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  • Voiture de l’Année : 2001, quand l’Alfa 147 prouvait que la foudre peut tomber deux fois

    Voiture de l’Année : 2001, quand l’Alfa 147 prouvait que la foudre peut tomber deux fois

    On dit souvent que le succès est éphémère. Mais chez Alfa Romeo, au tournant du millénaire, le succès était une habitude. Trois ans seulement après le sacre de la 156, le jury de la Voiture de l’Année succombait de nouveau au charme italien.

    En 2001, c’est l’Alfa Romeo 147 qui remportait le titre suprême (avec 238 points), devançant de justesse la Ford Mondeo et… la Toyota Prius. Une victoire symbolique : la passion l’emportait sur la raison et sur l’hybridation naissante.

    Une « GTI » en tenue de soirée

    Si la 156 avait réinventé la berline, la 147 a bousculé le segment des compactes, alors dominé par une Volkswagen Golf très (trop ?) sérieuse. Dessinée par le duo Walter de Silva et Wolfgang Egger, la 147 était une pépite visuelle. Son nez, inspiré de la légendaire 6C 2500 Villa d’Este, affichait une calandre verticale audacieuse qui coupait le pare-chocs en deux.

    À l’intérieur, c’était le choc. Compteurs en fûts profonds, plastiques moussés, volant trois branches : elle a apporté le « Premium » dans la catégorie bien avant que ce ne soit la norme. C’était la voiture que l’on achetait pour être vu, mais surtout pour conduire.

    Le meilleur châssis de sa catégorie

    Car le secret de la victoire de la 147 ne résidait pas seulement dans ses courbes. C’était une véritable Alfa sous la tôle. Elle a eu l’audace de reprendre la plateforme de la 156, intégrant ainsi la fameuse suspension avant à double triangulation.

    Le résultat ? Un train avant incisif, une direction directe quasi-télépathique et une tenue de route qui renvoyait la concurrence à ses études. Qu’elle soit animée par les pétillants Twin Spark ou les vigoureux JTD (qui gagnaient alors leurs lettres de noblesse), la 147 donnait le sourire à chaque rond-point.

    Le mythe GTA

    Impossible d’évoquer la 147 sans une pensée émue pour sa version ultime, arrivée peu après le titre : la 147 GTA. En chaussant l’immense V6 3.2L « Busso » de 250 chevaux dans une si petite voiture, Alfa Romeo a créé un monstre, une anomalie magnifique, le chant du cygne de l’ère atmosphérique.

    La 147 reste aujourd’hui l’un des plus grands succès commerciaux de la marque (produite pendant 10 ans !). Elle nous rappelle qu’une voiture compacte peut avoir une âme immense. Espérons que le Junior, lui aussi compact et stylé, connaisse un destin aussi glorieux dans les cœurs, même si l’époque a changé.

  • Voiture de l’Année : 1998, l’année où l’Alfa 156 a mis l’Europe à genoux

    Voiture de l’Année : 1998, l’année où l’Alfa 156 a mis l’Europe à genoux

    Le 9 janvier prochain, le jury du Car of the Year rendra son verdict pour l’édition 2026. Si nos récentes Giulia, Stelvio et Junior ont toutes brillé en se hissant jusqu’en finale ces dernières années, prouvant la constance du renouveau d’Alfa Romeo, il fut un temps où le Biscione ne se contentait pas des places d’honneur. Il raflait la mise.

    Retour en 1998. Cette année-là, une berline italienne allait créer un séisme tel que l’Europe automobile s’en souvient encore : l’Alfa Romeo 156.

    Le coup de génie de Walter de Silva

    Pour comprendre l’impact de la 156, il faut se remettre dans le contexte de 1997. Les berlines sont alors souvent grises, carrées et ennuyeuses. Et puis débarque la 156.

    Dessinée par le maestro Walter de Silva, elle est une rupture totale. Lignes fluides, calandre proéminente qui oblige la plaque d’immatriculation à s’exiler sur le côté (un trait de caractère devenu culte), et surtout, cette astuce géniale : les poignées de portes arrière dissimulées dans les montants. L’idée était simple mais révolutionnaire : offrir la praticité d’une berline avec la ligne d’un coupé. Tout le monde a copié depuis, mais la 156 était la première.

    Une victoire technique autant qu’esthétique

    Mais le jury du Car of the Year ne récompense pas que la beauté. Pour l’emporter avec une avance écrasante (454 points) devant la Volkswagen Golf IV (266 points) et l’Audi A6, la 156 avait des arguments massue sous le capot.

    C’est elle qui a introduit en première mondiale la technologie Common Rail (JTD) sur une voiture de série. Une révolution diesel qui offrait silence et performance. Ajoutez à cela un châssis d’une précision chirurgicale grâce à sa suspension avant à double triangulation (le fameux quadrilatero alto), et vous aviez la voiture parfaite. Elle virait à plat, chantait juste (surtout avec le V6 Busso), et flattait la rétine.

    L’héritière spirituelle

    La 156 a fait bien plus que gagner un trophée : elle a sauvé Alfa Romeo à une époque critique et s’est vendue à plus de 680 000 exemplaires.

    Aujourd’hui, alors que nous attendons le verdict de 2026, regarder une 156 nous rappelle pourquoi nous aimons cette marque. Elle a prouvé qu’une voiture familiale n’était pas obligée d’être un « déplaçoir » rationnel, mais qu’elle pouvait être un objet de passion. Un ADN que l’on retrouve intact dans la Giulia actuelle.