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  • Enrico Fumia : L’ingénieur-esthète qui a sculpté la renaissance d’Alfa Romeo

    Enrico Fumia : L’ingénieur-esthète qui a sculpté la renaissance d’Alfa Romeo

    Dans le panthéon des designers automobiles italiens, Enrico Fumia occupe une place singulière. Né à Turin en 1948, cet ingénieur aéronautique de formation — diplômé du Politecnico de Turin en 1976 avec une thèse expérimentale sur l’aérodynamique validée dans la soufflerie Pininfarina — a marqué d’une empreinte indélébile le style d’Alfa Romeo.

    Bien qu’il ait mené une brillante carrière managériale chez Pininfarina (dont il est devenu Vice-Directeur Général) plutôt que d’y être un styliste officiel, sa liberté créative lui a permis de signer quelques-uns des plus grands chefs-d’œuvre de la marque milanaise. Du renouveau de la 164 au coup de génie du duo GTV/Spider 916, retour sur le parcours d’un homme qui a su lier la rigueur de l’air à la beauté du métal.

    La connexion secrète avec l’Alfa Montreal dès 1966

    La vocation d’Enrico Fumia pour le dessin automobile remonte à sa plus tendre enfance. Dès l’âge de 15 ans, il fait évaluer ses dessins par la maison Pininfarina. C’est là qu’il rencontre Franco Martinengo, alors directeur du centre de style de Grugliasco, qui lui conseille de s’orienter vers des études universitaires plutôt que vers les écoles de design de l’époque.

    En 1966, le jeune Fumia se fait remarquer en remportant le prestigieux concours Grifo d’Oro Bertone (dans la catégorie Juniors) grâce à son projet futuriste baptisé « Linea 18 ». Un triomphe inattendu face à une concurrence féroce (seuls 1 069 projets furent admis sur plus de 5 000 inscrits). Ce n’est que bien plus tard que l’étudiant découvrira un détail fascinant : les gabarits techniques imposés par Bertone pour le concours étaient en réalité ceux de la future Alfa Romeo Montreal, qui ne sera révélée au public qu’en 1967.

    De l’« Albertina » à la 164 : La berline qui devait être une BMW

    Après son embauche chez Pininfarina en juillet 1976, Fumia propose régulièrement ses idées sous l’œil bienveillant de Leonardo Fioravanti. Son premier projet d’envergure, mené à 100 %, est l’Audi Quartz (présentée au Salon de Genève 1981). Ce concept-car révolutionnaire sur base d’Ur-Quattro fait appel à des matériaux d’avant-garde (Kevlar, carbone, plexiglas) et introduit pour la première fois des projecteurs polyellipsoïdaux totalement inédits développés avec Carello.

        [ Projet interne Pininfarina "Alberto" ] ──► Propulsion (Annulé)
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             [ Projet "Albertina" / Code 154 ] ──► Transposé sur plateforme "Tipo 4"
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                 [ ALFA ROMEO 164 ] (1987)
    

    Cette expérience technique va directement servir la création de l’Alfa Romeo 164. À l’origine, Pininfarina travaillait sur deux projets internes de berlines à propulsion : « Alberto » et sa déclinaison plus petite « Albertina » (portant le code interne 154). Enrico Fumia révèle d’ailleurs une anecdote surprenante : avant de devenir une Alfa, ce dessin avait été initialement proposé à BMW pour un projet de berline resté sans suite.

    Lorsque Alfa Romeo décide de s’associer au projet de plateforme commune « Tipo 4 » (qui donnera naissance aux Fiat Croma, Lancia Thema et Saab 9000 dessinées par Giugiaro), la direction du Biscione demande à Pininfarina d’adapter le projet de l’« Albertina 154 » sur ce nouveau châssis à traction avant. Après quelques ajustements validés par Fioravanti, le dessin final réinterprété par Fumia est choisi pour devenir la prestigieuse Alfa Romeo 164.

    Le sauvetage esthétique du Duetto (Série 4)

    À la fin des années 1980, le mythique Spider Alfa Romeo (dérivé du Duetto) est en fin de course, lourdement pénalisé sur le plan esthétique par les contraintes réglementaires américaines. Enrico Fumia ne cache pas son aversion pour les versions de l’époque :

    « La dernière version jusqu’alors ne m’avait jamais plu : alourdie et enlaidie par ces pare-chocs « USA » et le spoiler noir. »

    Chargé de réaliser un ultime restylage pour prolonger la production à l’usine de Grugliasco, Fumia s’inspire de la stratégie de Porsche pour le marché américain. Il dessine des boucliers entièrement intégrés et peints de la même couleur que la carrosserie. Ce coup de pinceau salvateur redonne de l’homogénéité et de la pureté à la silhouette du Spider Série 4, lui permettant de finir sa longue carrière en beauté en revenant visuellement à la pureté de ses origines.

