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  • Quand Alfa Romeo construisait la Renault Dauphine : L’alliance secrète qui a fait trembler Fiat

    Quand Alfa Romeo construisait la Renault Dauphine : L’alliance secrète qui a fait trembler Fiat

    Voir un trèfle à quatre feuilles ou le Biscione côtoyer les lignes rondouillardes d’une populaire française a de quoi faire sursauter n’importe quel alfiste pur jus. Et pourtant, il ne s’agit ni d’un montage moderne, ni d’une arnaque grossière : entre 1959 et 1964, l’usine historique d’Alfa Romeo au Portello, à Milan, a bel et bien produit près de 74 000 exemplaires de la Renault Dauphine !

    Retour sur l’histoire méconnue d’un accord stratégique entre Billancourt et Milan qui a failli bousculer l’échiquier automobile italien… au point de pousser Fiat à une riposte diabolique.

    1958 : L’accord gagnant-gagnant entre Milan et Billancourt

    À la fin des années 1950, Alfa Romeo brille en compétition et sur le marché des berlines sportives avec la somptueuse Giulietta. Cependant, le constructeur milanais manque d’un modèle économique à grand volume pour occuper ses chaînes de montage et démocratiser son réseau. De son côté, la Régie Renault cherche un moyen de contourner les lourdes taxes douanières italiennes pour écouler sa petite berline phare, la Dauphine.

    En 1958, les deux marques signent un accord pragmatique :

    • En France : Renault accepte de distribuer la Giulietta berlina dans son propre réseau national (quelques centaines d’exemplaires par an).
    • En Italie : Alfa Romeo ne se contente pas d’importer la Dauphine : elle l’assemble directement sur ses chaînes du Portello à Milan !

    Un succès commercial immédiat au prix fort pour la concurrence

    Estampillée d’un badge spécifique et assemblée avec le soin milanais, l’Alfa Romeo Dauphine débarque sur le marché transalpin en 1959. Bien qu’elle ne possède aucun des gènes mécaniques ou du caractère sportif de la marque, le public italien succombe au charme de cette 4 portes pratique et économique.

    Le secret de ce succès réside dans son prix : produite localement, elle est affichée à 890 000 lires, soit 60 000 lires de moins que lorsqu’elle était importée directement de France. Pour les familles italiennes, l’alternative à la monoculture Fiat devient soudain extrêmement séduisante.

    La riposte de Fiat : Une taxe sur-mesure pour tuer la rivale

    Du côté de Turin, le géant Fiat voit d’un très mauvais œil cette intrusion française orchestrée par le voisin milanais. La Dauphine grignote dangereusement les parts de marché des petites autos économiques turinoises (comme la Fiat 600 et la 1100).

    Ne pouvant contrer le phénomène sur le seul terrain commercial, Fiat orchestre une riposte politique redoutable. En 1962, à force de lobbying auprès des autorités italiennes, une nouvelle taxe automobile est instaurée. Sa particularité ? Elle est calculée en fonction de la longueur de la carrosserie.

    Plus longue de quelques centimètres que ses rivales directes signées Fiat, l’Alfa Romeo Dauphine se retrouve lourdement pénalisée fiscalement du jour au lendemain.

    La fin de l’aventure et l’épisode des Ondine de retour en France

    Le coup de grâce est porté. Sous le poids de cette fiscalité discriminatoire, les ventes de la Dauphine italienne s’effondrent brutalement. La production s’essouffle puis s’arrête définitivement en 1964.

    L’histoire s’achève même sur une note insolite : plus de 2 000 exemplaires d’Ondine (la version plus luxueuse de la Dauphine), assemblés à Milan mais devenus invendables de l’autre côté des Alpes, devront être réexpédiés en catastrophe vers la France pour trouver preneur.

    Aujourd’hui, les rares Alfa Romeo Dauphine et Ondine survivantes représentent des pièces de collection absolument uniques, témoins d’une époque où le Biscione savait se montrer particulièrement pragmatique pour défier l’ogre turinois.

  • Alfa Romeo GTV (916) : La flèche d’Enrico Fumia ou l’apogée du « Wedge Design » chez Pininfarina

    Alfa Romeo GTV (916) : La flèche d’Enrico Fumia ou l’apogée du « Wedge Design » chez Pininfarina

    Alors que le projet 916 fête ses 30 ans, le regard porté sur le duo GTV/Spider évolue. Pour les membres de ClubAlfa, il ne s’agit pas seulement du dernier coupé produit à Arese, mais d’un manifeste stylistique où Enrico Fumia a réussi à transposer l’héritage radical des concept-cars des années 70 dans une réalité industrielle complexe.

