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  • ETCC 1982-1985 : Quand l’Alfa Romeo GTV6 régnait sur l’Europe du Tourisme

    ETCC 1982-1985 : Quand l’Alfa Romeo GTV6 régnait sur l’Europe du Tourisme

    Il y a des voitures qui gagnent des courses, et il y a des voitures qui marquent une époque. L’Alfa Romeo Alfetta GTV6 appartient à la seconde catégorie. Au début des années 80, le Championnat d’Europe de Tourisme (ETCC) est en plein essor. C’est un champ de bataille féroce où s’affrontent les constructeurs pour prouver la fiabilité et la performance de leurs modèles de série.

    Face aux puissantes BMW (série 5 et série 6) et aux massives Jaguar XJS V12, Alfa Romeo va opposer une arme d’une élégance rare : un coupé équilibré propulsé par un violon.

    La recette magique : Transaxle + Busso

    Sur le papier, la GTV6 avait tout pour plaire aux ingénieurs, moins aux mécaniciens (l’accès est difficile !). Elle repose sur l’architecture Transaxle (moteur avant, boîte de vitesses à l’arrière) qui lui confère une répartition des masses quasi parfaite de 50/50. Sous la bosse du capot, on trouve le V6 2.5L de Giuseppe Busso. En version course, il chante jusqu’à 8 000 tr/min et développe environ 240 chevaux. C’est moins que les Jaguar, mais la GTV6 freine plus tard, passe plus vite en courbe et économise ses pneus.

    Quatre ans de dictature sportive

    Le résultat est sans appel. À partir de 1982, Alfa Romeo installe une véritable dictature sur le championnat. La GTV6 remporte le titre Constructeurs quatre années de suite : 1982, 1983, 1984 et 1985.

    C’est une hégémonie totale. Sur tous les circuits d’Europe, de Monza à Silverstone, le hurlement métallique du V6 Busso devient la bande-son du succès.

    La « French Connection »

    En France, la légende de la GTV6 s’est aussi écrite en Championnat de Production (l’ancêtre du Supertourisme). Les Alfistes français se souviennent avec émotion des GTV6 aux livrées Rothmans ou Totip. Des pilotes comme Dany Snobeck (le « Sorcier ») ou Yves Loubet (en rallye) ont fait danser cette voiture, prouvant qu’elle était aussi à l’aise sur l’asphalte des circuits que sur les spéciales corses du Tour de Corse (où la GTV6 a signé des podiums mémorables en Groupe A).

    La GTV6 reste la preuve qu’Alfa Romeo n’a pas besoin de millions de chevaux pour gagner. Juste d’un équilibre parfait et d’un gros cœur.