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  • Supertest : Que vaut l’Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio 520 ch poussée dans ses derniers retranchements par SportAuto

    Supertest : Que vaut l’Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio 520 ch poussée dans ses derniers retranchements par SportAuto

    Face à une concurrence allemande désormais convertie aux transmissions intégrales lourdes et aux usines à gaz hybrides, l’Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio fait figure d’irréductible gardienne du temple. Passée entre les mains expertes du magazine Sport Auto pour son impitoyable verdict du « Supertest », la berline milanaise — parée de sa spectaculaire robe Vert Montréal — a affronté le chrono sur l’anneau de vitesse de Mortefontaine avant de s’en remettre au coup de volant du pilote Christophe Tinseau sur le sélectif circuit du Val de Vienne.

    Le différentiel mécanique : la vraie métamorphose dynamique

    Si l’évolution esthétique issue du restylage reste mesurée avec l’adoption des projecteurs Matrix LED et du combiné numérique cannocchiale de 12,3 pouces, la vraie révolution se cache sous la tôle. Pour canaliser les 520 ch (+10 ch) de son V6 2.9 Bi-Turbo tout aluminium, Alfa Romeo a abandonné l’ancien système de vectorisation de couple électronique au profit d’un véritable différentiel mécanique à glissement limité.

    Ce choix technique métamorphose le comportement routier en mode Race. Alors que le système précédent pouvait parfois déconcerter le conducteur par des interventions électroniques parasites, ce pont autobloquant classique redonne à la Giulia une progressivité et une authenticité exemplaires. L’angle de dérive se calibre désormais au millimètre avec la pédale d’accélérateur, faisant de la berline italienne une redoutable machine à sculpter des travers sans mauvaise surprise.

    « Ses mises à jour techniques corrigent les précédents couacs, et son nouveau différentiel à glissement limité rend ses réactions plus naturelles. La seule propulsion de la catégorie distille une authenticité rafraîchissante et des plaisirs qui feraient presque regretter l’évolution des choses. »

    Jacques Warnery, Sport Auto

    Sur l’asphalte du Vigeant : l’analyse de Christophe Tinseau

    Sur les 3 729 mètres du circuit du Val de Vienne, le pilote aux douze participations aux 24 Heures du Mans a signé un temps de référence de 1’50″37. Bien que distancée par une BMW M4 Competition (1’48″34) chaussée de pneus plus agressifs, la Giulia devance des sportives pures comme l’Audi R8 V10 Performance RWD (1’50″48).

    Au-delà du simple chrono, c’est le plaisir de pilotage qui a séduit l’essayeur :

    « J’ai un petit coup de cœur pour les Alfa car elles sont typées, et cette Giulia ressemble à une vraie sportive. Le train avant est un petit peu paresseux en entrée, mais une fois stabilisé et lorsqu’on reprend les gaz, l’auto devient plus légère de l’arrière. Le sous-virage initial est alors effacé et la voiture pivote à l’accélérateur, puis se gère au pied droit. »

    Christophe Tinseau

    Le pilote ne tarit pas d’éloges sur le moteur et la boîte ZF8 : « Le V6 est bien plein et a du couple. Je fais les mêmes chronos en deuxième ou en troisième dans les épingles, et la boîte est irréprochable en mode manuel. La voiture est une propulsion dont on apprécie la légèreté grâce à un poids encore raisonnable. Elle est vivante et demande beaucoup d’attention quand tu roules vite, surtout après avoir mis en sommeil l’ESP. J’ai pris énormément de plaisir à son volant. »

    Seul bémol relevé lors de cet essai intensif sur piste : les garnitures de freins en acier de série ont souffert de la chaleur après quelques tours lancés, rappelant que l’option freins carbone-céramique à 7 500 euros (ou des plaquettes compétition) demeure indispensable pour les sorties régulières sur circuit.

    Les mesures à Mortefontaine : la pureté face au chronomètre

    Sur les pistes de mesures de Mortefontaine, la Giulia Quadrifoglio a fait parler la poudre :

    • Poids vérifié sur la bascule : 1 719 kg avec les pleins (répartition 53/47 %), une masse particulièrement bien contenue face aux rivales modernes qui flirtent désormais avec les deux tonnes.
    • 0 à 100 km/h : Réalisé en 4,8 secondes, un temps tributaire de l’absence de système Launch Control et de l’adhérence précaire au décollage sur les seules roues arrière.
    • 0 à 200 km/h : Abattu en 13,4 secondes, avec un 1 000 mètres départ arrêté franchi en 22,3 secondes à 245 km/h.
    • Vitesse maximale : Donnée pour 308 km/h en pointe.

    La dernière ballerine du segment

    Face aux sportives aseptisées bardées d’écrans tactiles complexes, la Giulia va droit au but : une molette DNA, quatre modes de conduite, une direction directe et une propulsion pure sans béquille électrique. Comme le conclut la rédaction de Sport Auto, la Giulia Quadrifoglio reste aujourd’hui « la dernière familiale sportive aux talents de danseuse étoile ».