    Enrico Fumia : Le refus du consensus

    Au début des années 90, Alfa Romeo doit remplacer les mythiques Sprint et GTV (116). Le cahier des charges est ardu : utiliser la plateforme Tipo 2 (partagée avec la Fiat Coupé, mais avec un train arrière spécifique) tout en offrant une identité visuelle capable de traverser les décennies.

    Enrico Fumia, alors chez Pininfarina, opte pour une rupture totale avec les lignes bio-design alors en vogue. Il dessine une « flèche » : une ligne de ceinture de caisse ascendante et ultra-marquée qui découpe le flanc de la voiture, créant une posture dynamique inédite. L’avant, caractérisé par ces quatre blocs optiques circulaires lenticulaires de petit diamètre, confère au GTV un regard « techno » qui semblait tout droit sorti d’un laboratoire de design en 1995.

    Le défi industriel du capot « Klam »

    L’un des points les plus remarquables de la 916, souvent méconnu des néophytes, est son capot moteur. Appelé « Klam », c’était l’une des pièces composites les plus vastes et complexes jamais intégrées à une voiture de série à l’époque.

    Réalisé en KRELO (un composite de résine polyester et de fibres de verre), ce capot intègre non seulement les ailes avant mais aussi les logements des phares. Ce choix technique, coûteux et complexe à ajuster en usine, permettait de conserver un profil avant extrêmement bas tout en répondant aux normes de sécurité, une prouesse impossible avec de l’acier conventionnel.

    Train arrière Multibras : L’exception technique

    Si la plateforme est dérivée du groupe Fiat, Alfa Romeo a exigé une architecture de suspension arrière spécifique pour garantir le cuore sportivo. Le schéma à bras multiples (Multilink) en aluminium, avec son cadre auxiliaire, offrait un effet autodirectionnel passif.

    Pour les puristes, c’est ce train arrière qui sauve le passage à la traction. Il confère au GTV une agilité et une précision en entrée de courbe qui, alliées à une direction très directe ($2.2$ tours de volant), permettent d’oublier l’architecture moteur transversale.

    Du Twin Spark au Busso : L’âme mécanique

    Bien sûr, sur ClubAlfa, l’esthétique ne va pas sans la musique. Si le 2.0 Twin Spark offre un équilibre des masses idéal pour l’attaque en col, le V6 24v « Busso » transforme le GTV en une petite supercar. Avec ses collecteurs d’admission chromés et sa sonorité unique, il reste l’un des moteurs les plus charismatiques de l’histoire, ici dans sa version la plus aboutie techniquement avant les normes Euro 4.

    Pourquoi la 916 est-elle un futur « Instant Classic » ?

    Aujourd’hui, alors que les cotes du GTV 916 commencent à s’envoler, on réalise que Marcello Gandini n’était pas le seul maître de la ligne tranchante. Enrico Fumia a su, avec le GTV, clore le XXe siècle d’Alfa Romeo avec une voiture qui ne ressemble à aucune autre. C’est une auto qui demande des soins, un entretien rigoureux de ses trains roulants, mais qui offre en retour une expérience visuelle et sensorielle que l’on ne retrouvera plus.


    Fiche technique : Saviez-vous que la rigidité torsionnelle du GTV 916 était supérieure à celle de bon nombre de ses contemporaines grâce à l’utilisation massive d’acier à haute résistance dans les zones critiques du châssis, compensant l’absence de toit structurel sur la version Spider ?

  • Alfa Romeo Junior : Entre trahison étymologique et realpolitik industrielle

    Alfa Romeo Junior : Entre trahison étymologique et realpolitik industrielle

    Le passage du nom « Milano » à « Junior » ne restera pas comme un simple détail marketing dans l’histoire d’Alfa Romeo. C’est le récit d’une collision frontale entre les ambitions globales de Stellantis et la souveraineté économique d’une Italie qui refuse de voir son patrimoine immatériel s’exporter sans contrepartie.

    La crise « Milano » : Un séisme politique

    Avril 2024. Alfa Romeo présente en grande pompe son premier SUV compact électrique, baptisé Milano. Un hommage à la ville natale de la marque, celle qui figure sur son logo depuis 1910. Mais quelques heures plus tard, le gouvernement italien, par la voix d’Adolfo Urso, ministre des Entreprises et du Made in Italy, sort l’artillerie lourde.

