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  • Boucles Ferronnoises 2026 : Le Biscione à l’épreuve des cartes et des méninges

    Boucles Ferronnoises 2026 : Le Biscione à l’épreuve des cartes et des méninges

    Il existe mille façons de vivre sa passion pour Alfa Romeo. On pense souvent aux trajectoires millimétrées sur circuit ou aux montées de cols à pleine charge. Mais aux Boucles Ferronnoises, première manche du Challenge Cartographique des Hauts-de-France, nous avons découvert une autre facette du Cuore Sportivo : celle de l’intelligence, de la patience et de la précision pure.

    Prendre le départ d’un rallye cartographique, c’est accepter de transformer sa monture en laboratoire et la route en un immense casse-tête. Pour cette aventure, ClubAlfa.fr ne s’est pas contenté de suivre : nous étions au cœur de l’action.


    L’Alfa Romeo Junior Veloce : La complice idéale

    Pour affronter les 67 équipages engagés, nous avons choisi l’Alfa Romeo Junior Veloce. Un choix audacieux face aux modèles historiques souvent privilégiés dans la discipline, mais qui s’est avéré être un atout stratégique.

    Dans un exercice où chaque son de cloche, chaque murmure du copilote et chaque détail de l’environnement comptent, le silence de l’électrique et la précision chirurgicale du châssis Veloce offrent un confort de concentration inégalé. La Junior ne se conduit pas, elle s’utilise comme un scalpel pour déjouer les pièges des organisateurs.

    Quand 120 km se transforment en odyssée

    Sur le papier, le parcours de la catégorie Expert affichait 120 kilomètres. Dans la réalité, notre Junior Veloce en a parcouru plus de 200. C’est toute la magie (et la cruauté) du carto :

    • Le doute permanent : Chaque carrefour est une énigme.
    • La chorégraphie du doute : Voir des dizaines de voitures ralentir, hésiter, faire demi-tour (dans le bon sens !) crée un ballet mécanique unique.
    • L’interdiction absolue : Malgré l’hésitation, une règle d’or — ne jamais prendre de contre-sens, sous peine de sanction immédiate.

    L’un des moments les plus marquants fut sans doute le passage en code binaire. Une suite de 0 et de 1 à traduire instantanément en directions. Sous la pression, même la logique la plus simple devient un défi psychologique. Nous avons dû faire des choix : abandonner certaines zones trop complexes pour préserver la cohérence du reste du parcours.


    Une présence Alfa Romeo remarquée

    Le Biscione était venu en force pour cette édition. Outre notre 8e place décrochée de haute lutte en catégorie Expert (une performance de premier plan compte tenu du niveau des spécialistes présents), une autre représentante de la marque s’est illustrée.

    En catégorie Touring (le niveau juste en dessous), une magnifique Alfa Romeo Giulietta de 2020 a porté fièrement nos couleurs. Elle termine à la 4e place, échouant au pied du podium après une navigation d’une grande régularité. Preuve s’il en fallait que, quelle que soit la génération ou la catégorie, rouler en Alfa insuffle toujours ce supplément d’âme et de ténacité.


    Le plaisir de conduire autrement

    Le classement final, dominé par une Twingo R.S. et une Toyota Corolla GT de 1980 et une Volvo 480 Turbo de 1989, rappelle l’essence même de la discipline : ici, ce n’est pas la puissance qui gagne, c’est l’alchimie entre le cerveau du navigateur et la précision du pilote.

    Participer à un rallye cartographique en Alfa Romeo, c’est redécouvrir le plaisir de comprendre la route plutôt que de simplement la subir. Se perdre, douter, faire demi-tour et finalement trouver le bon point de contrôle procure une satisfaction presque aussi intense qu’un virage pris à la corde.

  • Portrait : Carlo Chiti, l’âme volcanique d’Autodelta

    Portrait : Carlo Chiti, l’âme volcanique d’Autodelta

    Dans la mythologie Alfa Romeo, il y a un mot qui résonne comme un cri de guerre : Autodelta. Ce département course, installé à Settimo Milanese, était le temple de la performance dans les années 60 et 70. Et ce temple avait un grand prêtre : l’ingénieur Carlo Chiti (1924-1994).

    Personnage rabelaisien, connu pour son physique imposant et son habitude de promener ses chiens jusque dans les ateliers de F1, Chiti a incarné la passion brute, celle qui ne s’embarrasse pas de compromis.

