), délivrant une réponse instantanée et un couple colossal dès les plus bas régimes.
    • Évolution de la 8C 2300 (1931) à la 8C 2900 (1935) :
      • 8C 2300 : Cylindrée de 2 336 cm³ développant 142 ch (version tourisme) à 180 ch (version course Monza). Châssis à essieux rigides et ressorts à lames semi-elliptiques.
      • 8C 2900 : Cylindrée portée à 2 905 cm³ développant 180 ch (2900B) à 220 ch (2900A Corsa). Elle inaugure un châssis ultra-moderne à quatre roues indépendantes (bras transversaux à l’avant, essieu oscillant avec barres de torsion à l’arrière) et une boîte-pont arrière (Transaxle) avec freins à tambours hydrauliques géants.
    • Structure Touring Superleggera : Les carrosseries de la 8C 2900B reposent sur un treillis de tubes d’acier très fins sur lequel sont fixées à la main des tôles d’aluminium, garantissant un poids plume et une pureté aérodynamique inédite.

    Fiche d’identité & Données clés

    CaractéristiquesAlfa Romeo 8C 2300 (1931)Alfa Romeo 8C 2900B (1937)
    Période de production1931 – 19341937 – 1939
    Exemplaires produits188 unités (toutes versions)~40 unités (châssis Corto et Lungo)
    Architecture moteur8-cylindres en ligne, bloc alu, 2 ACT centraux8-cylindres en ligne, double compresseur Roots
    Cylindrée2 336 cm³ (65 × 88 mm)2 905 cm³ (68 × 100 mm)
    Puissance maxi142 à 180 ch à 5 400 tr/min180 ch à 5 200 tr/min (220 ch en Corsa)
    TransmissionPropulsion, boîte manuelle à 4 rapportsPropulsion, boîte 4 rapports sur pont arrière
    Poids à vide1 000 kg (Monza) à 1 350 kg1 250 kg (Berlinetta Touring)
    Performances0 à 100 km/h en ~8,5 s / Vmax : 170 à 215 km/h0 à 100 km/h en ~7,5 s / Vmax : 185 à 220 km/h
    Variantes de châssisCorto (2,75 m), Lungo (3,10 m), Monza (2,65 m)Corto (2,80 m), Lungo (3,00 m)

    Carrière commerciale, Palmarès et Déclinaisons

    • Quatre victoires consécutives aux 24 Heures du Mans (1931–1934) :L’Alfa Romeo 8C 2300 réalise l’un des plus grands exploits de l’histoire mancelle en remportant quatre éditions d’affilée :
      • 1931 : Lord Howe et Sir Henry Birkin (8C 2300 LM).
      • 1932 : Luigi Chinetti et Raymond Sommer.
      • 1933 : Tazio Nuvolari et Raymond Sommer (victoire arrachée dans le dernier tour).
      • 1934 : Luigi Chinetti et Philippe Étancelin.
    • L’hégémonie totale aux Mille Miglia :La 8C s’impose comme la maîtresse incontestée de l’épreuve reine sur route ouverte, remportant les éditions 1932, 1933, 1934, 1935 (8C 2300/2600) puis 1936, 1937 et 1938 (8C 2900) avec des légendes comme Nuvolari, Borzacchini, Varzi et Biondetti.
    • Les chefs-d’œuvre de carrosserie :Au-delà des victoires en Grand Prix (baptisées Monza après le triomphe de Nuvolari en 1931), la 8C 2900B s’habille en versions civiles d’une splendeur incomparable : la Berlinetta Touring, le Spider Touring, ainsi que des réalisations uniques signées Pinin Farina ou Zagato.

    L’Héritage et le Regard Collection

    • Descendance mécanique : La 8C d’avant-guerre a forgé l’image de prestige et de domination technologique d’Alfa Romeo. En 2007, le constructeur a rendu un hommage direct à cette dynastie en baptisant sa supercar V8 l’Alfa Romeo 8C Competizione.
    • Statut en collection : Les Alfa Romeo 8C figurent au sommet absolu du marché mondial de la collection d’art automobile, rivalisant avec les Bugatti Type 57SC et Ferrari 250 GTO. Les rares exemplaires de 8C 2900B Lungo Berlinetta ou Spider Touring dépassent régulièrement les 15 à 25 millions d’euros lors des ventes aux enchères internationales les plus prestigieuses (Pebble Beach, Villa d’Este, Goodwood).
  • Le « Best of the Best » est une Alfa Romeo : la 8C 2900B Farina sacrée plus belle voiture du monde à Paris

    Le « Best of the Best » est une Alfa Romeo : la 8C 2900B Farina sacrée plus belle voiture du monde à Paris

    En ce début d’année 2026, le monde de l’automobile de collection s’est donné rendez-vous à Paris pour l’un des prix les plus prestigieux au monde : le Peninsula Classics Best of the Best Award. Pour cette édition, le verdict est sans appel : c’est une Alfa Romeo 8C 2900B de 1938 qui a été couronnée « Meilleure des Meilleures », confirmant une fois de plus que le Biscione demeure le maître absolu de l’élégance et de la performance.

