Étiquette : Pebble Beach

  • Corrado Lopresto et Alfa Romeo : Au cœur de la plus extraordinaire collection de pépites au Biscione

    Corrado Lopresto et Alfa Romeo : Au cœur de la plus extraordinaire collection de pépites au Biscione

    S’il est un nom qui incarne la haute couture automobile italienne et la passion de la conservation, c’est bien celui de Corrado Lopresto. Architecte milanais de profession et collectionneur de renommée internationale, il a bâti au fil des décennies la collection de prototypes, d’exemplaires uniques (one-off) et de châssis numéro 001 la plus titrée au monde.

    Au sein de cet écrin d’exception, la marque Alfa Romeo occupe une place prépondérante. Lopresto ne recherche pas seulement des voitures rares : il traque l’histoire, les lignes oubliées des maîtres carrossiers italiens (Touring, Zagato, Ghia, Pininfarina, Castagna, Bertone) et redéfinit l’art de la restauration.

    Une philosophie unique : Le respect de la patine et l’obsession du numéro 001

    La signature de la Collection Lopresto repose sur deux principes fondamentaux :

    • L’exclusivité stylistique et historique : Chaque véhicule doit représenter une étape clé du design ou de l’ingénierie automobile.
    • Le « restauro conservativo » (restauration conservatrice) : Pionnier dans la préservation des véhicules anciens, Lopresto privilégie la conservation de la patine d’origine plutôt que la reconstruction à neuf, une méthodologie saluée par la FIVA et reconnue par l’UNESCO.

    Les joyaux Alfa Romeo de la Collection Lopresto

    1. Alfa Romeo 6C 1750 GS Spider Aprile (1931 / 1938)

    C’est l’une des pièces les plus spectaculaires de sa collection. Née en 1931 sous la forme d’un Spider Zagato classique, cette 6C 1750 Gran Sport a été recarrossée en 1938 par la Carrozzeria Aprile de Savone, sur la base d’un dessin aérodynamique visionnaire de Mario Revelli de Beaumont. Avec ses lignes fluides et son profil en goutte d’eau, elle a décroché le prestigieux Best of Show au Concours d’Élégance de Villa d’Este en 2014.

    2. Alfa Romeo Giulietta SZ Coda Tronca Prototipo (1961)

    Cette auto est une véritable référence en matière de restauration conservatrice. Découverte aux États-Unis après des décennies d’immobilisation, cette Giulietta SZ (Sprint Zagato) est le prototype original testé par Elio Zagato et Ercole Spada pour valider le concept de poupe tronquée (Coda Tronca). Lopresto a fait le choix de ne restaurer techniquement qu’une partie de l’auto tout en conservant la peinture et les stigmates du temps sur le reste de la carrosserie, un travail qui lui a valu le premier prix en catégorie Preservation Class à Pebble Beach.

    3. Alfa Romeo 6C 2500 SS (Castagna, Bertone, Ghia)

    La dynastie des 6C 2500 est particulièrement bien représentée au sein de son garage avec plusieurs versions carrossées sur mesure :

    • La 6C 2500 SS Cabriolet Castagna, symbole de l’élégance italienne d’après-guerre.
    • Plusieurs prototypes d’études stylistiques et modèles ayant pris part à la Mille Miglia d’époque.

    4. Alfa Romeo 1900 Ghia / CSS / Studies

    Sur la base de la 1900, la première berline de grande série produite au Portello, Corrado Lopresto rassemble des pièces rares :

    • L’Alfa Romeo 1900 SS Ghia Speciale, coupé sculptural inspiré du design américain de l’ère jet.
    • Des études de style uniques signées Boano et Vignale.

    Un palmarès inégalé dans les concours d’élégance

    Avec plus de 280 trophées remportés dans les concours les plus sélects de la planète (Villa d’Este, Pebble Beach, Goodwood, Chantilly Arts & Élégance), Corrado Lopresto est le collectionneur le plus récompensé de l’histoire. Ses Alfa Romeo ne restent pas enfermées : elles prennent régulièrement la route lors d’épreuves historiques comme la Mille Miglia.

