Étiquette : Bertone

  • 75 Alfa Romeo Montreal réunies en Touraine : Le spectaculaire retour du rassemblement européen après douze ans d’absence

    75 Alfa Romeo Montreal réunies en Touraine : Le spectaculaire retour du rassemblement européen après douze ans d’absence

    Réunir plus de soixante-dix exemplaires d’une sportive d’Arese produite à moins de 4 000 unités relève de l’exploit logistique et de la pure féerie mécanique. C’est pourtant le décor exceptionnel qu’ont pu admirer les riverains et les visiteurs de Touraine du 3 au 6 septembre 2026. Comme le rapporte le quotidien régional La Nouvelle République sous la plume de Jean-Marie Millasseau, soixante-quinze Alfa Romeo Montreal venues d’une dizaine de pays européens ont investi la région pour leur traditionnel rendez-vous international annuel, qui n’avait pas posé ses roues sur le sol français depuis maintenant douze ans.

    Le château royal d’Amboise transformé en musée à ciel ouvert

    C’est au pied des remparts du château royal d’Amboise que ce cortège hors du commun a entamé son périple le jeudi 3 septembre. Sous les yeux ébahis des passants, les coupés dessinés par Marcello Gandini pour Bertone ont transformé l’esplanade historique en une galerie d’art mécanique grandeur nature, alignant leurs célèbres calandres à paupières ajourées et leurs teintes caractéristiques des années 1970, du vert métallisé à l’orange vif en passant par le gris argent.

    Après avoir garé leurs montures dans ce cadre somptueux, les équipages venus d’Allemagne, de Suisse, d’Italie, des Pays-Bas ou de Grande-Bretagne ont partagé un cocktail dînatoire au sein même de la salle du conseil du château, scellant des retrouvailles très attendues sur le territoire national.

    Un tour de force associatif orchestré par des passionnés

    L’organisation d’une telle parade européenne repose sur la dévotion de passionnés de longue date. Conduite par l’amateur Philippe Cauche, cette édition française a nécessité des mois de préparation pour coordonner le voyage et l’accueil de soixante-quinze autos capricieuses dotées de l’exigeant V8 à injection mécanique Spica.

    Rappelons que chaque année, la communauté européenne des propriétaires de Montreal confie l’accueil de son rassemblement itinérant à un pays différent. Voir revenir ce peloton en France après plus d’une décennie d’attente représentait un événement majeur pour les amoureux du modèle, concentrant en un seul lieu près de 2 % de la production mondiale totale survivante.

    De Chenonceau à Chinon : la symphonie du V8 sur les routes du Val de Loire

    Tout au long du week-end, le convoi a sillonné les routes pittoresques de Touraine, reliant plusieurs des plus beaux joyaux du patrimoine architectural français. De Chenonceau à Chinon, la musique rauque et métallique du V8 2,6 litres dérivé de la légendaire Tipo 33 de compétition a résonné le long des coteaux et des bords de Loire.

    Entre patrimoine fluvial, châteaux Renaissance et haltes gastronomiques, cette grande boucle a offert aux participants comme aux spectateurs une parenthèse enchantée, prouvant que plus de cinquante ans après sa genèse à l’Exposition universelle de 1967, le grand tourisme milanais conserve un pouvoir de séduction absolument intact.

  • La trilogie des concepts B.A.T. par Bertone (1953–1955) : Franco Scaglione et la sculpture du vent

    La trilogie des concepts B.A.T. par Bertone (1953–1955) : Franco Scaglione et la sculpture du vent

    Entre 1953 et 1955, la Carrozzeria Bertone et Alfa Romeo ont stupéfait le monde de l’automobile en dévoilant successivement trois prototypes d’avant-garde : les B.A.T. 5, B.A.T. 7 et B.A.T. 9 (Berlinetta Aerodinamica Tecnica). Dessinés par le génie visionnaire de Franco Scaglione sur des châssis d’Alfa Romeo 1900, ces laboratoires roulants ont repoussé les limites de la science aérodynamique, atteignant un coefficient de traînée record de $Cx$ 0,19 et influençant durablement le design moderne.

    Contexte & Genèse du projet

    • L’époque : Au début des années 1950, l’industrie aéronautique et l’avènement des avions à réaction fascinent le design automobile. Alfa Romeo, qui vient d’industrialiser sa berline 1900, s’associe à la Carrozzeria Bertone pour explorer l’impact de la traînée aérodynamique sur la stabilité, les performances et la consommation de carburant à haute vitesse.
    • Les acteurs clés : Le projet est porté par Nuccio Bertone et confié à son chef designer, l’ingénieur en aéronautique et styliste Franco Scaglione. Côté mécanique, Alfa Romeo fournit les châssis roulants motorisés de la 1900 Sprint sous la supervision d’Orazio Satta Puliga.
    • Le cahier des charges : Concevoir trois études de style fonctionnelles capables d’obtenir le coefficient de traînée le plus faible possible avec une motorisation modeste de 100 ch, tout en garantissant un comportement routier imperturbable sans appendices parasites.

