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  • Concours d’Élégance d’Allemagne 2026 : Une rarissime Alfa Romeo 6C 1750 « Sperimentale » Touring vedette au lac Tegernsee

    Concours d’Élégance d’Allemagne 2026 : Une rarissime Alfa Romeo 6C 1750 « Sperimentale » Touring vedette au lac Tegernsee

    Ce week-end des 4 et 5 juillet 2026, les pelouses de Gut Kaltenbrunn, nichées sur les rives du somptueux lac Tegernsee en Bavière, vont accueillir la crème de la crème de l’histoire automobile mondiale lors du Concours d’Élégance d’Allemagne. Si l’événement met légitimement à l’honneur le centenaire de Maserati à travers un plateau exceptionnel, c’est bien une œuvre d’art signée Alfa Romeo qui s’annonce comme l’une des stars incontestées du week-end.

    Parmi les 42 automobiles d’exception sélectionnées dans les plus grandes collections privées d’Europe, le Biscione dépêche deux ambassadrices de charme, menées par un chef-d’œuvre absolu d’avant-guerre.

    Le joyau : L’Alfa Romeo 6C 1750 Gran Sport Spyder « Sperimentale » Touring (1931)

    C’est une authentique légende vivante qui s’apprête à fouler la pelouse allemande. Portant le châssis d’une des cinq voitures d’usine préparées par Alfa Romeo pour la mythique Mille Miglia de 1931 (où elle décrocha une formidable 5e place au classement général), cette 6C 1750 Gran Sport raconte une histoire carrossière absolument unique.

    Livrée neuve avec une carrosserie Spyder ultra-légère signée Zagato, elle fut ensuite confiée à la Carrozzeria Touring pour recevoir une robe unique et expérimentale (Sperimentale). Ce prototype unique se distingue par :

    • Des conduits d’air rotatifs inédits sur le capot moteur.
    • Une capote entièrement escamotable, une prouesse pour l’époque.
    • Un état de conservation exceptionnel : la voiture se présente dans un état d’origine largement non restauré, conservant ses rétroviseurs, ses optiques de phares et ses instruments de bord de 1931, avec un historique de propriété limpide et documenté depuis sa sortie d’usine.

    La Dolce Vita des Sixties : L’Alfa Romeo 2600 Touring Spider (1963)

    Pour accompagner ce monstre sacré d’avant-guerre, le catalogue officiel révèle également la présence d’une superbe Alfa Romeo 2600 Touring Spider de 1963.

    Représentant le summum du grand tourisme à ciel ouvert des années 1960 chez Alfa Romeo, ce modèle embarque le noble moteur à six cylindres en ligne de 2,6 litres. Habillé lui aussi par la Carrozzeria Touring, ce cabriolet aristocratique incarne à la perfection le style et le raffinement italien de l’époque de la Dolce Vita, offrant un contraste saisissant avec la sportivité brute de la 6C de 1931.

    Un plateau mondial de très haut niveau

    Pour mesurer la place de choix occupée par Alfa Romeo, il suffit de jeter un œil au reste de la liste des engagés. Les deux belles milanaises partageront la vedette avec des pièces industrielles d’une rareté absolue :

    • Maserati (Centenaire) : Présence des mythiques 300S (1955), du prototype 3500 GT Convertible par Michelotti (1959) et de la rarissime 5000 GT Allemano (1962) ayant appartenu au chanteur Little Tony et au guitariste Joe Walsh.
    • Monstres sacrés allemands : Une Horch 855 Special Roadster Gläser (1939) – le seul exemplaire d’origine survivant connu au monde – et une Mercedes-Benz 540 K Erdmann & Rossi (1936).
    • Exotisme et Supercars : La Bizzarrini 5300 GT Strada (1965) en aluminium restaurée sous la supervision de Giotto Bizzarrini, ainsi que l’incroyable et futuriste Sbarro Alcador (1987) sur base de Ferrari Testarossa.

    Organisé par Thorough Events (l’équipe derrière le prestigieux Concours de Hampton Court Palace), le Concours d’Élégance d’Allemagne s’impose d’emblée comme le rendez-vous incontournable de ce début juillet pour tous les amoureux de carrosserie d’art et d’histoire mécanique.

  • Portrait : Tazio Nuvolari, le « Mantouan Volant » qui a défié les lois de la physique

    Portrait : Tazio Nuvolari, le « Mantouan Volant » qui a défié les lois de la physique

    Ferdinand Porsche disait de lui qu’il était « le plus grand pilote du passé, du présent et de l’avenir ». Enzo Ferrari avouait qu’il était le seul homme dont il avait peur sur la piste. Tazio Nuvolari (1892-1953) n’était pas un pilote, c’était une force de la nature. Petit, sec, le visage souvent masqué par les fumées d’échappement, il a incarné le courage absolu au volant des Alfa Romeo de l’entre-deux-guerres.

