Étiquette : Alfa Romeo Spider

  • Rupture de génération : Alfa Romeo Spider Série 4 vs Spider 916 Twin Spark, le grand passage de témoin des années 90

    Rupture de génération : Alfa Romeo Spider Série 4 vs Spider 916 Twin Spark, le grand passage de témoin des années 90

    En 1993, une page monumentale de l’histoire d’Alfa Romeo se tourne. Après 27 ans de carrière ininterrompue et plus de 124 000 exemplaires produits, la dynastie du Spider classique (Séries 105/115) tire sa révérence avec l’ultime Série 4.

    Pour lui succéder, la marque au Biscione ne choisit pas la voie du conservatisme : elle opère une véritable révolution stylistique et technique en dévoilant le Spider Type 916.

    Entre le chant du cygne de la propulsion classique et l’audace d’une traction avant affûtée comme un scalpel, retour sur ce duel fratricide qui a marqué la renaissance d’Alfa Romeo dans les années 1990.

    Design : Deux visions radicales signées Pininfarina

    Fait rare dans l’industrie, c’est le même maître carrossier — Pininfarina — qui a signé à la fois le restylage de sauvegarde de la Série 4 et la révolution plastique de la 916.

    • Le Spider Série 4 (1990–1993) : La beauté classique réhabilitéePour offrir une sortie digne de ce nom à la plateforme 115, Pininfarina débarrasse le Spider des appendices plastiques lourds de la Série 3. Il redessine des boucliers lisses et intégrés, réintroduit la calandre ouverte et habille la malle d’un bandeau de feux arrière horizontal directement inspiré de la grande berline 164. Le résultat est un modèle d’élégance néo-classique fluide et intemporel.
    • Le Spider 916 (1993–2004) : Le coin futuriste issu du concept ProteoPréfiguré par le concept-car Proteo en 1991, le Spider 916 choque et fascine dès sa présentation au Salon de Genève. Dessiné sous la houlette d’Enrico Fumia chez Pininfarina, il arbore une ligne en coin (wedge) ultra-agressive, une ceinture de caisse fuyante et ascendante, un capot plongeant en matériau composite intégrant les quatre optiques polyellipsoïdales et un arrière tronqué très haut.

    Châssis : Propulsion d’antan vs Traction multibras sophistiquée

    La rupture la plus commentée par les puristes concerne le passage de la propulsion arrière à la traction :

    • Le Spider Série 4 reste fidèle au schéma des sixties : moteur longitudinal avant, boîte 5 vitesses en prise directe sans timonerie et essieu arrière rigide suspendu par des ressorts hélicoïdaux. Une architecture vivante, communicative, qui demande du doigté et invite à enrouler les virages avec le train arrière.
    • Le Spider 916 adopte une disposition transversale à traction avant sur une plateforme partagée (dérivée de la 155). Pour compenser ce choix décrié, les ingénieurs d’Arese lui greffent un train arrière multibras en aluminium d’une sophistication redoutable, monté sur un faux-châssis auxiliaire. Le résultat est bluffant : un train avant incisif, une prise de roulis quasi inexistante et une tenue de cap à haute vitesse infiniment supérieure à son aînée.

    Moteur : Le noble Bialbero Nord face au rageur Twin Spark 16V

    ÉlémentsSpider Série 4 (2.0 Motronic) PDF+ 1Spider 916 (2.0 Twin Spark 16V) PDF+ 1
    Architecture4-cylindres en ligne tout alu, 8 soupapes (Bialbero)4-cylindres en ligne fonte/alu, 16 soupapes, double allumage
    Cylindrée1 962 cm³1 970 cm³
    AlimentationInjection Bosch Motronic + calage variableInjection électronique + admission variable + déphaseur
    Puissance maxi120 ch à 5 800 tr/min (catalysé)150 ch à 6 200 tr/min (puis 155 ch)
    Couple maxi161 Nm à 4 200 tr/min187 Nm à 4 000 tr/min
    0 à 100 km/h~10,5 s~8,4 s
    Vitesse max.192 km/h210 km/h

    Le bloc Bialbero Nord de la Série 4 séduit par son couple à bas régime, son timbre rauque et sa rondeur mécanique. De son côté, le 2.0 Twin Spark 16V du Spider 916 impressionne par son allonge, ses montées en régime féroces jusqu’à plus de 6 500 tr/min et son tempérament sportif, offrant une agilité mécanique parfaite (avant que l’arrivée du V6 Busso 12V/24V ne vienne alourdir le train avant).

    Le bilan : Deux chefs-d’œuvre à collectionner

    Le passage de témoin entre la Série 4 et la 916 résume à lui seul la capacité d’Alfa Romeo à se réinventer sans renier son âme :

    • Le Spider Série 4 reste la dernière représentante de l’âge d’or d’Arese : le charme nostalgique absolu de la propulsion, idéal pour les balades dominicales au son du double arbre.
    • Le Spider 916 s’est imposé comme une icône du design des années 1990 et un futur grand classique : une découvrable moderne, performante, dotée d’une ligne d’une audace folle et d’un châssis d’une redoutable efficacité.
  • Le grand concours du nom « Duetto » et l’incroyable litige du biscuit Pavesi

    Le grand concours du nom « Duetto » et l’incroyable litige du biscuit Pavesi

    Lorsqu’elle dévoile son tout nouveau cabriolet biplace au Salon de l’automobile de Genève en mars 1966, la direction d’Alfa Romeo sait qu’elle tient entre ses mains un chef-d’œuvre esthétique. Pourtant, sur la fiche officielle de présentation, la nouveauté ne porte qu’un patronyme très sobre et fonctionnel : Alfa Romeo 1600 Spider.

    Pour lui offrir une identité à la hauteur de ses lignes sculpturales signées Pininfarina, la marque milanaise décide de lancer une opération marketing inédite : un immense concours international invitant le public à baptiser le nouveau modèle. Retour sur une saga populaire devenue légendaire, ponctuée par un litige commercial aussi inattendu que savoureux.