    De Ferrari à l’indépendance

    Comme beaucoup de génies italiens, Chiti a commencé chez Ferrari (il est le père de la 156 « Sharknose » championne du monde de F1 en 1961). Mais après la célèbre « révolution de palais » où il quitte le Commendatore, il fonde ATS, puis rejoint Alfa Romeo en 1963 pour diriger sa nouvelle structure de compétition : Autodelta.

    Sa mission est simple : faire gagner Alfa Romeo partout. Et il va le faire avec une voracité incroyable.

    La Terreur des circuits : La Giulia GTA

    Sous son impulsion, la paisible Giulia de série va se transformer en bête de course. Chiti supervise la création de la Giulia GTA (Gran Turismo Alleggerita). Il applique une recette radicale : on remplace l’acier par du Peraluman (alliage d’aluminium), on prépare le double arbre avec un double allumage (Twin Spark avant l’heure), et on lâche le tout sur les circuits. Le résultat ? La GTA devient imbattable en Championnat d’Europe de Tourisme, écrasant les Ford et les BMW pendant des années. Chiti avait compris que le rapport poids/puissance était la clé.

    Le rêve du prototype : La Tipo 33

    Mais Carlo Chiti ne se contente pas des voitures de tourisme. Il veut battre Porsche et Ferrari au plus haut niveau. Il lance le projet Tipo 33. C’est sous sa direction que naissent ces prototypes aux moteurs V8 hurlants qui vont tout gagner. L’apogée arrive en 1975 et 1977, quand l’Alfa Romeo 33 TT 12 remporte le Championnat du Monde des Voitures de Sport.

    C’était l’époque glorieuse où les ingénieurs dessinaient les moteurs sur des nappes de restaurant (littéralement, Chiti l’a fait !) et où les victoires se fêtaient avec du Lambrusco dans les stands.

    L’homme derrière la légende

    Carlo Chiti était un ingénieur brillant, mais aussi un homme complexe. On raconte qu’il travaillait la nuit, qu’il était capable de colères homériques suivies de grands éclats de rire. Il aimait ses pilotes comme ses enfants, mais pouvait être impitoyable techniquement.

    Il est aussi l’homme qui a ramené Alfa Romeo en Formule 1 à la fin des années 70, avec le moteur 12 cylindres à plat (le fameux « Boxer » de F1) qui a propulsé les Brabham de Niki Lauda.

    L’Héritage

    Carlo Chiti a quitté Autodelta en 1984, mais son esprit n’est jamais parti. Si aujourd’hui la Giulia GTAm moderne porte ce nom, c’est grâce à lui. Si le trèfle (Quadrifoglio) est synonyme de course, c’est parce que Chiti l’a fait briller sur tous les continents pendant 20 ans.

    Il nous rappelle qu’une Alfa Romeo de course n’est pas faite par des robots, mais par des hommes avec du cambouis sous les ongles et du feu dans les veines.

  • Journée internationale des droits des femmes : Alfa Romeo rend hommage aux pilotes qui ont marqué son histoire

    Journée internationale des droits des femmes : Alfa Romeo rend hommage aux pilotes qui ont marqué son histoire

    Pour célébrer la Journée internationale des droits des femmes, Alfa Romeo souhaite saluer ses pilotes féminines qui se sont distinguées dans l’histoire de la marque. Ces femmes, dont l’affirmation transcende la simple valeur sportive de leurs exploits, sont devenues des exemples de dépassement des préjugés et des barrières. Issues de différentes époques et de différents pays, elles partageaient toutes un esprit pionnier et une passion pour la course, défrichant des territoires inexplorés dans un sport exigeant.

    Voici une reconstruction de leur contribution au succès de la marque au Biscione, des temps modernes jusqu’au début du 20e siècle.

    Les années 90 : Tamara Vidali

    En 1992, Tamara Vidali a remporté le Championnat italien de tourisme (Groupe N) au volant d’une Alfa Romeo 33 1.7 Quadrifoglio Verde, préparée par le département Racing de la marque alors nouvellement créé. On se souvient tout aussi bien de la livrée entièrement jaune de l’Alfa Romeo 155 qu’elle a pilotée lors du Championnat italien de Superturismo (CIS) en 1994.

