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  • Le retour de la compacte Alfa Romeo : l’héritière des 147 et Giulietta sur plateforme STLA One se dévoile

    Le retour de la compacte Alfa Romeo : l’héritière des 147 et Giulietta sur plateforme STLA One se dévoile

    Aujourd’hui, hormis l’indéboulonnable berline Giulia, la gamme neuve du Biscione fait la part belle aux SUV. Mais cette hégémonie des roues hautes est sur le point de prendre fin. Alfa Romeo prépare activement son grand retour sur le segment des berlines compactes (segment C) avec un modèle de reconquête conçu pour bousculer la Volkswagen Golf et la Mercedes Classe A. Analyse et visuel des Britanniques d’Auto Express…

    La marque italienne l’annonce sans détour : cette future berline familiale va « capitaliser sur des icônes telles que la 147 et la Giulietta » tout en sachant « combiner l’innovation avec l’ADN distinctif de la marque ».

    STLA One : Une plateforme multi-énergies ultra-technologique

    Cette offensive majeure s’inscrit dans la vaste stratégie du groupe parent Stellantis, qui prévoit le lancement de 110 nouveaux modèles mondiaux d’ici 2030 (incluant le futur C-SUV d’Alfa et la prochaine supercar en cours de développement au sein du département Bottega Fuoriserie).

    Pour sa compacte, Alfa Romeo va exploiter la toute nouvelle architecture STLA One. Très flexible, cette plateforme a la capacité technique d’équiper des modèles allant du segment B (comme la citadine Opel/Vauxhall Corsa) au segment D (comme le grand SUV Peugeot 5008). Surtout, elle offre une totale liberté mécanique :

    • Multi-énergies : La future compacte profitera pleinement de cette architecture pour proposer des motorisations thermiques essence (hybrides) et des déclinaisons 100 % électriques.
    • Cell-to-body : Pour les versions électriques, les packs de batteries seront directement intégrés à la structure même du châssis afin d’optimiser la rigidité et l’espace à bord.
    • Steer-by-wire : Une direction entièrement électronique sans liaison mécanique directe, promettant une réactivité et un toucher de route typiquement Alfa Romeo.
    • STLA Brain : Le tout nouveau système logiciel centralisé de Stellantis qui gérera d’une main de fer l’infotainment ainsi que l’ensemble du groupe motopropulseur.

    Un premier teaser évocateur à l’Investor Day

    Lors de la présentation de la plateforme STLA One pendant l’Investor Day, Stellantis a brièvement laissé filtrer une silhouette numérique sur les écrans. Pas de doute possible, tous les codes stylistiques incontournables d’Alfa Romeo étaient au rendez-vous : la calandre en Scudetto bien affirmée, une robe Rosso Alfa, des optiques affûtées et agressives, le tout posé sur une posture trapue et musclée.

    Ce futur modèle viendra se positionner stratégiquement entre le SUV urbain d’entrée de gamme Junior et le Tonale fraîchement restylé. Il offrira une alternative basse et dynamique face aux compactes thermiques traditionnelles (Golf, Classe A) mais aussi face aux nouvelles propositions purement électriques comme la Volkswagen ID.3 et le Volvo EX30.

    Vers un retour du nom « Giulietta » ?

    Le choix du patronyme s’avère crucial pour un tel retour historique. Stellantis détient toujours les droits exclusifs du nom Giulietta, un badge mythique apparu pour la première fois en 1954 et retiré du catalogue en 2020.

    Verra-t-on le retour officiel de cette appellation sur une voiture de série ? Le mystère reste entier à ce stade. Quoi qu’il en soit, la promesse d’une berline compacte fidèle à l’esprit de la 147 fait déjà vibrer le cœur de la communauté des Alfistes.

  • Portrait : Walter de Silva, le designer qui a sauvé Alfa Romeo par la beauté

    Portrait : Walter de Silva, le designer qui a sauvé Alfa Romeo par la beauté

    Au milieu des années 90, Alfa Romeo se cherche. La 155 gagne en DTM, certes, mais son design anguleux « en coin », hérité de l’ère Fiat pure et dure, divise les puristes. La marque a besoin d’un nouveau souffle, d’un retour aux courbes sensuelles de son passé. C’est alors qu’entre en scène un designer né à Lecco, passé par l’architecture et le mobilier, qui va devenir le patron du Centro Stile : Walter de Silva.

    Il ne va pas seulement dessiner des voitures. Il va redéfinir le langage émotionnel de la marque pour les vingt années suivantes.

    Le coup de tonnerre : La 156

    L’acte fondateur de la légende de Silva a lieu en 1997. Lorsqu’il dévoile l’Alfa Romeo 156, le monde automobile reste bouche bée. Fini les lignes droites et les arrière-trains massifs. La 156 est fluide, musclée, presque organique.