    100 000 bulletins et une Alfa Spider neuve en jeu

    Lancé directement sur le stand d’Arese à Genève, le concours s’étale sur une période de huit semaines. La promesse faite aux passionnés est exceptionnelle : l’auteur du nom retenu verra non seulement son idée adoptée pour la postérité, mais remportera également un exemplaire neuf du nouveau Spider.

    L’engouement dépasse toutes les attentes :

    • Plus de 100 000 bulletins sont envoyés au siège d’Alfa Romeo depuis l’Italie et le monde entier.
    • Environ 8 000 propositions distinctes sont compilées et soumises au conseil d’administration.
    • Les deux suggestions les plus populaires auprès des votants sont « Pinin » et « Pininfarina », en hommage direct au maître carrossier Battista Pininfarina, récemment disparu.

    Jugeant cette option délicate sur le plan éthique et commercial, la direction écarte ces deux propositions pour se tourner vers la troisième idée plébiscitée par le public : « Duetto ».

    L’harmonieuse poésie mécanique de Guidobaldo Trionfi

    Le nom « Duetto » avait été soumis par un passionné originaire de Brescia, Guidobaldo Trionfi.

    Séduit par la musicalité et la pertinence du mot, le jury — présidé par le célèbre poète et ingénieur italien Leonardo Sinisgalli — valide ce choix à l’unanimité. Le terme célèbre la perfection d’un duo mécanique et esthétique :

    • Le chiffre 2 : Deux places assises sous le ciel ouvert, deux arbres à cames en tête (Bialbero) sous le capot.
    • L’harmonie pure : Une alliance symbiotique entre la grâce des lignes et la force mécanique, symbolisant le voyage à deux.

    Guidobaldo Trionfi est officiellement convié au siège d’Arese pour recevoir les clés de son Spider 1600 blanc flambant neuf. Mais alors que tout semble prêt pour le lancement commercial, un obstacle juridique imprévu vient paralyser l’opération.

    Le veto de Pavesi : Quand un biscuit chocolaté fait plier Arese

    Au moment d’enregistrer et d’apposer les monogrammes sur les ailes et la malle arrière des voitures de série, Alfa Romeo se heurte à un conflit de propriété intellectuelle majeur. La marque « Duetto » est en effet déjà déposée et exploitée sur le marché italien par le géant de l’agroalimentaire Pavesi, qui commercialise un biscuit chocolaté très populaire sous ce nom.

    Face aux menaces immédiates de poursuites judiciaires formulées par Pavesi, la direction d’Alfa Romeo choisit de capituler. Aucun badge « Duetto » n’ornera officiellement la carrosserie des modèles de production (bien que la légende veuille qu’environ 190 des tout premiers exemplaires d’homologation aient reçu une mention commémorative).

    Le roadster est officiellement renommé Alfa Romeo Spider 1600 sur tous les documents commerciaux et manuels d’entretien.

    Un surnom gravé à jamais dans l’histoire des Alfistes

    Si les tribunaux et les marques déposées ont empêché Alfa Romeo d’utiliser ce nom sur le plan légal, la ferveur populaire a balayé toutes les contraintes administratives. Pour les journalistes, les cinéphiles — conquis l’année suivante par le film Le Lauréat avec Dustin Hoffman — et les générations d’Alfistes à travers le monde, la première série Osso di Seppia (1966-1969) restera pour toujours et à jamais le Duetto.

    Une belle démonstration qu’en matière de passion automobile, ce n’est pas le service juridique qui décide de la légende, mais bien le cœur des passionnés.

  • Série Spéciale : Alfa Romeo Spider Niki Lauda Edition (1978), l’hommage américain à la Formule 1

    Série Spéciale : Alfa Romeo Spider Niki Lauda Edition (1978), l’hommage américain à la Formule 1

    À la fin des années 1970, l’engagement d’Alfa Romeo en Formule 1 franchit une étape spectaculaire. Fournisseur du mythique moteur 12-cylindres à plat pour l’écurie Brabham, le constructeur milanais réussit un coup d’éclat magistral pour la saison 1978 en recrutant le double champion du monde en titre : Niki Lauda.

    Pour célébrer l’arrivée du champion autrichien au sein de l’écurie Brabham-Alfa Romeo et séduire le marché nord-américain, la marque dévoile au printemps 1978 une série ultra-exclusive : l’Alfa Romeo Spider Niki Lauda Special Edition.

    350 exemplaires numérotés pour le marché américain

    Produite à seulement 350 unités, cette édition commémorative était strictement réservée aux États-Unis.

    Présentée lors du Grand Prix des États-Unis Ouest à Long Beach en 1978 — où Niki Lauda lui-même fit une apparition promotionnelle au volant du cabriolet —, cette déclinaison transformait l’élégante ligne Coda Tronca de la Série 2 en une monture résolument inspirée par l’univers des circuits :

    • Livrée de course exclusive : Peinte en livrée argentée métallisée (Grigio Chiaro), la carrosserie arborait une bande tricolore rouge, blanche et bleue traversant le capot, les flancs et la malle arrière, rappelant les couleurs de l’écurie Brabham-Alfa Romeo et de son sponsor titre Parmalat.
    • Aérodynamisme précurseur : La poupe recevait un imposant becquet arrière en queue de canard (ducktail spoiler), un appendice stylistique spectaculaire qui préfigurait avec quatre ans d’avance le look de la future Série 3 Aerodinamica.
    • Détails extérieurs : Des stickers latéraux « Niki Lauda F1 » sur les ailes avant et des rétroviseurs sport spécifiques soulignaient son appartenance à la catégorie reine.

    Un habitacle commémoratif signé par le champion

    À l’intérieur, l’Alfa Spider Niki Lauda conservait l’agencement sportif de la Série 2 tout en intégrant des éléments de personnalisation exclusifs :

    • Plaque numérotée sur la planche de bord : Chaque exemplaire recevait une plaque émaillée spécifique fixée face au passager, portant le numéro de châssis de la série (de 001 à 350) et la signature gravée de Niki Lauda.
    • Ambiance grand tourisme : Sièges baquets garnis de vinyle noir, volant sport en bois à trois branches ajourées et cadrans ronds logés sous leurs célèbres casquettes orientées vers le conducteur.

