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  • Patrimoine : La mythique Collection ASI-Bertone rejoint le Stellantis Heritage Hub (avec des Alfa Romeo uniques !)

    Patrimoine : La mythique Collection ASI-Bertone rejoint le Stellantis Heritage Hub (avec des Alfa Romeo uniques !)

    C’est une excellente nouvelle pour le patrimoine automobile italien et pour la ville de Turin. Dès le début de l’année 2026, la prestigieuse Collection ASI-Bertone va déménager pour s’installer au sein du Stellantis Heritage Hub de Mirafiori.

    Acquise par l’ASI (Automotoclub Storico Italiano) en 2015 pour éviter sa dispersion aux enchères après la faillite de la carrosserie, cette collection comprend 79 exemplaires (véhicules de série, prototypes et one-offs) qui racontent six décennies de style. Grâce à un accord avec Stellantis Heritage, ces chefs-d’œuvre quitteront leur entrepôt actuel pour rejoindre les 15 000 m² de l’Heritage Hub, l’ancien atelier « Officina 81 » de Mirafiori, créant ainsi un pôle muséal d’envergure mondiale.

    Quelles sont les Alfa Romeo de la Collection ASI-Bertone ?

    Si le Heritage Hub abrite déjà une formidable collection de Lancia, Fiat et Abarth, l’arrivée des voitures de Bertone va enrichir la présence du Biscione. Voici les modèles Alfa Romeo spécifiques qui font partie de cette collection et que vous pourrez (re)découvrir en 2026 :

    • Alfa Romeo 2600 Sprint (1964) : L’élégance pure des années 60, un coupé 6 cylindres qui a marqué son époque.
    • Alfa Romeo Montreal (1970) : La version de série de la supercar à moteur V8, dont le prototype avait été dévoilé à l’Expo universelle de Montréal.
    • Alfa Romeo Delfino (1983) : Un concept-car unique et méconnu. Basé sur le châssis de l’Alfa 6, ce coupé GT aux lignes tendues préfigurait le style des années 90 et offrait un intérieur très luxueux.
    • Alfa Romeo Bella (1999) : Un magnifique prototype de coupé 2+2 basé sur le châssis de l’Alfa 166 (avec le V6 Busso 3.0L). Elle explorait ce qu’aurait pu être une grande GT haut de gamme Alfa au tournant du millénaire.
    • Alfa Romeo GT Cabrio (2003) : Une pièce unique très intéressante. Il s’agit du prototype de la version décapotable de l’Alfa GT. Bertone avait proposé cette variante à la direction d’Alfa Romeo, qui l’a malheureusement refusée (préférant le Spider 939). Ce prototype unique est la seule preuve physique de ce « rendez-vous manqué ».

    Une mission culturelle

    Roberto Giolito, le patron du design de Stellantis Heritage (et père de la Fiat 500 moderne), s’est réjoui de cette arrivée : « La mission du Heritage Hub est de raconter plus de cent ans d’histoire automobile intimement liée à Turin. L’arrivée de la collection ASI-Bertone renforce notre rôle de pôle de référence unique, capable de narrer l’évolution technologique et le design, des compétitions aux concepts uniques. »

    Rendez-vous donc début 2026 à Turin pour admirer le concept Bella ou la GT Cabrio aux côtés des légendes déjà présentes sur place.

  • Revue de Presse : L’Alfa Romeo Montreal, le chef-d’œuvre incompris ?

    Revue de Presse : L’Alfa Romeo Montreal, le chef-d’œuvre incompris ?

    « Immensément belle. Merveilleusement belle. » C’est par ces mots que débute cet essai rétrospectif de Sport Auto Classiques consacré à l’une des créations les plus énigmatiques d’Arese : l’Alfa Romeo Montreal. Si la ligne signée Marcello Gandini (pour Bertone) fait l’unanimité depuis l’Expo Universelle de 1967, la réalité de la conduite de cette GT au V8 mythique est souvent sujette à débat. Retour sur un essai sans concession d’un modèle de 1975.

    Une ligne qui traverse le temps (avec un petit ajustement)

    L’article met d’abord l’honneur le coup de crayon magistral de Gandini. Cependant, l’essayeur note un détail intéressant sur l’exemplaire du jour, propriété d’un certain Olivier : la voiture a été rabaissée de 60 mm. Une modification qui, selon l’auteur, gomme le seul défaut esthétique originel de la Montreal, souvent jugée « trop haute sur pattes ».

    Un cœur de course dans une routière

    Sous le capot, le pedigree fait rêver. Le V8 tout alu, dérivé de la 33 de compétition, avec ses doubles arbres à cames et son injection mécanique (imposée par le manque de place), est décrit comme un « joyau mécanique ». Dès le démarrage, l’ambiance est posée : ça gronde. L’article décrit une sonorité qui tient plus du « bourdonnement vorace » que du feulement classique, mais qui témoigne d’une santé de fer. Le moteur reprend bien dès le ralenti et hurle sans retenue dans les tours. Petit bémol pour les longs trajets : à 130 km/h, le moteur tourne à 4 300 tr/min dans un vacarme qui rend l’autoradio inutile.

    Le grand malentendu : GT ou Super Sportive ?

    C’est ici que l’essai devient critique et brise le mythe. Il y a un « drame » inhérent à la Montreal : sa ligne de supercar et son moteur de course promettent des performances que son châssis ne peut pas tenir. Basée sur un châssis retravaillé de Giulia (conception début années 60), la Montreal avoue ses limites :

    • Direction : Floue autour du point central et lourde en virage.
    • Suspension : Une impression de flottement constant et un essieu arrière rigide qui répercute sèchement les aspérités.
    • Freinage : Malgré quatre disques ventilés (exceptionnel pour l’époque), le mordant est jugé absent et le freinage « mou ».

    L’auteur est clair : ce n’est pas une acrobate pour petites routes sinueuses, mais une Grand Tourisme faite pour rouler vite en ligne droite.

    La vie à bord : le luxe à l’italienne

    Si le comportement dynamique déçoit les apprentis pilotes, l’ambiance intérieure séduit. L’essai souligne la qualité de finition surprenante (« riche et bourgeois ») et le confort de la sellerie. Mention spéciale pour le tableau de bord unique en son genre, où les stylistes ont supprimé les zéros superflus (le tachymètre n’affiche que les dizaines, le compte-tours les centaines). Seul point noir ergonomique : la visibilité arrière est quasi nulle, transformant chaque manœuvre en pari risqué.

    Le verdict

    Cet essai nous rappelle qu’il ne faut pas demander à la Montreal ce qu’elle ne peut pas donner. Si l’on accepte qu’elle est une GT de caractère et non une pistarde, elle distille un « véritable plaisir » grâce à sa souplesse mécanique et sa boîte ZF inversée (première en bas à gauche) au maniement viril mais précis. Une voiture imparfaite, mais définitivement attachante.