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  • Cinéma : Quand Alfa Romeo autorisait le crash de sa 164 dans le chef-d’œuvre « Trois Couleurs : Bleu »

    Cinéma : Quand Alfa Romeo autorisait le crash de sa 164 dans le chef-d’œuvre « Trois Couleurs : Bleu »

    Dans l’histoire des relations entre les constructeurs automobiles et le 7ᵉ Art, les marques imposent généralement des clauses draconiennes : leurs modèles doivent toujours apparaître sous leur meilleur jour, triompher dans les poursuites et surtout ne jamais subir de défaillance mécanique.

    Pourtant, en 1993, Alfa Romeo a fait une entorse spectaculaire et pleine d’élégance à cette règle pour le chef-d’œuvre de Krzysztof Kieślowski, Trois Couleurs : Bleu (Couronné par le Lion d’or à Venise et trois César).

    La 164 : La monture d’un grand artiste au cœur du drame

    Dès les premières minutes du film, la caméra s’attarde sur une somptueuse Alfa Romeo 164 sillonnant une route de campagne brumeuse. À son bord se trouvent un compositeur de renom, son épouse Julie (Juliette Binoche) et leur jeune fille.

    Le choix de l’Alfa 164 pour ce couple d’intellectuels n’a rien d’un hasard : avec sa ligne en coin signée Pininfarina, ses optiques effilées et son habitacle luxueux, la grande berline milanaise incarnait le raffinement, le statut social et la sensibilité esthétique d’un artiste accompli.

    S’ensuit alors la scène charnière qui déclenche toute la quête de liberté du film : la sortie de route brutale du véhicule contre un arbre.

    Un mot d’esprit au générique de fin

    Si voir son fleuron haut de gamme accidenté à l’écran aurait fait fuir la plupart des services marketing, la direction d’Alfa Romeo a fait preuve d’une formidable ouverture d’esprit et d’un profond respect pour le cinéma d’auteur en accordant son autorisation officielle au réalisateur polonais.

    Pour saluer cette marque de confiance et dissiper avec humour toute confusion technique, Krzysztof Kieślowski a glissé une mention unique et savoureuse au générique final :

    « Nous remercions Alfa Romeo qui a autorisé la scène de l’accident à l’Alfa 164 dont la dynamique est bien sûr purement imaginaire. »

    Une confiance absolue dans les qualités de la berline d’Arese

    Cette précision souligne avec malice le décalage entre la fiction dramatique et la réalité technique. Lancée en 1987, l’Alfa 164 était une référence routière de son segment, réputée pour la précision chirurgicale de son train avant, l’endurance de son freinage à disques ventilés avec ABS et la sérénité de son comportement à haute vitesse.

    En acceptant que sa berline phare serve de catalyseur émotionnel à l’une des œuvres les plus poignantes du cinéma contemporain, Alfa Romeo a prouvé qu’elle était bien plus qu’un constructeur : une marque dotée d’une culture artistique et d’une classe incontestables.

  • Alain Delon et l’Alfa Romeo Giulietta Spider : L’éclat solaire du chef-d’œuvre « Plein Soleil »

    Alain Delon et l’Alfa Romeo Giulietta Spider : L’éclat solaire du chef-d’œuvre « Plein Soleil »

    Sorti en salle en 1960 et magistralement réalisé par René Clément, Plein Soleil — première adaptation cinématographique du roman Monsieur Ripley de Patricia Highsmith — a propulsé Alain Delon au rang d’icône absolue du cinéma international. Dans la peau du machiavélique et séduisant Tom Ripley, l’acteur français crève l’écran sous la lumière éclatante de l’Italie du Sud.

    Au cœur de cette atmosphère de Dolce Vita, de liberté insouciante et de noirceur psychologique, une monture emblématique accompagne les déambulations de la jeunesse dorée : une splendide Alfa Romeo Giulietta Spider.