    Fiche technique : Le Bialbero 2.0 sous spécification US

    Sous le capot, l’édition Niki Lauda reprenait le bloc mécanique haut de gamme du Spider 2000 Veloce adapté aux strictes normes environnementales américaines :

    • Moteur : 4-cylindres en ligne Bialbero Nord tout alu, 1 962 cm³
    • Alimentation : Injection mécanique SPICA (Società Pompe Iniezione Cassani & Affini)
    • Puissance : ~115 à 120 ch SAE
    • Transmission : Propulsion, boîte manuelle à 5 rapports
    • Sécurité US : Gros boucliers de protection absorbants en caoutchouc

    De la controverse à la pièce de collection majeure

    À son lancement en 1978, la livrée voyante et l’aileron proéminent de l’édition Niki Lauda n’avaient pas fait l’unanimité auprès des puristes de la première heure attachés à la pureté originelle de Pininfarina.

    Aujourd’hui, le statut de cette série limitée s’est totalement inversé. Avec seulement 350 unités produites et une poignée de survivantes répertoriées dans le monde, l’Alfa Romeo Spider Niki Lauda Edition est devenue l’une des versions les plus rares et recherchées de la dynastie 105/115. Elle incarne le témoignage flamboyant d’une époque dorée où la passion de la Formule 1 s’invitait directement sur la route.

  • Face-à-face historique : Alfa Romeo Spider vs Fiat 124 Spider — Le grand duel des cabriolets italiens

    Face-à-face historique : Alfa Romeo Spider vs Fiat 124 Spider — Le grand duel des cabriolets italiens

    L’année 1966 restera gravée dans l’histoire automobile comme le millésime d’or du roadster transalpin. En l’espace de quelques mois, l’Italie dévoilait deux cabriolets appelés à marquer des générations d’amateurs de conduite à ciel ouvert : l’Alfa Romeo Spider 1600 « Duetto » et la Fiat 124 Spider.

    Rivales directes en concession comme sur les routes de vacances pendant plus de deux décennies, ces deux icônes partageaient de nombreux points communs — à commencer par les ateliers de Pininfarina —, tout en cultivant des philosophies de conduite bien distinctes.

    Design : Deux chefs-d’œuvre signés Pininfarina

    Fait remarquable, les deux constructeurs ont confié le dessin de leur découvrable au même maître carrossier turinois. Pourtant, deux stylistes aux inspirations opposées ont forgé leur identité :

    • Alfa Romeo Spider (Franco Martinengo & Battista Pininfarina) : Une silhouette aérodynamique et sensuelle, caractérisée par sa proue plongeante en amande, ses flancs creusés et son arrière galbé en « os de seiche » (Osso di Seppia), avant d’adopter la poupe tronquée Coda Tronca en 1970.
    • Fiat 124 Spider (Tom Tjaarda) : Un dessin plus anguleux et classique, marqué par ses phares ronds légèrement renfoncés, ses hanches élégamment marquées au niveau des ailes arrière et une ligne de caisse tendue.

    Sous le capot : Bialbero Nord contre Twin-Cam Lampredi

    Sur le plan mécanique, le duel oppose deux légendes de l’ingénierie italienne :

    • Le Bialbero Alfa Romeo : Tout en aluminium, avec chambres de combustion hémisphériques et deux arbres à cames en tête entraînés par chaîne double. Décliné en 1300, 1600, 1750 et 2000 cm³, il se distingue par des montées en régime hargneuses et une sonorité rauque et métallique reconnaissable entre mille.
    • Le Twin-Cam Fiat (conçu par Aurelio Lampredi) : Bloc fonte et culasse alu à double arbre à cames en tête entraînés par courroie crantée. Décliné de 1,4 l à 2,0 l (de 89 à 133 ch), ce moteur brille par sa vivacité, sa souplesse et sa remarquable régularité à haut régime.

    Les deux modèles proposaient de série une boîte manuelle à 5 rapports — une rareté et un luxe absolu au milieu des années 1960 face aux rivales britanniques (MGB, Triumph) limitées à 4 vitesses.

    Tableau comparatif des fiches techniques

    CaractéristiquesFiat 124 Spider (1.8 CS1) PDFAlfa Romeo Spider (2000 Veloce S2 / S4) PDF+ 1
    Période de production1966 – 1985 (200 000 ex.)1966 – 1993 (124 104 ex.)
    Moteur4-cylindres en ligne DOHC (1 756 cm³)4-cylindres en ligne DOHC (1 962 cm³)
    AlimentationCarburateur double-corps WeberDeux carburateurs double-corps / Injection
    Puissance maxi116 ch à 6 000 tr/min120 à 133 ch
    TransmissionPropulsion, boîte 5 rapportsPropulsion, boîte 5 rapports
    Poids à vide1 052 kg1 020 à 1 150 kg
    0 à 100 km/h~11,5 s~9,5 à 10,5 s
    Vitesse de pointe170 km/h190 à 195 km/h

    Comportement routier : Rigueur et grand tourisme vs sportivité pure

    Sur route sinueuse, les deux italiennes dévoilent des tempéraments complémentaires :

    • La Fiat 124 Spider joue la carte de la grande routière accessible et sécurisante. Très rigide grâce à ses bas de caisse épais, elle offre une excellente absorption des inégalités, un habitacle lumineux et une position de conduite plus ergonomique pour les conducteurs de grande taille.
    • L’Alfa Romeo Spider privilégie les sensations brutes. Avec son levier de vitesses émergeant directement de la console sans tringlerie déportée, son train avant précis et son pont arrière vivant qui se cale parfaitement à la remise des gaz, elle distille une émotion mécanique et un plaisir auditif incomparables.