    GTV et Spider 916 : L’art du design intemporel

    Le chef-d’œuvre absolu d’Enrico Fumia pour Alfa Romeo reste sans conteste le duo GTV et Spider (génération 916). Pour ce projet mené sous l’égide de Fiat, l’objectif de Fumia était de recréer le célèbre binôme historique Giulietta Spider et Sprint.

                                      [ Concept Audi Quartz (1981) ]
                                                    │
                              (Optiques circulaires polyellitiques)
                                                    │
                                                    ▼
       [ Gouttière inclinée 164 ] ──► [ ALFA ROMEO GTV & SPIDER (916) ] ◄── [ Bandeau arrière continu 164 ]
    

    Pour façonner cette ligne agressive et acérée, Fumia conçoit d’abord le Spider, puis le Coupé. Il intègre plusieurs éléments stylistiques forts :

    • Les phares « goutte d’eau » : Il réutilise l’idée des optiques polyellitiques de l’Audi Quartz, logées sous deux petites ouvertures circulaires sur le capot.
    • La ligne de flanc : Il sculpte une profonde nervure plongeante, directement inspirée de la « gouttière » de la 164, qui vient mourir de manière fonctionnelle pour délimiter le couvre-capote du Spider.
    • Le bandeau lumineux arrière : Fumia avait initialement dessiné deux feux traditionnels aux extrémités. C’est la direction d’Alfa Romeo qui lui a demandé d’intégrer un bandeau optique traversant et un écusson avant profondément enfoncé à l’image de la 164, afin d’unifier la signature visuelle de la marque.

    Le résultat est une silhouette d’une modernité telle qu’elle n’a pas pris une ride aujourd’hui, Fumia lui-même qualifiant le duo 916 d’« intemporel » par rapport à la 164.

    Après avoir signé la célèbre Ferrari F90 pour le Sultan de Brunei en 1988, Enrico Fumia quittera Pininfarina pour prendre la direction du Centro Stile Lancia, où il dessinera l’une des citadines italiennes les plus vendues de l’histoire, la Ypsilon, avant de concevoir l’intérieur de la Maserati 3200 GT. Mais pour les Alfistes, il restera à jamais l’homme qui a su redonner au Biscione sa posture de prédateur de la route.

  • Alfa Romeo GTV (916) : La flèche d’Enrico Fumia ou l’apogée du « Wedge Design » chez Pininfarina

    Alfa Romeo GTV (916) : La flèche d’Enrico Fumia ou l’apogée du « Wedge Design » chez Pininfarina

    Alors que le projet 916 fête ses 30 ans, le regard porté sur le duo GTV/Spider évolue. Pour les membres de ClubAlfa, il ne s’agit pas seulement du dernier coupé produit à Arese, mais d’un manifeste stylistique où Enrico Fumia a réussi à transposer l’héritage radical des concept-cars des années 70 dans une réalité industrielle complexe.

    Enrico Fumia : Le refus du consensus

    Au début des années 90, Alfa Romeo doit remplacer les mythiques Sprint et GTV (116). Le cahier des charges est ardu : utiliser la plateforme Tipo 2 (partagée avec la Fiat Coupé, mais avec un train arrière spécifique) tout en offrant une identité visuelle capable de traverser les décennies.

    Enrico Fumia, alors chez Pininfarina, opte pour une rupture totale avec les lignes bio-design alors en vogue. Il dessine une « flèche » : une ligne de ceinture de caisse ascendante et ultra-marquée qui découpe le flanc de la voiture, créant une posture dynamique inédite. L’avant, caractérisé par ces quatre blocs optiques circulaires lenticulaires de petit diamètre, confère au GTV un regard « techno » qui semblait tout droit sorti d’un laboratoire de design en 1995.

    Le défi industriel du capot « Klam »

    L’un des points les plus remarquables de la 916, souvent méconnu des néophytes, est son capot moteur. Appelé « Klam », c’était l’une des pièces composites les plus vastes et complexes jamais intégrées à une voiture de série à l’époque.

    Réalisé en KRELO (un composite de résine polyester et de fibres de verre), ce capot intègre non seulement les ailes avant mais aussi les logements des phares. Ce choix technique, coûteux et complexe à ajuster en usine, permettait de conserver un profil avant extrêmement bas tout en répondant aux normes de sécurité, une prouesse impossible avec de l’acier conventionnel.

