Le célèbre collectif de Petites Observations Automobiles (POA) vient de publier son essai complet de l’Alfa Romeo Junior Veloce. L’équipe s’est penchée sur le très haut de gamme électrique du nouveau petit SUV milanais. Avec son moteur de 280 chevaux, son différentiel Torsen et son châssis retravaillé, le Junior Veloce promet sur le papier de retrouver l’authentique esprit « GTI ».
Entre coups de cœur stylistiques et dures réalités économiques, voici ce qu’il faut retenir de leur analyse sans filtre.
Le design extérieur : L’œil de l’expert, Philippe Net
Malgré l’utilisation de la plateforme commune du groupe Stellantis, le travail des designers d’Arese a été salué pour sa capacité à rendre le véhicule désirable et bien campé sur ses roues. Philippe Net, l’expert design du collectif, décrypte les astuces visuelles qui font la force du Junior :
- Une prestance affirmée : Les ingénieurs ont élargi les voies par rapport aux autres modèles de la plateforme, offrant au Junior une excellente assise routière.
- La vue depuis l’habitacle : Le bosselage marqué du capot est parfaitement visible depuis le poste de conduite, participant grandement au plaisir visuel au quotidien.
- L’effet « ailes séparées » : Les flancs creusés au niveau des passages de roues renforcent visuellement le grand diamètre des jantes.
- Un museau radical : Le scudetto proéminent, bien que caricatural, rend la voiture immédiatement identifiable.
- Les clins d’œil historiques : La signature lumineuse à trois feux fait directement référence au coupé SZ de Zagato, tandis que la poupe s’inspire du style aérodynamique Coda Tronca (queue tronquée) cher à la marque.
- La vitre arrière en trapèze : Ce choix graphique conserve une section couleur caisse sur l’aile arrière, donnant au SUV un effet dynamique de propulsion.
- La signature textuelle : L’inscription Alfa Romeo en toutes lettres à l’arrière est saluée comme l’une des plus belles polices de caractères de l’industrie.
Vie à bord : « Le meilleur et le pire se côtoient »
À l’intérieur, l’équipe de POA évoque un paradoxe permanent entre des détails de haute voltige et des éléments industriels trop standardisés.
Du côté des points positifs, le Junior séduit par ses splendides et enveloppants sièges baquets optionnels signés Sabelt, ses touches généreuses d’Alcantara et l’intégration moderne du célèbre combiné d’instrumentation en « longue vue » (Cannocchiale). Un soin tout particulier a été apporté aux aérateurs latéraux rétroéclairés en rouge, arborant fièrement le logo du Biscione.
Cependant, la déception pointe dès que le regard se pose sur la console centrale, directement partagée avec des modèles plus roturiers comme l’Opel Mokka ou la Citroën C5X. Le collectif regrette également le manque d’intégration de l’écran d’infotainment, dont le contour de la dalle reste trop visible, ainsi qu’un espace particulièrement restreint pour les passagers à l’arrière. Le coffre de 400 litres se rattrape néanmoins avec un astucieux système à triple plancher.
Sur la route : Une véritable « lame de rasoir »
Dynamiquement, l’Alfa Romeo Junior Veloce ne triche pas. Capable de signer le 0 à 100 km/h en moins de 6 secondes, le petit SUV s’avère extrêmement joueur et donne immédiatement le sourire à celui qui en prend le volant.
« Cette voiture, c’est une lame de rasoir. Ils ont voulu prouver que c’était une Alfa : il y a beaucoup de précision, c’est affûté quand tu tournes. »
Le train avant, aidé par le différentiel Torsen, encaisse parfaitement la puissance. Mais cette efficacité redoutable dicte sa contrepartie : un amortissement extrêmement ferme. L’équipe qualifie le confort de « noyau de pêche », le véhicule ayant tendance à sautiller sèchement sur chaque rebond de la chaussée.
Le verdict de POA : Une note de 12/20
Malgré le capital sympathie indéniable de l’auto, le couperet tombe lors du bilan financier et technologique. Pour POA, le Junior Veloce souffre de lacunes logicielles et d’une autonomie trop faible pour un véhicule à vocation dynamique.
La petite batterie de 54 kWh (51 kWh utiles) montre très vite ses limites. Sur autoroute, la consommation grimpe rapidement à 20 kWh/100 km, limitant le rayon d’action à peine à 200 kilomètres. En usage mixte, il faut tabler sur une moyenne de 16 kWh/100 km pour espérer parcourir entre 280 et 300 kilomètres. De plus, la puissance de recharge rapide sur borne stagne autour des 80 kW en conditions réelles, malgré les 100 kW théoriques annoncés.
Le principal point de friction reste son tarif de 54 000 € hors bonus pour le modèle d’essai. Un prix jugé « délirant » par le collectif pour les prestations globales proposées, ce qui lui vaut la note globale de 12/20. L’équipe conclut toutefois sur une note d’espoir pour les passionnés : si l’acheter neuf au prix fort demande une sacrée dose de foi, le Junior Veloce pourrait bien devenir un coup de cœur absolu et hautement désirable sur le marché de l’occasion d’ici quelques années.