    Le bilan : Deux visions de la Dolce Vita

    Si la Fiat 124 Spider a séduit les foules par sa polyvalence et sa ligne équilibrée, l’Alfa Romeo Spider conserve ce supplément d’âme, de noblesse mécanique et d’héritage sportif qui fait chavirer le cœur des puristes. Deux chefs-d’œuvre incontournables qui continuent de faire rêver les passionnés de roadsters classiques.

  • Guide d’achat : Comment bien choisir et acheter son Alfa Romeo Spider (1966–1993)

    Guide d’achat : Comment bien choisir et acheter son Alfa Romeo Spider (1966–1993)

    Produit sans interruption pendant près de trois décennies (1966–1993) et assemblé à plus de 124 000 exemplaires, l’Alfa Romeo Spider (séries 105 puis 115) incarne la quintessence du roadster à l’italienne. Conçu autour du noble moteur Bialbero Nord tout alu, d’une boîte à 5 rapports et d’un comportement routier joueur, ce cabriolet signé Pininfarina est aujourd’hui une pièce maîtresse du marché des véhicules de collection.

    De l’Osso di Seppia originel au moderne Spider Série 4, voici le dossier complet pour dénicher le bon exemplaire et éviter les pièges.

    Les quatre générations : Quelle personnalité choisir ?

    L’Alfa Spider a traversé les époques en adaptant sa silhouette aux normes de sécurité et aux modes successives sans jamais toucher à sa structure fondamentale.

    • Série 1 « Osso di Seppia » (1966–1969) : La ligne originelle la plus pure et la plus recherchée. Reconnaissable à sa poupe fuyante en forme d’os de seiche et à ses carénages de phares transparents (sauf 1300 Junior). Moteurs 1600 (108 ch), 1750 (116 ch) et 1300 Junior (103 ch).
    • Série 2 « Coda Tronca » (1970–1982) : L’arrière est raccourci et tronqué pour améliorer l’aérodynamisme et le volume du coffre. Les compteurs adoptent des casquettes individuelles très sportives. C’est l’apparition du bloc 2000 Veloce (133 ch).
    • Série 3 « Aerodinamica » (1982–1989) : Pour s’adapter aux normes d’impact américaines, la carrosserie reçoit d’imposants boucliers en plastique et un becquet arrière en caoutchouc souple englobant les feux. Intérieur modernisé avec combiné d’instrumentation unique et version haut de gamme Quadrifoglio Verde (1986).
    • Série 4 (1990–1993) : Pininfarina affine les lignes en intégrant des pare-chocs lisses peints couleur carrosserie et un bandeau de feux arrière inspiré de la berline 164. Le bloc 2.0 litres adopte l’injection électronique Bosch Motronic, un calage variable de l’admission et une meilleure protection anticorrosion.

    Identification moteur : Savoir décoder un bloc Bialbero

    Tous les moteurs 4-cylindres Nord étant interchangeables d’une génération à l’autre, il n’est pas rare de trouver un 1300 converti en 2000. Pour authentifier la cylindrée exacte d’un bloc, observez le symbole géométrique gravé à l’avant du moteur, sur la fonderie de culasse/bloc :

    • Cercle avec un trait vertical : 1 300 cm³
    • Cercle avec un carré intérieur : 1 600 cm³
    • Cercle avec un triangle intérieur : 1 750 cm³ (avec un point central pour les versions tardives)
    • Cercle avec un carré traversé d’une diagonale : 2 000 cm³ (1 962 cm³)

    Les points clés à inspecter avant d’acheter

    1. La carrosserie et la corrosion (Le nerf de la guerre)

    • Bas de caisse et planchers : Inspectez attentivement les jonctions d’ailes et de bas de caisse. Un mauvais drainage transforme les caissons en nids à rouille. Si le bas de caisse a été mal soudé ou réparé sans tirants, la rigidité torsionnelle s’effondre et les portières ferment mal.
    • Baie de pare-brise et caves à pieds : Sur les Séries 1 à 3, les conduits d’évacuation en plastique de la baie d’auvent cuident et se fissurent, déversant l’eau de pluie directement dans les planchers avant. Les Séries 4 disposent de durites en caoutchouc beaucoup plus fiables.
    • Fond de coffre : Vérifiez le bac de roue de secours, exposé aux infiltrations et aux coulures acides de la batterie.

    2. Mécanique et carburation

    • Pression d’huile et température : Moteur chaud au ralenti, la pression d’huile doit se maintenir au moins à la moitié du manomètre au tableau de bord, et la température d’eau ne doit pas dépasser le milieu du cadran.
    • Pipes d’admission des carburateurs : Sur les modèles Weber, Dellorto ou Solex, poussez légèrement la boîte à air à la main pendant que le moteur tourne. Si le ralenti s’emballe ou vacille, les manchons en caoutchouc sont craquelés et créent une prise d’air.
    • Bruit de distribution : Un cliquetis métallique prononcé au démarrage trahit une chaîne de distribution détendue, facilement ajustable par le tendeur mécanique externe.

    3. Boîte de vitesses et transmission

    • Synchros de 2e et marche arrière : C’est la faiblesse classique des transmissions Alfa. Le passage rapide de 1re en 2e et le rétrogradage demandent de décomposer les mouvements. À l’arrêt, engagez brièvement la 2e avant de passer la 1re pour éviter tout craquement.
    • Flector d’arbre de transmission : Un claquement lourd sous le plancher à la réaccélération indique que le flector en caoutchouc (le doughnut) est déchiré et doit être remplacé.

    4. Habitacle et capote

    • Commodos et commandes plastiques : Les commodos au volant des Séries 2 et 3 sont fragiles et désormais introuvables en neuf. Privilégiez un exemplaire complet dans son habitacle.
    • Maniement de la capote : Si la capote se remplace aisément, évitez absolument de la replier par temps froid sur les modèles à lunette arrière souple sous peine de fendre instantanément le plastique.