    L’incarnation de la jeunesse dorée et de la Dolce Vita

    Dans le décor somptueux de la côte tyrrhénienne, entre Rome, Naples et les îles parthénopéennes (Ischia et Procida), l’Alfa Romeo Giulietta Spider appartenant à Philippe Greenleaf (Maurice Ronet) et conduite par Tom Ripley (Alain Delon) devient bien plus qu’un simple moyen de transport :

    • Le symbole d’un statut social convoité : Brillante, sportive et décapotée, l’Italienne incarne l’oisiveté luxueuse, l’aisance financière et le charme irrésistible après lesquels court éperdument le personnage de Ripley.
    • Le souffle de la liberté italienne : Cheveux au vent sur les routes sinueuses du littoral et dans les ruelles pavées italiennes, les virées à son bord cristallisent l’insouciance d’une époque dorée avant que le drame ne se noue en haute mer.

    L’Alfa Romeo Giulietta Spider : Le coup de crayon magique de Pininfarina

    Dévoilée au milieu des années 1950 à l’initiative de l’importateur américain Max Hoffman, la Giulietta Spider (Type 750/101) s’est imposée comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la carrosserie italienne :

    • Un dessin signé Battista « Pinin » Farina : Avec ses galbes sensuels, sa calandre Scudetto parfaitement proportionnée et sa poupe fuselée, le Spider transcende les époques par sa grâce et son équilibre parfait.
    • Le mythique 4-cylindres Bialbero : Sous le capot, le petit bloc en aluminium de 1 290 cm³ à double arbre à cames en tête délivre une sonorité enjouée, des montées en régime franches et une agilité remarquable grâce au poids plume de l’auto (environ 860 kg).

    Un mythe immortalisé sur pellicule

    En mariant la beauté magnétique d’un Alain Delon âgé de 24 ans aux lignes pures de la Giulietta Spider, Plein Soleil a offert à la marque au Biscione l’une de ses apparitions les plus envoûtantes du 7ᵉ Art. Une symbiose parfaite entre le chic méditerranéen et la passion automobile milanaise.

  • Alfa Romeo dans « Le Mépris » : La flamboyante 2600 Spider Touring au panthéon du cinéma de Jean-Luc Godard

    Alfa Romeo dans « Le Mépris » : La flamboyante 2600 Spider Touring au panthéon du cinéma de Jean-Luc Godard

    Sorti sur les écrans en 1963, Le Mépris de Jean-Luc Godard (adapté du roman d’Alberto Moravia) s’est imposé comme l’un des sommets esthétiques de la Nouvelle Vague et du cinéma mondial. Sublimé par le Technicolor, le format Cinémascope et la musique déchirante de Georges Delerue (Le Thème de Camille), le film met en scène la désagrégation d’un couple incarné par Brigitte Bardot (Camille) et Michel Piccoli (Paul Javal).

    Au cœur de ce drame solaire tourné entre Rome et l’île de Capri, une automobile tient un rôle narratif et symbolique central : une somptueuse Alfa Romeo 2600 Spider carrossée par Touring, compagne mécanique du cynique et richissime producteur américain Jeremy Prokosch (Jack Palance).

    La 2600 Spider Touring : Objet de désir et catalyseur du drame

    Dans la grammaire visuelle de Godard, où les couleurs primaires structurent l’espace et les émotions, l’Alfa Romeo 2600 Spider rouge vif ne fait pas office de simple accessoire de luxe. Elle est le catalyseur immédiat de la rupture :

    • L’instrument du pouvoir et de la séduction : Propriété de Prokosch, le Spider italien incarne la réussite tapageuse, la vitesse et la domination financière. Dès les premières scènes aux studios de Cinecittà, Prokosch invite Camille à monter à ses côtés, tandis que Paul accepte avec complaisance de suivre en taxi. Ce geste fondateur déclenche le mépris irréversible de Camille envers son époux.
    • Le symbole de la rupture : Les virées cheveux au vent le long de la côte tyrrhénienne scellent l’éloignement des protagonistes, faisant du bolide rouge le véhicule d’une fuite sans retour.

    Le noble 6-cylindres en ligne au sommet de la Dolce Vita

    Présentée au Salon de Genève en 1962, l’Alfa Romeo 2600 Spider (Type 106.01) représentait à l’époque le vaisseau amiral décapotable de la maison milanaise :

    • Un 6-cylindres noble et musical : Sous son long capot en aluminium doté d’une discrète prise d’air, la 2600 abritait un bloc 6-cylindres en ligne de 2 584 cm³ à double arbre à cames en tête (Bialbero) alimenté par trois carburateurs double-corps Solex, délivrant 145 ch et capable d’atteindre 200 km/h.
    • Le coup de crayon de Carrozzeria Touring : Avec sa calandre Scudetto encadrée par deux doubles optiques, ses lignes fluides et son châssis raccourci construit selon le procédé breveté Superleggera, la 2600 Spider offrait une prestance royale alliant confort de grand tourisme et sportivité.
    • Une exclusivité rare : Produite à seulement 2 255 exemplaires entre 1962 et 1965, elle incarnait le raffinement italien par excellence face aux productions britanniques ou américaines de l’époque.

