Étiquette : Série 105

  • Alfa Romeo Gran Sport Quattroruote Zagato (1966) : La pionnière oubliée du néo-rétro

    Alfa Romeo Gran Sport Quattroruote Zagato (1966) : La pionnière oubliée du néo-rétro

    Bien avant que BMW ne réinvente la Mini, que Fiat ne ressuscite la 500 ou que la mode « néo-rétro » n’envahisse les salons automobiles mondiaux, Alfa Romeo et le carrossier Zagato ont créé un ovni stylistique absolu au milieu des années 1960 : l’Alfa Romeo Gran Sport Quattroruote.

    Dévoilée sous forme de prototype en 1965 puis produite entre 1966 et 1968, cette découvrable hors du temps mariait la ligne fascinante d’une légende des années 1930 aux dessous modernes de la berline Giulia Série 105.

    L’idée folle de Gianni Mazzocchi et de la revue Quattroruote

    L’aventure débute sous l’impulsion de Gianni Mazzocchi, fondateur et directeur du célèbre magazine automobile italien Quattroruote. Passionné d’histoire et nostalgique de l’âge d’or de la course automobile, il lance un défi aux dirigeants d’Alfa Romeo : pourquoi ne pas faire revivre la mythique Alfa Romeo 6C 1750 Gran Sport Zagato de 1930 — quadruple victorieuse des Mille Miglia —, en utilisant une plateforme technique contemporaine fiable et accessible ?

    Séduite par le projet, la direction d’Arese valide l’idée et mandate officiellement la Carrozzeria Zagato à Milan pour concevoir et assembler cette création néo-classique.

    Une carrosserie des années 30 façonnée à la main

    Pour recréer la magie de l’entre-deux-guerres, Zagato applique son savoir-faire artisanal traditionnel en façonnant une carrosserie aux lignes caractéristiques :

    • Les attributs d’époque : Long capot à persiennes cadenassé par des lanières de cuir, ailes avant et arrière galbées et séparées, calandre verticale en trèfle chromé, roues à rayons et pare-brise rabattable.
    • L’esprit barquette : Dépourvue de poignées extérieures superflues et dotée d’une capote en toile rudimentaire, l’auto impose une conduite authentique à ciel ouvert. Comme le soulignaient les essayeurs de l’époque, une bonne paire de lunettes de pilote et un blouson en cuir épais étaient de rigueur pour affronter les remous d’air !

    Les entrailles affûtées de la Giulia Série 105

    Sous cette robe évocatrice des Grands Prix des années 1930 se cachent les éléments techniques de la brillante famille Giulia Série 105 :

    • Moteur Bialbero Nord : Le 4-cylindres en ligne tout alu à double arbre à cames en tête de la Giulia (développant 82 à 90 ch selon configuration) apporte une vivacité moderne. Grâce au poids contenu de l’ensemble, la Gran Sport offre des accélérations franches et une vitesse de pointe de près de 155 km/h sans avoir recours à la fragilité mécanique d’un compresseur d’époque.
    • Boîte 5 et freins à disques : Dotée d’une boîte manuelle à 5 rapports précis, de quatre freins à disques et d’un train avant à roues indépendantes, elle se montre infiniment plus agile, rigoureuse et sécurisante sur la route qu’une véritable ancêtre.

    Seulement 92 exemplaires : Une rareté absolue

    Affichée à un tarif élevé en raison de sa fabrication manuelle chez Zagato, l’Alfa Romeo Gran Sport Quattroruote s’adressait à une clientèle d’esthètes et d’amateurs de sensations d’antan. Entre 1966 et 1968, seuls 92 exemplaires sortiront des ateliers de Terrazzano di Rho.

    Considérée aujourd’hui comme une pièce de collection d’une grande rareté, la Gran Sport Quattroruote reste le premier hommage officiel d’un grand constructeur à son propre patrimoine. Un collector méconnu qui prouve, dès 1966, l’intemporalité du style Alfa Romeo.

  • Légende : Alfa Romeo Giulia GT « Bertone », la silhouette parfaite

    Légende : Alfa Romeo Giulia GT « Bertone », la silhouette parfaite

    Si l’Alfa Romeo 105 (la série Giulia) était une famille, la berline serait le père respectable, le Spider la mère glamour, et le Coupé GT le fils prodigue, rebelle et talentueux. Lancé en 1963, ce coupé est souvent appelé simplement « Le Coupé Bertone ». Il a traversé les décennies (produit jusqu’en 1976) en devenant l’archétype de la sportive italienne : un moteur brillant dans une robe signée par un maître.

    Le coup de maître d’un jeune prodige

    La ligne de la Giulia GT a été dessinée au sein de la carrosserie Bertone. Mais ce n’est pas Nuccio Bertone qui tenait le crayon. C’est un jeune designer de 22 ans, un certain Giorgetto Giugiaro. Il a réussi à créer une silhouette d’un équilibre absolu. Le pavillon est lumineux avec ses montants fins, l’arrière est tronqué pour l’aérodynamisme, et les proportions sont idéales. C’est une voiture qui semble compacte et musclée, prête à bondir.