    Cote et valeur sur le marché

    ModèleTranche de prix observéeProfil de l’acheteur
    Série 1 (Osso di Seppia)30 000 € à 50 000 €Collectionneur puriste, élégance absolue du design 60s.
    Série 2 (Coda Tronca)15 000 € à 25 000 €Le compromis idéal : look rétro, grand coffre et vivacité du 2.0 litres.
    Série 3 (Aerodinamica)9 000 € à 14 000 €Le ticket d’entrée le plus accessible pour goûter au plaisir du Spider.
    Série 4 (1990–1993)14 000 € à 20 000 €L’usage régulier et sans stress : ligne épurée, injection et direction assistée.
  • Bilan Pista & Piloti 2026 : 3 000 passionnés célèbrent le Spider, le Trofeo Alfasud et la Giulia Luna Rossa à Pferdsfeld

    Bilan Pista & Piloti 2026 : 3 000 passionnés célèbrent le Spider, le Trofeo Alfasud et la Giulia Luna Rossa à Pferdsfeld

    Une météo estivale parfaite, des spécialités italiennes, plus de 240 sportives historiques en piste et près de 3 000 visiteurs venus de toute l’Europe : la neuvième édition de Pista & Piloti a tenu toutes ses promesses les 29 et 30 août sur le complexe d’essais TRIWO de Pferdsfeld. Soutenu officiellement par Alfa Romeo, l’événement s’est affirmé comme l’un des temps forts de la saison pour la communauté des Alfisti.

    Deux anniversaires mythiques célébrés en piste

    Le dimanche a été marqué par les démonstrations dynamiques du Gran Premio Alfa Romeo, réunissant plus de 240 voitures de course et de collection réparties en plateaux thématiques.

    Le public a assisté à une grande parade d’honneur célébrant deux jalons de l’histoire milanaise :

    • Les 60 ans de l’Alfa Romeo Spider : plus de 50 cabriolets de toutes les générations (du Duetto 1966 jusqu’à la 4ᵉ série des années 1990) ont pris la piste pour rendre hommage au chef-d’œuvre de Pininfarina.
    • Les 50 ans du Trofeo Alfasud : une vingtaine de modèles historiques à motorisation Boxer (Alfasud TI de course, Alfasud Sprint et Alfa 33) ont fait rugir leurs 4-cylindres à plat pour commémorer la coupe monotype lancée en 1976.

    Première allemande pour la Giulia Quadrifoglio Luna Rossa

    Pour guider cette parade historique, Alfa Romeo a dévoilé pour la toute première fois au public allemand la spectaculaire Giulia Quadrifoglio « Luna Rossa ».

    Développée en collaboration avec l’équipe engagée dans la 38ᵉ Coupe de l’America et limitée à seulement dix exemplaires pour le monde entier (tous déjà vendus), cette version de 520 ch a fait forte impression avec sa robe effet métal liquide, son aileron en fibre de carbone générant 140 kg d’appui et ses inserts d’habitacle intégrant une véritable toile de voile de compétition.

    Piste pour les clients et surprise dans les airs

    Dès le samedi, plus de 100 propriétaires d’Alfa Romeo modernes avaient pu investir le tracé de quatre kilomètres dans le cadre de l’Alfa Romeo Driving Experience, profitant des conseils d’instructeurs professionnels pour exploiter leur véhicule en toute sécurité.

    L’événement a également réservé une surprise de taille venue du ciel : la présentation d’un hélicoptère ultraléger ClassiX signé par Paul Ressle, fondateur d’Evocopter. Construit en grande partie en fibre de carbone, ce prototype unique arborait pour l’occasion une teinte intégrale Rosso Alfa et les célèbres emblèmes du Quadrifoglio.

    « Pista & Piloti est un moment fort chaque année. Voir la ferveur des Alfisti pour nos modèles d’hier et d’aujourd’hui reste une expérience formidable. Les parades des 60 ans du Spider et du Trofeo Alfasud ont démontré à quel point notre communauté s’identifie à la marque. C’est l’occasion idéale de vivre ensemble l’esprit Alfa Romeo. »

    — Veit Liebing, directeur marketing d’Alfa Romeo Allemagne

    Face au succès de cette édition, Marco Wimmer, fondateur de l’agence APPIA et organisateur de l’événement, a d’ores et déjà confirmé la tenue de la 10ᵉ édition anniversaire, programmée pour le dernier week-end d’août 2027.

  • Pista & Piloti 2026 : suivez le Gran Premio Alfa Romeo en direct vidéo depuis Pferdsfeld

    Pista & Piloti 2026 : suivez le Gran Premio Alfa Romeo en direct vidéo depuis Pferdsfeld

    Ce dimanche 30 août, le complexe d’essais TRIWO de Pferdsfeld accueille le point d’orgue de l’édition 2026 de Pista & Piloti : le très attendu Gran Premio Alfa Romeo. Pour les passionnés qui n’ont pas fait le déplacement en Rhénanie-Palatinat, l’événement est retransmis en direct vidéo tout au long de la journée.

    À noter : la retransmission ainsi que l’ensemble des commentaires en direct sont intégralement en allemand.

    Plus de 240 bêtes de course en piste

    Répartis en plateaux thématiques homogènes, plus de 240 bolides historiques et sportives d’exception prennent la piste par sessions de trente minutes, entre 9 h 00 et 13 h 00, puis de 14 h 00 à 17 h 00.

    Le plateau fait la part belle aux gloires de la compétition d’Arese :

    • La rarissime Tubolare Zagato TZ1 des années 1960.
    • Les redoutables Giulia GTA et GTAm du championnat européen de tourisme.
    • L’aérodynamique Giulietta SZ Coda Tronca signée Zagato.
    • Les rivales historiques d’époque venues ferrailler face aux Alfa Romeo, dans l’esprit des grandes courses du Nürburgring, de Spa-Francorchamps ou de Monza.