    Train arrière Multibras : L’exception technique

    Si la plateforme est dérivée du groupe Fiat, Alfa Romeo a exigé une architecture de suspension arrière spécifique pour garantir le cuore sportivo. Le schéma à bras multiples (Multilink) en aluminium, avec son cadre auxiliaire, offrait un effet autodirectionnel passif.

    Pour les puristes, c’est ce train arrière qui sauve le passage à la traction. Il confère au GTV une agilité et une précision en entrée de courbe qui, alliées à une direction très directe ($2.2$ tours de volant), permettent d’oublier l’architecture moteur transversale.

    Du Twin Spark au Busso : L’âme mécanique

    Bien sûr, sur ClubAlfa, l’esthétique ne va pas sans la musique. Si le 2.0 Twin Spark offre un équilibre des masses idéal pour l’attaque en col, le V6 24v « Busso » transforme le GTV en une petite supercar. Avec ses collecteurs d’admission chromés et sa sonorité unique, il reste l’un des moteurs les plus charismatiques de l’histoire, ici dans sa version la plus aboutie techniquement avant les normes Euro 4.

    Pourquoi la 916 est-elle un futur « Instant Classic » ?

    Aujourd’hui, alors que les cotes du GTV 916 commencent à s’envoler, on réalise que Marcello Gandini n’était pas le seul maître de la ligne tranchante. Enrico Fumia a su, avec le GTV, clore le XXe siècle d’Alfa Romeo avec une voiture qui ne ressemble à aucune autre. C’est une auto qui demande des soins, un entretien rigoureux de ses trains roulants, mais qui offre en retour une expérience visuelle et sensorielle que l’on ne retrouvera plus.


    Fiche technique : Saviez-vous que la rigidité torsionnelle du GTV 916 était supérieure à celle de bon nombre de ses contemporaines grâce à l’utilisation massive d’acier à haute résistance dans les zones critiques du châssis, compensant l’absence de toit structurel sur la version Spider ?

  • L’Alfa Romeo Junior sacré « Meilleur Design » lors de la Voiture de l’Année 2026 en Afrique du Sud

    L’Alfa Romeo Junior sacré « Meilleur Design » lors de la Voiture de l’Année 2026 en Afrique du Sud

    Le succès international de l’Alfa Romeo Junior franchit une nouvelle étape symbolique. Le premier modèle 100 % électrique de la marque au Biscione vient de remporter le prestigieux prix du « Meilleur Design » lors de la 40e édition des prix de la Voiture de l’Année (COTY) 2026 en Afrique du Sud.

    L’annonce a été faite lors d’une grande soirée de gala organisée à Johannesburg le 28 mai 2026. Cette distinction vient saluer l’ADN stylistique unique d’Alfa Romeo, qui réussit avec brio sa transition vers l’électrification.

    Une évaluation rigoureuse par les experts du secteur

    Organisée par la South African Guild of Mobility Journalists (SAGMJ), la compétition opposait cette année 18 modèles finalistes. Ces véhicules ont été soumis à un programme d’évaluation intensif de trois jours sur le circuit de Zwartkops Raceway ainsi que sur les routes environnantes de la région de Tshwane.

    Le jury, composé de 28 journalistes automobiles et professionnels de l’industrie cumulant plus de 500 ans d’expérience partagée, a récompensé le Junior pour l’excellence de son exécution esthétique. Cette victoire intervient seulement quelques mois après l’introduction du modèle sur le marché sud-africain.

    Le design comme signature historique

    Avec son gabarit compact de 4,2 mètres, l’Alfa Romeo Junior transpose les proportions historiques et les codes de la marque dans l’ère de la modernité électrique. Sa face avant distinctive et son habitacle entièrement orienté vers le conducteur ont particulièrement séduit le jury.

    « C’est un moment très important pour Alfa Romeo en Afrique du Sud. Le Junior a été conçu pour adapter le langage stylistique d’Alfa Romeo à un format électrique. La reconnaissance du panel COTY pour son design renforce la direction que nous avons prise avec ce modèle. »

    Janus Janse van Rensburg, Directeur Produit et Marketing d’Alfa Romeo.

    La gamme disponible sur le marché local

    En Afrique du Sud, l’Alfa Romeo Junior est commercialisé à travers deux variantes distinctes, toutes deux basées sur une architecture traction performante :

    VersionPuissance et CouplePerformances
    Junior Elettrica118 kW (156 ch) / 260 Nm0 à 100 km/h en un peu plus de 9 secondes
    Vitesse maximale : 152 km/h
    Junior Elettrica Veloce207 kW (280 ch) / 345 Nm0 à 100 km/h en 5,9 secondes
    Vitesse maximale : 200 km/h

    Ce prix international confirme la position de l’Alfa Romeo Junior comme un acteur incontournable du segment des SUV urbains premium, capable de faire la différence par son élégance autant que par son dynamisme.