    Le « Scalino » : La signature des puristes

    Les premiers modèles (Sprint GT) possèdent un détail qui fait aujourd’hui s’envoler leur cote : le « Scalino » (la petite marche). Le capot avant ne joint pas parfaitement la calandre, créant un décalage, comme une « boîte aux lettres ». À l’origine, c’était une contrainte de design non résolue, mais c’est devenu la signature la plus recherchée des collectionneurs (aussi appelée « Boîte aux lettres » ou « Step-nose »). Par la suite, la face avant sera lissée sur les versions 1750 GTV et 2000 GTV, perdant ce petit défaut qui faisait tout son charme.

    Le Bialbero dans tous ses états

    Le Coupé Bertone a accueilli toutes les déclinaisons du mythique 4 cylindres double arbre (Bialbero) :

    • GT 1300 Junior : L’entrée de gamme rageuse, adorée des jeunes de l’époque.
    • Sprint GT Veloce (1600) : L’équilibre originel.
    • 1750 GTV : Souvent considérée comme la meilleure version, avec le moteur le plus onctueux et un intérieur magnifique.
    • 2000 GTV : La plus puissante (132 ch) et la plus rapide, taillée pour l’autoroute.

    Peu importe la cylindrée, la magie est la même : une sonorité rauque à l’admission, une réponse instantanée à l’accélérateur et cette odeur d’huile et d’essence typique des vieilles Alfa.

    La légende GTA

    Impossible de parler du Coupé Bertone sans évoquer sa sœur maléfique : la Giulia GTA (Gran Turismo Alleggerita). Préparée par Autodelta, avec sa carrosserie en aluminium riveté et son double allumage, elle a écrasé la concurrence en Championnat d’Europe de Tourisme. La GTA a donné au paisible coupé de route une aura de voiture invincible, capable de battre des Ford Mustang ou des BMW bien plus puissantes.

    L’Héritage

    Aujourd’hui, le « Coupé Bertone » est la porte d’entrée royale dans l’univers Alfa Romeo classique. C’est une voiture qui se conduit comme une moderne (elle s’insère sans problème dans le trafic actuel), mais qui distille des sensations pures, sans filtre. C’est la quintessence du Cuore Sportivo.

  • Alfaholics : Le mythe devient (presque) abordable avec une Junior à 100 000 €

    Alfaholics : Le mythe devient (presque) abordable avec une Junior à 100 000 €

    Le nom d’Alfaholics résonne généralement avec des chiffres qui donnent le vertige. Pour beaucoup, la célèbre GTA-R — ce chef-d’œuvre d’ingénierie britannique né d’une obsession de vingt ans — représentait un rêve inatteignable culminant à 500 000 €. Mais en ce printemps 2026, les préparateurs anglais prouvent qu’ils savent être pragmatiques tout en restant poètes : une version « low cost » (toutes proportions gardées) fait son apparition.


    Le « Style Alfaholics » pour le quart du prix

    Face à l’afflux de lettres de passionnés clamant : « Nous voulons le plaisir de conduire une Alfa préparée par vos soins sans avoir à hypothéquer la maison », l’officine a répondu de la plus belle des manières. Voici la GT 1300 Junior « Alfaholics style ».

    L’idée est simple mais redoutable : transformer la célèbre silhouette dessinée par Giugiaro en une machine d’exception avec un budget ramené aux alentours de 100 000 €.

    CaractéristiqueDétails de la version « Junior »
    BaseAlfa Romeo GT 1300 Junior (Série 105)
    PhilosophieHandling et puissance sans l’excès des supercars de parade
    Composants20 ans de développement technique intégrés
    Budget cibleEnviron 100 000 €

    L’ingénierie au service du romantisme

    Ne vous y trompez pas : bien que le prix soit divisé par cinq, l’âme reste intacte. Alfaholics a injecté dans cette Junior deux décennies de savoir-faire en matière de composants. L’objectif n’est pas de créer une bête de foire, mais une auto qui se conduit comme si elle sortait d’une usine moderne tout en préservant son charme originel.

    • Un toucher de route transfiguré : Elle vire à plat, freine avec une précision chirurgicale et offre un feeling de conduite qui ferait passer n’importe quelle voiture moderne pour un « réfrigérateur sur roues ».
    • La discrétion du puriste : Visuellement, l’auto semble presque de série. Le travail est caché sous la robe, là où bat le Cuore Sportivo.

    Une « religion » enfin plus accessible

    Cette initiative permet à une nouvelle lignée de passionnés de rejoindre ce que certains appellent la « religion Alfa Romeo ». En proposant une expérience de conduite pure et transcendante pour le prix d’une berline allemande premium bien optionnée, Alfaholics rappelle que le plaisir automobile ne devrait pas être réservé qu’à une élite ultra-minoritaire.


    Pensez-vous que cette démocratisation relative du restomod haut de gamme pourrait inciter d’autres ateliers à proposer des programmes « entrée de gamme » similaires pour nos classiques italiennes ?