Étiquette : Histoire

  • Hommage à Helmut Hähn : Une vie entière dédiée à la passion et à la compétition Alfa Romeo

    Hommage à Helmut Hähn : Une vie entière dédiée à la passion et à la compétition Alfa Romeo

    Figure tutélaire du réseau Alfa Romeo en Allemagne et préparateur hors pair basé à Mannheim, Helmut Hähn a marqué au fer rouge l’histoire sportive de la marque au Biscione. Concessionnaire historique et membre honoraire du conseil des concessionnaires allemands, il n’était pas seulement un commerçant passionné : il fut le mentor, le mécène et le tremplin de plusieurs pilotes devenus légendaires sur les circuits internationaux.

    Le trio magique de Mannheim : Schüler, Mass et Ertl

    Dans les années 1960, le garage Hähn à Mannheim devient l’épicentre d’une bande de jeunes passionnés de vitesse. C’est sous l’aile d’Helmut Hähn que trois pilotes d’exception font leurs premières armes au volant des berlines et coupés milanais :

    • Gerd Schüler : Pilote au style posé, fin stratège et régulier, qui accumule les victoires de classe et décroche le titre de vice-champion de la montagne.
    • Jochen Mass : D’abord simple mécanicien dans l’atelier d’Helmut Hähn, Mass insiste inlassablement auprès de son patron pour obtenir sa chance au volant. Rapide, audacieux et spectaculaire, il y lance une immense carrière internationale qui le mènera jusqu’à la Formule 1 et à la victoire aux 24 Heures du Mans.
    • Harald Ertl : Figure fantasque et intrépide du sport automobile allemand, engagé par la suite au sein de l’écurie Hähn avant de rejoindre à son tour les grilles de départ des Grands Prix.

    Helmut Hähn résumait lui-même avec tendresse et lucidité cette époque dorée :

    « Schüler pilotait avec calme, souplesse et intelligence ; Mass était fougueux et prenait tous les risques ; et Ertl était tout simplement un grand malade. Avec ces trois-là, j’ai vécu la plus belle période de ma vie en sport automobile. »

    120 victoires au palmarès des Giulia TI et Alfa GTA

    Sur les courses de côte d’Eberbach ou sur le circuit d’Hockenheim avec le club local (MHSTC), les Alfa Romeo préparées par l’artisan de Mannheim dictent leur loi.

    Au total, l’écurie Hähn accumule environ 120 victoires individuelles avec des modèles devenus cultes :

    • Alfa Romeo Giulia TI Super : Reine des courses de côte et des épreuves pour voitures de tourisme.
    • Alfa Romeo Giulia Sprint GTA : Allégée, affûtée et optimisée dans les moindres détails pour dominer les catégories Tourisme face à la concurrence allemande.

    Technicien méticuleux, Hähn considérait la compétition comme une passion nocturne : la journée était strictement réservée aux clients de la concession, et c’est une fois le rideau baissé que le patron et ses mécaniciens préparaient les bolides pour le week-end.

    Une philosophie de vie : « Alfa, Autos, Arbeit »

    Homme d’une rigueur exemplaire, fier de n’avoir jamais souscrit de dettes au cours de sa carrière, Helmut Hähn résumait son existence à travers la devise des « trois A » : Alfa, Autos, Arbeit (Alfa, Voitures, Travail).

    Après une brève réapparition en compétition en 2002 lors de l’Alfa 147 Diesel Cup à Hockenheim — où il avait constaté avec nostalgie combien le paddock moderne était devenu aseptisé par rapport à la camaraderie des sixties —, il s’est consacré jusqu’au bout à sa passion : la restauration minutieuse et la conservation d’une collection exceptionnelle d’Alfa Romeo historiques.

    Un grand monsieur de la famille Alfa Romeo qui a incarné, durant plusieurs décennies, le dévouement et l’amour pur de la mécanique italienne.

  • Série Spéciale : Alfa Romeo Spider Niki Lauda Edition (1978), l’hommage américain à la Formule 1

    Série Spéciale : Alfa Romeo Spider Niki Lauda Edition (1978), l’hommage américain à la Formule 1

    À la fin des années 1970, l’engagement d’Alfa Romeo en Formule 1 franchit une étape spectaculaire. Fournisseur du mythique moteur 12-cylindres à plat pour l’écurie Brabham, le constructeur milanais réussit un coup d’éclat magistral pour la saison 1978 en recrutant le double champion du monde en titre : Niki Lauda.

    Pour célébrer l’arrivée du champion autrichien au sein de l’écurie Brabham-Alfa Romeo et séduire le marché nord-américain, la marque dévoile au printemps 1978 une série ultra-exclusive : l’Alfa Romeo Spider Niki Lauda Special Edition.

    350 exemplaires numérotés pour le marché américain

    Produite à seulement 350 unités, cette édition commémorative était strictement réservée aux États-Unis.