  • Bertone et Alfa Romeo : un lien historique à l’honneur

    Bertone et Alfa Romeo : un lien historique à l’honneur

    Le parcours de l’exposition s’ouvre symboliquement sur une pièce maîtresse : l’Alfa Romeo Giulia Sprint de 1963. Ce modèle incarne parfaitement la double identité de Bertone : le génie du Centre de Style et la force de frappe industrielle de la carrosserie, qui a géré pendant des années des lignes de montage dédiées.

    Parmi les 66 exemplaires exposés (allant des années 60 au début des années 2000), les Alfistes pourront également admirer l’Alfa Romeo Bella de 1999, un coupé Grand Tourisme qui témoigne de la recherche esthétique constante de la fin du siècle dernier.

    Les pépites de la collection en un coup d’œil

    DécennieModèles emblématiques
    Années 60Alfa Romeo Giulia Sprint (1963), Lamborghini Miura S (1967)
    Années 70Lancia Stratos (1975), Ferrari 308 GT4 (1978)
    Années 90Bertone Z.E.R (électrique), Alfa Romeo Bella (1999)
    Années 2000Cadillac Villa (2005), Jaguar B99 TT (2011)

    L’Heritage Hub : un sanctuaire de 15 000 m²

    Installée dans l’ancienne Officina 81 du complexe de Mirafiori à Turin, la collection Bertone rejoint un ensemble déjà impressionnant de plus de 300 véhicules issus des marques du Groupe (Fiat, Lancia, Abarth et bien sûr Alfa Romeo).

    Le parcours est organisé autour de huit zones thématiques, dont :

    • Concepts and Fuoriserie : pour les pièces uniques et prototypes rares.
    • Style Marks : les voitures ayant révolutionné le design.
    • Records and Races : les reines des circuits.

    Une section spéciale est également dédiée aux motorisations historiques, incluant des prototypes électriques et à turbine, témoignant d’un siècle d’ingéniosité italienne.


    Infos pratiques pour votre visite

    Depuis mars 2026, l’Heritage Hub a optimisé ses modalités d’accueil pour répondre à une demande croissante (+6 % de visiteurs en 2025) :

    • Ouverture : Tous les jours sauf le lundi.
    • Modalités : Visite libre en semaine, visites guidées le week-end.
    • Réservation : Uniquement en ligne via le site officiel de l’Heritage Hub.
  • L’Alfa Romeo 33 Stradale sacrée « Design de l’Année » au Portugal

    L’Alfa Romeo 33 Stradale sacrée « Design de l’Année » au Portugal

    L’ascension de la nouvelle Alfa Romeo 33 Stradale se poursuit sur la scène internationale. En ce début d’année 2026, la supercar italienne vient de remporter le prestigieux titre de « Design de l’Année » au Portugal, dans le cadre du concours national « Carro do Ano : Troféu Volante de Cristal ».

    Reconnue mondialement comme une icône mêlant ingénierie et émotion, la 33 Stradale a su s’imposer dans la catégorie la plus esthétique du concours automobile le plus important du pays.

    Une œuvre d’art au musée MACAM

    Pour convaincre le jury, l’Alfa Romeo 33 Stradale a fait le voyage jusqu’au Portugal pour une présentation exclusive. Les membres du jury ont pu admirer de près ses proportions sculpturales et l’intégration parfaite entre la forme et la fonction.

    Le modèle a également été la star d’une exposition spéciale au Musée d’Art Contemporain Armando Martins (MACAM) à Lisbonne. Ce cadre artistique unique a permis de souligner la nature profonde de la voiture : une véritable œuvre d’art sur roues, conçue comme une pièce artisanale faisant le pont entre l’héritage du passé et les technologies du futur.

    Un succès porté par l’émotion

    La résonance de la 33 Stradale au Portugal ne s’arrête pas à ce prix. Elle a également été la vedette de la production vidéo nationale « A Dream in Red », réalisée par Razão Automóvel. Ce film, nommé aux International Motor Film Awards 2025, a su capturer l’essence émotionnelle de cette voiture sur mesure d’une manière exemplaire.

    Avec cette nouvelle récompense, Alfa Romeo confirme que sa vision « fuoriserie » sans compromis continue de fasciner les passionnés et les experts bien au-delà des frontières italiennes.