    « Avec les projets B.A.T., nous ne voulions pas créer des monstres de foire futuristes, mais traduire les lois mathématiques de l’écoulement des fluides en formes vivantes et sensuelles. »

    — Franco Scaglione, Chef designer de la Carrozzeria Bertone

    Architecture & Innovations Techniques

    • La science des ailerons incurvés : La caractéristique visuelle majeure de la trilogie réside dans ses ailerons arrière incurvés vers l’intérieur, créant un profil en goutte d’eau qui canalise les vortex d’air et neutralise les turbulences à l’arrière du pavillon.
    • Le carénage et la gestion des flux : Les passages de roues avant et arrière sont largement carénés pour réduire la résistance de l’air autour des pneumatiques. Les entrées d’air avant sont réduites au strict minimum nécessaire au refroidissement du radiateur, guidant le flux le long des flancs galbés.
    • L’habitacle bulle façon cockpit d’aviation : Les trois modèles adoptent une verrière panoramique arrondie, un pare-brise affleurant sans montants saillants et une lunette arrière séparée en deux parties par une dérive centrale longitudinale (arête dorsale).
    • La base mécanique 1900 Sprint : Sous cette carrosserie en acier et aluminium se trouve le 4-cylindres en ligne Bialbero de 1 975 cm³ développant 100 à 115 ch, associé à une boîte manuelle à 4 ou 5 rapports. Grâce à leur aérodynamisme exceptionnel, ces autos dépassaient les 200 km/h avec une mécanique de série.

    Fiche d’identité & Données clés

    CaractéristiquesB.A.T. 5 (1953)B.A.T. 7 (1954)B.A.T. 9 (1955)
    Date de présentationSalon de Turin 1953Salon de Turin 1954Salon de Turin 1955
    Coefficient de traînée ($Cx$)0,230,19 (record mondial)~0,25 (orienté série)
    Châssis porteurAlfa Romeo 1900 CAlfa Romeo 1900 CAlfa Romeo 1900 SS
    Architecture moteur4-cylindres Bialbero alu4-cylindres Bialbero alu4-cylindres Bialbero alu
    Cylindrée & Puissance1 975 cm³ / 100 ch1 975 cm³ / 115 ch1 975 cm³ / 115 ch
    TransmissionPropulsion, boîte 4 vit.Propulsion, boîte 5 vit.Propulsion, boîte 5 vit.
    Poids à vide~1 100 kg~1 000 kg~1 050 kg
    Vitesse maximale200 km/h220 km/h205 km/h

    Carrière commerciale, Palmarès et Évolutions

    • B.A.T. 5 (1953) — Le manifeste fondateur :Dévoilée au Salon de Turin 1953, la B.A.T. 5 explore l’élimination des turbulences latérales. Avec ses ouïes frontales horizontales et ses ailerons arrière effilés, elle affiche un $Cx$ mesuré à 0,23, une valeur inédite pour l’époque.
    • B.A.T. 7 (1954) — L’apogée radicale et le record de 0,19 :Pour l’édition 1954, Franco Scaglione pousse la théorie à l’extrême : le nez est encore abaissé, les entrées d’air sont réduites à deux fentes étroites et les ailerons arrière s’enroulent de manière spectaculaire sur le dessus du coffre. La B.A.T. 7 atteint le $Cx$ de 0,19, une prouesse qui reste aujourd’hui encore une référence absolue dans l’industrie automobile.
    • B.A.T. 9 (1955) — Le retour vers la production de série :La dernière création tempère les excès stylistiques pour préfigurer un éventuel modèle de grand tourisme commercialisable : les dérives arrière sont réduites, les roues avant sont découvertes pour faciliter les manœuvres et la face avant intègre pour la première fois le célèbre Scudetto triangulaire Alfa Romeo.
    • L’hommage B.A.T. 11 (2008) :Au Salon de Genève 2008, Bertone présentera la B.A.T. 11, un concept-car moderne basé sur l’Alfa Romeo 8C Competizione, reprenant les lignes signatures de Franco Scaglione.

    L’Héritage et le Regard Collection

    • Descendance stylistique : Les recherches aérodynamiques menées sur la trilogie B.A.T. ont directement nourri la conception des futures Alfa Romeo de série, notamment la Giulietta Sprint Speciale (SS) de 1957 (également dessinée par Scaglione) et la Giulia Série 105.
    • Statut en collection : Inséparables dans l’histoire de l’art automobile, les trois prototypes B.A.T. 5, 7 et 9 ont été réunis par un collectionneur passionné dans les années 1980 avant d’être présentés ensemble dans les plus grands concours d’élégance du monde. Le 28 octobre 2020, le triptyque historique a été adjugé chez RM Sotheby’s à New York pour la somme de 14,84 millions de dollars (environ 12,6 millions d’euros), scellant leur statut d’œuvres d’art inestimables du patrimoine transalpin.
  • L’histoire secrète du nom « Giulietta » : Quand Roméo trouva enfin sa Juliette

    L’histoire secrète du nom « Giulietta » : Quand Roméo trouva enfin sa Juliette

    Au printemps 1954, lorsque la sculpturale Giulietta Sprint fait sa première apparition publique au Salon de Turin, Alfa Romeo s’apprête à vivre un tournant industriel décisif. En délaissant les appellations techniques en chiffres et en lettres qui rythmaient la production du Portello depuis des décennies, le constructeur milanais choisit d’humaniser sa future berline populaire avec un prénom féminin chargé de poésie.