    Présentée lors du Grand Prix des États-Unis Ouest à Long Beach en 1978 — où Niki Lauda lui-même fit une apparition promotionnelle au volant du cabriolet —, cette déclinaison transformait l’élégante ligne Coda Tronca de la Série 2 en une monture résolument inspirée par l’univers des circuits :

    • Livrée de course exclusive : Peinte en livrée argentée métallisée (Grigio Chiaro), la carrosserie arborait une bande tricolore rouge, blanche et bleue traversant le capot, les flancs et la malle arrière, rappelant les couleurs de l’écurie Brabham-Alfa Romeo et de son sponsor titre Parmalat.
    • Aérodynamisme précurseur : La poupe recevait un imposant becquet arrière en queue de canard (ducktail spoiler), un appendice stylistique spectaculaire qui préfigurait avec quatre ans d’avance le look de la future Série 3 Aerodinamica.
    • Détails extérieurs : Des stickers latéraux « Niki Lauda F1 » sur les ailes avant et des rétroviseurs sport spécifiques soulignaient son appartenance à la catégorie reine.

    Un habitacle commémoratif signé par le champion

    À l’intérieur, l’Alfa Spider Niki Lauda conservait l’agencement sportif de la Série 2 tout en intégrant des éléments de personnalisation exclusifs :

    • Plaque numérotée sur la planche de bord : Chaque exemplaire recevait une plaque émaillée spécifique fixée face au passager, portant le numéro de châssis de la série (de 001 à 350) et la signature gravée de Niki Lauda.
    • Ambiance grand tourisme : Sièges baquets garnis de vinyle noir, volant sport en bois à trois branches ajourées et cadrans ronds logés sous leurs célèbres casquettes orientées vers le conducteur.

    Fiche technique : Le Bialbero 2.0 sous spécification US

    Sous le capot, l’édition Niki Lauda reprenait le bloc mécanique haut de gamme du Spider 2000 Veloce adapté aux strictes normes environnementales américaines :

    • Moteur : 4-cylindres en ligne Bialbero Nord tout alu, 1 962 cm³
    • Alimentation : Injection mécanique SPICA (Società Pompe Iniezione Cassani & Affini)
    • Puissance : ~115 à 120 ch SAE
    • Transmission : Propulsion, boîte manuelle à 5 rapports
    • Sécurité US : Gros boucliers de protection absorbants en caoutchouc

    De la controverse à la pièce de collection majeure

    À son lancement en 1978, la livrée voyante et l’aileron proéminent de l’édition Niki Lauda n’avaient pas fait l’unanimité auprès des puristes de la première heure attachés à la pureté originelle de Pininfarina.

    Aujourd’hui, le statut de cette série limitée s’est totalement inversé. Avec seulement 350 unités produites et une poignée de survivantes répertoriées dans le monde, l’Alfa Romeo Spider Niki Lauda Edition est devenue l’une des versions les plus rares et recherchées de la dynastie 105/115. Elle incarne le témoignage flamboyant d’une époque dorée où la passion de la Formule 1 s’invitait directement sur la route.

  • Alain Delon et l’Alfa Romeo Giulietta Spider : L’éclat solaire du chef-d’œuvre « Plein Soleil »

    Alain Delon et l’Alfa Romeo Giulietta Spider : L’éclat solaire du chef-d’œuvre « Plein Soleil »

    Sorti en salle en 1960 et magistralement réalisé par René Clément, Plein Soleil — première adaptation cinématographique du roman Monsieur Ripley de Patricia Highsmith — a propulsé Alain Delon au rang d’icône absolue du cinéma international. Dans la peau du machiavélique et séduisant Tom Ripley, l’acteur français crève l’écran sous la lumière éclatante de l’Italie du Sud.

    Au cœur de cette atmosphère de Dolce Vita, de liberté insouciante et de noirceur psychologique, une monture emblématique accompagne les déambulations de la jeunesse dorée : une splendide Alfa Romeo Giulietta Spider.

    L’incarnation de la jeunesse dorée et de la Dolce Vita

    Dans le décor somptueux de la côte tyrrhénienne, entre Rome, Naples et les îles parthénopéennes (Ischia et Procida), l’Alfa Romeo Giulietta Spider appartenant à Philippe Greenleaf (Maurice Ronet) et conduite par Tom Ripley (Alain Delon) devient bien plus qu’un simple moyen de transport :

    • Le symbole d’un statut social convoité : Brillante, sportive et décapotée, l’Italienne incarne l’oisiveté luxueuse, l’aisance financière et le charme irrésistible après lesquels court éperdument le personnage de Ripley.
    • Le souffle de la liberté italienne : Cheveux au vent sur les routes sinueuses du littoral et dans les ruelles pavées italiennes, les virées à son bord cristallisent l’insouciance d’une époque dorée avant que le drame ne se noue en haute mer.

    L’Alfa Romeo Giulietta Spider : Le coup de crayon magique de Pininfarina

    Dévoilée au milieu des années 1950 à l’initiative de l’importateur américain Max Hoffman, la Giulietta Spider (Type 750/101) s’est imposée comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la carrosserie italienne :

    • Un dessin signé Battista « Pinin » Farina : Avec ses galbes sensuels, sa calandre Scudetto parfaitement proportionnée et sa poupe fuselée, le Spider transcende les époques par sa grâce et son équilibre parfait.
    • Le mythique 4-cylindres Bialbero : Sous le capot, le petit bloc en aluminium de 1 290 cm³ à double arbre à cames en tête délivre une sonorité enjouée, des montées en régime franches et une agilité remarquable grâce au poids plume de l’auto (environ 860 kg).