    Deux anniversaires majeurs à l’honneur

    L’édition 2026 célèbre deux grandes étapes du patrimoine Alfa Romeo :

    • Les 60 ans de l’Alfa Romeo Spider : né en 1966 sous le crayon de Battista « Pinin » Farina, le cabriolet défile à travers ses quatre générations, de la proue arrondie du premier « Duetto » 1.6 jusqu’aux lignes de la quatrième génération achevée en 1994, sans oublier la « Coda Tronca » et la version « Aerodinamica ».
    • Les 50 ans du Trofeo Alfasud : lancée en 1976, cette coupe monotype pionnière en Europe a révélé des talents comme Gerhard Berger. Une vingtaine de modèles à moteur Boxer — Alfasud TI préparées de 115 à 130 ch, coupés Alfasud Sprint et Alfa 33 — se rassemblent pour une parade commémorative.

    Exclusivités modernes : Luna Rossa et Quadrifoglio Oro

    Outre le spectacle en piste, l’événement présente deux nouveautés majeures :

    • La Giulia Quadrifoglio « Luna Rossa », fabriquée à seulement dix exemplaires pour célébrer le défi italien dans la 38ᵉ Coupe de l’America, avec sa livrée effet métal liquide, son imposant aileron en carbone (140 kg d’appui) et ses inserts intégrant des fragments de voile de course.
    • La Giulia Quadrifoglio Oro, série dédiée au marché allemand, parée de badges dorés, d’étriers assortis et d’une sellerie cuir exclusive aux surpiqûres or.

    Installez-vous confortablement pour suivre ces démonstrations mécaniques en direct sur le circuit de quatre kilomètres.

  • Pista & Piloti 2026 : Le grand pèlerinage des Alfisti célèbre les 60 ans du Spider et le Trofeo Alfasud à Pferdsfeld

    Pista & Piloti 2026 : Le grand pèlerinage des Alfisti célèbre les 60 ans du Spider et le Trofeo Alfasud à Pferdsfeld

    Depuis près d’une décennie, le complexe d’essais TRIWO de Pferdsfeld, aménagé sur un ancien aérodrome militaire près de Bingen en Rhénanie-Palatinat, s’est imposé comme le point de ralliement incontournable des passionnés du Biscione d’outre-Rhin et des pays frontaliers. Pour son édition 2026, organisée ces 29 et 30 août, l’événement Pista & Piloti confirme son statut de plus grand rassemblement dynamique dédié aux sportives italiennes historiques en Allemagne, orchestrant une spectaculaire passerelle entre glorieux passé en compétition et projets très exclusifs d’aujourd’hui.

    Plus de 240 bêtes de course pour le Gran Premio Alfa Romeo

    Le point d’orgue du week-end se tiendra le dimanche 30 août avec le très attendu Gran Premio Alfa Romeo. Répartis en plateaux thématiques homogènes, plus de 240 bolides de course et sportives d’exception prendront la piste par sessions de trente minutes tout au long de la journée. Le plateau fera la part belle aux joyaux de compétition d’Arese, à commencer par la rarissime Tubolare Zagato TZ1 des années 1960, les redoutables Giulia GTA et GTAm qui régnaient sur le tourisme européen, ou encore l’aérodynamique Giulietta SZ Coda Tronca façonnée par Zagato. Fidèle à l’esprit du sport automobile d’antan, l’épreuve accueillera également les rivales historiques qui ferraillaient contre les Alfa Romeo sur le Nürburgring, à Spa-Francorchamps ou à Monza.

    Dès le samedi, la piste de quatre kilomètres ouvrira ses virages à une centaine de propriétaires d’Alfa Romeo contemporaines dans le cadre de l’Alfa Romeo Driving Experience, encadrés par des instructeurs professionnels pour exploiter le potentiel dynamique de leur monture en toute sécurité.

    Deux anniversaires majeurs : 60 ans de Spider et un demi-siècle de Trofeo Alfasud

    L’édition 2026 met à l’honneur deux piliers emblématiques du patrimoine de la marque milanaise.

    Le public célébrera tout d’abord les 60 ans de l’Alfa Romeo Spider, né en 1966 sous le coup de crayon magistral de Battista « Pinin » Farina. De la proue arrondie du premier « Duetto » à moteur Bialbero 1.6 jusqu’à l’épure de la quatrième génération disparue en 1994, en passant par la fameuse « Coda Tronca » et la version « Aerodinamica », les quatre générations du cabriolet le plus célèbre d’Italie défileront en piste pour commémorer une carrière écoulée à plus de 124 000 exemplaires.

    L’autre grand moment d’émotion sera consacré aux 50 ans du Trofeo Alfasud, lancé en 1976. Véritable matrice des coupes monotypes modernes en Europe, cette formule de promotion disputée sur des Alfasud TI affûtées de 115 à 130 ch a fait vibrer les foules tout en servant de tremplin à de futurs pilotes de Formule 1 tels que Gerhard Berger ou Karl Wendlinger. Une vingtaine de modèles à moteur Boxer historiques, incluant des Alfasud TI de course, des coupés Alfasud Sprint et des Alfa 33, se réuniront sur l’asphalte pour une parade commémorative exceptionnelle.

    Luna Rossa et Quadrifoglio Oro : l’exclusivité moderne en première ligne

    Sur le plan des nouveautés, le constructeur italien profite de l’événement pour dévoiler en première allemande la spectaculaire Giulia Quadrifoglio « Luna Rossa ». Façonnée à la main en seulement dix exemplaires en hommage à l’équipe italienne engagée dans la 38ᵉ Coupe de l’America, cette berline d’exception exhibe sa livrée effet métal liquide, son imposant aileron arrière générant 140 kg d’appui et ses inserts d’habitacle intégrant un authentique morceau de voile de compétition.

    Les visiteurs pourront également découvrir la Giulia Quadrifoglio Oro, une édition spécifiquement réservée au marché allemand qui ressuscite la célèbre appellation des années 1970 et 1980. Cette version se distingue par ses badges dorés exclusifs, ses étriers de frein assortis et une sellerie en cuir haut de gamme ornée de surpiqûres or sur la planche de bord et les contre-portes.

