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  • Mai 1985 : Le lancement de l’Alfa 75, l’ultime berline propulsion 100 % Arese

    Mai 1985 : Le lancement de l’Alfa 75, l’ultime berline propulsion 100 % Arese

    En mai 1985, pour célébrer en grande pompe les trois-quarts de siècle de sa fondation (1910–1985), Alfa Romeo dévoile à la presse internationale celle qui porte fièrement le nom de cet anniversaire : l’Alfa Romeo 75 (nom de code interne Tipo 162B).

    Remplaçante de la Giulietta (Type 116), la 75 ne se contente pas d’incarner le renouveau stylistique de la marque sous la plume acérée d’Ermanno Cressoni : elle reste à jamais dans le cœur des Alfistes comme la toute dernière berline sportive conçue et développée de manière 100 % indépendante par l’usine d’Arese avant le rachat par le groupe Fiat en novembre 1986.

    Le coup de crayon d’Ermanno Cressoni : L’art du profil en coin

    Dessinée par le Centro Stile Alfa Romeo sous la direction du visionnaire Ermanno Cressoni, l’Alfa 75 pousse à l’extrême le style en coin (cuneo) cher à la marque :

    • Une silhouette taillée à la serpe : Une ligne de caisse plongeante vers l’avant, un capot bas, une malle arrière surélevée et un discret bandeau plastique noir courant le long de la ceinture de caisse qui intègre avec malice le bossage de la malle.
    • Un habitacle décalé et ergonomique : La 75 surprend par son frein à main en étrier (la célèbre « poignée en U » intégrant le cendrier), ses commandes de lève-vitres électriques situées sur la console de pavillon au-dessus du rétroviseur, et son module électronique de diagnostic centralisé, l’Alfa Control.

    L’apogée de l’architecture Transaxle

    Sur le plan dynamique, l’Alfa 75 représente l’aboutissement absolu du schéma mécanique Transaxle, hérité de l’Alfetta de 1972 et poussé à son paroxysme :

    • Répartition des masses 50/50 : Moteur longitudinal à l’avant, mais ensemble embrayage-boîte de vitesses-différentiel rejeté sur l’essieu arrière.
    • Train arrière De Dion : Essieu rigide De Dion avec parallélogramme de Watt pour guider parfaitement les roues motrices sans variation de carrossage.
    • Freins arrière « inboard » : Disques de frein arrière accolés à la boîte de vitesses en sortie de différentiel afin de réduire drastiquement les masses non suspendues.

    Ce châssis garantissait une agilité, un pouvoir directionnel et une motricité qui reléguaient la concurrence de l’époque (BMW Série 3 E30, Mercedes 190) au rang de berlines conventionnelles.

    Une palette mécanique d’anthologie dès le lancement

    Dès sa commercialisation au printemps 1985, l’Alfa 75 offre un choix de motorisations d’une grande noblesse :

    • Le Bialbero Nord à carburateurs : Décliné en 1.6 (110 ch), 1.8 (120 ch) et 2.0 (128 ch), alimenté par deux généreux carburateurs double-corps Weber ou Dell’Orto à la sonorité caverneuse.
    • Le légendaire V6 Busso 2.5 Quadrifoglio Verde : Coiffant la gamme à son lancement, le V6 à 60° tout alu de 2 492 cm³ à injection électronique Bosch L-Jetronic délivre 156 ch dans un timbre lyrique inimitable, propulsant la 75 à plus de 210 km/h.
    • Le Turbodiesel VM : Un bloc 2.0 litres de 95 ch, performant pour l’époque.

    Cette base magistrale permettra à Alfa Romeo d’introduire dès les années suivantes la redoutable 75 Turbo (1986), puis la révolutionnaire 75 2.0 Twin Spark (1987) et son différentiel autobloquant à 25 %.

    Le symbole d’une époque dorée

    Produite à plus de 387 000 exemplaires jusqu’en 1992, l’Alfa 75 de 1985 demeure un monument d’ingénierie et de tempérament. Elle clôt avec panache l’ère glorieuse des berlines propulsion nées à Milan, alliant une tenue de route affûtée à la musique viscérale des doubles arbres et du V6 Busso.