    De Silva impose des codes stylistiques qui deviendront des signatures :

    • La poignée de porte arrière dissimulée dans le montant, pour donner à la berline l’allure d’un coupé.
    • La plaque d’immatriculation déportée sur le côté gauche, un clin d’œil aux années 50, permettant au Scudetto (la calandre) de plonger profondément dans le pare-chocs.
    • La ligne de ceinture haute, qui protège et dynamise la silhouette.

    Ce n’était pas juste une voiture, c’était une sculpture mobile. Elle sera élue Voiture de l’Année 1998 et relancera les ventes de manière spectaculaire.

    La confirmation : La 147

    Trois ans plus tard, Walter de Silva récidive avec la 147. Le défi était pourtant immense : faire une compacte (segment de la Golf) qui ait l’air latine et premium. Il puise son inspiration dans l’histoire, notamment la 6C 2500 Villa d’Este, pour dessiner un avant expressif avec une calandre très verticale. Le résultat ? Une nouvelle élection de Voiture de l’Année en 2001.

    De Silva a prouvé qu’on pouvait dessiner des voitures modernes, sûres et industrialisables, sans sacrifier une once d’émotion. Il a théorisé le « design humaniste », où la technique s’efface devant le plaisir visuel.

    Le Concept Nuvola : La matrice

    Impossible de parler de Walter de Silva sans évoquer le concept-car Nuvola (1996). C’est avec ce prototype qu’il a défini la « grammaire » de l’Alfa Romeo moderne : des surfaces lisses, des rondeurs, des jeux de lumière. Bien que jamais produite, la Nuvola est la mère spirituelle de la 8C Competizione et de toute la gamme qui a suivi.

    L’héritage

    Walter de Silva quittera Alfa Romeo en 1999, débauché par le groupe Volkswagen pour révolutionner le design de SEAT, puis d’Audi (il considère l’Audi A5 comme son chef-d’œuvre) et enfin de tout le groupe VW. Mais pour les Alfistes, il restera à jamais « l’homme de la 156 ».

    Il a légué une leçon fondamentale au Centro Stile : une Alfa Romeo ne doit pas être « agressive » gratuitement. Elle doit être élégante, équilibrée et suggérer la vitesse même à l’arrêt. Quand vous regardez les courbes d’une Giulia actuelle ou d’un Tonale, vous voyez encore l’influence des coups de crayon de Walter de Silva.

  • Voiture de l’Année : 2001, quand l’Alfa 147 prouvait que la foudre peut tomber deux fois

    Voiture de l’Année : 2001, quand l’Alfa 147 prouvait que la foudre peut tomber deux fois

    On dit souvent que le succès est éphémère. Mais chez Alfa Romeo, au tournant du millénaire, le succès était une habitude. Trois ans seulement après le sacre de la 156, le jury de la Voiture de l’Année succombait de nouveau au charme italien.

    En 2001, c’est l’Alfa Romeo 147 qui remportait le titre suprême (avec 238 points), devançant de justesse la Ford Mondeo et… la Toyota Prius. Une victoire symbolique : la passion l’emportait sur la raison et sur l’hybridation naissante.

    Une « GTI » en tenue de soirée

    Si la 156 avait réinventé la berline, la 147 a bousculé le segment des compactes, alors dominé par une Volkswagen Golf très (trop ?) sérieuse. Dessinée par le duo Walter de Silva et Wolfgang Egger, la 147 était une pépite visuelle. Son nez, inspiré de la légendaire 6C 2500 Villa d’Este, affichait une calandre verticale audacieuse qui coupait le pare-chocs en deux.

    À l’intérieur, c’était le choc. Compteurs en fûts profonds, plastiques moussés, volant trois branches : elle a apporté le « Premium » dans la catégorie bien avant que ce ne soit la norme. C’était la voiture que l’on achetait pour être vu, mais surtout pour conduire.

    Le meilleur châssis de sa catégorie

    Car le secret de la victoire de la 147 ne résidait pas seulement dans ses courbes. C’était une véritable Alfa sous la tôle. Elle a eu l’audace de reprendre la plateforme de la 156, intégrant ainsi la fameuse suspension avant à double triangulation.

    Le résultat ? Un train avant incisif, une direction directe quasi-télépathique et une tenue de route qui renvoyait la concurrence à ses études. Qu’elle soit animée par les pétillants Twin Spark ou les vigoureux JTD (qui gagnaient alors leurs lettres de noblesse), la 147 donnait le sourire à chaque rond-point.

    Le mythe GTA

    Impossible d’évoquer la 147 sans une pensée émue pour sa version ultime, arrivée peu après le titre : la 147 GTA. En chaussant l’immense V6 3.2L « Busso » de 250 chevaux dans une si petite voiture, Alfa Romeo a créé un monstre, une anomalie magnifique, le chant du cygne de l’ère atmosphérique.

    La 147 reste aujourd’hui l’un des plus grands succès commerciaux de la marque (produite pendant 10 ans !). Elle nous rappelle qu’une voiture compacte peut avoir une âme immense. Espérons que le Junior, lui aussi compact et stylé, connaisse un destin aussi glorieux dans les cœurs, même si l’époque a changé.