    À travers sa passion et sa rigueur scientifique, Corrado Lopresto préserve un patrimoine inestimable pour Alfa Romeo, rappelant à chaque apparition publique la suprématie du carrossage italien du XXe siècle.

  • Alfa Romeo et la Monterey Car Week : L’histoire d’amour éternelle sur la côte californienne

    Alfa Romeo et la Monterey Car Week : L’histoire d’amour éternelle sur la côte californienne

    Chaque année au mois d’août, la péninsule de Monterey en Californie devient le centre du monde automobile. Entre le mythique Concours d’Élégance de Pebble Beach, les batailles en piste sur le tracé de Laguna Seca et le très exclusif rassemblement The Quail, la Monterey Car Week célèbre ce que l’automobile a produit de plus beau, de plus performant et de plus passionnant.

    Au milieu de cette concentration inégalée d’excellence, une marque italienne suscite une ferveur toute particulière : Alfa Romeo. Des victoires suprêmes sur le gazon du 18e trou de Pebble Beach jusqu’aux vrombissements des V8 et 6-cylindres dans le mythique virage du Corkscrew, retour sur la saga d’Alfa Romeo à Monterey.

    Pebble Beach Concours d’Elegance : Le royaume absolu des Alfa Romeo 8C

    Créé en 1950, le Concours d’Élégance de Pebble Beach est considéré comme le sommet mondial de l’élégance automobile. Pour décrocher la récompense ultime, le saint-graal absolu de tout collectionneur — le titre de « Best of Show » —, un véhicule doit allier une authenticité irréprochable, une élégance de ligne souveraine et une mécanique d’exception.

    Alfa Romeo y occupe une place royale, figurant parmi les marques les plus titrées de l’histoire du concours. Le chef-d’œuvre de l’ingénieur Vittorio Jano, l’Alfa Romeo 8C 2900B, s’est imposé comme une véritable souveraine des lieux :

    • 1988 : L’Alfa Romeo 8C 2900B Touring Spider de 1937 ouvre la voie en décrochant le titre suprême.
    • 2008 : Vingt ans plus tard, c’est au tour de l’extraordinaire Alfa Romeo 8C 2900B Berlinetta Touring de 1938 d’éblouir le jury et de remporter le Best of Show.
    • 2018 : L’exploit se répète dix ans plus tard avec la victoire mémorable de l’Alfa Romeo 8C 2900B Touring Berlinetta de 1937 issue de la collection David Sydorick.

    Ces triomphes répétés confirment une vérité gravée dans le marbre : les créations du Portello habillées par les plus grands carrossiers italiens (Touring, Zagato, Carrozzeria Alfa) dépassent le simple cadre de l’automobile pour s’élever au rang de chefs-d’œuvre d’art visuel.

    1989 : La réunification historique de la trilogie BAT

    L’histoire d’Alfa Romeo à Monterey est également jalonnée de moments d’une intense émotion patrimoniale. En 1989, Pebble Beach est le théâtre d’un événement qui est resté gravé dans les annales : la toute première réunion simultanée des trois Alfa Romeo BAT.

    Conçus entre 1953 et 1955 par le designer Franco Scaglione pour la Carrozzeria Bertone sur des châssis d’Alfa Romeo 1900, les trois concepts aérodynamiques BAT 5, BAT 7 et BAT 9 (Berlina Aerodinamica Tecnica) exploraient les limites de la pénétration dans l’air. Réunies pour la première fois sous les yeux de Nuccio Bertone lui-même, ces trois « soucoupes » au design futuriste ont offert aux spectateurs californiens un spectacle d’une magie inoubliable.

    Laguna Seca & The Quail : Du rugissement des pistes au futur du Biscione

    L’histoire d’Alfa Romeo à Monterey ne s’écrit pas seulement à l’arrêt sur les pelouses tirées à quatre épingles : elle rugit également en piste sur le circuit de WeatherTech Raceway Laguna Seca lors de la Rolex Monterey Motorsports Reunion.