    Les années 80 : Maria Grazia Lombardi & Anna Cambiaghi

    Maria Grazia Lombardi, connue sous le nom de « Lella », fut la deuxième Italienne à piloter dans une course de Formule 1, participant à pas moins de 13 Grands Prix. Entre 1982 et 1984, elle a pris part au Championnat d’Europe de Tourisme avec l’Alfa Romeo GTV6 2.5, aux côtés d’Anna Cambiaghi, Giancarlo Naddeo, Giorgio Francia et Rinaldo Drovandi, contribuant à remporter de multiples titres. Elle reste la seule pilote italienne à avoir amélioré son classement lors d’une course de Formule 1.

    Les années 60 : Christine Beckers & Liane Engeman

    Si la Giulia Sprint GTA est célèbre, l’histoire de l’Alfa Romeo GTA-SA (suralimentée) l’est moins. Produite à dix exemplaires pour le Groupe 5, elle était équipée de deux compresseurs centrifuges hydrauliques portant la puissance à 220 ch pour une vitesse de pointe de 240 km/h. Selon le pilote d’essai historique Teodoro Zeccoli, la voiture avait des poussées de puissance imprévisibles, la rendant difficile à maîtriser.

    Pourtant, la jeune pilote belge Christine Beckers a su dompter ce véhicule au tempérament difficile, gagnant à Houyet en 1968 et obtenant d’excellents résultats l’année suivante à Condroz, aux « Tre Ponti », à Herbeumont et à Zandvoort. De son côté, la très rapide pilote néerlandaise Liane Engeman s’est distinguée au volant de l’Alfa Romeo 1300 Junior de l’équipe Toine Hezemans.

    La Championne du Monde : Susanna « Susy » Raganelli

    Romaine de naissance, Susanna « Susy » Raganelli est peut-être la seule femme à avoir remporté un Championnat du Monde sur quatre roues. Elle a gagné le Championnat du Monde de Karting 100 cc en 1966, battant notamment le grand Ronnie Peterson. Elle a lié son nom à Alfa Romeo en terminant sa carrière au volant d’une GTA, mais elle fut aussi la première acheteuse italienne de la légendaire Alfa Romeo 33 Stradale de 1967.

    Les années 50 : Ada Pace (« Sayonara »)

    La Turinoise Ada Pace a obtenu des résultats exceptionnels au cours de ses 10 ans de carrière, remportant pas moins de 11 courses nationales de vitesse, 6 en Tourisme et 5 en catégorie Sport. S’inscrivant presque toujours sous le pseudonyme « Sayonara » (basé sur l’inscription moqueuse qu’elle affichait souvent comme plaque d’immatriculation arrière), elle a remporté ses succès les plus prestigieux avec l’Alfa Romeo Giulietta Sprint Veloce et l’Alfa Romeo Giulietta SZ, avec laquelle elle a gagné la course Trieste-Opicina en 1958.

    Les années 30 : Odette Siko et Hellé Nice

    Dans les années 30, Alfa Romeo s’affirmait grâce à des pilotes de légende comme Nuvolari ou Sommer. Si Sommer a remporté les 24 Heures du Mans en 1932, l’Alfa Romeo 6C 1750 SS pilotée par la Française Odette Siko a terminé quatrième au général et a remporté la catégorie 2,0 litres.

    À la même époque, Mariette Hélène Delangle, plus connue sous le nom de Hellé Nice, mannequin et danseuse, participait au Grand Prix d’Italie 1933 à Monza avec sa propre 8C 2300 Monza. En 1936, elle a remporté la Ladies Cup à Monte-Carlo avant d’être victime d’un terrible accident au Grand Prix de São Paulo, dont elle est miraculeusement sortie après trois jours de coma.

    L’époque Scuderia Ferrari : Anna Maria Peduzzi

    Durant les années de la Scuderia Ferrari, Anna Maria Peduzzi, surnommée la « Marocaine », s’est illustrée après ses débuts à bord de sa propre Alfa Romeo 6C 1500 Super Sport achetée à Ferrari lui-même. En 1934, elle a remporté la classe 1500 aux Mille Miglia.

    La pionnière : Maria Antonietta d’Avanzo

    La précurseure des pilotes féminines Alfa Romeo fut la baronne Maria Antonietta d’Avanzo, qui a fait ses débuts dans les années d’entre-deux-guerres. Pionnière du sport automobile italien, aviatrice et journaliste, elle a obtenu une troisième place sur l’Alfa Romeo G1 à Brescia en 1921 et s’est révélée être une adversaire redoutable pour les meilleurs pilotes de l’époque, y compris un jeune Enzo Ferrari.