Étiquette : Juan Manuel Fangio

  • F1 / Le magazine MotorSport tranche : Fangio et Farina chez Alfa Romeo parmi les trois meilleurs équipiers de l’histoire !

    F1 / Le magazine MotorSport tranche : Fangio et Farina chez Alfa Romeo parmi les trois meilleurs équipiers de l’histoire !

    Le prestigieux magazine britannique MotorSport vient de publier son classement très attendu des 10 meilleurs duos d’équipiers de l’histoire de la Formule 1. Si la première place revient sans surprise à l’explosive paire Alain Prost / Ayrton Senna (McLaren, 1988-1989) et la deuxième à l’association de génies entre Juan Manuel Fangio et Stirling Moss (Mercedes, 1955), c’est la troisième marche du podium qui fait vibrer le cœur des Alfisti.

    Ce prestigieux rang est en effet occupé par le duo fondateur de la discipline reine : Juan Manuel Fangio et Giuseppe « Nino » Farina, qui ont régné sans partage sur les saisons 1950 et 1951 au volant des mythiques Flèches Rouges d’Alfa Romeo.

    Les chiffres d’une domination absolue

    Au tout début des années 1950, s’aligner face à l’armada officielle d’Arese s’apparentait à une mission impossible pour le reste du plateau. Les statistiques du duo Fangio-Farina parlent d’elles-mêmes :

    • Taux de victoire insolent : 77 % de réussite sur les deux saisons.
    • Nombre de succès : 10 victoires au total en seulement 13 Grands Prix (6 pour Fangio, 4 pour Farina).
    • Titres mondiaux : 2 couronnes des pilotes consécutives (Farina en 1950, Fangio en 1951).

    « Les trois F » et le télégramme qui a failli coûter un infarctus à Fangio

    L’aventure commence dans une atmosphère d’excitation pure. Lorsque la création d’un Championnat du Monde des Pilotes est officialisée pour 1950, Fangio qualifie la nouvelle d’« électrisante ». Mais c’est l’étape suivante qui marquera à jamais El Maestro : en ouvrant un télégramme officiel de la direction d’Alfa Romeo l’invitant à rejoindre l’équipe d’usine, l’Argentin avouera plus tard avoir « failli faire une attaque » tant l’honneur était immense.

    Aux côtés du vétéran d’avant-guerre Luigi Fagioli, Fangio et Farina forment alors le trio magique d’Arese, rapidement baptisé par la presse « les trois F ».

    Soupçons mécaniques et amertume en 1950

    Si les deux hommes se respectent et se qualifient d’amis, la compétition interne fait rage, parfois accompagnée d’une pointe de paranoïa. Dans son autobiographie Fangio par Fangio, l’Argentin n’a pas caché avoir nourri une certaine « amertume » face aux pannes mécaniques à répétition qui ont saboté sa fin de saison 1950, offrant le tout premier titre de l’histoire à Nino Farina.

    « Certains observateurs, à voix basse, attiraient mon attention sur ces pannes répétées et trop régulières, affirmant qu’elles arrivaient trop souvent pour être le fruit du simple hasard. J’ai refusé d’écouter ces conjectures. »

    Juan Manuel Fangio

    Une manière très élégante… de souligner le problème malgré tout !

    Farina au volant : Un pilote « Loco »

    Au-delà de la piste, la personnalité volcanique et le style de conduite de Farina terrifiaient ses contemporains, y compris son propre équipier. Lors d’un entretien mémorable accordé au journaliste Nigel Roebuck, Fangio avait décrit Farina comme un véritable « loco » (un fou) dès qu’il quittait les circuits :

    « Je détestais rouler à ses côtés dans le trafic routier lorsque nous nous rendions sur une course… ay, ay, ay. Évidemment, il s’est tué plus tard dans un accident de la route. »

    1951 : Le sacre et l’amour éternel pour l’Alfetta

    Lors de la saison 1951, la menace ne vient plus tant de l’autre côté du garage Alfa Romeo, mais plutôt de la Scuderia Ferrari naissante emmenée par Alberto Ascari. Au volant de l’ultime évolution de la monoplace, Fangio parvient à surmonter la concurrence pour décrocher le tout premier de ses cinq titres mondiaux.

    Bien qu’il ait piloté les machines les plus performantes de son époque (Mercedes, Ferrari, Maserati), l’Argentin conservera toujours une place unique dans son cœur pour la création milanaise, comme il le confiait à Roebuck : « Sur le plan sentimental, l’Alfetta était ma voiture préférée, car c’est elle qui m’a donné la chance de devenir champion pour la première fois. » Une consécration historique gravée à jamais dans la légende du Trèfle.

  • Portrait : Juan Manuel Fangio, le Maestro et son Alfetta

    Portrait : Juan Manuel Fangio, le Maestro et son Alfetta

    Si Nuvolari était le diable, Juan Manuel Fangio (1911-1995) était le professeur. L’Argentin au regard perçant est indissociable des débuts de la Formule 1 moderne et du triomphe de l’Alfetta 159. Avant de devenir quintuple champion du monde, c’est avec Alfa Romeo qu’il a décroché sa première étoile.