    Une soirée parisienne et la réplique d’un prince

    L’anecdote la plus célèbre prend racine à l’automne 1950, en marge du Salon de l’Automobile de Paris. Une délégation de dirigeants et de techniciens d’Arese, comprenant le pilote d’essai Consalvo Sanesi et l’ingénieur-poète Leonardo Sinisgalli, alors conseiller artistique de la marque, se retrouve attablée dans un cabaret de la capitale pour fêter les récents succès de la berline 1900. Intrigué par cette tablée exclusivement masculine venue d’Italie, un noble russe en exil s’approche des convives et lance une boutade qui traversera les décennies : « Vous êtes là, huit Roméos attablés, et vous n’avez pas une seule Juliette avec vous ? »

    L’étincelle littéraire de Leonardo Sinisgalli

    La formule shakespearienne marque profondément les esprits, et en particulier celui de Sinisgalli. Homme de lettres autant que scientifique, il garde ce trait d’esprit en réserve jusqu’au moment où la direction milanaise cherche à baptiser le projet Tipo 750. Face à une voiture pensée pour devenir la « fiancée de l’Italie » et séduire les foyers en plein essor économique, l’évidence s’impose : la marque au trèfle a trouvé sa compagne idéale. Certains historiens rappellent également que l’épouse de Sinisgalli, Giorgina De Rincón, se faisait elle-même appeler Giulietta dans leurs cercles artistiques romains, renforçant encore la portée affective de cette proposition.

    De la loterie nationale au parrainage de Giulietta Masina

    Au-delà de la poésie, le choix du nom répond aussi à un besoin d’incarnation très pragmatique. Pour financer le nouvel outillage industriel nécessaire à la grande série, Alfa Romeo organise en 1952 un emprunt national assorti d’une loterie dont les gagnants recevront les premiers exemplaires sortis d’usine. Donner un nom familier et chaleureux à l’auto permet de faire patienter les souscripteurs face aux inévitables retards de développement de la berline. L’officialisation définitive intervient le 19 avril 1954 au Salon de Turin, où l’actrice Giulietta Masina, épouse de Federico Fellini et vedette du chef-d’œuvre La Strada, accepte de parrainer le modèle en coupant le ruban inaugural aux côtés des dirigeants.

    Une lignée devenue éternelle

    La suite appartient à la grande histoire automobile. Le coupé Sprint, bientôt suivi par la berline et le spider, installe définitivement Alfa Romeo dans le paysage des grands constructeurs européens avec près de 177 000 unités produites. Le patronyme traversera ensuite les générations, réapparu en 1977 sur la berline cunéiforme Tipo 116 à architecture Transaxle, puis réincarné en 2010 sous les traits de la compacte moderne du centenaire, prouvant qu’une simple boutade de comptoir parisienne peut parfois forger l’âme d’une marque pour plus d’un demi-siècle.

  • Pebble Beach 2026 : Les célèbres Alfa Romeo BAT en vedette sur l’affiche officielle du 75e anniversaire

    Pebble Beach 2026 : Les célèbres Alfa Romeo BAT en vedette sur l’affiche officielle du 75e anniversaire

    Pour célébrer son 75e anniversaire, le mythique Concours d’Élégance de Pebble Beach a dévoilé la collection d’affiches officielles de son édition 2026. Réalisée par l’artiste britannique reconnu Tim Layzell, cette série de trois œuvres originales rend hommage aux trois piliers de l’événement : le Concours d’Élégance, le Tour d’Elegance et, pour la première fois de son histoire, le souvenir des historiques Pebble Beach Road Races.

    Au cœur de cette célébration artistique et automobile, c’est une véritable légende d’Arese qui s’empare de l’affiche principale : la trilogie des d’inspiration aérodynamique Alfa Romeo BAT.

    L’affiche du Concours : La réunion historique des Alfa Romeo BAT

    Sur l’affiche vedette du Concours d’Élégance, l’artiste met en scène les trois légendaires concept-cars Alfa Romeo BAT (Berlina Aerodinamica Tecnica) s’approchant de la rampe de remise des prix sur les pelouses californiennes.

    Conçue au début des années 1950 sur la base de l’Alfa Romeo 1900 et sculptée par le designer Franco Scaglione pour la Carrozzeria Bertone, la série des BAT avait pour objectif d’explorer les limites de la résistance à l’air pour obtenir le coefficient de traînée le plus bas possible.

