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  • Légende : Alfa Romeo Giulia GT « Bertone », la silhouette parfaite

    Légende : Alfa Romeo Giulia GT « Bertone », la silhouette parfaite

    Si l’Alfa Romeo 105 (la série Giulia) était une famille, la berline serait le père respectable, le Spider la mère glamour, et le Coupé GT le fils prodigue, rebelle et talentueux. Lancé en 1963, ce coupé est souvent appelé simplement « Le Coupé Bertone ». Il a traversé les décennies (produit jusqu’en 1976) en devenant l’archétype de la sportive italienne : un moteur brillant dans une robe signée par un maître.

    Le coup de maître d’un jeune prodige

    La ligne de la Giulia GT a été dessinée au sein de la carrosserie Bertone. Mais ce n’est pas Nuccio Bertone qui tenait le crayon. C’est un jeune designer de 22 ans, un certain Giorgetto Giugiaro. Il a réussi à créer une silhouette d’un équilibre absolu. Le pavillon est lumineux avec ses montants fins, l’arrière est tronqué pour l’aérodynamisme, et les proportions sont idéales. C’est une voiture qui semble compacte et musclée, prête à bondir.

    Le « Scalino » : La signature des puristes

    Les premiers modèles (Sprint GT) possèdent un détail qui fait aujourd’hui s’envoler leur cote : le « Scalino » (la petite marche). Le capot avant ne joint pas parfaitement la calandre, créant un décalage, comme une « boîte aux lettres ». À l’origine, c’était une contrainte de design non résolue, mais c’est devenu la signature la plus recherchée des collectionneurs (aussi appelée « Boîte aux lettres » ou « Step-nose »). Par la suite, la face avant sera lissée sur les versions 1750 GTV et 2000 GTV, perdant ce petit défaut qui faisait tout son charme.

    Le Bialbero dans tous ses états

    Le Coupé Bertone a accueilli toutes les déclinaisons du mythique 4 cylindres double arbre (Bialbero) :

    • GT 1300 Junior : L’entrée de gamme rageuse, adorée des jeunes de l’époque.
    • Sprint GT Veloce (1600) : L’équilibre originel.
    • 1750 GTV : Souvent considérée comme la meilleure version, avec le moteur le plus onctueux et un intérieur magnifique.
    • 2000 GTV : La plus puissante (132 ch) et la plus rapide, taillée pour l’autoroute.

    Peu importe la cylindrée, la magie est la même : une sonorité rauque à l’admission, une réponse instantanée à l’accélérateur et cette odeur d’huile et d’essence typique des vieilles Alfa.

    La légende GTA

    Impossible de parler du Coupé Bertone sans évoquer sa sœur maléfique : la Giulia GTA (Gran Turismo Alleggerita). Préparée par Autodelta, avec sa carrosserie en aluminium riveté et son double allumage, elle a écrasé la concurrence en Championnat d’Europe de Tourisme. La GTA a donné au paisible coupé de route une aura de voiture invincible, capable de battre des Ford Mustang ou des BMW bien plus puissantes.

    L’Héritage

    Aujourd’hui, le « Coupé Bertone » est la porte d’entrée royale dans l’univers Alfa Romeo classique. C’est une voiture qui se conduit comme une moderne (elle s’insère sans problème dans le trafic actuel), mais qui distille des sensations pures, sans filtre. C’est la quintessence du Cuore Sportivo.

  • Voiture de l’Année : 2001, quand l’Alfa 147 prouvait que la foudre peut tomber deux fois

    Voiture de l’Année : 2001, quand l’Alfa 147 prouvait que la foudre peut tomber deux fois

    On dit souvent que le succès est éphémère. Mais chez Alfa Romeo, au tournant du millénaire, le succès était une habitude. Trois ans seulement après le sacre de la 156, le jury de la Voiture de l’Année succombait de nouveau au charme italien.

    En 2001, c’est l’Alfa Romeo 147 qui remportait le titre suprême (avec 238 points), devançant de justesse la Ford Mondeo et… la Toyota Prius. Une victoire symbolique : la passion l’emportait sur la raison et sur l’hybridation naissante.

    Une « GTI » en tenue de soirée

    Si la 156 avait réinventé la berline, la 147 a bousculé le segment des compactes, alors dominé par une Volkswagen Golf très (trop ?) sérieuse. Dessinée par le duo Walter de Silva et Wolfgang Egger, la 147 était une pépite visuelle. Son nez, inspiré de la légendaire 6C 2500 Villa d’Este, affichait une calandre verticale audacieuse qui coupait le pare-chocs en deux.

    À l’intérieur, c’était le choc. Compteurs en fûts profonds, plastiques moussés, volant trois branches : elle a apporté le « Premium » dans la catégorie bien avant que ce ne soit la norme. C’était la voiture que l’on achetait pour être vu, mais surtout pour conduire.

    Le meilleur châssis de sa catégorie

    Car le secret de la victoire de la 147 ne résidait pas seulement dans ses courbes. C’était une véritable Alfa sous la tôle. Elle a eu l’audace de reprendre la plateforme de la 156, intégrant ainsi la fameuse suspension avant à double triangulation.

    Le résultat ? Un train avant incisif, une direction directe quasi-télépathique et une tenue de route qui renvoyait la concurrence à ses études. Qu’elle soit animée par les pétillants Twin Spark ou les vigoureux JTD (qui gagnaient alors leurs lettres de noblesse), la 147 donnait le sourire à chaque rond-point.

    Le mythe GTA

    Impossible d’évoquer la 147 sans une pensée émue pour sa version ultime, arrivée peu après le titre : la 147 GTA. En chaussant l’immense V6 3.2L « Busso » de 250 chevaux dans une si petite voiture, Alfa Romeo a créé un monstre, une anomalie magnifique, le chant du cygne de l’ère atmosphérique.

    La 147 reste aujourd’hui l’un des plus grands succès commerciaux de la marque (produite pendant 10 ans !). Elle nous rappelle qu’une voiture compacte peut avoir une âme immense. Espérons que le Junior, lui aussi compact et stylé, connaisse un destin aussi glorieux dans les cœurs, même si l’époque a changé.