    L’année de gloire : 1951

    En 1950, Fangio s’incline face à son coéquipier Farina. Mais en 1951, il est intouchable. Sa monture ? L’Alfa Romeo 159. Une évolution de la 158 d’avant-guerre, poussée dans ses derniers retranchements : 425 chevaux pour un 1.5L, une consommation délirante (160 litres aux 100 km !), mais une vitesse de pointe de 305 km/h. Seul Fangio savait ménager cette mécanique fragile tout en allant plus vite que les Ferrari atmosphériques qui commençaient à menacer.

    Le sacre de Barcelone

    Le titre se joue lors de la dernière course en Espagne, sur le circuit de Pedralbes. Ferrari a fait une erreur de choix de pneus. Fangio, lui, conduit avec sa précision chirurgicale habituelle. Il gagne la course et offre à Alfa Romeo son deuxième titre mondial consécutif en F1.

    Fangio disait de l’Alfetta : « Elle était comme une vieille dame qu’il fallait traiter avec respect, mais qui avait encore beaucoup d’amour à donner. » Après ce titre, Alfa se retira de la F1, et Fangio partit gagner ailleurs. Mais le premier amour ne s’oublie jamais.

  • 13 mai 1950 : Le jour où les « Alfetta » ont fondé la légende de la Formule 1

    13 mai 1950 : Le jour où les « Alfetta » ont fondé la légende de la Formule 1

    Nous sommes le samedi 13 mai 1950. Le lieu ? Une ancienne base aérienne de la Royal Air Force balayée par le vent : Silverstone. L’événement ? Le tout premier « Grand Prix d’Europe » comptant pour le nouveau Championnat du Monde des Conducteurs.

    Dans les tribunes, 120 000 spectateurs et un invité de marque : le Roi George VI. C’est la seule fois qu’un monarque britannique assistera à un Grand Prix. Mais sur la piste, la royauté est italienne. Elle porte une robe rouge sang et s’appelle Alfa Romeo.

    Les « 3 F » et l’invité surprise

    Pour cette course inaugurale, Alfa Romeo aligne quatre voitures. Le modèle 158, surnommé affectueusement « Alfetta » (la petite Alfa), est une merveille d’ingénierie. Conçue avant-guerre (1938), elle a été cachée dans une fabrique de fromage près de Milan pendant le conflit pour échapper aux bombardements et aux pillages. Sous son capot, un petit 8 cylindres en ligne de 1,5 litre, gavé par un compresseur volumétrique Roots, qui hurle à 350 chevaux.

    Au volant, l’équipe aligne sa « Dream Team », les fameux « 3 F » :

    • Giuseppe « Nino » Farina, le docteur en droit au pilotage altier (bras tendus).
    • Juan Manuel Fangio, l’argentin calculateur et rapide.
    • Luigi Fagioli, le vétéran italien.
    • Et une quatrième voiture pour Reg Parnell, pilote local engagé pour faire plaisir au public anglais.

    Une symphonie en rouge majeur

    Dès les qualifications, le suspense est tué. Les quatre Alfetta monopolisent la première ligne (à l’époque composée de 4 voitures). Le reste du peloton (Maserati, Talbot-Lago) est relégué au rang de figurants.

    La course est un ballet mécanique. Farina, Fagioli et Fangio s’échangent la tête à plusieurs reprises, laissant les autres concurrents loin, très loin derrière. La domination est telle qu’on a l’impression qu’ils jouent entre eux, à des vitesses vertigineuses pour l’époque.

    Le triomphe total

    Malheureusement pour Fangio, une fuite d’huile met fin à sa course au 62e tour (il heurtera une botte de paille). Mais cela n’arrête pas la marche triomphale du Biscione.

    Après 70 tours et plus de deux heures de course, Nino Farina franchit la ligne en vainqueur. 2,6 secondes plus tard, Fagioli le suit. Et Reg Parnell, malgré un contact avec un lièvre (!) qui a endommagé son capot, complète le podium.

    1er, 2e, 3e. Alfa Romeo ne se contente pas de gagner le premier Grand Prix de l’histoire. L’écurie réalise un triplé retentissant. La première voiture non-Alfa (une Talbot-Lago) termine à deux tours.

    L’héritage

    Ce jour-là, Alfa Romeo a posé les standards de la Formule 1. En 1950, les Alfetta remporteront toutes les courses du championnat (sauf l’Indy 500, où elles n’allaient pas). Nino Farina deviendra le premier Champion du Monde de l’histoire.

    Quand on regarde le logo Alfa Romeo aujourd’hui, il faut se souvenir de Silverstone 1950. Ce jour où, sous les yeux d’un Roi, une petite voiture rouge a prouvé que la mécanique italienne était la reine du monde.