Étiquette : Interview

  • Salvatore Luongo (Commandant des Carabinieri) : « Nos Alfa Romeo sont comme les destriers des chevaliers »

    Salvatore Luongo (Commandant des Carabinieri) : « Nos Alfa Romeo sont comme les destriers des chevaliers »

    Dans la foulée de la présentation du livre événement retraçant 75 ans de collaboration entre le Biscione et l’Arme des Carabinieri au Musée d’Arese, le général de corps d’armée Salvatore Luongo, commandant général de l’institution, s’est confié au journaliste Domenico Ferrara.

    Dans cet entretien exclusif, il revient sur le poids symbolique du constructeur milanais dans l’inconscient collectif italien, évoque ses souvenirs de jeunesse et esquisse l’avenir de la célèbre Gazzella.


    L’Alfa Romeo Giulia : L’origine du mythe

    Invité à choisir un seul modèle pour résumer plus de sept décennies de patrouilles, le général Luongo n’a pas hésité une seconde : la Giulia.

    « Introduite dans les années 60, elle a marqué un tournant décisif dans nos méthodes opérationnelles, améliorant la vitesse d’intervention et l’efficacité des patrouilles. C’est précisément avec la Giulia qu’est né le surnom de « Gazzelle », pour souligner son agilité et sa réactivité. Ce modèle a grandement contribué à façonner notre image moderne sur le territoire. »

    Pour le commandant, voir passer une Gazzella durant son enfance était bien plus qu’un spectacle visuel. Posséder une miniature de Giulia ou d’Alfetta était un jeu chargé de symboles, évoquant le courage et le sentiment d’un État protecteur et proche des citoyens.


    Le cahier des charges d’une voiture en uniforme

    Pour le général Luongo, une Alfa Romeo de la Polizia ou des Carabinieri doit répondre à des critères stricts qui dictent son efficacité sur le terrain :

    • Fiabilité et Sécurité : Indispensables pour protéger les forces de l’ordre et assurer la continuité du service.
    • Performances : Cruciales pour garantir des interventions rapides et efficaces.
    • Technologie embarquée : Les véhicules actuels sont devenus de véritables centres opérationnels mobiles, combinant des systèmes de géolocalisation, de communication cryptée et d’aide à la décision.
    • Robustesse : Une polyvalence absolue pour passer instantanément d’un environnement urbain dense à des scénarios extra-urbains complexes.

    L’avenir : Électrification et connectivité

    Face aux défis environnementaux et technologiques actuels en cette année 2026, l’Arme des Carabinieri prépare sa transition. Le général imagine les futures montures de ses hommes « toujours plus durables et connectées ».

    Si l’électrification apportera des bénéfices écologiques évidents en ville, et que l’intelligence embarquée maximisera l’efficacité des interventions, le cœur de la mission restera inchangé : garantir la sécurité et la proximité avec la population.


    Une vision chevaleresque : L’anecdote du Radiomobile de Rome

    Pour conclure, le général Luongo a partagé un souvenir marquant de l’époque où il commandait les sections du Radiomobile de Rome, illustrant le lien presque charnel qui unit les militaires à leurs Alfa Romeo :

    « Je n’oublierai jamais le soin minutieux, presque maniaque, de l’un de mes brigadiers chargé de l’entretien. Chaque matin, il vérifiait méticuleusement les voitures et les laissait toutes alignées avec le capot ouvert.

    Je lui ai demandé pourquoi. Il m’a répondu : « Pour deux raisons, mon capitaine. D’abord pour que vous veniez les contrôler vous-même. Ensuite, parce que cela oblige les chauffeurs à faire une vérification supplémentaire avant de partir. » > C’était une vision impressionnante, presque chevaleresque. Celle de cavaliers qui bichonnent, inspectent et encouragent leur destriero (leur destrier) avant de partir en mission. Cela montre à quel point les Carabinieri s’identifient à leurs Alfa. »


    Pensez-vous que l’image de « destrier moderne » évoquée par le général Luongo soit la plus belle définition jamais donnée de la relation entre un conducteur et son Alfa Romeo ?

  • Alfa Romeo selon Gilles Vidal : « Une bête vivante » qui ne doit pas devenir un robot

    Alfa Romeo selon Gilles Vidal : « Une bête vivante » qui ne doit pas devenir un robot

    Depuis sa prise de fonction, Gilles Vidal, le nouveau responsable du design des marques européennes de Stellantis, a réalisé un tour d’Europe où il a pu livrer ses premières impressions sur l’avenir stylistique des marques italiennes du groupe. Interrogé sur la direction qu’il compte donner au Biscione, le designer français a insisté sur la nécessité vitale de préserver l’âme d’Alfa Romeo face aux défis de la modernisation.

    Une « bête vivante » avec du sang dans les veines

    Pour Gilles Vidal, la vision pour Alfa Romeo est claire : la marque doit rester une « bête vivante » dans un sens moderne. Il affirme que les futures Alfa Romeo doivent avoir « le sang qui coule dans ses veines » et posséder une âme. Si le design peut et doit être futuriste et créatif, Vidal met en garde contre un écueil majeur : la voiture ne doit pas ressembler à un robot.

    Le défi principal pour l’équipe de design sera de maintenir les sensations de sportivité et d’agilité, ainsi que le charisme typique de la marque, tout en l’inscrivant dans la modernité. L’ambition affichée est haute : concevoir des véhicules aujourd’hui qui seront considérés comme des objets de collection dans 60 ans. Alfa Romeo doit trouver sa propre voie vers la modernité sans succomber aux tendances génériques.

    Comment Alfa se distingue de Maserati et Fiat

    Gilles Vidal a également précisé le positionnement d’Alfa Romeo par rapport aux autres joyaux italiens du groupe :

    • Maserati doit conserver le « facteur X » et une présence impressionnante tout en restant élégante, sans jamais tomber dans l’exagération ou le « trop bruyant ».
    • Fiat, avec l’exemple de la Grande Panda, doit viser des prix raisonnables tout en offrant le maximum possible, une philosophie jugée « parfaite » pour l’avenir de la marque.
    • Lancia est saluée pour son approche audacieuse et progressiste, illustrée par le concept Pu+Ra et l’Ypsilon.

    Pas de rétrofuturisme gratuit

    Interrogé sur la tendance « rétrofuturiste » (comme la Renault 5 qu’il a dessinée), Vidal estime que cela peut fonctionner pour toutes les marques, à condition d’avoir le bon produit iconique et une pertinence qui va au-delà de la simple esthétique. Il cite l’exemple de la Lancia Fulvia, dont la légèreté et l’agilité seraient pertinentes aujourd’hui, mais insiste sur le fait que l’intelligence artificielle et les outils modernes ne remplaceront jamais l’intelligence créative humaine pour faire ces choix.

    Rendez-vous en 2027

    Les passionnés devront toutefois faire preuve d’un peu de patience. Gilles Vidal indique que les modèles de 2026 sont déjà définis. Les premières voitures de série portant véritablement sa signature devraient arriver vers 2027, bien qu’un concept-car puisse être dévoilé plus tôt pour montrer la direction prise.

    Conscient de la responsabilité qui pèse sur ses épaules, Gilles Vidal aborde sa mission avec humilité et humour : « On ne peut pas se tromper, on ne peut pas les endommager, sinon on finit en prison ».