    L’inventeur du dérapage contrôlé

    Avant Nuvolari, on conduisait proprement. Nuvolari, lui, a compris qu’avec les pneus étroits et les freins précaires de l’époque, il fallait brutaliser la physique. Il est crédité de l’invention du « dérapage aux quatre roues ». Il jetait son Alfa Romeo en travers bien avant le virage, accélérait à fond, et contrôlait la glisse jusqu’à la sortie. Ce style spectaculaire, couplé à une volonté de fer (il a couru avec des côtes cassées, plâtré !), en a fait l’idole de toute l’Italie.

    L’homme qui éteignait ses phares

    Sa légende est pavée d’exploits, mais celui des Mille Miglia 1930 est éternel. Au volant de son Alfa Romeo 6C 1750 GS, il chasse son grand rival Achille Varzi dans la nuit noire. Pour ne pas être repéré dans les rétroviseurs de Varzi, Nuvolari éteint ses phares à plus de 150 km/h sur des routes de campagne. Il surgit du néant, le double par surprise, et rallume ses lumières une fois devant. Varzi ne s’en remettra jamais.

    La victoire impossible : Nürburgring 1935

    Mais son chef-d’œuvre absolu reste le Grand Prix d’Allemagne 1935. Face aux neuf « Flèches d’Argent » allemandes (Mercedes et Auto Union) soutenues par le régime nazi et disposant de 400 chevaux, Nuvolari aligne une vieille Alfa Romeo P3 qui rend 100 chevaux à ses rivales. Tout le monde le donne perdant. Pourtant, dans le brouillard de l’Enfer Vert, Nuvolari conduit comme un possédé. Il remonte, double les monstres allemands un par un, et gagne devant une tribune officielle nazie médusée. C’est « La Victoire Impossible ».

    Tazio Nuvolari est mort dans son lit, ce qui, pour un homme ayant vécu à 200 km/h toute sa vie, fut son ultime pied de nez au destin.

  • Légende : Alfa Romeo 6C 1750, la reine invincible de l’avant-guerre

    Légende : Alfa Romeo 6C 1750, la reine invincible de l’avant-guerre

    Il y a des voitures qui marquent une année, et d’autres qui marquent une ère. L’Alfa Romeo 6C 1750, lancée en 1929, appartient à la noblesse automobile. À la fin des années 20, les voitures de sport sont souvent des engins énormes, lourds, dotés de moteurs gigantesques (comme les Bentley ou les Mercedes de 7 litres).

    Mais à Milan, un homme pense différemment. L’ingénieur Vittorio Jano a une conviction : « Le poids est l’ennemi. » Il va concevoir une voiture compacte, légère et nerveuse qui va ridiculiser les géants de l’époque.

    Le Chef-d’œuvre de Jano

    La 6C 1750 est une évolution de la précédente 1500, mais sublimée. Son nom vient de son architecture : 6 Cylindres en ligne de 1 750 cm³. Dans ses versions les plus affûtées (Gran Sport ou Super Sport), ce moteur est gavé par un compresseur volumétrique (Roots). Il développe entre 85 et 102 chevaux. Cela peut sembler peu aujourd’hui, mais la voiture ne pesait que 840 kg ! Vitesse de pointe ? Plus de 170 km/h sur les routes défoncées de 1930. Une fusée.

    La star des Mille Miglia

    La 6C 1750 est indissociable de la plus belle course du monde : les Mille Miglia. En 1930, Alfa Romeo réalise un exploit retentissant. La marque place quatre 6C 1750 aux quatre premières places ! C’est lors de cette course que s’est déroulé le duel légendaire entre Achille Varzi et Tazio Nuvolari. Au volant de sa 6C 1750 GS Spider Zagato, Nuvolari a éteint ses phares dans la nuit pour surprendre Varzi et le doubler juste avant l’arrivée à Brescia. Cette victoire a prouvé que la 6C n’était pas seulement rapide, elle était une extension du corps du pilote, capable de danser d’un virage à l’autre avec une grâce féline.

    L’art de la carrosserie : Zagato et Touring

    À cette époque, Alfa Romeo vendait le châssis et le moteur, et le client choisissait son carrossier. La 6C 1750 a été habillée par les plus grands maîtres italiens.

    • Zagato a créé les versions « Spider » minimalistes pour la course, d’une beauté brute et fonctionnelle.
    • Touring a créé la fameuse carrosserie « Flying Star », d’une élégance blanche immaculée, qui a gagné des concours d’élégance autant que des courses.

    L’Héritage

    Produite jusqu’en 1933, la 6C 1750 a tout gagné : Targa Florio, Mille Miglia, 24 Heures de Spa, Grand Prix… Elle a posé les fondations du mythe Alfa Romeo : l’excellence mécanique (double arbre à cames, compresseur) au service du plaisir de pilotage.

    Aujourd’hui, c’est l’une des voitures de collection les plus chères au monde. Voir une 6C 1750 démarrer, c’est entendre le son rauque et précis de l’histoire qui se met en marche.