    L’affiche réunit les trois œuvres majeures de la lignée :

    • BAT 5 (1953)
    • BAT 7 (1954)
    • BAT 9 (1955)

    Réunies pour la toute première fois de leur histoire à Pebble Beach en 1989 — un moment qui avait profondément ému Nuccio Bertone lui-même —, les trois Alfa Romeo BAT font cette année un retour triomphal en Californie. Leur présence conjointe vient souligner le rôle unique de Pebble Beach dans le rassemblement des automobiles les plus extraordinaires au monde.

    Deux autres affiches d’art pour compléter la trilogie

    Outre l’hommage appuyé au Biscione, la collection d’affiches de cette 75e édition met à l’honneur deux autres icônes italiennes :

    • L’affiche des Pebble Beach Road Races : Elle met en scène l’OSCA MT4-TN Barchetta 1955 emmenée par le pilote Ernie McAfee lors des courses de 1956 sur le tracé exigeant de 1,8 mile à travers la forêt de Del Monte.
    • L’affiche du Tour d’Elegance : Elle immortalise la très rarissime Ferrari 375 America Vignale Cabriolet 1954 (unique exemplaire cabriolet sur les 12 unités de 375 America construites) longeant la côte californienne sur la Highway 1 avec le pont de Bixby Bridge en arrière-plan.

    Infos pratiques pour les collectionneurs

    Les affiches officielles seront proposées à la vente sur place dès le mercredi 12 août 2026 (au Vault at RetroAuto et au stand d’information du Concours Village), puis le dimanche 16 août à l’entrée principale de l’événement.

    Les tarifs annoncés sont de 50 $ l’unité ou 95 $ pour le coffret complet réunissant les trois œuvres. Les stocks restants seront ensuite mis en ligne sur le site officiel de la boutique du concours (theconcoursstore.com).

  • Enrico Fumia : L’ingénieur-esthète qui a sculpté la renaissance d’Alfa Romeo

    Enrico Fumia : L’ingénieur-esthète qui a sculpté la renaissance d’Alfa Romeo

    Dans le panthéon des designers automobiles italiens, Enrico Fumia occupe une place singulière. Né à Turin en 1948, cet ingénieur aéronautique de formation — diplômé du Politecnico de Turin en 1976 avec une thèse expérimentale sur l’aérodynamique validée dans la soufflerie Pininfarina — a marqué d’une empreinte indélébile le style d’Alfa Romeo.

    Bien qu’il ait mené une brillante carrière managériale chez Pininfarina (dont il est devenu Vice-Directeur Général) plutôt que d’y être un styliste officiel, sa liberté créative lui a permis de signer quelques-uns des plus grands chefs-d’œuvre de la marque milanaise. Du renouveau de la 164 au coup de génie du duo GTV/Spider 916, retour sur le parcours d’un homme qui a su lier la rigueur de l’air à la beauté du métal.

    La connexion secrète avec l’Alfa Montreal dès 1966

    La vocation d’Enrico Fumia pour le dessin automobile remonte à sa plus tendre enfance. Dès l’âge de 15 ans, il fait évaluer ses dessins par la maison Pininfarina. C’est là qu’il rencontre Franco Martinengo, alors directeur du centre de style de Grugliasco, qui lui conseille de s’orienter vers des études universitaires plutôt que vers les écoles de design de l’époque.

    En 1966, le jeune Fumia se fait remarquer en remportant le prestigieux concours Grifo d’Oro Bertone (dans la catégorie Juniors) grâce à son projet futuriste baptisé « Linea 18 ». Un triomphe inattendu face à une concurrence féroce (seuls 1 069 projets furent admis sur plus de 5 000 inscrits). Ce n’est que bien plus tard que l’étudiant découvrira un détail fascinant : les gabarits techniques imposés par Bertone pour le concours étaient en réalité ceux de la future Alfa Romeo Montreal, qui ne sera révélée au public qu’en 1967.

    De l’« Albertina » à la 164 : La berline qui devait être une BMW

    Après son embauche chez Pininfarina en juillet 1976, Fumia propose régulièrement ses idées sous l’œil bienveillant de Leonardo Fioravanti. Son premier projet d’envergure, mené à 100 %, est l’Audi Quartz (présentée au Salon de Genève 1981). Ce concept-car révolutionnaire sur base d’Ur-Quattro fait appel à des matériaux d’avant-garde (Kevlar, carbone, plexiglas) et introduit pour la première fois des projecteurs polyellipsoïdaux totalement inédits développés avec Carello.

    Cette expérience technique va directement servir la création de l’Alfa Romeo 164. À l’origine, Pininfarina travaillait sur deux projets internes de berlines à propulsion : « Alberto » et sa déclinaison plus petite « Albertina » (portant le code interne 154). Enrico Fumia révèle d’ailleurs une anecdote surprenante : avant de devenir une Alfa, ce dessin avait été initialement proposé à BMW pour un projet de berline resté sans suite.