    De Cinecittà au tragique dénouement de la Villa Malaparte

    Si l’on aperçoit également une Alfa Romeo Giulietta Spider dans l’effervescence des décors romains, c’est bien la 2600 Spider qui marque l’épilogue tragique du film.

    Après les affrontements psychologiques sur le toit rougeoyant de la Villa Malaparte à Capri, Camille décide de quitter Paul et de regagner Rome en compagnie de Prokosch à bord du Spider. Lancée à pleine vitesse sur une route de campagne, l’Alfa Romeo vient s’encastrer sous la remorque d’un camion-citerne, mettant un point final brutal et poétique à la tragédie.

    En associant la beauté iconique de Brigitte Bardot aux lignes sculpturales de l’Alfa Romeo 2600 Spider Touring, Jean-Luc Godard a gravé à jamais le grand cabriolet milanais dans l’histoire de l’art cinématographique.

  • Quand Patrick Dewaere pilotait le Coupé Alfa Romeo GTV : Le bolide culte de « Mille milliards de dollars »

    Quand Patrick Dewaere pilotait le Coupé Alfa Romeo GTV : Le bolide culte de « Mille milliards de dollars »

    Dans le thriller politico-financier d’Henri Verneuil Mille milliards de dollars (1982), le grand reporter Paul Kerjean — incarné avec une intensité fiévreuse par Patrick Dewaere — mène son enquête explosive contre la tentaculaire multinationale GTI au volant d’une sportive italienne emblématique : le Coupé Alfa Romeo GTV (Alfetta GTV).

    Loin des berlines traditionnelles ou des limousines statutaires conduites par les élites et les industriels corrompus du film, ce coupé racé et nerveux devient le prolongement mécanique idéal d’un journaliste d’investigation libre, passionné et réfractaire à toute forme de compromis.

    Le Coupé GTV : La monture parfaite pour un reporter en quête de vérité

    Dans la mise en scène rythmée d’Henri Verneuil, le choix du Coupé GTV pour accompagner Paul Kerjean renforce le caractère tranchant et l’urgence de sa traque :

    • Un symbole d’anticonformisme : Avec sa ligne fastback agressive et son tempérament sportif, l’Alfa Romeo tranche nettement avec le conformisme ambiant des grands patrons en berlines allemandes.
    • Le rythme des filatures et des cavales : Entre Paris, les routes de campagne et la frontière suisse, les montées en régime franches du moteur double arbre milanais accompagnent la tension dramatique et la solitude du héros.

    Le chef-d’œuvre de Giugiaro et la magie du Transaxle

    Dérivé de la plateforme de l’Alfetta et dessiné par Giorgetto Giugiaro (Italdesign), le Coupé Alfa Romeo GTV s’est imposé comme l’une des plus belles réussites du design et de l’ingénierie italienne des années 1970 et 1980 :

    • Une ligne fastback inimitable : Un profil plongeant, une calandre acérée ornée du Scudetto et une surface vitrée généreuse offrant une visibilité et une allure athlétique remarquables.
    • L’architecture Transaxle d’exception : Moteur longitudinal à l’avant, embrayage et boîte de vitesses rejetés sur le train arrière avec pont De Dion et freins accolés (inboard). Cette disposition mécanique sophistiquée conférait au coupé un équilibre des masses parfait (50/50) et une tenue de route d’une redoutable efficacité.
    • La fougue du 4-cylindres Bialbero : Alimenté par ses deux carburateurs double-corps, le moteur en aluminium à double arbre à cames en tête délivrait une vivacité immédiate à l’accélérateur et des vocalises inoubliables.

