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  • Les Alfa Romeo 6C 2500 Freccia d’Oro ont défié la Carrera Panamericana 1950

    Les Alfa Romeo 6C 2500 Freccia d’Oro ont défié la Carrera Panamericana 1950

    Mai 1950. Le gouvernement mexicain inaugure en grande pompe son tronçon de la route panaméricaine avec une épreuve sur route ouverte d’une démesure totale : la Carrera Panamericana. Plus de 3 000 kilomètres d’asphalte brûlant, de pistes défoncées et de cols vertigineux culminant à plus de 3 000 mètres d’altitude, reliant Ciudad Juárez à la frontière guatémaltèque.

    Face aux lourdes berlines américaines équipées de puissants moteurs V8 — Oldsmobile, Cadillac, Lincoln et Hudson —, l’Italie décide de relever le défi en alignant deux imposantes berlines milanaises sorties des ateliers du Portello : des Alfa Romeo 6C 2500 Sport Freccia d’Oro. Récit d’un exploit héroïque où la finesse du châssis italien a terrassé les géants de Detroit.

    Deux « Gobboni » d’usine face à l’inconnu mexicain

    À cette époque, la 6C 2500 Freccia d’Oro incarne la renaissance d’Alfa Romeo au lendemain de la guerre. Avec sa carrosserie profilée soudée au châssis et sa poupe rebondie qui lui vaut le surnom de « Gobbone » (le bossu), l’auto est conçue pour les longs voyages luxueux de la haute société.

    Pour affronter le tracé mexicain, deux équipages d’usine italiens de premier plan prennent le départ :

    • Voiture n° 90 : Le brillant pilote-ingénieur Piero Taruffi, épaulé par Isidoro Ceroli.
    • Voiture n° 103 : L’intrépide Felice Bonetto, dit « Il Pirata », copiloté par Bruno Bonini.

    Sur le papier, le duel semble déséquilibré. Face aux V8 américains cubant plus de 5 litres et délivrant plus de 160 ch, le noble 6-cylindres en ligne bialbero de 2,5 litres développé par Vittorio Jano ne revendique que 93 chevaux. Mais Alfa Romeo mise sur deux atouts maîtres : une fiabilité mécanique à toute épreuve et un comportement dynamique exceptionnel.

    La leçon de pilotage dans les lacets de la Sierra Madre

    Dès les premières étapes, la rudesse du parcours décime le peloton. Les suspensions et les freins des berlines américaines s’effondrent sous les contraintes thermiques et les nids-de-poule, tandis que les pneus éclatent sous la chaleur.

    C’est dans les tronçons montagneux et sinueux que les deux Alfa Romeo créent la sensation :

    • Un châssis d’orfèvre : Grâce à ses quatre roues indépendantes, ses amortisseurs télescopiques et sa précision de guidage chirurgicale, la Freccia d’Oro compense son déficit de puissance en conservant une vitesse de passage en courbe stupéfiante.
    • L’endurance du 6-cylindres : Alimenté par un unique carburateur et bénéficiant d’un refroidissement à eau parfaitement calibré, le bloc 2.5 litres encaisse sans faiblir les variations extrêmes d’altitude et la mauvaise qualité du carburant local.
    • Le panache de Taruffi et Bonetto : Maniant avec virtuosité la boîte mécanique avec volant à droite, les pilotes transalpins attaquent sans relâche sur les portions sinueuses, remontant un à un leurs concurrents directs.

    Un triomphe milanais au goût d’exploit

    Au terme de six jours d’une course impitoyable, les deux Alfa Romeo franchissent la ligne d’arrivée d’El Ocotal dans un concert d’acclamations :

    • Piero Taruffi et Isidoro Ceroli hissent la 6C 2500 n° 90 à une magistrale 4e place au classement général.
    • Felice Bonetto et Bruno Bonini placent la 6C 2500 n° 103 au 8e rang final.

    Seules des cylindrées américaines deux fois plus puissantes parviennent à devancer les machines milanaises sur les longues lignes droites du désert.

    L’acte de naissance du mythe moderne d’Alfa Romeo

    Cette performance retentissante sur le continent américain prouve au monde entier que le Portello n’a rien perdu de sa suprématie technique après les ravages de la guerre.

    En domptant les 3 000 kilomètres de la Carrera Panamericana 1950, la Freccia d’Oro a démontré qu’une grande berline de série pouvait se muer en bête de course, ouvrant la voie au célèbre slogan qui accompagnera dès l’année suivante la nouvelle 1900 : « La voiture de famille qui gagne des courses ».