    L’argument invoqué ? La loi de 2003 sur l’Italian Sounding. Cette législation interdit de donner des noms suggérant une origine italienne à des produits fabriqués à l’étranger. Or, le Milano est assemblé à Tychy, en Pologne. Pour Rome, appeler une voiture « Milano » alors qu’elle ne voit pas le jour sur le sol national n’est pas seulement une erreur marketing, c’est un délit.

    Stellantis et le pragmatisme de la rupture

    Jean-Philippe Imparato, alors CEO de la marque, prend une décision radicale en moins de cinq jours : renommer le modèle Junior. Pour Alfa Romeo, cette capitulation n’en est pas une. C’est une manœuvre de protection.

    Maintenir le nom « Milano » aurait entraîné des années de litiges juridiques, bloquant potentiellement la commercialisation du véhicule. En choisissant « Junior », Alfa réactive un patronyme historique (né en 1966 avec la GT 1300 Junior) pour apaiser les tensions tout en envoyant un message : « Nous changeons le nom, mais pas le produit. »

    Analyse technique : Le poids du badge Junior

    Si pour le grand public, « Junior » évoque la jeunesse, pour les Alfistes de ClubAlfa, ce nom porte une responsabilité technique précise. Dans les années 60, les modèles Junior étaient les portes d’entrée vers l’univers du Biscione : des voitures plus légères, dotées de cylindrées réduites (le 1300 double arbre), mais conservant l’équilibre dynamique et le brio mécanique des grandes sœurs.

    Le défi de l’Alfa Romeo Junior de 2026 est identique :

    • La dynamique malgré la plateforme : Basée sur la plateforme e-CMP2 (partagée avec les Jeep Avenger et Fiat 600e), la Junior doit prouver que ses réglages de direction, de suspension et son différentiel Torsen (sur la version Veloce) en font une « vraie » Alfa.
    • Le pari de l’électrification : En devenant le fer de lance de la transition électrique, la Junior porte sur ses épaules la survie de la marque dans les zones à faibles émissions, tout en essayant de conserver le cuore sportivo.

    Le symbole d’une identité en exil ?

    Cette polémique soulève une question de fond pour notre communauté : qu’est-ce qui définit une Alfa Romeo en 2026 ? Est-ce le lieu de fabrication (Arese ou Pomigliano étant désormais loin des lignes de production de la Junior) ou est-ce l’ingénierie dirigée par les équipes de Balocco ?

    L’Alfa Romeo Junior est le premier enfant d’une ère où le nom de la ville de Milan est devenu trop lourd à porter pour une voiture assemblée en Pologne. Elle reste pourtant un succès commercial crucial, mais elle marque une rupture : celle où le symbole historique a dû s’effacer devant les contraintes législatives d’un gouvernement idéologique qui voulait la peau de Carlos Tavares.


    Note technique : La version Junior Veloce de 280 ch est celle qui cristallise toutes les attentions. Avec une crémaillère de direction la plus directe du segment (14.6:1), elle tente de valider, par les chiffres, son appartenance au patrimoine génétique de la marque.

    Et pour vous, membres de ClubAlfa, ce changement de nom est-il une trahison ou une opportunité de renouer avec l’esprit de légèreté des Junior d’antan ?

  • Alain Descat : « L’écosystème Alfa Romeo est sur une pente positive »

    Alain Descat : « L’écosystème Alfa Romeo est sur une pente positive »

    Après une année de reconquête, Alfa Romeo France affiche un bilan 2025 spectaculaire. Avec une croissance à deux chiffres et un modèle phare qui domine sa catégorie, la marque au Biscione entame 2026 avec confiance. Alain Descat, Directeur d’Alfa Romeo France, revient sur ce succès et trace la feuille de route pour les mois à venir.

    Une croissance portée par le Junior

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Alfa Romeo a immatriculé 6 202 voitures en France en 2025, soit une hausse de 42 % par rapport à l’année précédente. Cette dynamique est encore plus impressionnante sur le canal des ventes aux particuliers, où la progression atteint 147 %, permettant à la marque de s’adjuger 0,44 % de part de marché.

    Pour Alain Descat, ces résultats valident la stratégie produit :

    « Alfa Romeo Junior touche les Alfistes et convainc de nouveaux clients. Avec ce modèle, la marque retrouve sa place au cœur du marché français en devançant quelques-uns de ses concurrents historiques. L’écosystème Alfa Romeo est sur une pente positive et nous allons travailler en 2026 pour continuer avec l’arrivée d’un nouveau Tonale et des offres toujours plus intéressantes, notamment sur Giulia. »

    Le Junior, nouveau roi des B-SUV Premium

    Lancé en 2024, l’Alfa Romeo Junior a réussi sa première année pleine. Il s’impose désormais comme le leader du segment B-SUV Premium en France, captant plus de 25 % de parts de marché dans sa catégorie. Sa stratégie multi-énergies porte ses fruits : sur l’ensemble de l’année, les versions 100 % électriques (Elettrica et Veloce) ont représenté 28,6 % des ventes du modèle, une part qui est même montée à 33,4 % sur le second semestre.

