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  • Alfa Romeo selon Gilles Vidal : « Une bête vivante » qui ne doit pas devenir un robot

    Alfa Romeo selon Gilles Vidal : « Une bête vivante » qui ne doit pas devenir un robot

    Depuis sa prise de fonction, Gilles Vidal, le nouveau responsable du design des marques européennes de Stellantis, a réalisé un tour d’Europe où il a pu livrer ses premières impressions sur l’avenir stylistique des marques italiennes du groupe. Interrogé sur la direction qu’il compte donner au Biscione, le designer français a insisté sur la nécessité vitale de préserver l’âme d’Alfa Romeo face aux défis de la modernisation.

    Une « bête vivante » avec du sang dans les veines

    Pour Gilles Vidal, la vision pour Alfa Romeo est claire : la marque doit rester une « bête vivante » dans un sens moderne. Il affirme que les futures Alfa Romeo doivent avoir « le sang qui coule dans ses veines » et posséder une âme. Si le design peut et doit être futuriste et créatif, Vidal met en garde contre un écueil majeur : la voiture ne doit pas ressembler à un robot.

    Le défi principal pour l’équipe de design sera de maintenir les sensations de sportivité et d’agilité, ainsi que le charisme typique de la marque, tout en l’inscrivant dans la modernité. L’ambition affichée est haute : concevoir des véhicules aujourd’hui qui seront considérés comme des objets de collection dans 60 ans. Alfa Romeo doit trouver sa propre voie vers la modernité sans succomber aux tendances génériques.

    Comment Alfa se distingue de Maserati et Fiat

    Gilles Vidal a également précisé le positionnement d’Alfa Romeo par rapport aux autres joyaux italiens du groupe :

    • Maserati doit conserver le « facteur X » et une présence impressionnante tout en restant élégante, sans jamais tomber dans l’exagération ou le « trop bruyant ».
    • Fiat, avec l’exemple de la Grande Panda, doit viser des prix raisonnables tout en offrant le maximum possible, une philosophie jugée « parfaite » pour l’avenir de la marque.
    • Lancia est saluée pour son approche audacieuse et progressiste, illustrée par le concept Pu+Ra et l’Ypsilon.

    Pas de rétrofuturisme gratuit

    Interrogé sur la tendance « rétrofuturiste » (comme la Renault 5 qu’il a dessinée), Vidal estime que cela peut fonctionner pour toutes les marques, à condition d’avoir le bon produit iconique et une pertinence qui va au-delà de la simple esthétique. Il cite l’exemple de la Lancia Fulvia, dont la légèreté et l’agilité seraient pertinentes aujourd’hui, mais insiste sur le fait que l’intelligence artificielle et les outils modernes ne remplaceront jamais l’intelligence créative humaine pour faire ces choix.

    Rendez-vous en 2027

    Les passionnés devront toutefois faire preuve d’un peu de patience. Gilles Vidal indique que les modèles de 2026 sont déjà définis. Les premières voitures de série portant véritablement sa signature devraient arriver vers 2027, bien qu’un concept-car puisse être dévoilé plus tôt pour montrer la direction prise.

    Conscient de la responsabilité qui pèse sur ses épaules, Gilles Vidal aborde sa mission avec humilité et humour : « On ne peut pas se tromper, on ne peut pas les endommager, sinon on finit en prison ».

  • Chiffres ACEA 2025 : Pourquoi Alfa Romeo est le pilier intouchable du pôle Premium de Stellantis

    Chiffres ACEA 2025 : Pourquoi Alfa Romeo est le pilier intouchable du pôle Premium de Stellantis

    Ces dernières semaines, l’atmosphère est électrique autour de la stratégie de Stellantis. Entre les attentes d’Antonio Filosa et les rumeurs relayées par Reuters sur une possible réorganisation du portefeuille de marques, certains passionnés s’inquiètent. Y a-t-il trop de marques ? Des têtes vont-elles tomber ?

    Si l’avenir de certaines entités peut susciter des interrogations légitimes quant à leur positionnement, les chiffres officiels de l’ACEA (Association des Constructeurs Européens d’Automobiles) viennent de tomber pour les 10 premiers mois de 2025. Et ils envoient un message limpide : Alfa Romeo n’est pas sur la sellette, c’est la locomotive.

    La force des chiffres : Alfa devant le cumul DS + Lancia

    C’est une statistique qui pèse lourd dans la balance comptable de Carlos Tavares. Sur la période de janvier à octobre 2025 en Europe, Alfa Romeo a immatriculé 47 699 véhicules.

    Pour donner une échelle de grandeur à cette performance, ce volume est supérieur aux ventes cumulées de Lancia et DS Automobiles. À elle seule, la marque au Biscione génère plus de volume que ses deux cousines du pôle « Premium » réunies. Avec une part de marché de 0,5 % en Europe, Alfa Romeo prouve que sa stratégie de rentabilité et de désirabilité fonctionne, là où d’autres cherchent encore leur vitesse de croisière.

    Une marque mondiale, pas seulement européenne

    L’autre argument qui blinde le statut d’Alfa Romeo au sein de la galaxie Stellantis, c’est sa portée géographique. L’article basé sur les chiffres européens ne raconte que la moitié de l’histoire.

    Contrairement à Lancia (qui se concentre sur sa renaissance européenne) ou DS (très centré sur le Vieux Continent), Alfa Romeo est la seule marque premium du groupe à être globalement établie. Des États-Unis au Japon, en passant par le Moyen-Orient, le logo milanais est reconnu et distribué.

    Le leader incontesté du trio

    Il est possible que Stellantis procède à des ajustements pour éviter les chevauchements entre ses 14 marques à l’horizon 2026. On parle en France d’un possible rapprochement de DS vers Citroën…

    Mais pour Alfa Romeo, le débat ne se pose pas en termes de survie, mais de leadership. Les chiffres de 2025 confirment qu’Alfa est le fer de lance incontesté du premium chez Stellantis. Les Alfistes peuvent dormir tranquilles : le trèfle est solidement enraciné.