    Le concept : un combat de titans

    Le prix « Best of the Best », conçu à l’origine par Yves Carcelle (ancien PDG de Louis Vuitton) et porté aujourd’hui par Sir Michael Kadoorie, est unique. Il ne s’agit pas d’un concours d’élégance classique, mais d’une compétition entre les vainqueurs des plus grands événements de l’année précédente (Pebble Beach, Villa d’Este, Amelia Island, etc.) pour déterminer laquelle est véritablement la « première parmi ses égales ».

    Cette année, l’Alfa Romeo affrontait six concurrentes de classe mondiale, dont une Ferrari F50 GT de 1996 et une Rolls-Royce Phantom I de 1926. Un jury d’exception, incluant Jay Leno, Gordon Murray et Henry Ford III, a finalement porté son choix sur la merveille italienne de la Keller Collection.

    Châssis 412028 : « Construite par Farina, pour Farina »

    Cette 8C 2900B (châssis 412028) n’est pas une Alfa Romeo comme les autres. Sur les quelque 30 exemplaires produits entre 1937 et 1939, la grande majorité arborait une carrosserie Touring de Milan. Celle-ci est l’unique exemplaire habillé par les Stabilimenti Farina de Turin.

    L’histoire derrière cette carrosserie est fascinante :

    • Un propriétaire de légende : Son premier acquéreur n’était autre que Giuseppe « Nino » Farina, qui deviendra en 1950 le tout premier champion du monde de Formule 1.
    • Une affaire de famille : Nino ne pouvait décemment pas confier son Alfa à un concurrent. C’est donc son père, Giovanni Carlo Farina (fondateur de Stabilimenti Farina), qui réalisa la carrosserie, sur un dessin de son oncle, le célèbre Battista « Pinin » Farina.

    La quintessence de la technologie des années 30

    Considérée comme la voiture la plus rapide et la plus coûteuse de son époque en Italie, la 8C 2900B était un véritable monstre de puissance déguisé en sculpture de métal.

    • Moteur : Un huit cylindres en ligne de 2,9 litres conçu par Vittorio Jano, doté de deux blocs en alliage et de deux compresseurs Roots.
    • Performances : Avec 180 chevaux (une version assagie des 220 ch de la 2900A de course), elle pouvait atteindre 185 km/h, une vitesse phénoménale pour 1938.
    • Innovation : Elle disposait déjà d’une suspension indépendante à l’avant comme à l’arrière et d’une boîte-pont (transaxle) à quatre rapports.

    Un héritage préservé

    Après avoir traversé l’Atlantique après-guerre et être passée par les mains de collectionneurs renommés comme Tommy Lee et William Harrah, cette Alfa Romeo a rejoint la collection d’Arturo Keller, qui l’a fait restaurer dans sa splendide livrée bleu foncé actuelle.

    Aujourd’hui, c’est Deborah Keller qui continue d’honorer la vision de son défunt mari en faisant briller ce joyau sur la scène internationale. En remportant le prix « Best of the Best » à Paris, l’Alfa Romeo 8C 2900B Farina ne gagne pas seulement un trophée : elle rappelle au monde que le design et l’ingénierie d’Arese sont éternels.

  • 24H du Mans 1931 : Le jour où l’Alfa Romeo 8C 2300 a brisé l’hégémonie britannique

    24H du Mans 1931 : Le jour où l’Alfa Romeo 8C 2300 a brisé l’hégémonie britannique

    Il y a des victoires qui comptent plus que d’autres. Celle du 14 juin 1931 est de celles-là. Jusqu’alors, le Mans était la chasse gardée des « Bentley Boys » et de leurs massives machines vertes. Mais en 1931, une mélodie italienne est venue couvrir le grondement britannique. Pour la toute première fois, une Alfa Romeo franchissait la ligne d’arrivée en tête, ouvrant une ère de domination absolue.

    L’arme absolue : La 8C 2300 de Vittorio Jano

    Pour gagner dans la Sarthe, il ne suffit pas d’être rapide, il faut être indestructible. L’ingénieur en chef, le génial Vittorio Jano, le savait. Il a conçu la 8C 2300 comme une arme de guerre.

    Sous le long capot, on trouve un chef-d’œuvre : un 8 cylindres en ligne de 2,3 litres, suralimenté par un compresseur Roots. Contrairement aux énormes moteurs Mercedes ou Bentley de l’époque (souvent des 7 litres !), le bloc Alfa était compact, léger et rageur, développant environ 155 chevaux. Mais le coup de génie résidait dans le châssis. Plus agile et plus légère que la monstrueuse Mercedes-Benz SSK qui lui faisait face, l’Alfa Romeo 8C compensait son déficit de puissance pure par une tenue de route et un freinage supérieurs.

    Un paradoxe historique : Une victoire italienne… aux mains des Anglais

    L’histoire est parfois ironique. Pour battre l’hégémonie britannique, Alfa Romeo a triomphé grâce à… deux pilotes britanniques. Au volant de la 8C numéro 16, ce sont Lord Howe et Sir Henry « Tim » Birkin qui se relaient.