    Un mythe immortalisé sur pellicule

    En mariant la beauté magnétique d’un Alain Delon âgé de 24 ans aux lignes pures de la Giulietta Spider, Plein Soleil a offert à la marque au Biscione l’une de ses apparitions les plus envoûtantes du 7ᵉ Art. Une symbiose parfaite entre le chic méditerranéen et la passion automobile milanaise.

  • Alfa Romeo dans « Le Mépris » : La flamboyante 2600 Spider Touring au panthéon du cinéma de Jean-Luc Godard

    Alfa Romeo dans « Le Mépris » : La flamboyante 2600 Spider Touring au panthéon du cinéma de Jean-Luc Godard

    Sorti sur les écrans en 1963, Le Mépris de Jean-Luc Godard (adapté du roman d’Alberto Moravia) s’est imposé comme l’un des sommets esthétiques de la Nouvelle Vague et du cinéma mondial. Sublimé par le Technicolor, le format Cinémascope et la musique déchirante de Georges Delerue (Le Thème de Camille), le film met en scène la désagrégation d’un couple incarné par Brigitte Bardot (Camille) et Michel Piccoli (Paul Javal).

    Au cœur de ce drame solaire tourné entre Rome et l’île de Capri, une automobile tient un rôle narratif et symbolique central : une somptueuse Alfa Romeo 2600 Spider carrossée par Touring, compagne mécanique du cynique et richissime producteur américain Jeremy Prokosch (Jack Palance).

    La 2600 Spider Touring : Objet de désir et catalyseur du drame

    Dans la grammaire visuelle de Godard, où les couleurs primaires structurent l’espace et les émotions, l’Alfa Romeo 2600 Spider rouge vif ne fait pas office de simple accessoire de luxe. Elle est le catalyseur immédiat de la rupture :

    • L’instrument du pouvoir et de la séduction : Propriété de Prokosch, le Spider italien incarne la réussite tapageuse, la vitesse et la domination financière. Dès les premières scènes aux studios de Cinecittà, Prokosch invite Camille à monter à ses côtés, tandis que Paul accepte avec complaisance de suivre en taxi. Ce geste fondateur déclenche le mépris irréversible de Camille envers son époux.
    • Le symbole de la rupture : Les virées cheveux au vent le long de la côte tyrrhénienne scellent l’éloignement des protagonistes, faisant du bolide rouge le véhicule d’une fuite sans retour.

    Le noble 6-cylindres en ligne au sommet de la Dolce Vita

    Présentée au Salon de Genève en 1962, l’Alfa Romeo 2600 Spider (Type 106.01) représentait à l’époque le vaisseau amiral décapotable de la maison milanaise :

    • Un 6-cylindres noble et musical : Sous son long capot en aluminium doté d’une discrète prise d’air, la 2600 abritait un bloc 6-cylindres en ligne de 2 584 cm³ à double arbre à cames en tête (Bialbero) alimenté par trois carburateurs double-corps Solex, délivrant 145 ch et capable d’atteindre 200 km/h.
    • Le coup de crayon de Carrozzeria Touring : Avec sa calandre Scudetto encadrée par deux doubles optiques, ses lignes fluides et son châssis raccourci construit selon le procédé breveté Superleggera, la 2600 Spider offrait une prestance royale alliant confort de grand tourisme et sportivité.
    • Une exclusivité rare : Produite à seulement 2 255 exemplaires entre 1962 et 1965, elle incarnait le raffinement italien par excellence face aux productions britanniques ou américaines de l’époque.

    De Cinecittà au tragique dénouement de la Villa Malaparte

    Si l’on aperçoit également une Alfa Romeo Giulietta Spider dans l’effervescence des décors romains, c’est bien la 2600 Spider qui marque l’épilogue tragique du film.

    Après les affrontements psychologiques sur le toit rougeoyant de la Villa Malaparte à Capri, Camille décide de quitter Paul et de regagner Rome en compagnie de Prokosch à bord du Spider. Lancée à pleine vitesse sur une route de campagne, l’Alfa Romeo vient s’encastrer sous la remorque d’un camion-citerne, mettant un point final brutal et poétique à la tragédie.

    En associant la beauté iconique de Brigitte Bardot aux lignes sculpturales de l’Alfa Romeo 2600 Spider Touring, Jean-Luc Godard a gravé à jamais le grand cabriolet milanais dans l’histoire de l’art cinématographique.

  • Quand Patrick Dewaere pilotait le Coupé Alfa Romeo GTV : Le bolide culte de « Mille milliards de dollars »

    Quand Patrick Dewaere pilotait le Coupé Alfa Romeo GTV : Le bolide culte de « Mille milliards de dollars »

    Dans le thriller politico-financier d’Henri Verneuil Mille milliards de dollars (1982), le grand reporter Paul Kerjean — incarné avec une intensité fiévreuse par Patrick Dewaere — mène son enquête explosive contre la tentaculaire multinationale GTI au volant d’une sportive italienne emblématique : le Coupé Alfa Romeo GTV (Alfetta GTV).

    Loin des berlines traditionnelles ou des limousines statutaires conduites par les élites et les industriels corrompus du film, ce coupé racé et nerveux devient le prolongement mécanique idéal d’un journaliste d’investigation libre, passionné et réfractaire à toute forme de compromis.