    Accès et retransmission en direct

    Pour les passionnés souhaitant faire le déplacement, le site d’essais TRIWO ouvrira ses portes le dimanche dès 8 h 00, les démonstrations sur piste se déroulant de 9 h 00 à 13 h 00 puis de 14 h 00 à 17 h 00. Les billets d’entrée sont proposés au tarif de 15 euros uniquement via la billetterie en ligne officielle de Pista & Piloti, donnant un accès libre au paddock (gratuité pour les moins de 16 ans). Pour ceux qui ne peuvent rejoindre la Rhénanie-Palatinat, l’intégralité du spectacle mécanique des samedi et dimanche sera retransmise en direct vidéo sur YouTube.

  • L’incroyable croisière du paquebot Raffaello : Quand Alfa Romeo lançait le Duetto en vert, blanc, rouge vers l’Amérique

    L’incroyable croisière du paquebot Raffaello : Quand Alfa Romeo lançait le Duetto en vert, blanc, rouge vers l’Amérique

    En mai 1966, l’histoire de la communication automobile basculait dans une autre dimension. Pour orchestrer le lancement américain de l’héritière de la Giulietta Spider — le tout nouvel Alfa Romeo Spider 1600, bientôt immortalisé sous le nom de « Duetto » —, le président d’Alfa Romeo Giuseppe Luraghi et ses équipes imaginèrent une opération sans précédent : affréter un palace flottant à travers l’Atlantique et hisser trois cabriolets italiens sur le pont d’un navire de légende.

    Retour sur une traversée mythique qui a inventé, avec plus d’une décennie d’avance, la promotion mondiale du Made in Italy.

    1 300 VIP et trois Spider sur le pont du transatlantique Raffaello

    Pour succéder à l’iconique Giulietta Spider née de la vision de l’importateur new-yorkais Max Hoffman, Alfa Romeo savait qu’une simple présentation en concession ne suffirait pas. La marque milanaise organisa donc une croisière de grand luxe à bord du fleuron de la marine italienne : le paquebot SS Raffaello.

    Parti de Gênes à destination de New York, le navire fit d’abord escale à Cannes, en plein Festival International du Film, avant de fendre les flots de l’océan avec près de 1 300 invités triés sur le volet : stars du grand écran (Vittorio Gassman, Rossella Falk), gloires de l’art lyrique (la soprano Anna Moffo), grands industriels et figures de la mode internationale.

    Pendant toute la traversée, le spectacle était à ciel ouvert : trois Alfa Romeo Spider neufs étaient exposés directement sur le pont supérieur du navire. Arborant respectivement une livrée verte, blanche et rouge, les trois bolides formaient un drapeau tricolore éclatant face aux embruns marins, affirmant avec panache le génie esthétique et mécanique de l’Italie.

    Le chef-d’œuvre « Osso di Sepia » de Battista Pininfarina

    Dévoilé quelques semaines plus tôt au Salon de Genève 1962, ce cabriolet représentait la dernière œuvre supervisée par le maestro Battista « Pinin » Farina avant sa disparition.

    • Une ligne ellipsoïdale unique : Ses extrémités avant et arrière arrondies, ses flancs galbés et sa ligne de caisse plongeante lui valurent immédiatement en Italie le surnom poétique d’« Osso di Sepia » (os de seiche).
    • Les dessous de la Giulia : Reposant sur une plateforme raccourcie de Giulia (empattement de 2 250 mm), l’auto abritait le noble 4-cylindres double arbre Bialbero de 1 570 cm³ développant 108 ch.
    • Un poids plume : Affichant moins de 1 000 kg sur la balance, le Spider filait à plus de 185 km/h avec une agilité et un équilibre remarquables.

    Pour baptiser la belle, Alfa Romeo avait lancé un grand concours auprès des passionnés. Si le nom Duetto remporta tous les suffrages, un conflit de marque avec un biscuit chocolaté italien contraignit l’usine à la commercialiser sous l’appellation officielle de Spider 1600. Dans le cœur des Alfistes, elle restera à jamais le Duetto.

    Le coup de foudre des légendes : De Steve McQueen à Muhammad Ali

    Dès son arrivée sur le sol américain après l’épopée du Raffaello, le Spider déclencha un engouement immédiat auprès des pilotes et des célébrités :

    • Steve McQueen : Invité par le magazine Sports Illustrated à essayer l’un des tout premiers modèles débarqués aux États-Unis à l’été 1966, l’acteur et pilote chevronné résuma l’esprit de l’auto en une formule passée à la postérité : « C’est une voiture qui pardonne beaucoup. Et très jolie en plus. »
    • Dustin Hoffman : En 1967, le film culte Le Lauréat (The Graduate) propulsa le Duetto rouge au rang d’icône absolue du 7ᵉ Art, fendant l’asphalte californien sur les harmonies de Simon & Garfunkel.
    • Muhammad Ali : Le légendaire champion du monde des poids lourds succomba lui aussi au charme du cabriolet milanais, faisant graver sur sa plaque d’immatriculation la formule inspirée de son célèbre leitmotiv : « Ali Bee » (flotter comme un papillon, piquer comme une abeille).

    Une saga de 28 ans et 124 000 exemplaires

    De l’originel « Os de seiche » (1966) à la « Coda Tronca » à poupe tronquée (1969), puis de l’« Aerodinamica » (1983) à l’élégante Série 4 (1989), l’Alfa Romeo Spider a traversé quatre générations et 28 années de production ininterrompue, totalisant plus de 124 000 exemplaires.

    Il demeure à ce jour le modèle à la plus longue longévité de toute l’histoire d’Alfa Romeo, dont l’épopée internationale débuta un jour de mai 1966 sur le pont d’un paquebot en route vers le Nouveau Monde.

  • Enrico Fumia : L’ingénieur-esthète qui a sculpté la renaissance d’Alfa Romeo

    Enrico Fumia : L’ingénieur-esthète qui a sculpté la renaissance d’Alfa Romeo

    Dans le panthéon des designers automobiles italiens, Enrico Fumia occupe une place singulière. Né à Turin en 1948, cet ingénieur aéronautique de formation — diplômé du Politecnico de Turin en 1976 avec une thèse expérimentale sur l’aérodynamique validée dans la soufflerie Pininfarina — a marqué d’une empreinte indélébile le style d’Alfa Romeo.