    La course fut un véritable duel d’usure. La Mercedes SSK d’Ivanowski et Stoffel, favorite sur le papier avec sa puissance démesurée, a longtemps menacé l’italienne. Les Bugatti, rapides mais fragiles, ont fini par casser (soucis de pneus déchapés cette année-là). L’Alfa Romeo, elle, a tourné comme une horloge suisse. Pas une fausse note. Après 24 heures de lutte, la 8C franchit la ligne avec 3 017 km au compteur, à une moyenne record de 125,7 km/h. La Mercedes termine à plus de 100 km derrière. C’était la première fois qu’un équipage parcourait plus de 3 000 km en 24 heures !

    Le début du « Poker » gagnant

    Cette victoire de 1931 n’était pas un coup de chance. Elle a marqué le début d’une série légendaire. Alfa Romeo remportera les 24 Heures du Mans quatre fois de suite (1931, 1932, 1933, 1934), cimentant la réputation de la 8C comme la voiture de sport ultime de l’avant-guerre.

    Aujourd’hui encore, quand on regarde une 8C 2300 Le Mans, avec ses phares protégés par des grilles et sa carrosserie « Touring » minimaliste, on ne voit pas seulement une voiture ancienne. On voit la machine qui a appris au monde qu’Alfa Romeo savait tout gagner, du Grand Prix de F1 à l’endurance la plus brutale.

    L’exemplaire vainqueur est au Musée Alfa Romeo d’Arese. Après la victoire, la voiture fut achetée par un collectionneur privé et conservée pendant des années dans une mine d’étain au Nigeria. Rachetée par Alfa Romeo, elle fait partie de la collection historique depuis 1966.

  • Portrait : Vittorio Jano, le génie qui a offert le monde à Alfa Romeo

    Portrait : Vittorio Jano, le génie qui a offert le monde à Alfa Romeo

    Il y a des ingénieurs qui dessinent des voitures, et il y a ceux qui bâtissent des empires. Vittorio Jano (1891-1965) appartient à la seconde catégorie. Si le logo Alfa Romeo est aujourd’hui entouré d’une aura de sportivité indestructible, c’est grâce à lui.

    Pourtant, rien ne prédestinait ce Turinois d’origine hongroise à devenir le père de la mécanique milanaise. Retour sur le parcours de l’homme qui a transformé Alfa Romeo en machine à gagner.

    Le « vol » d’Enzo Ferrari

    En 1923, Alfa Romeo est en crise de résultats. Les voitures sont belles, mais elles cassent ou manquent de puissance face aux Fiat qui dominent tout. Le jeune pilote de l’époque, un certain Enzo Ferrari, va voir Nicola Romeo et lui dit : « Si nous voulons gagner, il nous faut des hommes de chez Fiat. »

    Ferrari part à Turin et réussit à convaincre Vittorio Jano de trahir Fiat pour rejoindre le Portello. Ce transfert va changer l’histoire. Jano arrive avec une rigueur quasi-militaire et une vision claire : une voiture de course ne doit pas seulement être rapide, elle doit être fiable.

    La P2 et la couronne de lauriers

    À peine arrivé, Jano se met au travail. En quelques mois, il conçoit l’Alfa Romeo P2. Une révolution : moteur 8 cylindres en ligne, compresseur, et une fiabilité à toute épreuve. Le résultat est immédiat et foudroyant. En 1925, la P2 remporte le tout premier Championnat du Monde des Constructeurs.

    C’est pour célébrer cette victoire mondiale, offerte par Jano, qu’Alfa Romeo ajoute une couronne de lauriers autour de son logo. Chaque fois que vous regardez cet écusson sur une calandre, c’est un hommage indirect à Vittorio Jano.

    La dynastie 6C et 8C : L’architecte de l’âge d’or

    Mais Jano ne s’arrête pas là. Il va créer une lignée de moteurs qui servira de colonne vertébrale à la marque pendant plus d’une décennie.

    • La 6C (1500, 1750) : Légère, agile, elle domine les Mille Miglia.
    • La 8C (2300, 2900) : Son chef-d’œuvre. Un moteur 8 cylindres en deux blocs de 4, gavé par compresseur. C’est ce moteur qui gagnera quatre fois de suite au Mans (1931-1934) et dominera les Grands Prix avec la P3.

    La philosophie de Jano tenait en une phrase : « Une voiture doit être belle, mais sa beauté doit venir de sa fonction. » Ses moteurs étaient des sculptures d’aluminium, non pas par coquetterie, mais par souci de performance thermique et de légèreté.

    La fin d’une ère et l’héritage

    L’histoire d’amour s’achève brutalement en 1937, après l’échec de la monoplace 12C. Jano, homme fier et intransigeant, quitte Alfa Romeo pour Lancia (où il créera la mythique Aurelia) puis rejoindra Ferrari pour concevoir les moteurs V6 « Dino ».

    Il disparaît en 1965, mais son ombre plane toujours sur le Biscione. Vittorio Jano a appris à Alfa Romeo l’exigence de la compétition. Il a transformé un constructeur local en légende mondiale. Sans lui, le Cuore Sportivo ne battrait pas aussi fort.