    Le Coupé GTV : La monture parfaite pour un reporter en quête de vérité

    Dans la mise en scène rythmée d’Henri Verneuil, le choix du Coupé GTV pour accompagner Paul Kerjean renforce le caractère tranchant et l’urgence de sa traque :

    • Un symbole d’anticonformisme : Avec sa ligne fastback agressive et son tempérament sportif, l’Alfa Romeo tranche nettement avec le conformisme ambiant des grands patrons en berlines allemandes.
    • Le rythme des filatures et des cavales : Entre Paris, les routes de campagne et la frontière suisse, les montées en régime franches du moteur double arbre milanais accompagnent la tension dramatique et la solitude du héros.

    Le chef-d’œuvre de Giugiaro et la magie du Transaxle

    Dérivé de la plateforme de l’Alfetta et dessiné par Giorgetto Giugiaro (Italdesign), le Coupé Alfa Romeo GTV s’est imposé comme l’une des plus belles réussites du design et de l’ingénierie italienne des années 1970 et 1980 :

    • Une ligne fastback inimitable : Un profil plongeant, une calandre acérée ornée du Scudetto et une surface vitrée généreuse offrant une visibilité et une allure athlétique remarquables.
    • L’architecture Transaxle d’exception : Moteur longitudinal à l’avant, embrayage et boîte de vitesses rejetés sur le train arrière avec pont De Dion et freins accolés (inboard). Cette disposition mécanique sophistiquée conférait au coupé un équilibre des masses parfait (50/50) et une tenue de route d’une redoutable efficacité.
    • La fougue du 4-cylindres Bialbero : Alimenté par ses deux carburateurs double-corps, le moteur en aluminium à double arbre à cames en tête délivrait une vivacité immédiate à l’accélérateur et des vocalises inoubliables.

    Un tandem inoubliable du 7ᵉ Art

    En mariant la silhouette racée du Coupé GTV au jeu écorché vif de Patrick Dewaere — dont ce fut l’un des ultimes chefs-d’œuvre avant sa disparition prématurée en juillet 1982 —, Mille milliards de dollars a fait entrer ce bolide milanais dans la légende du cinéma français. Une alliance parfaite entre cinéma d’auteur populaire et passion mécanique italienne.

  • Alfa Romeo 6C 2500 d’après-guerre : Les trois visages de la renaissance du Portello

    Alfa Romeo 6C 2500 d’après-guerre : Les trois visages de la renaissance du Portello

    Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’usine milanaise du Portello n’est plus qu’un champ de ruines sous les bombardements alliés. Pourtant, dès 1945, une poignée d’ingénieurs et d’ouvriers relève un défi insensé : faire renaître la marque au trèfle en réassemblant les stocks de pièces mécaniques miraculeusement préservés des décombres.

    Dernière représentante de la prestigieuse lignée des six-cylindres conçue avant-guerre, l’Alfa Romeo 6C 2500 est devenue l’artisan majeur de cette reconstruction. Entre 1946 et 1953, elle a incarné la passerelle technique et stylistique reliant l’artisanat des maîtres carrossiers à l’ère industrielle moderne. Retour sur les trois déclinaisons majeures qui ont sauvé et sublimé le mythe Alfa Romeo.

    L’orfèvrerie mécanique sous la houlette de Satta Puliga et Busso

    Lancée initialement en 1939 comme ultime évolution de la 6C 2300, la 6C 2500 repose sur le chef-d’œuvre d’ingénierie signé par Vittorio Jano : un moteur 6-cylindres en ligne à bloc en fonte et culasse en aluminium à chambres hémisphériques, coiffé d’un double arbre à cames en tête.

    Pour orchestrer la relance d’après-guerre, la direction technique est confiée à Orazio Satta Puliga, épaulé par un jeune ingénieur promis à un destin légendaire : Giuseppe Busso.

    L’autotelaio de la 6C 2500 surclasse alors la quasi-totalité de la production mondiale grâce à un châssis à quatre roues indépendantes particulièrement sophistiqué :

    • Train avant : Quadrilatères oscillants et ressorts hélicoïdaux enfermés dans des boîtiers verticaux spécifiques, dérivés du schéma Dubonnet perfectionné par Jano.
    • Train arrière : Barres de torsion longitudinales inspirées de brevets Ferdinand Porsche et amortisseurs hydrauliques télescopiques.
    • Poste de conduite : Fidèle à la tradition des grandes autos de course italiennes, la 6C 2500 conserve le volant à droite, couplé à une direction à vis et secteur d’une précision chirurgicale à haute vitesse.

    6C 2500 Sport Freccia d’Oro (1947–1950) : Le « Gobbone » d’usine

    Première grande nouveauté d’après-guerre produite à 680 exemplaires, la Freccia d’Oro inaugure une rupture industrielle majeure : sa carrozzeria n’est plus simplement boulonnée mais directement soudée aux longerons et traverses du châssis, préfigurant le concept de caisse autoporteuse.

    Dessinée et assemblée en interne par la Carrozzeria Alfa Romeo (l’ancêtre direct du Centro Stile), elle se distingue par sa ligne fastback très galbée qui lui vaudra le surnom affectueux de « Gobbone » (le bossu).