    Bien qu’il ait mené une brillante carrière managériale chez Pininfarina (dont il est devenu Vice-Directeur Général) plutôt que d’y être un styliste officiel, sa liberté créative lui a permis de signer quelques-uns des plus grands chefs-d’œuvre de la marque milanaise. Du renouveau de la 164 au coup de génie du duo GTV/Spider 916, retour sur le parcours d’un homme qui a su lier la rigueur de l’air à la beauté du métal.

    La connexion secrète avec l’Alfa Montreal dès 1966

    La vocation d’Enrico Fumia pour le dessin automobile remonte à sa plus tendre enfance. Dès l’âge de 15 ans, il fait évaluer ses dessins par la maison Pininfarina. C’est là qu’il rencontre Franco Martinengo, alors directeur du centre de style de Grugliasco, qui lui conseille de s’orienter vers des études universitaires plutôt que vers les écoles de design de l’époque.

    En 1966, le jeune Fumia se fait remarquer en remportant le prestigieux concours Grifo d’Oro Bertone (dans la catégorie Juniors) grâce à son projet futuriste baptisé « Linea 18 ». Un triomphe inattendu face à une concurrence féroce (seuls 1 069 projets furent admis sur plus de 5 000 inscrits). Ce n’est que bien plus tard que l’étudiant découvrira un détail fascinant : les gabarits techniques imposés par Bertone pour le concours étaient en réalité ceux de la future Alfa Romeo Montreal, qui ne sera révélée au public qu’en 1967.

    De l’« Albertina » à la 164 : La berline qui devait être une BMW

    Après son embauche chez Pininfarina en juillet 1976, Fumia propose régulièrement ses idées sous l’œil bienveillant de Leonardo Fioravanti. Son premier projet d’envergure, mené à 100 %, est l’Audi Quartz (présentée au Salon de Genève 1981). Ce concept-car révolutionnaire sur base d’Ur-Quattro fait appel à des matériaux d’avant-garde (Kevlar, carbone, plexiglas) et introduit pour la première fois des projecteurs polyellipsoïdaux totalement inédits développés avec Carello.

    Cette expérience technique va directement servir la création de l’Alfa Romeo 164. À l’origine, Pininfarina travaillait sur deux projets internes de berlines à propulsion : « Alberto » et sa déclinaison plus petite « Albertina » (portant le code interne 154). Enrico Fumia révèle d’ailleurs une anecdote surprenante : avant de devenir une Alfa, ce dessin avait été initialement proposé à BMW pour un projet de berline resté sans suite.

    Lorsque Alfa Romeo décide de s’associer au projet de plateforme commune « Tipo 4 » (qui donnera naissance aux Fiat Croma, Lancia Thema et Saab 9000 dessinées par Giugiaro), la direction du Biscione demande à Pininfarina d’adapter le projet de l’« Albertina 154 » sur ce nouveau châssis à traction avant. Après quelques ajustements validés par Fioravanti, le dessin final réinterprété par Fumia est choisi pour devenir la prestigieuse Alfa Romeo 164.

    Le sauvetage esthétique du Duetto (Série 4)

    À la fin des années 1980, le mythique Spider Alfa Romeo (dérivé du Duetto) est en fin de course, lourdement pénalisé sur le plan esthétique par les contraintes réglementaires américaines. Enrico Fumia ne cache pas son aversion pour les versions de l’époque :

    « La dernière version jusqu’alors ne m’avait jamais plu : alourdie et enlaidie par ces pare-chocs « USA » et le spoiler noir. »

    Chargé de réaliser un ultime restylage pour prolonger la production à l’usine de Grugliasco, Fumia s’inspire de la stratégie de Porsche pour le marché américain. Il dessine des boucliers entièrement intégrés et peints de la même couleur que la carrosserie. Ce coup de pinceau salvateur redonne de l’homogénéité et de la pureté à la silhouette du Spider Série 4, lui permettant de finir sa longue carrière en beauté en revenant visuellement à la pureté de ses origines.

    GTV et Spider 916 : L’art du design intemporel

    Le chef-d’œuvre absolu d’Enrico Fumia pour Alfa Romeo reste sans conteste le duo GTV et Spider (génération 916). Pour ce projet mené sous l’égide de Fiat, l’objectif de Fumia était de recréer le célèbre binôme historique Giulietta Spider et Sprint.

    Pour façonner cette ligne agressive et acérée, Fumia conçoit d’abord le Spider, puis le Coupé. Il intègre plusieurs éléments stylistiques forts :

    • Les phares « goutte d’eau » : Il réutilise l’idée des optiques polyellitiques de l’Audi Quartz, logées sous deux petites ouvertures circulaires sur le capot.
    • La ligne de flanc : Il sculpte une profonde nervure plongeante, directement inspirée de la « gouttière » de la 164, qui vient mourir de manière fonctionnelle pour délimiter le couvre-capote du Spider.
    • Le bandeau lumineux arrière : Fumia avait initialement dessiné deux feux traditionnels aux extrémités. C’est la direction d’Alfa Romeo qui lui a demandé d’intégrer un bandeau optique traversant et un écusson avant profondément enfoncé à l’image de la 164, afin d’unifier la signature visuelle de la marque.

    Le résultat est une silhouette d’une modernité telle qu’elle n’a pas pris une ride aujourd’hui, Fumia lui-même qualifiant le duo 916 d’« intemporel » par rapport à la 164.

    Après avoir signé la célèbre Ferrari F90 pour le Sultan de Brunei en 1988, Enrico Fumia quittera Pininfarina pour prendre la direction du Centro Stile Lancia, où il dessinera l’une des citadines italiennes les plus vendues de l’histoire, la Ypsilon, avant de concevoir l’intérieur de la Maserati 3200 GT. Mais pour les Alfistes, il restera à jamais l’homme qui a su redonner au Biscione sa posture de prédateur de la route.