    Chaque année, les 8C 2300 Monza, Giulia TZ1 et TZ2, GTA, Tipo 33 et monoplaces de Formule 1 Alfa Romeo plongent à toute allure dans le légendaire plongeon du Corkscrew, rappelant à la foule américaine que le trèfle à quatre feuilles (Quadrifoglio) est né dans la fureur de la compétition.

    Enfin, du côté du rassemblement The Quail, A Motorsports Gathering, Alfa Romeo utilise régulièrement le cadre enchanteur de la vallée de Carmel pour lier son glorieux passé à son avenir électrisant. C’est là que les passionnés américains ont pu admirer la supercar 8C Competizione, le coupé léger 4C, les déclinaisons Quadrifoglio des Giulia et Stelvio, jusqu’à la présentation récente de la spectaculaire 33 Stradale.

    À Monterey, Alfa Romeo ne participe pas seulement à la fête : le Biscione en incarne l’âme, la passion et l’éternelle élégance italienne.

  • Encan d’exception à Pebble Beach : Une rarissime Alfa Romeo 6C 1500 ‘Testa Fissa’ sous le marteau

    Encan d’exception à Pebble Beach : Une rarissime Alfa Romeo 6C 1500 ‘Testa Fissa’ sous le marteau

    La prestigieuse scène de Pebble Beach s’apprête à vibrer à la mi-août 2026 lors d’une vente aux enchères hautement exclusive orchestrée par la maison Gooding & Christie’s. Parmi les pièces maîtresses d’une collection privée américaine vouée à l’amour du Biscione, les acheteurs du monde entier pourront s’affronter pour acquérir des lots exceptionnels comme une Alfa Romeo 8C 2300 et une 8C 2300 Passo Lungo Spider. Toutefois, le véritable joyau historique de cette dispersion est sans conteste une Alfa Romeo 6C 1500 Serie III Super Sport ‘Testa Fissa’ de 1929.

    Née à la fin des années 1920, cette version de compétition se présente dans une forme remarquable, incarnant à elle seule l’âge d’or de l’ingénierie milanaise.

    Vittorio Jano et la genèse du mythe 6C

    La lignée des Alfa Romeo 6C représente l’une des pages les plus glorieuses de l’histoire automobile, un chef-d’œuvre né du génie de l’ingénieur Vittorio Jano. Sa mission, parfaitement accomplie, consistait à concevoir une machine légère, agile et polyvalente, capable de s’illustrer aussi bien dans les déplacements quotidiens que de terrasser la concurrence sur les circuits européens.

    Si la grande famille des 6C a vu sa cylindrée grimper au fil des ans à 1 750, 1 900, 2 300 et 2 500 cm³, c’est bien la configuration initiale de 1,5 litre qui a allumé la mèche de cette dynastie mécanique. Dévoilée officiellement en avril 1925 au Salone dell’Auto di Milano, la 6C 1500 a pourtant fait patienter ses premiers clients jusqu’en 1927 en raison de retards logistiques dans la mise en fonction de la mythique usine du Portello.

    De la version ‘Normale’ aux monstres sacrés de la piste

    La version d’accès, baptisée 6C 1500 Normale, reposait sur un robuste châssis en acier à longherons et traverses, disponible en empattement court (2 900 mm) ou long (3 100 mm). Cette architecture permettait aux plus grands carrossiers de l’époque de façonner des silhouettes ouvertes ou fermées sur mesure. Sous le capot, le 6-cylindres en ligne de 1 587 cm³ développait initialement 44 chevaux à 4 200 tr/min via une boîte à 4 rapports, offrant un comportement déjà très brillant grâce à un excellent équilibre des masses.

    Pour répondre aux exigences de la compétition, Alfa Romeo a progressivement fait grimper l’indice d’octane et la puissance de son bloc :

    • Version Sport : Poussée à 54 chevaux à 4 400 tr/min.
    • Version Super Sport : Forte de 60 chevaux pour une vitesse de pointe de 135 km/h.
    • Version Super Sport Compressore : Une déclinaison à compresseur développant 76 chevaux et atteignant 155 km/h.
    • Version ‘Testa Fissa’ : Le summum de la performance en piste, poussé à 84 chevaux à un régime impressionnant de 5 500 tr/min, propulsant l’auto à 155 km/h.