    Lorsque Alfa Romeo décide de s’associer au projet de plateforme commune « Tipo 4 » (qui donnera naissance aux Fiat Croma, Lancia Thema et Saab 9000 dessinées par Giugiaro), la direction du Biscione demande à Pininfarina d’adapter le projet de l’« Albertina 154 » sur ce nouveau châssis à traction avant. Après quelques ajustements validés par Fioravanti, le dessin final réinterprété par Fumia est choisi pour devenir la prestigieuse Alfa Romeo 164.

    Le sauvetage esthétique du Duetto (Série 4)

    À la fin des années 1980, le mythique Spider Alfa Romeo (dérivé du Duetto) est en fin de course, lourdement pénalisé sur le plan esthétique par les contraintes réglementaires américaines. Enrico Fumia ne cache pas son aversion pour les versions de l’époque :

    « La dernière version jusqu’alors ne m’avait jamais plu : alourdie et enlaidie par ces pare-chocs « USA » et le spoiler noir. »

    Chargé de réaliser un ultime restylage pour prolonger la production à l’usine de Grugliasco, Fumia s’inspire de la stratégie de Porsche pour le marché américain. Il dessine des boucliers entièrement intégrés et peints de la même couleur que la carrosserie. Ce coup de pinceau salvateur redonne de l’homogénéité et de la pureté à la silhouette du Spider Série 4, lui permettant de finir sa longue carrière en beauté en revenant visuellement à la pureté de ses origines.

    GTV et Spider 916 : L’art du design intemporel

    Le chef-d’œuvre absolu d’Enrico Fumia pour Alfa Romeo reste sans conteste le duo GTV et Spider (génération 916). Pour ce projet mené sous l’égide de Fiat, l’objectif de Fumia était de recréer le célèbre binôme historique Giulietta Spider et Sprint.

    Pour façonner cette ligne agressive et acérée, Fumia conçoit d’abord le Spider, puis le Coupé. Il intègre plusieurs éléments stylistiques forts :

    • Les phares « goutte d’eau » : Il réutilise l’idée des optiques polyellitiques de l’Audi Quartz, logées sous deux petites ouvertures circulaires sur le capot.
    • La ligne de flanc : Il sculpte une profonde nervure plongeante, directement inspirée de la « gouttière » de la 164, qui vient mourir de manière fonctionnelle pour délimiter le couvre-capote du Spider.
    • Le bandeau lumineux arrière : Fumia avait initialement dessiné deux feux traditionnels aux extrémités. C’est la direction d’Alfa Romeo qui lui a demandé d’intégrer un bandeau optique traversant et un écusson avant profondément enfoncé à l’image de la 164, afin d’unifier la signature visuelle de la marque.

    Le résultat est une silhouette d’une modernité telle qu’elle n’a pas pris une ride aujourd’hui, Fumia lui-même qualifiant le duo 916 d’« intemporel » par rapport à la 164.

    Après avoir signé la célèbre Ferrari F90 pour le Sultan de Brunei en 1988, Enrico Fumia quittera Pininfarina pour prendre la direction du Centro Stile Lancia, où il dessinera l’une des citadines italiennes les plus vendues de l’histoire, la Ypsilon, avant de concevoir l’intérieur de la Maserati 3200 GT. Mais pour les Alfistes, il restera à jamais l’homme qui a su redonner au Biscione sa posture de prédateur de la route.

  • Portrait : Franco Scaglione, l’aérodynamicien qui a sculpté la 33 Stradale

    Portrait : Franco Scaglione, l’aérodynamicien qui a sculpté la 33 Stradale

    Après la vitesse pure, place à la beauté. Si vous demandez à n’importe quel designer automobile quelle est la plus belle voiture de l’histoire, la réponse est souvent la même : l’Alfa Romeo 33 Stradale. Cette œuvre d’art a un père, un génie discret et torturé : Franco Scaglione (1916-1993).

    Le sculpteur du vent

    Ancien étudiant en ingénierie aéronautique (interrompu par la guerre), Scaglione ne dessine pas des voitures, il dessine l’air. Travaillant pour la carrosserie Bertone dans les années 50, il choque le monde avec les B.A.T. (Berlinetta Aerodinamica Tecnica). Ces trois concepts Alfa Romeo (B.A.T. 5, 7 et 9) ressemblent à des soucoupes volantes. Elles ne sont pas seulement extravagantes, elles affichent un coefficient de pénétration dans l’air (Cx) incroyable, même pour les standards actuels.

    Il est aussi le père de la ligne de la Giulietta Sprint Speciale (SS), une voiture qui semble avoir été polie par une rivière.

    L’Opus Magnum : La 33 Stradale

    En 1967, Autodelta lui confie le châssis de course de la Tipo 33. Scaglione travaille seul, obsédé par la perfection. Il crée une carrosserie en aluminium d’une sensualité inouïe, à peine plus haute qu’un mètre, avec les premières portes en élytre de l’histoire. La 33 Stradale est son testament. C’est l’équilibre parfait entre la fonction (la course) et l’émotion (le design). Scaglione a prouvé qu’une Alfa Romeo devait avant tout être un objet de désir.

