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  • Série Spéciale : Alfa Romeo Spider Niki Lauda Edition (1978), l’hommage américain à la Formule 1

    Série Spéciale : Alfa Romeo Spider Niki Lauda Edition (1978), l’hommage américain à la Formule 1

    À la fin des années 1970, l’engagement d’Alfa Romeo en Formule 1 franchit une étape spectaculaire. Fournisseur du mythique moteur 12-cylindres à plat pour l’écurie Brabham, le constructeur milanais réussit un coup d’éclat magistral pour la saison 1978 en recrutant le double champion du monde en titre : Niki Lauda.

    Pour célébrer l’arrivée du champion autrichien au sein de l’écurie Brabham-Alfa Romeo et séduire le marché nord-américain, la marque dévoile au printemps 1978 une série ultra-exclusive : l’Alfa Romeo Spider Niki Lauda Special Edition.

    350 exemplaires numérotés pour le marché américain

    Produite à seulement 350 unités, cette édition commémorative était strictement réservée aux États-Unis.

    Présentée lors du Grand Prix des États-Unis Ouest à Long Beach en 1978 — où Niki Lauda lui-même fit une apparition promotionnelle au volant du cabriolet —, cette déclinaison transformait l’élégante ligne Coda Tronca de la Série 2 en une monture résolument inspirée par l’univers des circuits :

    • Livrée de course exclusive : Peinte en livrée argentée métallisée (Grigio Chiaro), la carrosserie arborait une bande tricolore rouge, blanche et bleue traversant le capot, les flancs et la malle arrière, rappelant les couleurs de l’écurie Brabham-Alfa Romeo et de son sponsor titre Parmalat.
    • Aérodynamisme précurseur : La poupe recevait un imposant becquet arrière en queue de canard (ducktail spoiler), un appendice stylistique spectaculaire qui préfigurait avec quatre ans d’avance le look de la future Série 3 Aerodinamica.
    • Détails extérieurs : Des stickers latéraux « Niki Lauda F1 » sur les ailes avant et des rétroviseurs sport spécifiques soulignaient son appartenance à la catégorie reine.

    Un habitacle commémoratif signé par le champion

    À l’intérieur, l’Alfa Spider Niki Lauda conservait l’agencement sportif de la Série 2 tout en intégrant des éléments de personnalisation exclusifs :

    • Plaque numérotée sur la planche de bord : Chaque exemplaire recevait une plaque émaillée spécifique fixée face au passager, portant le numéro de châssis de la série (de 001 à 350) et la signature gravée de Niki Lauda.
    • Ambiance grand tourisme : Sièges baquets garnis de vinyle noir, volant sport en bois à trois branches ajourées et cadrans ronds logés sous leurs célèbres casquettes orientées vers le conducteur.

    Fiche technique : Le Bialbero 2.0 sous spécification US

    Sous le capot, l’édition Niki Lauda reprenait le bloc mécanique haut de gamme du Spider 2000 Veloce adapté aux strictes normes environnementales américaines :

    • Moteur : 4-cylindres en ligne Bialbero Nord tout alu, 1 962 cm³
    • Alimentation : Injection mécanique SPICA (Società Pompe Iniezione Cassani & Affini)
    • Puissance : ~115 à 120 ch SAE
    • Transmission : Propulsion, boîte manuelle à 5 rapports
    • Sécurité US : Gros boucliers de protection absorbants en caoutchouc

    De la controverse à la pièce de collection majeure

    À son lancement en 1978, la livrée voyante et l’aileron proéminent de l’édition Niki Lauda n’avaient pas fait l’unanimité auprès des puristes de la première heure attachés à la pureté originelle de Pininfarina.

    Aujourd’hui, le statut de cette série limitée s’est totalement inversé. Avec seulement 350 unités produites et une poignée de survivantes répertoriées dans le monde, l’Alfa Romeo Spider Niki Lauda Edition est devenue l’une des versions les plus rares et recherchées de la dynastie 105/115. Elle incarne le témoignage flamboyant d’une époque dorée où la passion de la Formule 1 s’invitait directement sur la route.

  • GP de Suède 1978 : La victoire unique de la Brabham-Alfa Romeo « Aspirateur »

    GP de Suède 1978 : La victoire unique de la Brabham-Alfa Romeo « Aspirateur »

    En Formule 1, il y a les victoires qu’on obtient à la sueur du front, et celles qu’on obtient par le génie pur. Le Grand Prix de Suède 1978, disputé sur le circuit d’Anderstorp, est un cas d’école.

    À cette époque, Alfa Romeo fournit ses moteurs à l’écurie Brabham, dirigée par Bernie Ecclestone. Le moteur est le puissant Flat-12 (12 cylindres à plat) conçu par Carlo Chiti. Il est très puissant, mais il a un défaut : il est large. Très large. Cela pose un problème à l’ingénieur de Brabham, Gordon Murray. À cause de la largeur du moteur Alfa, il ne peut pas créer les « tunnels » sous la voiture pour générer de l’effet de sol, comme le font les Lotus dominatrices.

    La solution radicale : La BT46B

    Puisqu’il ne peut pas utiliser l’air qui passe sous la voiture naturellement, Murray décide de le forcer. Il installe un énorme ventilateur à l’arrière de la voiture, officiellement pour « refroidir le moteur Alfa Romeo » (qui chauffait un peu, c’est vrai). En réalité, ce ventilateur aspirait l’air sous la voiture et la plaquait au sol avec une force colossale. C’était un aspirateur géant.

    La course : Une formalité pour Lauda

    La voiture, baptisée Brabham-Alfa Romeo BT46B, arrive en Suède. Les autres écuries crient au scandale. Dès que le pilote, Niki Lauda, met les gaz, la voiture s’écrase au sol, collée par la dépression. En course, c’est une boucherie. Niki Lauda double la Lotus de Mario Andretti par l’extérieur, avec une facilité déconcertante. Il raconte même que la voiture était « désagréable à conduire » tellement elle avait de grip : elle ne glissait jamais, elle virait sur des rails.

    100% de réussite

    Lauda remporte la course avec plus de 34 secondes d’avance. C’est une victoire écrasante pour le moteur Alfa Romeo et le châssis Brabham. Mais le triomphe sera bref. Face à la fronde des autres constructeurs (et parce que la voiture projetait des cailloux sur ceux qui la suivaient !), la « Fan Car » est déclarée illégale pour les courses suivantes.

    La Brabham-Alfa Romeo BT46B reste donc la seule voiture de l’histoire de la F1 à avoir un taux de réussite de 100% : un départ, une victoire. Un record insolite qui fait partie de la légende du moteur Flat-12 Alfa.