    Animée par le 6-cylindres 2.5 alimenté par un carburateur simple corps développant 90 puis 93 ch, la Freccia d’Oro file à 155 km/h dans le confort d’un salon milanais.

    Sa robustesse et son équilibre dynamique éclatent aux yeux du monde lors de la toute première édition de la Carrera Panamericana en 1950 : sur les pistes cassantes mexicaines, les deux Freccia d’Oro engagées terminent aux sensationnelles 4e (Piero Taruffi / Isidoro Ceroli) et 8e places du classement général (Felice Bonetto / Bruno Bonini) au milieu des gros V8 américains.

    6C 2500 Super Sport Gran Turismo (1950–1953) : La quintessence de la Série 3

    Remplaçante directe de la Freccia d’Oro au sein de la troisième série, la Super Sport Gran Turismo est un oiseau rare produit à seulement 119 unités entre 1950 et 1953.

    Cette version représente l’apogée mécanique de la gamme civile :

    • Alimentation Super Sport : Elle adopte la configuration la plus affûtée à trois carburateurs monocorps Weber.
    • Adaptation au carburant d’époque : Pour tolérer le faible indice d’octane de l’essence de la reconstruction, le taux de compression est volontairement abaissé à 7,5:1, délivrant une puissance de 105 ch et une vitesse de pointe de 160 km/h.
    • Modernité à bord : Le levier de vitesses migre derrière le volant sur la colonne de direction, une solution moderne inspirée des tendances américaines libérant de l’espace pour les passagers avant.

    Produite en parallèle de la nouvelle berline 1900 à structure autoporteuse lancée en 1950, la 6C 2500 SS Gran Turismo clôturera définitivement le grand livre de la lignée 6C en décembre 1953.

    6C 2500 Super Sport Cabriolet Pinin Farina (1946–1951) : La haute couture en plein air

    Dévoilé lors des Premières Journées d’Élégance de Lausanne à l’automne 1946 pour relancer le rayonnement de la carrosserie transalpine, le cabriolet 2 places carrossé par Pinin Farina est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre du design automobile mondial.

    Établie sur le châssis court Super Sport (empattement réduit à 2 700 mm), la découvrable milanaise sublime les canons esthétiques de l’immédiat après-guerre :

    • Face avant intégrant la calandre trilobée Alfa Romeo encadrée d’optiques profilées dans les ailes.
    • Poignées de portes affleurantes intégrées dans la carrosserie.
    • Pare-brise et capot moteur s’ouvrant en deux parties papillon.

    Adoptée par les grands de ce monde — de Tyrone Power au prince Rainier III de Monaco en passant par Juan et Evita Perón —, cette reine d’élégance capable d’atteindre 165 km/h demeure aujourd’hui l’une des Alfa Romeo les plus cotées et convoitées lors des grands concours internationaux.

  • Revue de presse : Le classement mythique des 50 meilleures voitures italiennes de tous les temps selon TopGear

    Revue de presse : Le classement mythique des 50 meilleures voitures italiennes de tous les temps selon TopGear

    Le magazine britannique Top Gear vient de publier son palmarès ultime des 50 plus grandes voitures italiennes de tous les temps. Des supercars d’exception aux citadines populaires en passant par les bolides de rallye et les berlines de sport, la rédaction anglaise rend un hommage vibrant au génie mécanique, au design et à la passion automobile de la Péninsule.

    Au milieu des monstres sacrés signés Ferrari, Lamborghini, Lancia ou Maserati, Alfa Romeo tire largement son épingle du jeu avec 6 modèles emblématiques représentés, dont un chef-d’œuvre hissé directement dans le Top 10 mondial.

    Les Alfa Romeo au sommet de l’histoire automobile

    Pour la rédaction de Top Gear, la marque au Biscione incarne l’âme même de l’automobile italienne. Six modèles retracent ainsi près d’un siècle d’excellence milanaise :

    • 10e : Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio — Seule berline moderne présente dans le Top 10 absolu, la Giulia Quadrifoglio est saluée comme l’une des plus grandes réussites de l’ère moderne. Avec son châssis Giorgio de référence, son V6 de 510/520 ch et son comportement incisif, Top Gear rappelle qu’elle est arrivée sur le marché pour surclasser la concurrence et s’imposer comme un chef-d’œuvre intemporel.
    • 14e : Alfa Romeo 33 Stradale (1967) — Régulièrement qualifiée de « plus belle voiture de tous les temps », la 33 Stradale originale combine une ligne à couper le souffle signée Franco Scaglione à des innovations pionnières (première boîte 6 vitesses sur une voiture de route, suspension à doubles triangles) et un V2.0 de compétition envoûtant.
    • 31e : Alfa Romeo Giulia Sprint GTA — Version d’homologation carrossée en aluminium de la série 105, ce coupé de 745 kg et 113 ch incarne la philosophie ultime du « less is more » : une agilité pure et un coup de crayon magistral.
    • 37e : Alfa Romeo Spider Duetto — Devenue une icône mondiale du cabriolet, la création supervisée par Battista « Pinin » Farina séduit par ses proportions parfaites et la mélodie inoubliable de son moteur Bialbero.
    • 43e : Alfa Romeo 8C (années 1930) — Reine incontestée de l’avant-guerre, la lignée des 8C incarnait le sommet absolu du prestige et de la performance avec son légendaire 8-cylindres en ligne de compétition.
    • 46e : Alfa Romeo GTV6 — L’écrin par excellence du mythique V6 Busso, dont la sonorité et le caractère balayent toutes les considérations rationnelles.