  • Légende : Alfa Romeo Montreal, le « Rêve V8 » brisé par l’histoire

    Légende : Alfa Romeo Montreal, le « Rêve V8 » brisé par l’histoire

    Il est des voitures qui naissent sous une bonne étoile, et d’autres qui doivent affronter la tempête. L’Alfa Romeo Montreal appartient à la seconde catégorie. Son histoire commence comme un conte de fées : en 1967, les organisateurs de l’Exposition Universelle de Montréal demandent à Alfa Romeo de créer un concept-car qui incarnerait « la plus haute aspiration de l’homme en matière d’automobile ». Rien que ça.

    Le carrossier Bertone (et son génial designer Marcello Gandini, père de la Lamborghini Miura) dessine deux prototypes blancs immaculés. Le public est conquis. La demande est telle qu’Alfa Romeo décide de la produire en série. Mais entre le rêve de 1967 et la réalité de la sortie en 1970, le monde a changé.

    Un style unique signé Gandini

    La Montreal est une sculpture. Gandini lui a donné une « gueule » inoubliable avec une caractéristique unique au monde : les paupières de phares. À l’arrêt, les quatre phares sont partiellement masqués par des grilles rétractables (les fameuses paupières). Lorsque l’on allume les feux, elles s’abaissent pneumatiquement. C’est du pur spectacle. On retrouve aussi la touche Gandini dans la prise d’air NACA sur le capot (en réalité factice sur le modèle de série !) et les six ouïes d’aération derrière les portières. Initialement prévues pour refroidir un moteur central arrière, elles sont restées purement esthétiques quand le moteur a finalement été placé à l’avant.

    Le cœur de la 33 Stradale

    Si la Montreal est une légende, c’est parce qu’elle cache un secret de compétition. Sous son long capot avant, on ne trouve pas un banal 4 cylindres, mais un V8 de 2.6 litres à carter sec. Ce moteur est directement dérivé de celui de la mythique 33 Stradale de course. Civilisé pour la route, il développe 200 chevaux et grimpe à 7 000 tr/min avec une sonorité rauque et envoûtante. Couplé à une boîte ZF inversée (première en bas à gauche), il propulse la GT à plus de 220 km/h.

    Victime de la crise pétrolière

    La Montreal avait tout pour elle : la ligne, le moteur, l’image. Mais elle arrive sur le marché au moment où éclate le choc pétrolier de 1973. Soudain, une voiture de sport dotée d’un V8 gourmand (l’injection mécanique SPICA était complexe à régler) devient politiquement incorrecte. Le prix de l’essence explose, et les ventes de la Montreal s’effondrent. Elle sera produite à moins de 4 000 exemplaires jusqu’en 1977, restant longtemps dans l’ombre comme une « supercar maudite ».

    L’Héritage

    Aujourd’hui, la justice est enfin rendue. La cote de la Montreal flambe. Les collectionneurs redécouvrent cette GT exotique qui offre le frisson d’un moteur de course Alfa Romeo dans une robe haute couture signée Bertone. Elle reste le témoignage d’une époque où Alfa Romeo osait tout, même l’excessif.

  • Bertone et Alfa Romeo : un lien historique à l’honneur

    Bertone et Alfa Romeo : un lien historique à l’honneur

    Le parcours de l’exposition s’ouvre symboliquement sur une pièce maîtresse : l’Alfa Romeo Giulia Sprint de 1963. Ce modèle incarne parfaitement la double identité de Bertone : le génie du Centre de Style et la force de frappe industrielle de la carrosserie, qui a géré pendant des années des lignes de montage dédiées.

    Parmi les 66 exemplaires exposés (allant des années 60 au début des années 2000), les Alfistes pourront également admirer l’Alfa Romeo Bella de 1999, un coupé Grand Tourisme qui témoigne de la recherche esthétique constante de la fin du siècle dernier.

    Les pépites de la collection en un coup d’œil

    DécennieModèles emblématiques
    Années 60Alfa Romeo Giulia Sprint (1963), Lamborghini Miura S (1967)
    Années 70Lancia Stratos (1975), Ferrari 308 GT4 (1978)
    Années 90Bertone Z.E.R (électrique), Alfa Romeo Bella (1999)
    Années 2000Cadillac Villa (2005), Jaguar B99 TT (2011)

    L’Heritage Hub : un sanctuaire de 15 000 m²

    Installée dans l’ancienne Officina 81 du complexe de Mirafiori à Turin, la collection Bertone rejoint un ensemble déjà impressionnant de plus de 300 véhicules issus des marques du Groupe (Fiat, Lancia, Abarth et bien sûr Alfa Romeo).

    Le parcours est organisé autour de huit zones thématiques, dont :

    • Concepts and Fuoriserie : pour les pièces uniques et prototypes rares.
    • Style Marks : les voitures ayant révolutionné le design.
    • Records and Races : les reines des circuits.