    Cette pluie de déclinaisons sportives et de victoires sur piste a définitivement installé le mythe 6C avant l’arrivée des motorisations de plus forte cylindrée. Preuve de l’avant-gardisme de la plateforme, environ dix ans après son lancement, le châssis de la 6C abandonnera ses essieux rigides d’origine pour adopter des suspensions à quatre roues indépendantes, une première absolue pour l’industrie automobile européenne qui scellera la suprématie technique d’Arese.

    Les détails précis du lot et les estimations financières de cette exceptionnelle version ‘Testa Fissa’ seront affinés par la maison de vente à l’approche de la semaine automobile de Monterey, mais les enchères s’annoncent d’ores et déjà stratosphériques.

  • Légende : Alfa Romeo 8C 2900B Lungo, la plus précieuse de toutes

    Légende : Alfa Romeo 8C 2900B Lungo, la plus précieuse de toutes

    Si vous pensez qu’Alfa Romeo est une marque de voitures sportives accessibles, vous avez raison pour l’après-guerre. Mais il fut un temps, dans les années 30, où le Biscione regardait Rolls-Royce et Bugatti de haut. Le point culminant de cette ère aristocratique est l’Alfa Romeo 8C 2900B Touring Berlinetta, en particulier dans sa version châssis long (Lungo).

    Dévoilée en 1937, cette voiture est souvent qualifiée par les experts de « l’Immortelle ». Elle est l’équivalent italien de la Bugatti Type 57SC Atlantic : le summum de la technologie, du luxe et de la beauté.

    Le moteur de Grand Prix sur la route

    Sous son capot interminable (qui occupe la moitié de la voiture !) se cache le chef-d’œuvre de l’ingénieur Vittorio Jano. C’est un 8 cylindres en ligne de 2,9 litres, suralimenté non pas par un, mais par deux compresseurs Roots. Ce moteur n’était pas un moteur civil : il provenait directement de la Tipo B (P3) de Grand Prix qui avait battu les écuries nazies. Il développait 180 chevaux, une puissance démentielle pour une voiture de route de 1937, lui permettant de filer à 175 km/h dans un confort royal.

    La robe « Superleggera » de Touring

    Si le moteur est une cathédrale, la carrosserie est une sculpture. La majorité des 8C 2900B ont été habillées par le carrossier milanais Touring. Elles utilisaient le procédé breveté Superleggera : de fins tubes d’acier formant la structure, recouverts de feuilles d’aluminium martelées à la main. Le résultat est une ligne d’une fluidité liquide. Les ailes « ponton » s’étirent jusqu’à l’arrière, l’habitacle est rejeté loin derrière les roues avant, et la calandre inclinée semble fendre l’air. C’est l’Art Déco sur quatre roues.

    La voiture des Rois

    Produite à une poignée d’exemplaires (on estime qu’il existe moins de 10 Berlinetta Touring Lungo sur la trentaine de châssis 2.9 produits), la 8C 2900B était réservée à l’élite mondiale. Rois, maharadjahs, stars de cinéma… C’était la voiture la plus rapide et la plus luxueuse que l’argent pouvait acheter. Elle coûtait une fortune, mais elle offrait quelque chose d’unique : la capacité de gagner une course le dimanche et de parader au concours d’élégance le lundi, sans changer une bougie.

    Le Graal des collectionneurs

    Aujourd’hui, l’Alfa Romeo 8C 2900B Lungo est intouchable. C’est la reine des concours d’élégance modernes. Elle a remporté le « Best of Show » à Pebble Beach et à la Villa d’Este à de multiples reprises. Quant à sa valeur ? Elle est inestimable. Les rares transactions se font en privé, mais on parle de montants dépassant les 20 à 25 millions d’euros.

    Elle reste à jamais le témoignage de l’époque où Alfa Romeo était, sans contestation possible, la meilleure marque du monde.