    Le Top 10 et les grands vainqueurs

    Le sommet du classement couronne la mythique Ferrari F40 (1ère), première voiture de série à franchir la barre des 200 mph (321 km/h) et dernier modèle validé par Enzo Ferrari, suivie de près par la Lamborghini Miura (2e) et la Ferrari 458 Speciale (3e).

    Preuve que l’Italie excelle aussi dans la simplicité géniale, la Fiat 500 originale (4e) s’invite au pied du podium devant la Lamborghini Countach (5e).

    Le classement complet du Top 50 Top Gear

    RangMarque & ModèleAnnée / Époque
    1erFerrari F401987
    2eLamborghini Miura1966
    3eFerrari 458 Speciale2013
    4eFiat 500 (originale)1957
    5eLamborghini Countach1974
    6eFerrari LaFerrari2013
    7eFerrari Enzo2002
    8eFerrari F501995
    9ePagani Utopia2022
    10eAlfa Romeo Giulia Quadrifoglio2016-présent
    11eFerrari 365 GTB/4 Daytona1968
    12eFerrari F3551994
    13eLancia Delta Integrale1987
    14eAlfa Romeo 33 Stradale1967
    15eFerrari 250 GTO1962
    16ePagani Zonda1999
    17eFerrari 288 GTO1984
    18eFiat Panda (1ère génération)1980
    19eLancia Stratos1973
    20eFerrari F802024
    21eMaserati MC122004
    22eLamborghini Diablo1990
    23eLancia 0371982
    24eLamborghini Revuelto2023
    25eFerrari 812 Superfast2017
    26eFerrari Testarossa1984
    27eFerrari 250 GT SWB1959
    28eLamborghini Aventador2011
    29eLamborghini Murciélago2001
    30eMaserati A6GCS/531953
    31eAlfa Romeo Giulia Sprint GTA1965
    32eLamborghini Huracán2014
    33eMaserati Quattroporte V2003
    34eDe Tomaso Pantera1971
    35eLamborghini LM0021986
    36eFerrari 360 Challenge Stradale2003
    37eAlfa Romeo Spider Duetto1966
    38eFiat X1/91972
    39eLamborghini Gallardo2003
    40eFerrari 3081975
    41eMaserati MC202020
    42eLancia Fulvia HF1965
    43eAlfa Romeo 8C1931
    44eFerrari FF2011
    45eMaserati Bora1971
    46eAlfa Romeo GTV61980
    47eLancia Thema 8.321986
    48eFiat Panda (2e génération)2003
    49eAutobianchi A112 Abarth1971
    50eFiat Dino Coupé1967

  • Revue de presse : Anna Maria Peduzzi, la pilote Alfa Romeo qui défia la dictature

    Revue de presse : Anna Maria Peduzzi, la pilote Alfa Romeo qui défia la dictature

    Le site spécialisé En Voiture Carine consacre un portrait passionnant à une figure légendaire mais trop souvent oubliée du sport automobile italien : Anna Maria Peduzzi. Surnommée à l’époque « la petite fiancée de la vitesse », cette pilote hors du commun est devenue dans les années 1930 l’une des personnalités les plus marquantes associées au volant d’une Alfa Romeo, alliant un coup de volant exceptionnel à un engagement politique d’un courage inouï.

    Une vocation née au volant d’une Alfa Romeo 6C 1500 SS

    Née à Côme en 1912 au sein d’une famille de la bourgeoisie lombarde, Anna Maria Peduzzi rejette très tôt les attentes de la société patriarcale de l’époque. Passionnée de mécanique et féministe avant l’heure, elle s’achète en 1933 — sur ses propres deniers — une Alfa Romeo 6C 1500 Super Sport, véritable bijou d’ingénierie conçu par Vittorio Jano.

    Au volant de son Alfa, elle s’engage la même année sur la mythique course des Mille Miglia aux côtés de son époux, le pilote professionnel Franco Comotti. Elle s’impose rapidement comme une concurrente redoutable dans un peloton quasi exclusivement masculin, devenant l’une des rares femmes admises au plus haut niveau de la compétition automobile d’avant-guerre.

    L’Alfa Romeo comme instrument de résistance antifasciste

    L’article d’En Voiture Carine met en lumière l’épisode le plus héroïque de la vie de la pilote. Farouchement opposée au régime dictatorial de Benito Mussolini, Anna Maria Peduzzi transforme sa passion pour la vitesse en un acte de résistance active.

    Pendant les heures les plus sombres du conflit, elle utilise les performances et l’agilité de son Alfa Romeo 6C pour :

    • Transporter des résistants à travers la Lombardie.
    • Acheminer clandestinement des tracts et du matériel de propagande antifasciste.
    • Forcer les barrages de la milice nocturne sur les routes sinueuses des Alpes italiennes, tirant le meilleur parti du moteur double arbre milanais pour semer ses poursuivants.