  • Supertest : Que vaut l’Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio 520 ch poussée dans ses derniers retranchements par SportAuto

    Supertest : Que vaut l’Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio 520 ch poussée dans ses derniers retranchements par SportAuto

    Face à une concurrence allemande désormais convertie aux transmissions intégrales lourdes et aux usines à gaz hybrides, l’Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio fait figure d’irréductible gardienne du temple. Passée entre les mains expertes du magazine Sport Auto pour son impitoyable verdict du « Supertest », la berline milanaise — parée de sa spectaculaire robe Vert Montréal — a affronté le chrono sur l’anneau de vitesse de Mortefontaine avant de s’en remettre au coup de volant du pilote Christophe Tinseau sur le sélectif circuit du Val de Vienne.

    Le différentiel mécanique : la vraie métamorphose dynamique

    Si l’évolution esthétique issue du restylage reste mesurée avec l’adoption des projecteurs Matrix LED et du combiné numérique cannocchiale de 12,3 pouces, la vraie révolution se cache sous la tôle. Pour canaliser les 520 ch (+10 ch) de son V6 2.9 Bi-Turbo tout aluminium, Alfa Romeo a abandonné l’ancien système de vectorisation de couple électronique au profit d’un véritable différentiel mécanique à glissement limité.

    Ce choix technique métamorphose le comportement routier en mode Race. Alors que le système précédent pouvait parfois déconcerter le conducteur par des interventions électroniques parasites, ce pont autobloquant classique redonne à la Giulia une progressivité et une authenticité exemplaires. L’angle de dérive se calibre désormais au millimètre avec la pédale d’accélérateur, faisant de la berline italienne une redoutable machine à sculpter des travers sans mauvaise surprise.

    « Ses mises à jour techniques corrigent les précédents couacs, et son nouveau différentiel à glissement limité rend ses réactions plus naturelles. La seule propulsion de la catégorie distille une authenticité rafraîchissante et des plaisirs qui feraient presque regretter l’évolution des choses. »

    — Jacques Warnery, Sport Auto

    Sur l’asphalte du Vigeant : l’analyse de Christophe Tinseau

    Sur les 3 729 mètres du circuit du Val de Vienne, le pilote aux douze participations aux 24 Heures du Mans a signé un temps de référence de 1’50″37. Bien que distancée par une BMW M4 Competition (1’48″34) chaussée de pneus plus agressifs, la Giulia devance des sportives pures comme l’Audi R8 V10 Performance RWD (1’50″48).

    Au-delà du simple chrono, c’est le plaisir de pilotage qui a séduit l’essayeur :

    « J’ai un petit coup de cœur pour les Alfa car elles sont typées, et cette Giulia ressemble à une vraie sportive. Le train avant est un petit peu paresseux en entrée, mais une fois stabilisé et lorsqu’on reprend les gaz, l’auto devient plus légère de l’arrière. Le sous-virage initial est alors effacé et la voiture pivote à l’accélérateur, puis se gère au pied droit. »

    — Christophe Tinseau

    Le pilote ne tarit pas d’éloges sur le moteur et la boîte ZF8 : « Le V6 est bien plein et a du couple. Je fais les mêmes chronos en deuxième ou en troisième dans les épingles, et la boîte est irréprochable en mode manuel. La voiture est une propulsion dont on apprécie la légèreté grâce à un poids encore raisonnable. Elle est vivante et demande beaucoup d’attention quand tu roules vite, surtout après avoir mis en sommeil l’ESP. J’ai pris énormément de plaisir à son volant. »

    Seul bémol relevé lors de cet essai intensif sur piste : les garnitures de freins en acier de série ont souffert de la chaleur après quelques tours lancés, rappelant que l’option freins carbone-céramique à 7 500 euros (ou des plaquettes compétition) demeure indispensable pour les sorties régulières sur circuit.

    Les mesures à Mortefontaine : la pureté face au chronomètre

    Sur les pistes de mesures de Mortefontaine, la Giulia Quadrifoglio a fait parler la poudre :

    • Poids vérifié sur la bascule : 1 719 kg avec les pleins (répartition 53/47 %), une masse particulièrement bien contenue face aux rivales modernes qui flirtent désormais avec les deux tonnes.
    • 0 à 100 km/h : Réalisé en 4,8 secondes, un temps tributaire de l’absence de système Launch Control et de l’adhérence précaire au décollage sur les seules roues arrière.
    • 0 à 200 km/h : Abattu en 13,4 secondes, avec un 1 000 mètres départ arrêté franchi en 22,3 secondes à 245 km/h.
    • Vitesse maximale : Donnée pour 308 km/h en pointe.

    La dernière ballerine du segment

    Face aux sportives aseptisées bardées d’écrans tactiles complexes, la Giulia va droit au but : une molette DNA, quatre modes de conduite, une direction directe et une propulsion pure sans béquille électrique. Comme le conclut la rédaction de Sport Auto, la Giulia Quadrifoglio reste aujourd’hui « la dernière familiale sportive aux talents de danseuse étoile ».