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  • Alex Zanardi et la 155 GTA du Jolly Club : La saison 1992 qui a forgé la légende

    Alex Zanardi et la 155 GTA du Jolly Club : La saison 1992 qui a forgé la légende

    Avant de marquer les esprits aux États-Unis en CART, en Formule 1 et d’entrer dans l’histoire du sport comme un modèle absolu de résilience (« La Fenice dello sport »), Alessandro Zanardi a écrit un chapitre méconnu mais déterminant de sa carrière au volant d’une Alfa Romeo. En 1992, alors en quête d’un volant pour rebondir vers la F1, le pilote de Castel Maggiore prend part au Championnat Italien de Supertourisme (CIVT) au sein d’une armada mythique : le Jolly Club.

    Une mécanique de rallye dans une berline de pointe

    Pour épauler l’écurie officielle Alfa Corse, la célèbre structure du Jolly Club aligne cinq Alfa Romeo 155 GTA vêtues de la légendaire livrée verte et orange aux couleurs de Totip.

    Sous sa carrosserie affûtée, la 155 GTA de Supertourisme cache une architecture redoutable :

    • Un cœur de Groupe A : Un 4-cylindres 2,0 litres turbo à culasse 16 soupapes directement dérivé de la Lancia Delta Integrale de rallye, développant environ 400 ch.
    • Une motricité totale : Une transmission intégrale permanente couplée à une boîte de vitesses à 6 rapports, extrapolée à partir des éléments de la 155 Q4 de série.
    • Un châssis d’exception : Une rigidité et un comportement dynamique méticuleusement peaufinés sur les circuits italiens.

    « Il Parigino » au milieu des ténors

    Au sein de l’effectif du Jolly Club, Zanardi partage le paddock avec des pilotes d’expérience : Giorgio Francia, Antonio Tamburini, Tamara Vidali et Federico D’Amore. Dès ses débuts, le pilote éblouit par son coup de volant.

    On le surnomme alors « Il Parigino » (Le Parisien), un qualificatif hérité de ses années karting pour souligner son pilotage d’une fluidité et d’une précision chirurgicale, sans jamais sacrifier sa rage de vaincre. Ce sens aigu du détail technique et cette ténacité lui vaudront également plus tard aux États-Unis le surnom de « Pineapple » (l’ananas), en hommage à son exigence sans compromis sur les réglages châssis.

    La rampe de lancement vers la F1 et la domination en DTM

    Bien que souvent éclipsée par ses succès ultérieurs en monoplace, cette saison 1992 au volant de la 155 GTA a eu un impact capital à deux niveaux :

    1. La genèse du monstre DTM : Les kilomètres et les retours techniques accumulés par Zanardi et ses équipiers sur la 155 GTA ont posé les fondations directes de la légendaire 155 V6 TI (projet SE052), qui écrasera le championnat DTM allemand dès 1993 face à Mercedes.
    2. Le tremplin personnel : La vitesse pure démontrée par Zanardi dans ce peloton ultra-compétitif de voitures de tourisme a confirmé son statut de top driver, lui ouvrant grand les portes de la Formule 1.

    Une saison intense, gravée dans l’histoire de la marque au Biscione, où la fougue d’un champion d’exception a rencontré le panache de la berline sportive italienne.