    Une pionnière au patrimoine de la course automobile

    Après la Seconde Guerre mondiale, Anna Maria Peduzzi reprend son casque et poursuit sa carrière sportive jusque dans les années 1960 sur des montures Ferrari, Simca-Gordini et Stanguellini. Toutefois, son nom restera éternellement lié à Alfa Romeo, la marque qui lui a permis de révéler son talent et d’inscrire son nom au panthéon des héros de l’histoire automobile.

    Une belle mise en lumière à retrouver en intégralité sur En Voiture Carine.

  • Revue de presse : Alfa Romeo à l’honneur dans le Top 50 des meilleures sportives de tous les temps par Octane

    Revue de presse : Alfa Romeo à l’honneur dans le Top 50 des meilleures sportives de tous les temps par Octane

    Le célèbre magazine britannique Octane a publié un numéro hors-série événement consacré à la sélection des 50 meilleures voitures de sport de tous les temps. Pour composer ce classement, le jury de journalistes automobiles — cumulants plus d’un siècle d’expérience — s’est affranchi des définitions strictes pour retenir un critère fondamental : « un véhicule au tempérament sportif affirmé, offrant autant de joie et de sensations en virage qu’en ligne droite ».

    Si le classement final trahit sans surprise un biais britannique très prononcé (la présence massive de Lotus, Jaguar, MG, Austin-Healey, TVR, Triumph ou Caterham occupant notamment les premières places avec la Jaguar E-Type en 2e position ou la Lotus Elise en 4e), la marque Alfa Romeo tire brillamment son épingle du jeu. Le Biscione place trois icônes majeures dans ce Top 50 mondial, dont une légende sacrée installée au cœur du Top 10.

    47e place : Alfa Romeo 33 Stradale (1967)

    Dérivée directe de la Tipo 33 de compétition, la 33 Stradale est saluée par Octane comme l’une des réalisations les plus impressionnantes des années 1960, capable de « faire paraître presque tout ce qui a été produit depuis un peu banale ».

    Dessinée par Franco Scaglione et assemblée chez Carrozzeria Marazzi à seulement 18 exemplaires, elle embarquait un V2.0 atmosphérique poussé à 227 ch pour un poids plume de seulement 700 kg. Voiture de série la plus chère du monde à son lancement, elle reste l’un des sommets absolus du design et de la légèreté à l’italienne.

    • Moteur : V8 1 995 cm³ atmosphérique
    • Puissance : 227 ch
    • Poids : 700 kg
    • 0 à 100 km/h : 6,5 s
    • Vitesse max. : 260 km/h

    12e place : Alfa Romeo Spider « Duetto » (1966)

    Installé au portes du Top 10, le Spider Duetto de 1966 est crédité pour avoir scellé la réputation d’Alfa Romeo en tant que maître incontesté du roadster attrayant et accessible.

    Supervisé par Pininfarina et immortalisé à l’écran par Dustin Hoffman dans le film Le Lauréat (1967), son profil « Osso di Sepia » (os de seiche) et la mélodie de son moteur double arbre ont marqué des générations d’amateurs de cabriolets. Octane met tout particulièrement en avant les Séries 1 et 2 pour leur pureté ligne et la simplicité de leur capote manipulable d’une seule main depuis le siège conducteur.

    • Moteur : 4-cylindres 1 570 cm³ (puis 1750 et 2000)
    • Puissance : 110 ch
    • Transmission : Boîte manuelle 5 rapports, propulsion
    • Vitesse max. : 164 km/h (102 mph)

    7e place : Alfa Romeo 8C 2300 (1931) — Le chef-d’œuvre au Top 10

    Dominant le classement à la 7e position, l’Alfa Romeo 8C 2300 se hisse parmi les plus grandes légendes de l’histoire automobile mondiale, devancée seulement par la Porsche 911 (1ère), la Jaguar E-Type (2e), l’AC Cobra (3e), la Lotus Elise (4e), la Lotus Elan (6e) et talonnée par la Mazda MX-5 (8e).

    Née du génie de l’ingénieur Vittorio Jano — débauché chez Fiat en 1923 à l’initiative du jeune Enzo Ferrari —, la 8C 2300 a forgé le mythe moderne du Trèfle à Quatre Feuilles en remportant les 24 Heures du Mans quatre fois consécutives entre 1931 et 1934.

    Dans cet essai au long cours mené entre Portsmouth et Le Mans, le rédacteur en chef d’Octane prend le volant du châssis 2111018, un Spider Zagato d’exception répertorié comme la voiture victorieuse aux 24 Heures du Mans 1932 aux mains de Raymond Sommer et Luigi Chinetti. Rénovée mécaniquement par l’atelier spécialisé Jim Stokes Workshops, cette unité développe désormais près de 260 ch grâce à son 8-cylindres en ligne à compresseur Roots.

