Sous les immenses verrières du Hall 4 du parc des expositions de la Porte de Versailles, une vague rouge incandescent submerge les allées du Mondial de l’Automobile de Paris 2026. Alors que l’industrie automobile mondiale se cherche souvent un second souffle dans une transition électrique parfois aseptisée, Alfa Romeo frappe un grand coup en investissant la capitale avec un déploiement d’une intensité rare. Bâtie autour de trois piliers sacrés que sont l’Italie, la sportivité et le rouge viscéral, la marque milanaise ne vient pas simplement exposer des véhicules sur de la moquette : elle orchestre un véritable dialogue à travers le temps, reliant les soixante ans d’une icône de la Dolce Vita au manifeste de son avenir pour le troisième millénaire.
Cuorerosso : le manifeste d’un futur qui refuse d’être une machine sans âme
Attraction incontestée du stand, le concept Cuorerosso trône au centre de la scène pour sa première mondiale publique. Dévoilé quelques heures plus tôt lors d’une soirée intimiste au Hangar Y, ce grand coupé 2+2 de 4,70 mètres pose les bases philosophiques et stylistiques des futures Alfa Romeo. Ni simple exercice gratuit, ni préfiguration frileuse d’un modèle existant, l’auto incarne la Bellezza Necessaria, cette beauté essentielle où le superflu est banni pour ne révéler que la matière pure, travaillée à la manière d’un bloc de métal liquide.
Sa silhouette acérée affiche un Cx remarquable de 0,28, achevant sa course sur une spectaculaire Coda Tronca dans la plus pure tradition de la course italienne. La calandre rétroéclairée bat au rythme d’un pouls humain, tandis que la carrosserie s’habille de la fascinante teinte Liquid Ink Red, passant du rouge lave au noir profond selon la réfraction de la lumière. À bord, l’architecture épurée inspirée de la 33 Stradale fait la part belle au conducteur grâce au Cannocchiale Vivente, ce combiné numérique à cinématique physique capable de fusionner ses cadrans en mode piste pour ne laisser que l’information vitale. Avec l’évocation d’une chaîne motrice Full Hybrid articulée autour du V6 2.9 biturbo et de la transmission Q4, Cuorerosso rappelle que l’électrification n’a d’intérêt que si elle sublime les pulsations du cœur.
Une 33 Stradale haute couture en hommage à l’art textile franco-italien
Quelques pas plus loin, la sculpturale Alfa Romeo 33 Stradale attire une foule d’admirateurs fascinés. Pour célébrer son passage dans la capitale mondiale de la haute couture, le joyau d’Arese — produit à seulement trente-trois exemplaires, tous vendus — s’offre dans une configuration commémorative unique conçue en hommage direct à Paris et aux liens historiques entre la France et l’Italie.
Les courbes sensuelles de la carrosserie se parent de raffinés motifs damassés où le légendaire Quadrifoglio abandonne son traditionnel triangle pour devenir la matrice d’un décor végétal composé de feuilles d’acanthe et de volutes issues du Risorgimento. Ce jeu de textures ton sur ton entre brillances et reflets mats rend hommage aux prestigieuses soieries de San Leucio, de Gênes et de Côme tout en saluant les ateliers de Lyon et l’héritage du métier Jacquard qui révolutionna le tissage français au XIXᵉ siècle. Sous cette robe d’orfèvre, le V6 biturbo de plus de 630 chevaux et le châssis carbone-aluminium rappellent que ce chef-d’œuvre roulant file à 333 km/h. Dans l’habitacle, le cuir Poltrona Frau recouvre intégralement le mobilier de bord sous un ciel de pavillon tendu d’Alcantara noir.

L’Edizione Luna Rossa : les quatre mousquetaires du catalogue en tenue maritime
Le présent immédiat de la gamme se déploie avec panache à travers la nouvelle série spéciale Edizione Luna Rossa, déclinée de concert sur les Junior, Tonale, Giulia et Stelvio. Cette collection sommitale célèbre la montée en puissance du partenariat technique entre Alfa Romeo et le défi italien de voile de l’America’s Cup, dont le dénouement approche dans les eaux de Naples pour 2027.
Chaque modèle adopte les codes graphiques des monocoques de course, arborant des logos Alfa Romeo rouges exclusifs, un liseré écarlate sur les flancs et des détails noir brillant. Le Junior et le Tonale inaugurent en première mondiale pour Stellantis la sellerie en technologie 3D Knit, un textile tridimensionnel sans coutures issu des vêtements techniques marins. De leur côté, la berline Giulia et le Stelvio jouent la carte de l’extrême sportivité avec des pièces aérodynamiques en fibre de carbone apparente et une sellerie exclusive combinant cuir noir et tissu ECONYL®, confectionné à partir de filets de pêche recyclés en mer.

Soixante ans d’une icône : le Spider « Duetto » fait revivre la légende
Pour ancrer cette modernité dans la vérité historique, la marque a fait acheminer directement depuis les réserves du Musée d’Arese une légende absolue : le Spider « Duetto » de 1966, qui célèbre sur le salon son soixantième anniversaire.
Dessiné de main de maître par Pininfarina sur une plateforme raccourcie de Giulia, ce roadster aux formes fuselées avait conquis la planète sous le surnom affectueux d’Osso di seppia (os de seiche) en référence à sa poupe arrondie. La présence de cet exemplaire historique fait écho à la grande rétrospective « Spider is Alfa Romeo » actuellement présentée au musée jusqu’à la fin de l’année. À Paris, son regard innocent et son profil d’une pureté intemporelle rappellent que le vent dans les cheveux et la musicalité du double arbre à cames restent les plus beaux remèdes contre la morosité.

L’atelier « Bottega Alfa Romeo » : les cinq sens en éveil et parfums exclusifs
Pour parachever l’immersion, les visiteurs sont invités à franchir le seuil de la Bottega Alfa Romeo, un espace expérientiel qui dévoile les secrets de fabrication des modèles sur mesure. Loin d’une simple exposition figée, cet atelier invite à toucher la matière brute : panneaux d’aluminium formés à la main inspirés de la 33 Stradale, drapages de fibre de carbone, échantillons de nubuck Poltrona Frau et textiles techniques inspirés de Luna Rossa.
L’acoustique est sculptée par un système audio haute fidélité Harman Kardon intégré à un mur d’écrans LED, tandis que l’odorat est sollicité de manière inédite. Alfa Romeo a en effet développé cinq fragrances exclusives spécialement conçues pour le Mondial de Paris, traduisant chacune une facette de l’esprit transalpin et de la matière noble. Une expérience multisensorielle totale qui résume la devise martelée à Arese comme à la Porte de Versailles : sans cœur et sans émotion, l’automobile ne serait rien d’autre qu’une machine sans âme.