    Nouveau Tonale : Rendez-vous les 17 et 18 janvier

    L’actualité ne s’arrête pas aux chiffres. Le nouvel Alfa Romeo Tonale (MY26) arrive dès à présent dans les points de vente, juste avant les Journées Portes Ouvertes des 17 et 18 janvier. Toujours disponible en Diesel, Hybride et Hybride Rechargeable (270 ch), le SUV compact évolue significativement :

    • Design : Nouveau Scudetto, porte-à-faux avant raccourci, nouvelles teintes et jantes (19 et 20 pouces) sur des voies élargies.
    • Vie à bord : Nouveaux intérieurs, sièges chauffants et ventilés, hayon mains libres.
    • Technologie : Expérience de conduite optimisée et aide au stationnement semi-autonome.

    La Giulia n’a pas dit son dernier mot

    Enfin, Alfa Romeo n’oublie pas les puristes de la berline sportive. La Giulia, référence absolue en matière de plaisir de conduite, bénéficie d’un positionnement agressif pour ce début d’année. Elle est proposée via une offre de Location Longue Durée (LLD) à 399 € / mois (48 mois, 60 000 km, apport de 5 875 €), une opportunité de rouler différemment dans un marché dominé par les SUV.

  • Vidéo : Grégory Galiffi au volant du Tonale restylé (2026) : Le verdict sans filtre

    Vidéo : Grégory Galiffi au volant du Tonale restylé (2026) : Le verdict sans filtre

    C’est toujours un événement quand un Alfiste convaincu comme Grégory Galiffi prend le volant d’une nouveauté du Biscione. Après avoir testé le Junior Veloce, le présentateur de Direct Auto s’est rendu à Pise, en Italie, pour découvrir la « phase 2 » de l’Alfa Romeo Tonale.

    Dans cette vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, Galiffi ne se contente pas d’admirer la plastique italienne. Il pose la vraie question : avec ce restylage inspiré du Junior, l’esprit Alfa est-il (enfin) là ?

    Le choc esthétique : La plaque au centre ! Dès les premières minutes, le ton est donné. Si le Tonale conserve sa silhouette séduisante, ce restylage marque une rupture historique pour les puristes : la plaque d’immatriculation quitte le côté pour rejoindre le centre du pare-chocs. Une contrainte imposée par la réglementation européenne qui attriste visiblement notre essayeur, même si le nouveau bouclier avant, avec ses écopes inspirées de la GTA et sa calandre « Junior-isée », tente de compenser avec agressivité.

    Au volant de la version Q4 PHEV 270 ch Pour cet essai, Grégory a pris les commandes de la version haut de gamme Hybride Rechargeable (PHEV) de 270 chevaux. Si les accélérations sont là (0 à 100 km/h sous les 7 secondes), le bilan dynamique reste mitigé. Galiffi pointe du doigt un défaut persistant depuis la première génération : le flou dans la direction autour du point milieu. De même, le confort est jugé « moyen » avec les jantes de 20 pouces, et l’insonorisation sur autoroute (bruits d’air) déçoit pour un véhicule de ce standing.

    Le conseil d’achat de Grégory C’est peut-être la partie la plus intéressante de la vidéo. Loin de pousser à la consommation sur le modèle le plus cher, Galiffi ne recommande pas forcément cette version PHEV. Son coup de cœur rationnel ?

    • Le « nouveau » 1.5 Hybride de 175 ch (une évolution du 160) pour l’agrément essence.
    • Le Diesel 1.6 de 130 ch, qu’il considère comme une offre très pertinente et compétitive (autour de 40 000 €) malgré le malus, soulignant que le diesel représente encore 50% des ventes de Tonale en Italie.

    L’intérieur : Toujours « Cannocchiale » mais plus rouge À bord, l’ambiance évolue peu mais bien. On note l’arrivée d’une sellerie cuir rouge du plus bel effet (« très rital, très classe » selon Grégory) et de petits détails sympathiques comme le logo du « Biscione électrique » du côté de la trappe de recharge.

    Une vidéo honnête, tournée avec passion sous le (rare) soleil de Toscane, qui montre un Tonale maturé et plus agressif visuellement.

    Découvrez l’essai complet ci-dessous :