    « L’Alfa réagit instantanément à la moindre sollicitation. Le moteur bondit à la plus petite pression sur l’accélérateur, la boîte de vitesses est douce et rapide, et le châssis travaille comme un ressort armé. En virage rapide, vous expérimentez la sensation remarquable d’une puissance maîtrisée surmontant l’adhérence mécanique dans une poussée latérale parfaitement contrôlée. »

    — Octane Magazine

    Récapitulatif Alfa Romeo dans le Top 50 Octane

    RangModèleAnnéePoint fort retenu par le jury
    7eAlfa Romeo 8C 23001931Légende des 24H du Mans, moteur 8-cylindres suralimenté envoûtant.
    12eAlfa Romeo Spider (Duetto)1966L’incarnation parfaite du roadster italien populaire et élégant.
    47eAlfa Romeo 33 Stradale1967Rapport poids/puissance d’exception et design d’une beauté intemporelle.

  • Alfa Romeo et la Monterey Car Week : L’histoire d’amour éternelle sur la côte californienne

    Alfa Romeo et la Monterey Car Week : L’histoire d’amour éternelle sur la côte californienne

    Chaque année au mois d’août, la péninsule de Monterey en Californie devient le centre du monde automobile. Entre le mythique Concours d’Élégance de Pebble Beach, les batailles en piste sur le tracé de Laguna Seca et le très exclusif rassemblement The Quail, la Monterey Car Week célèbre ce que l’automobile a produit de plus beau, de plus performant et de plus passionnant.

    Au milieu de cette concentration inégalée d’excellence, une marque italienne suscite une ferveur toute particulière : Alfa Romeo. Des victoires suprêmes sur le gazon du 18e trou de Pebble Beach jusqu’aux vrombissements des V8 et 6-cylindres dans le mythique virage du Corkscrew, retour sur la saga d’Alfa Romeo à Monterey.

    Pebble Beach Concours d’Elegance : Le royaume absolu des Alfa Romeo 8C

    Créé en 1950, le Concours d’Élégance de Pebble Beach est considéré comme le sommet mondial de l’élégance automobile. Pour décrocher la récompense ultime, le saint-graal absolu de tout collectionneur — le titre de « Best of Show » —, un véhicule doit allier une authenticité irréprochable, une élégance de ligne souveraine et une mécanique d’exception.

    Alfa Romeo y occupe une place royale, figurant parmi les marques les plus titrées de l’histoire du concours. Le chef-d’œuvre de l’ingénieur Vittorio Jano, l’Alfa Romeo 8C 2900B, s’est imposé comme une véritable souveraine des lieux :

    • 1988 : L’Alfa Romeo 8C 2900B Touring Spider de 1937 ouvre la voie en décrochant le titre suprême.
    • 2008 : Vingt ans plus tard, c’est au tour de l’extraordinaire Alfa Romeo 8C 2900B Berlinetta Touring de 1938 d’éblouir le jury et de remporter le Best of Show.
    • 2018 : L’exploit se répète dix ans plus tard avec la victoire mémorable de l’Alfa Romeo 8C 2900B Touring Berlinetta de 1937 issue de la collection David Sydorick.

    Ces triomphes répétés confirment une vérité gravée dans le marbre : les créations du Portello habillées par les plus grands carrossiers italiens (Touring, Zagato, Carrozzeria Alfa) dépassent le simple cadre de l’automobile pour s’élever au rang de chefs-d’œuvre d’art visuel.

    1989 : La réunification historique de la trilogie BAT

    L’histoire d’Alfa Romeo à Monterey est également jalonnée de moments d’une intense émotion patrimoniale. En 1989, Pebble Beach est le théâtre d’un événement qui est resté gravé dans les annales : la toute première réunion simultanée des trois Alfa Romeo BAT.

    Conçus entre 1953 et 1955 par le designer Franco Scaglione pour la Carrozzeria Bertone sur des châssis d’Alfa Romeo 1900, les trois concepts aérodynamiques BAT 5, BAT 7 et BAT 9 (Berlina Aerodinamica Tecnica) exploraient les limites de la pénétration dans l’air. Réunies pour la première fois sous les yeux de Nuccio Bertone lui-même, ces trois « soucoupes » au design futuriste ont offert aux spectateurs californiens un spectacle d’une magie inoubliable.

    Laguna Seca & The Quail : Du rugissement des pistes au futur du Biscione

    L’histoire d’Alfa Romeo à Monterey ne s’écrit pas seulement à l’arrêt sur les pelouses tirées à quatre épingles : elle rugit également en piste sur le circuit de WeatherTech Raceway Laguna Seca lors de la Rolex Monterey Motorsports Reunion.

    Chaque année, les 8C 2300 Monza, Giulia TZ1 et TZ2, GTA, Tipo 33 et monoplaces de Formule 1 Alfa Romeo plongent à toute allure dans le légendaire plongeon du Corkscrew, rappelant à la foule américaine que le trèfle à quatre feuilles (Quadrifoglio) est né dans la fureur de la compétition.

    Enfin, du côté du rassemblement The Quail, A Motorsports Gathering, Alfa Romeo utilise régulièrement le cadre enchanteur de la vallée de Carmel pour lier son glorieux passé à son avenir électrisant. C’est là que les passionnés américains ont pu admirer la supercar 8C Competizione, le coupé léger 4C, les déclinaisons Quadrifoglio des Giulia et Stelvio, jusqu’à la présentation récente de la spectaculaire 33 Stradale.

    À Monterey, Alfa Romeo ne participe pas seulement à la fête : le Biscione en incarne l’âme, la passion et l’éternelle élégance italienne.