    Une section spéciale est également dédiée aux motorisations historiques, incluant des prototypes électriques et à turbine, témoignant d’un siècle d’ingéniosité italienne.


    Infos pratiques pour votre visite

    Depuis mars 2026, l’Heritage Hub a optimisé ses modalités d’accueil pour répondre à une demande croissante (+6 % de visiteurs en 2025) :

    • Ouverture : Tous les jours sauf le lundi.
    • Modalités : Visite libre en semaine, visites guidées le week-end.
    • Réservation : Uniquement en ligne via le site officiel de l’Heritage Hub.
  • Alfa Romeo Montreal (1970–1977) : Du rêve de l’Exposition universelle au V8 de course

    Alfa Romeo Montreal (1970–1977) : Du rêve de l’Exposition universelle au V8 de course

    Dévoilée à l’état de concept-car lors de l’Exposition universelle de 1967 au Canada, l’Alfa Romeo Montreal est née d’un défi hors norme : matérialiser « la plus haute aspiration de l’homme en matière d’automobile ». Passée du rêve des salons à la réalité des concessions en 1970, cette GT spectaculaire signée Marcello Gandini pour Bertone a marqué l’histoire en accueillant sous son long capot le noble moteur V8 tout aluminium dérivé de la mythique Tipo 33 de compétition.

    Contexte & Genèse du projet

    • L’époque : En 1967, les organisateurs de l’Expo 67 de Montréal invitent Alfa Romeo à concevoir un modèle expérimental incarnant le sommet du design et de la technologie automobile mondiale. Deux prototypes sans nom officiel sont acheminés au pavillon italien. L’enthousiasme populaire et médiatique est tel que le public baptise spontanément le modèle « Montreal », un nom que la direction d’Arese décidera d’officialiser pour la version de série.
    • Les acteurs clés : Le dessin visionnaire est sculpté par le jeune prodige de la carrosserie Bertone, Marcello Gandini, sous la direction de Nuccio Bertone. La mise au point technique est orchestrée par le bureau d’études milanais sous la houlette d’Orazio Satta Puliga et de Giuseppe Busso, qui travaillent en étroite synergie avec l’écurie de course Autodelta de Carlo Chiti.
    • Le défi technique : Si les deux prototypes de 1967 reposaient sur le 4-cylindres 1.6 Bialbero de la Giulia avec une implantation moteur suggérant une position centrale arrière, Alfa Romeo prend la décision audacieuse pour le modèle de série d’y greffer un V8 de course en position longitudinale avant, imposant une profonde refonte de la cellule avant et du capot.

    « À Montréal, nous devions exposer ce que l’Italie savait faire de plus beau et de plus avancé. Mais lorsque nous avons décidé d’y installer le V8 de la Tipo 33, le projet a quitté le domaine de la simple carrosserie pour devenir un monument mécanique. »

    — Nuccio Bertone

    Architecture & Innovations Techniques

    • Groupe motopropulseur d’anthologie : Le cœur de la Montreal est le V8 à 90° tout aluminium (2 593 cm³) directement extrapolé du bloc de la barquette de sport-prototype Tipo 33/2. Il hérite de solutions techniques réservées à la compétition : lubrification par carter sec (évitant tout déjaugeage en courbe et permettant d’abaisser le centre de gravité), quatre arbres à cames en tête (deux par rangée) entraînés par chaînes et allumage électronique Bosch.
    • Alimentation par injection SPICA : Le V8 est gavé par un système d’injection mécanique indirecte SPICA à huit papillons individuels, développant 200 ch DIN à 6 500 tr/min (avec un régime maximal fixé à 7 000 tr/min) et 235 Nm de couple, autorisant une vitesse de pointe de 224 km/h.
    • Transmission & Liaison au sol : La transmission aux roues arrière fait appel à une boîte manuelle ZF à 5 rapports inversés (grille dogleg avec la 1ère en bas à gauche) accouplée à un différentiel autobloquant ZF taré à 25 %. Le freinage est confié à quatre freins à disques ventilés signés Girling.
    • Détails esthétiques signature : La Montreal se distingue par ses célèbres persiennes de phares escamotables qui s’abaissent sous l’effet de la dépression à l’allumage des feux, sa prise d’air NACA factice sur le capot (destinée à masquer le bossage du volumineux V8) et ses ouïes latérales stylisées sur les montants de custode.