    Un tandem inoubliable du 7ᵉ Art

    En mariant la silhouette racée du Coupé GTV au jeu écorché vif de Patrick Dewaere — dont ce fut l’un des ultimes chefs-d’œuvre avant sa disparition prématurée en juillet 1982 —, Mille milliards de dollars a fait entrer ce bolide milanais dans la légende du cinéma français. Une alliance parfaite entre cinéma d’auteur populaire et passion mécanique italienne.

  • Le Trèfle fait son cinéma : L’Alfa Romeo Spider, cette éternelle star des plateaux de tournage

    Le Trèfle fait son cinéma : L’Alfa Romeo Spider, cette éternelle star des plateaux de tournage

    S’il est une voiture qui a su capturer la lumière des projecteurs pour s’imposer comme une icône absolue de la pop culture, c’est bien l’Alfa Romeo Spider. Avec sa silhouette sculpturale, ses galbes sensuels et ce parfum inimitable de Dolce Vita, le mythique cabriolet italien affiche une longévité cinématographique que bien des acteurs lui jalonnent.

    Selon les données du très sérieux Movie Cars Database, la découvrable milanaise vante un record difficilement égalable : elle comptabilise plus de trois cents apparitions sur le grand et le petit écran. Qu’il s’agisse d’une simple silhouette traversant le champ ou d’un premier rôle à part entière, elle a partagé l’affiche avec les plus grands visages du septième art, de Vittorio Gassman à Michelle Pfeiffer, en passant par Ugo Tognazzi et Riccardo Scamarcio.

    Des films d’action aux drames intimes, en passant par les chefs-d’œuvre d’animation, retour sur cinq apparitions mémorables qui ont ancré le Spider dans la légende d’Hollywood et de Cinecittà.

    1. Le Lauréat (1967) – Mike Nichols

    C’est le film qui a fait du « Duetto » une star planétaire. Dans ce chef-d’œuvre récompensé par l’Oscar de la meilleure réalisation, un tout jeune Dustin Hoffman traverse les routes californiennes au son de la bande originale mélancolique de Simon & Garfunkel, fonçant à toute allure à bord de son cabriolet rouge pour rattraper Katharine Ross. La voiture y devient le symbole ultime de la jeunesse, de la liberté et d’une certaine rébellion romantique face aux conventions de l’époque.

    2. Au nom du peuple italien (1971) – Dino Risi

    Dans cette satire grinçante portée par le duo d’anthologie Vittorio Gassman et Ugo Tognazzi, Dino Risi manie l’humour acide pour dresser une critique sociale féroce de l’Italie du boom économique. Au milieu des contradictions de la société italienne de l’époque, l’Alfa Romeo Spider s’impose tout naturellement comme le symbole stylistique et flamboyant du Made in Italy triomphant.

    3. Madonna che silenzio c’è stasera (1982) – Maurizio Ponzi

    Cette comédie surréale raconte la journée loufoque d’un jeune homme au chômage dans la ville de Prato, incarné par Francesco Nuti, qui tente par tous les moyens désespérés de reconquérir le cœur de sa chère et tendre, Maria. Au fil de ses déambulations douces-amères, la présence de la découvrable apporte une touche de poésie mécanique à cette chronique italienne des années 80.

    4. Le Premier qui l’a dit (Mine vaganti – 2010) – Ferzan Özpetek

    Preuve que le charme du Spider traverse les décennies sans prendre une ride, Ferzan Özpetek met en scène une splendide version de quatrième génération dans les décors ensoleillés des Pouilles, avec Riccardo Scamarcio. Le point d’orgue automobile du film reste une course-poursuite à couper le souffle et menée tambour battant dans les ruelles pavées de Lecce, avec une Nicole Grimaudo agrippée au volant à toute berzingue.

    5. Cars 2 (2011) – John Lasseter & Brad Lewis

    La consécration de la pop culture passe aussi par l’animation numérique. Alors que Flash McQueen s’élance pour son premier Grand Prix mondial et que Martin se retrouve embarqué dans une histoire d’espionnage international, les studios Pixar rendent un hommage direct au Spider 1600. Les animateurs ont ainsi donné vie au personnage de Giuseppe Motorosi, un élégant cabriolet qui n’est autre qu’un ancien pilote de Formule 1 des années 1960, retiré des circuits après un terrible accident dans la célèbre courbe Parabolica de Monza. Un clin d’œil fantastique à l’ADN de course d’Arese.