    Fiche d’identité & Données clés

    CaractéristiquesSpécifications d’usine
    Période de production1970 – 1977
    Exemplaires produits3 925 unités
    Architecture moteurV8 à 90° tout alu, 16 soupapes, 4 ACT, carter sec
    Cylindrée & Puissance2 593 cm³ (80 × 64,5 mm) / 200 ch DIN à 6 500 tr/min
    Couple maxi235 Nm à 4 750 tr/min
    AlimentationInjection mécanique indirecte SPICA
    TransmissionPropulsion, boîte manuelle ZF 5 rapports (Dogleg) + autobloquant 25 %
    Poids à vide1 270 kg
    Performances0 à 100 km/h en 7,4 s / Vitesse max : 224 km/h
    Code usine / TypeTipo 105.64

    Carrière commerciale, Déclinaisons et Évolutions

    • Présentation au Salon de Genève (Mars 1970) : La version définitive fait sensation face aux Porsche 911 et Jaguar Type E, affichant un tarif premium de 5 700 000 lires.
    • Le choc pétrolier de 1973 : Alors que la Montreal séduit les amateurs de grand tourisme par sa musicalité rageuse et son confort de roulement, le premier choc pétrolier de la fin 1973 vient brutalement freiner la demande pour les GT gloutonnes à moteur V8. La production ralentit progressivement jusqu’à l’arrêt définitif des lignes en 1977.
    • Nuancier iconique : Outre les classiques rouges et noirs, la Montreal a marqué l’époque par ses teintes métallisées éclatantes caractéristiques des années 1970, comme le célèbre Verde Medio, l’orange Arancio Montreal et le Luci di Bosco.

    L’Héritage et le Regard Collection

    • Descendance mécanique : Unique GT de série à moteur V8 produite par Alfa Romeo au XXe siècle aux côtés de la confidentielle 33 Stradale, la Montreal devra attendre quarante ans pour trouver une héritière spirituelle avec l’Alfa Romeo 8C Competizione en 2007.
    • Statut en collection : Longtemps sous-estimée en raison de la complexité de réglage de son injection mécanique SPICA, l’Alfa Romeo Montreal connaît une réhabilitation éclatante auprès des passionnés. Sa ligne Gandini inimitable, sa rareté et la noblesse de son V8 dérivé de la course en font une pièce maîtresse très recherchée lors des ventes aux enchères internationales.
  • Légende : Alfa Romeo Giulietta Sprint, la « Fiancée de l’Italie »

    Légende : Alfa Romeo Giulietta Sprint, la « Fiancée de l’Italie »

    Il est rare qu’une voiture devienne le symbole d’un pays tout entier. En 1954, l’Italie se relève de la guerre et rêve de modernité, de vitesse et d’élégance. Alfa Romeo va lui offrir tout cela dans une seule voiture : la Giulietta.

    Surnommée « la fidanzata d’Italia » (la fiancée de l’Italie), elle n’est pas seulement une automobile. C’est le symbole du miracle économique italien, la preuve que le rêve est accessible.

    Une naissance à l’envers : Le Coupé avant la Berline

    L’histoire de la Giulietta commence par une anecdote incroyable. Pour financer son développement, Alfa Romeo avait lancé une souscription publique (une sorte de loterie nationale). Les gagnants devaient recevoir la nouvelle voiture. Mais le développement de la version berline prend du retard. Pour ne pas décevoir le public et honorer les billets de loterie, la direction prend une décision inédite dans l’histoire automobile : lancer le coupé sportif avant la voiture familiale.

    C’est ainsi qu’au Salon de Turin 1954, la Giulietta Sprint est dévoilée. Dessinée par la carrosserie Bertone (et le coup de crayon de Franco Scaglione), elle coupe le souffle du public. Elle est petite, pure, sans fioritures, d’une élégance intemporelle.

    Un cœur de course dans une voiture de série

    Si la ligne séduit, c’est la fiche technique qui va créer la légende. À l’époque, une voiture de cette taille (1300 cm³) a souvent un moteur en fonte poussif de 40 chevaux. L’ingénieur Giuseppe Busso et ses équipes vont installer sous le capot de la Giulietta un bijou de technologie : un moteur tout en aluminium à double arbre à cames en tête (le fameux Bialbero).

    Ce petit 1.3L développe 65 chevaux, puis 80 chevaux dans les versions Veloce. Grâce à un poids plume de 850 kg, la Giulietta Sprint file à 165 km/h. Elle laisse sur place des voitures bien plus grosses et plus chères. C’était une véritable voiture de course vendue au prix d’une voiture bourgeoise.

    La démocratisation du « Virus Alfa »

    Avec la Giulietta Sprint, Alfa Romeo change de dimension. On ne fabrique plus quelques centaines de voitures par an, mais des milliers. L’usine du Portello tourne à plein régime. La Giulietta devient la star du cinéma (on la voit dans les films de Fellini), la voiture des jeunes premiers et des pilotes amateurs. Elle invente la catégorie des petites GT abordables.

    Pour beaucoup d’Alfistes, c’est avec elle que tout a commencé. Elle a défini la recette qui sera reprise par la Giulia, l’Alfetta et toutes les compactes sportives qui suivront : un moteur brillant, un style à tomber par terre et un plaisir de conduite absolu.

    L’Héritage

    Produite pendant plus de 10 ans, la Giulietta (dans toutes ses versions : Sprint, Spider, Berline, SZ) sera vendue à près de 177 000 exemplaires. Un record pour l’époque. Aujourd’hui, une belle Giulietta Sprint des années 50 est une pièce de collection très prisée, incarnant à jamais la Dolce Vita sur quatre roues.